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CHAPITRE II

Le développement du rite de la dédicace dans les Sacramentaires.

En se servant des indications répandues çà et là dans les écrivains des premiers siècles, il est difficile d'établir l'ordre suivi dans la cérémonie de la dédicace. D'ailleurs les rites devaient varier selon les régions : la substance de l'acte, séparation de l'usage profane

(i) Many, De locis sacrzs, p. 196 et 197.

(2) Mansi, Collectio Concilioruin amplissinia, t, XIII, col. 75i, On peut voir dans Smith, Dictionnary of Christian autiqiiities, une lonj^ue série de Conciles généraux ou particuliers, qui du V" au IX* siècle, édictent des règlements pour la dédicace des églises.

(3) L'Orient semble avoir connu de bonne heure les onctions pour la consécration des églises et des autels et même la reposition des reliques. Voici ce qu'on lit dans GoAR, RitiialeGracoriuii ; officiuin in dedicatione templi, p. 663 : « Les saintes reliques sont placées dans le tombeau de l'autel qui a été préparé... on y fait une onction et on scelle le couvercle » ; et plus loin, p. 671 : « IJ y a une différence considérable entre les églises consacrées par des prières et la célébration du sacrifice (i. e. per encœnid), et la reposition des reliques sur l'autel (i. &,pef iiithrotiizatioiiein^, où l'on fait l'onction du saint cliri-mc. Cet usage des onctions, dit Many {De locis sacris, p. 2^)^ paraît avoir été plus ancien en Orient qu'en Occident.

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et application au culte divin par une sorte d'inauguration, de premier coraraencement, devait se retrouver partout. « Je tiens pour certain, dit Daniel, que dès les premiers temps, on célébra une messe propre de la Dédicace, et que vraisemblablement on y ajouta quelques formules de bénédictions, comme on en trouve dans les Sacramentaires gélasien et grégorien (i). » Binterim conteste ce dernier point. Mais ces deux auteurs s'accordent à dire que notre rite actuel remonte à peine au viii® siècle.

Maintenant si l'on compare les cérémonies de la consécration des églises à la fin du vu® siècle, avec celles qui se trouvent dans le Pontifical romain actuel, on trouve qu'un grand développement s'opéra dans la suite des siècles. Il ne paraît pas possible de suivre de près ce développement : il est permis toutefois de demander quelques éclaircissements aux anciens Sacramentaires qui s'échelonnent entre le viii® et le XIII® siècle, mais comme il se trouve des différences suivant que ces documents appartiennent au rite romain, ambrosien, gallican, celtique ou mozarabe, on étudiera dans un premier article ce que chacune de ces ramifications de la liturgie latine fournit sur la consécration des églises, et dans un second article on essaiera d'établir ce que produisit leur fusion.

Article I. — Le rite de la dédicace DANS les Sacramentaires de la liturgie latine.

I. Liturgie romaine. — On sait que les plus anciens livres liturgiques latins se ramènent à trois groupes, désignés sous les noms de Sacramentaire léonien, gélasien et grégorien : le premier ne nous

(i) Daniel : Codex Liturgiais Ecclesiœ universœ, t. I, p. 355. ElNTE- RIM : Denkwûrd, IV, l, 2-j.

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donne qu'une messe de dédicace (i) et garde le silence sur les rites et formules de la consécration de l'église qui devait avoir lieu avant la messe. Les publications qu'on a données du Sacramentaire gélasien et grégorien ont été plus ou moins surchargées d'usages gallicans : on peut considérer comme purement romaine la publication que le B. Tommasi a donnée sous ce titre : Liber sacramentorum Roma?iœ Ecclesiœ (2). De ce document il faut rapprocher ce que Mgr Duchesne appelle : a) V Ordo de Vérone jUn Sacramentaire retrouvé dans la bibliothèque du chapitre de cette ville, publié tout d'abord par Bianchini, puis par Muratori (3) ; dj le manuscrit de Saint-Amand jusque-là inédit, mais dont Mgr Duchesne donne les Ordines Romaiii en appendice de son volume (4). — Le Rev. W.-H. Frère joint à ces documents une collection d^ Ordines Romani en usage à Besançon au xi® siècle, estimant que cette collection est purement romaine (5).

Résumons ces documents : i'^ Le Sacramentaire publié par Tommasi renferme : a) une oraison pour la dédicace de la basilique nouvelle : Deus qui loca nomini ; b) une autre pour la consécration : Deus sanctificato7^um ; c) une autre sur l'eau et le vin qui doivent servir à la lustration de l'àutel : Creator et conservator ; d) la préface de la consécration de

(i) Voir Muratori, Liturgia Romana vêtus, dans P. L., t. LV, col. ii.

(2) Au t. VI de ses Œuvres, p. 3 et seq. — Le ms. dont il s'est servi est de l'époque mérovingienne (vill" siècle) et porte le n° 3i6 du fonds de la Reine de Suède au Vatican. Muratori l'a donné aussi après lui, P. L,, t. LXXIV, col. io55. Voir Deusle, Mém. sur d'anciens Sacramentaires, p. 66. *

(3) Mgr Duchesne, Origines du culte chrétien ; 2* édition, p. 390 et 129 Leop. Delisle, {Ane. Sacrantent. p. 65), le considèrent comme du VII* siècle.

(4) Voir Mgr DuCHESNE, Origines du culte chrétien, 2' édition, p. 461 : Incipit ad reliquias levandas sive deducendas seu condendas. Extrait du Parisinus^ n" 974, du IX* siècle.

(5) W.-H., Frère, Pontifical services, with descriptive notes and a liturgical introduction. — Alcuin Club, Collection lll, in-folio, London.

l'autel ; e) une assez longue rubrique parle de la lustration de l'autel, des sept aspersions, du reste de l'eau lustrale répandu à la base et de l'encens qu'on offre sur l'autel ; 79 la bénédiction de l'autel parla prière Dei Pairis ojnnïpoteniïs, et sa consécration ; gj D. in cujus honorem ; h)^ le tout se termine par les prières pour la bénédiction des linges, la consécration de la patène et du calice, la bénédiction des autres objets à l'usage de la basilique (i).

Il n'est pas question de reliques en cet endroit, mais une formule de convocation insérée ailleurs sous ce titre : Deminfïaiïo ciim reliquiœ ponendœ Sîint martyrum (2}, donne à penser que la reposition des reliques avait lieu à un autre moment, et les nombreuses antiennes insérées dans l'Antiphonaire grégorien sous cette rubrique : Ad reliqîiias deducendas (3) nous font connaître que la translation s'en faisait avec une grande solennité.

2° Les deux autres documents, d'après Mgr Duchesne et M. W. Frère, décrivent au fond la même cérémonie qui est purement romaine : ce sont deux formes qui se suppléent, l'une donnant les pièces de chant, l'autre les prières prononcées par le célébrant : il y est question, à peu près exclusivement, de la translation des reliques : a) l'évêque et le clergé vont au lieu où sont les reliques (sanchiaria) ; le chœur chante un répons, la litanie, l'évêque récite une oraison, porte lui-même les reliques enveloppées d'un voile de soie. Pendant le parcours de la procession, on chante l'antiennne cum j'ucundïtate ç.\ un psaume ; on reprend la litanie en approchant de l'église ; 3J l'évêque laisse les reliques entre les mains de quelques prêtres, pénètre dans l'église avec deux ou trois

(1) TOMMASI, t. VI, p. 107-109.

(2) Item, p. 127.

(3) ToMMAsi, t. V, p. 237-238.

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clercs, fait l'exorcisme de l'eau, y mêle quelques gouttes du saint chrême, prépare le mortier, procède à la lustration de l'autel, sort et termine la litanie par une deuxième oraison, puis il asperge le peuple avec le reste de l'eau lustrale ; c) l'évêque prend ensuite les reliques, entre dans l'église suivi de tout le peuple, au chant d'une troisième litanie qui se termine par une troisième oraison. Le chœur chante une antienne, l'évêque s'avance seul vers l'autel où il dépose les reliques, fait des onctions de saint chrême aux quatre murs du sépulcre, ferme la cavité, scelle la pierre, récite une oraison et fait de nouvelles onctions sur la pierre; d) on couvre alors l'autel, l'évêque reprend le vêlement (planeta) qu'il avait quitté pour la reposition des reliques, récite une dernière oraison, bénit les linges et vases sacrés qu'on lui présente ; e) il se rend ensuite au Sacrarium, où en bénissant un cierge allumé il bénit tout le luminaire de l'église qu'on allume aussitôt et la messe commence. — Un rituel postérieur ajoutera aux onctions de l'autel les fumigations d'encens. Dans Vordo de Vérone, on mentionne à la fin l'aspersion de l'église ; c'est peut-être une interpolation (i).

II. Liturgie ambrosienne. — Si l'on tient compte des citations de saint Ambroise données dans le chapitre précédent, on conçoit que, du temps de ce saint évêque, la consécration des églises pouvait comporter ou ne pas comporter la reposition des reliques. Que fut cette cérémonie à Milan dans lesâgesqui suivirent ? Nous le demanderons à deux documents : a) un Pontifical de l'Eglise de Milan publié par Magistretti (2)

(j) DucHESNE, ouvr. cité, p. 291-393.

(2) Magistretti, Po7itificale in iisum Ecclesice Mediolaitensis, vecnon ordines atnbrosiani ex Codicibus sœc. IX XV, in 8°. Milano. 1897. Voir pp. XLX et XXI de la préface. Cf. ce qu'en dit W. Frère, ouvr. cité p. 46.

nous renseigne sur ce rite, entre le ix® et le xv* siècle ; le document paraît admettre la correction grégorienne mais a conservé des particularités qui le rattachent de plus près au Sacraraentaire soit léonien, soit gélasien ; d'autre part on lui a trouvé des affinités avec le Pontifical d'Egbert, un manuscrit gallican du x^ siècle qui serait la copie d'un document anglais du VIII® siècle ; h) un Ordo évidemment arabrosien et milanais, découvert et publié par Mercati (i) ; ce document donne le moyen de décrire avec plus de sûreté l'aucien usage milanais.

Il est permis de reconnaître dans la liturgie ambrosienne un double rituel pour la dédicace des églises : le 7Htuel baptismal et le rituel ftcnér aire. — Au rituel baptismal se rattachent : \^ la cérémonie de l'alphabet ; 2'^ la lustration de l'autel, des murs de l'église ' avec une oraison et la prière eucharistique (ou préface) ; 3° l'onction de l'autel et de l'intérieur de l'église avec un invitatoire et une oraison ; 4*^ la bénédiction des objets du culte.

UOrdo de Mercati fournit des détails plus complets sur ces divers points : 1° il y a une aspersion extérieure sur les murs, signe de croix sur la porte avec l'extrémité de la crosse, des onctions faites sur les murs avec l'huile sainte, on suspend aux murs des cierges allumés, on chante les psaumes l et lvi et l'on entre dans l'église ; 2^ à l'intérieur, les mêmes cérémonies se répètent et dans le même ordre, on trace par terre l'alphabet sur la cendre, on chante le psaume cxviii qui est alphabétique dans l'hébreu, on dit des oraisons et la prière eucharistique Deifs sanciificationum ; 3° alors a lieu la lustration des autels suivie d'oraisons ; 4° on bénit ensuite les fonts, le I saint chrême et l'huile, ce qui peut être considéré

(0 Mercati, Antiche reliqitie lHurgiche avibrosiane c rofvatîe, in-8°. Romœ, I902,

comme un complément de la cérémonie. Ce rituel, on le voit, est exclusivement baptismal ; il ressemble à celui des livres gallicans, mais paraît mieux ordonné (i).

III. Liturgie gallicane. — La reconstitution du rituel de la dédicace suivant l'ancien usage gallican est une tâche délicate, car les documents dans lesquels il se présente à nous sont d'ordinaire une combinaison du romain et du gallican, ce que M. W. Frère appelle un Ordo composite. On tâchera d'écarter pour le moment tout ce qui revêt ce caractère mixte.

i*^ Les documents. — a) Un concile d'Orléans, tenu en 5ii, donne à entendre qu'il existait au VI® siècle un Ordo gallican, mais où en retrouver la trace ? Il y a quelques chances d'en avoir une reproduction plus ou moins fidèle dans un ancien commentaire d'un Rituel de la dédicace qu'a publié D. Martène et qu'il attribue à Rerai d'Auxerre (de la fin du IX® siècle). De fait, ce commentaire est en harmonie avec un ordo du ms. </<? K/r^?»*? de la même époque, publié par Bianchini (2). — b) Le Sacramentaire d'Angoulème, dont Mgr Duchesne donne un extrait en appendice de ses Origines du Culte est, au jugement de Leop. Delisle, ou du viii® siècle ou du commencement du ix®^ et contient à propos de la dédicace un Ordo semblable pour le fond au rituel de Rémi

(1) Voir Dictionnaire d'Archéologie chrétienne et de liturgie. Rite arabrosien, t. I, col. 1438-1439. — M. Mercati a établi une compalaison entre ce rite et l'ancienne cérémonie irlandaise dans le the Lebar Brece tractate on the consécration of a church, xi' siècle. M. W. Legg atténue les conclusions tirées de cette comparaison.

(2) Cette remarque de Mgr. DucHESNE, Origines du culte, p. 394, a été reproduite par W.-H. Frère ouvr. cité, p. 7, à l'endroit où il expose son second type de rituel de la dédicace, sous la dénomination de type Gélasien (d'après les rnss de Vérone et Zurich, publiés par Bianchini et Gerbert). — Le Commentaire de Rémi d'Auxerre est dans

P. L., t. CXXXI, col. 845.

d'Auxerre (i). . — c) Le Sacramentaire de Gellone, ras de la seconde moitié du viii® siècle, a les mêmes formules, et l'on retrouve enfin des traces de celles-ci dans le Missale Francorum (2). — dj C'est enfin le cas du Sacraraentaire de l'église de Metz, exécuté vers le milieu du ix® siècle, et dont Mgr Duchesne a également reproduit en appendice le rituel de la dédicace (3).

2° Le Rituel de la Dédicace d'après ces documents. — Comme il se présente un peu plus compliqué que dans les documents précédents, il est bon de donner les sous-titres dont l'accompagne Mgr Duchesne :

a) Entrée de l'Evêque et prières préparatoires* — L'église à consacrer est vide ; douze cierges y brûlent le long des murs ; un clerc s'y enferme pour l'ouvrir au moment voulu. L'Evêque vient frapper la porte du bout de sa crosse, disant l'antienne Tollite portas et le chœur chante le ps. xxiii, Domini est terra.L.2i porte s'ouvre, l'évêque dit : Fax hiiic domui, va se prosterner pendant qu'on chante la Litanie ; puis, se levant, il récite la première oraison : Magftificare Domine,

b) La cérémonie de l'alphabet, — Sur deux lignes transversales marquées par de la cendre, l'évêque trace, du bout de son bâton pastoral les lettres de l'alphabet.

c) Fréparation de l'eau lustrale, — Le pontife revient devant l'autel, dit: Deus in adjutorium, puis procède à la bénédiction de l'eau lustrale : exorcisme

(1) Sur le Sacraimntaire d'Angoulème, n" 816 de la Bib. Nat., voir Léop. Delisle, Anciens Sacramentaires , p. çi-p'J, et Mgr DucHESNE, Origines, p. 467.

(2) Sacram. de Gellone n° 12048 de la Bib. Nat., voir Léop. Delisle p. 80. — Le Missale Francorum est dans les œuvres de Tommasi, t. VI, p. 364.

(3) Sacramentaire de l'Eglise de Metz, Bib. Xat. n' 9428, voir De]isle, p. 100.

et bénédiction du sel, de l'eau (Gellone place l'eau avant le sel et a une formule d'exorcisme du sel un peu différente) ; mélange des deux ; mélange des cendres avec sel et eau ; ensuite versant le vin, l'évêque dit l'oraison : Creator et Conservator.

d) Lustration de P autel, — Avec son doigt trempé dans l'eau lustrale, l'évêque "trace une croix aux quatre angles de l'autel, puis en fait sept fois le tour l'aspergeant avec un bouquet d'hysope. Pendant ce temps le chœur chante le ps. Miserere,

e) Lustration de l'église, — Avec son bouquet d'hysope, l'évêque fait le tour de l'église par trois fois, aspergeant les murs pendant que le chœur chante les trois psaumes l, lxvii et xc, Miserere ; Exurgat ; Qui habitat. Il envoie des clercs faire l'aspersion de l'église à l'extérieur. Puis il asperge le pavé, allant de l'autel à la porte, et formant une ligne perpendiculaire au milieu.

f) Prières consécratoires, — L'évêque, au milieu de l'église, dit successivement l'oraison Deus qui loca itomini tuo, et la prière eucharistique : Deus sanctificatioJium orniiipotens dominator .

g) Onction de l'autel, — On chante Tant. Introibo, et le ps. XLii Judica me ; l'évêque s'avance vers l'autel, répand au pied le reste de l'eau lustrale, encense l'autel, y fait trois séries d'onctions, au n^ilieu et aux quatre coins, les deux premières fois avec l'huile bénite ordinaire, la troisième fois avec le saint chrême. Pendant ce temps le chœur chante : ant. Erexit Jacob, et Ps. lxxxiii, Quam dilecta ; ant. Sancti/icavit Dominus, et ps. XLV, Deus noster refugium ; ant. Ecce odor filii mei et ps. Lxxxvi, Fundamenta, — Pendant les onctions, un prêtre circule constamment autour de l'autel, balançant l'encensoir pour continuer ainsi la fumigation commencée par l'évêque.

h) Onction de l'église, — L'évêque va ensuite faire des onctions sur les murs, mais une fois seulement, avec le saint chrême.

i) Prières consécratoires, — Puis il revient à l'autel sur lequel il dispose de l'encens allumé en forme de croix. Pendant que l'encens brûle, il récite un invitatoire : Dei Patris omnipotentis et une prière consécratoire de type gallican : D, O. in ciijus honorem,

j) Bénédiction des objets dit culte, — Les sousdiacres apportent les linges, vases sacrés et objets servant à la décoration de l'église : l'évêque les bénit. Il y a des formules spéciales pour les linges, le calice, la patène, celle-ci est consacrée par une onction avec le saint chrême.

k) Translation des reliques. — L'évêque et le clergé quittent alors l'église, se rendent au lieu où sont exposées les saintes reliques. On les prend et on les transporte en chantant des hymnes de triomphe : Ambulatis sancti Dei ; le peuple pénètre dans l'église, mais quand l'évêque est entré dans le sanctuaire, un voile retombe derrière lui. Il procède seul à la déposition des saintes reliques et pendant ce temps, le chœur chante : Exultabunt sancti i?i gloria, puis le ps. cxLix, Cantate Demi }io,..^t.m\ài! Xmxç^xxq. s\^^d\Q. ici l'oraison : Deus qui omni coaptione sanctorum,

La cérémonie terminée, on célèbre la messe.

IV. Liturgies mozarabe et celtique. — Un mot sur les liturgies d'Orient. — Sous ce titre nous voulons réunir quelques notes recueillies çà et là pour montrer qu'il n'y a pas lieu de chercher ailleurs que dans les documents mentionnés plus haut des renseignements bien précis sur les origines du rituel romain de la dédicace.

Dans son édition du Liber ordiiium (i), document de V église mozarabe entre le v® et le xi® siècle, Dora Férotin note l'absence du rite de la dédicace ; cependant, ajoute-t-il, la pratique de cette cérémonie était connue en Espagne comme on peut s'en convaincre par les textes canoniques et épigraphiques. D'autre part, le Liber Cotnicus (2) publié par Dom Morin, contient des leçons empruntées soit à l'Ancien Testament, soit au Nouveau, pour la fête de la dédicace, le Bréviaire 77toBarabe (3) a trois hymnes et un cantique pour cette même cérémonie. — A partir du xi® siècle, Dom Férotin pense qu'à l'ancien rituel national pour la consécration des églises succéda un rituel apporté de France par les bénédictins de Cluny ; il mentionne plusieurs églises consacrées d'après ce rite nouveau, notamment la cathédrale de Tolède, le 18 décembre 1086.

Pour V église celtique, nous n'avons guère plus de détails ; certainement le rite de la consécration des églises y fut connu d'assez bonne heure, et M. Warren (4) a pu établir que les sanctuaires celtes se partageaient en plusieurs classes au point de vue de leur dédicace : les uns consacrés aux saints du pays, avant l'existence des églises anglo-saxonnes, les autres consacrés à des saints marqués plus tard au calendrier anglo-saxon ou romain, d'autres enfin dédiés à saint Michel, dans la période qui s'écoule du vil® au X® siècle. Mais en quoi consistait le

(i) Moniimenta Ecclesiœ litiirgica, t. V, \e Liber Ordinum, col. 5o5 et 514. D'après une inscription du vr siècle mentionnée par Dom Férotin, col. 462, dans l'autel d'une basilique élevée en l'honneur de saint Etienne près de Zara en Andalousie, on déposa des reliques des saints martyrs Fructueux, Augurius et Euloge.

(2) D. MORiN, Liber Comicus, p. 3o3-3o6.

(3) Voir P. L., t. LXXXVI, col. 9i3, 916 et 872.

(4) F.-E. Warren : The liturgy and ri tu j1 of the Celtic church, in-8. Oxford 1881. — Voir les pages 74, ^^ et 60.

rite dédicatoire, il est difficile de le dire, le vénérable Bède (i), dans son Histoire ecclésiastique dit qu'on le faisait précéder d'un long jeûne, M. Warren a établi que ce rite devait différer de celui de Rome et n'est pas éloigné de penser qu'il avait plus d'un point de contact avec le rite gallican ; cet auteur constate en effet que les lettres de saint Grégoire le Grand à saint Augustin de Cantorbéry favorisent ce sentiment, qu'un bon nombre d'églises celtiques ont été placées sous le patronage des saints gaulois, comme saint Martin, saint Germain, saint Loup; que des passages entiers de la liturgie gallicane se retrouvent dans le missel de Stowe.

Enfin, Mgr Duchesne (2) a été frappé de la coïncidence qui existe entre le rituel gallican et le rituel byzantin tel que l'a publié Goar. Un récit de Grégoire de Tours, au sujet de la dédicace d'un oratoire en l'honneur de saint Allyre donne l'ordre qui fut suivi pour la cérémonie : la nuit précédente, les reliques furent veillées à la basilique de Saint-Martin ; le matin, l'évêque (Grégoire de Tours lui-même) consacra l'autel à l'oratoire ; puis il revint à la basilique pour y prendre les reliques et les transporter en procession au lieu préparé pour les recevoir (3). D'après Goar (4), dans le rituel byzantin, dédicace et déposition des reliques sont des cérémonies distinctes, accomplies d'ordinaire en des jours différents : tout d'abord, l'évêque scelle lui-même la table de l'autel soit sur des colonnes, soit sur une base pleine, il y

(i) Voir P. L., t. XCV. col. i54.

(2) Mgr Duchesne, Origines du culte chrétien, p. 401.

(3) Sur la basilique de Saint-Martin de Toars. voir Grégoire de Tours, Historia Francornrn, lib. II, P. L., t. LXXI, col. 211, avec une longue note se rattachant à notre sujet.

("4) Goar, Euchoîogion sive Rituale Grœcoriim, in-folio Venetiis 1730. Voir pages 655-656.

fait le signe de la croix, fait la lustration avec de l'eau baptismale puis avec du vin ; termine par des onctions du saint chrêmeet des fumigations d'encens. Ensuite il fait le tour de l'église en balançant l'encensoir, tandis qu'un prêtre marchant derrière lui fait des onctions sur les murs : puis a lieu la bénédiction des linges et objets du culte. Pour la déposition des reliques, il y a une vigile solennelle ; en arrivant à l'église, on chante le Toîîite portas, l'évêque met du saint chrême dans le tombeau des reliques avant de le fermer. — Que l'on défalque du rite gallican les parties romaines, on reconnaîtra une ressemblance frappante entre les pratiques gallicane et byzantine.

Article II. — Essai de fusion

ENTRE LES LITURGIES LATINES SUR LE RITE DE LA DÉnCACE.

Les variantes constatées dans l'article précédent durent commencer à se fondre ensemble vers la fin du VIII® siècle^ Il en résulta Mntfonjie brève d'ordre ■composite dont on trouve des traces dans le Pontifical d'Egbert(i). \.2^ forme plus longue devint à partir du IX® siècle \ Ordo romain qui prévalut en Gaule et s'introduisit en Angleterre. Pour la Gaule, on peut s'en former une idée en parcourant dans D. Martène les Ordines du manuscrit de Reims, du manuscrit de Noyon, de plusieurs autres manuscrits (Pontifical de Cahors,deColbert,etdu monastère de Saint-Thierry), documents du ix® siècle; r(9r^^ d'un Pontifical de Narbonne, d'un Pontifical de Hélinard, archevêque

(i) Copie faite au x» siècle en Gaule^ mais sur un manuscrit d'Angleterre qui appartient probablement au VIII* siècle. (W.-H. Frère, op. cit. p.) C'est le second des Ordos publiés par D. MARTÈNE, De Antiquis Ecclesiœ ritibns, t. II, p. 246.

•de Lyon, d'un Pontifical de Cambrai, documents des x-xii® siècles (i). Pour l'Angleterre, des renseignements nous sont fournis par un Sacraraentaire anglosaxon de l'abbaye de Jumièges, le Pontifical de saint Dunstan, archevêque de Cantorbéry (2), le Pontifical de Robert (rass. de Winchester) documents du xi^ siècle (3), et la plupart des livres liturgiques anglosaxons postérieurs à la conquête normande ^4).

La forme la plus longue peut seule intéresser ici ; elle est un acheminement au rite actuel du Pontifical romain ; nous en donnons une idée en prenant pour point de repère les divisions de Mgr Duchesne :

En vue de simplifier les références, on désignera dans cet exposé les Ordines avec la numérotation en chiffres romains qu'ils ont dans D. Martène : on s'abstiendra de signaler l'Ordo I emprunté au Sacraraentaire de Gellone (viii^ siècle) parce qu'il n'accuse pas encore de fusion, les autres Ordines de D. Martène sont désignés en note (notes i et 2). Remarquons, pour n'avoir pas à y revenir, que tous parlent des douze cierges allumés au commencement de la cérémonie, de l'Alphabet, du Deus in adjiitoriiim redit trois fois avant la préparation de l'eau lustrale.

i'^ Entrée de l'évêque et prières préparatoires. — L'oraison Actiones nostras (5) est dans II, III et IV,

(1) Ces documents se trouvent dans D. MartÈNE, opus. cit. Reims. Or do V, p. 25q ; Noyon, Ordo VI, p. 260 ; Cahors. Colbert, Saint- Thierrv. Ordo VII, p. 262 ; Narbonne, Ordo VIII, p. 26i ; Hélinard, Ordo 'IX, p. 268 ; Cambrai, Ordo X, p. 27a.

{2) Sacra?7t. anglo-saxon, dans D. MartÈn'e, op. cit. Ordo III, p. 25o. Pontifical de saint Dunstan, Ordo IV, p. 255.

(3) Le Pontifical de Robert a été publié à la suite de son Bénédictionnaire par H. A. WiLSO:* : The Benedictional of arc hbisJiop Robert. in-8. London, 1908, pp. 7.3 et seq.

(4) Renseignements donnés par W. Frère Pontifical services, qui a toute une série de documents à la fin de son volume.

(5) Dans cette énumération nous mettons en petites capitales toutes les prières, antiennes ou répons qui sont au Pontifical romain.

les litanies du début dans II, IV, V et VI. Ce dernier place à ce moment la translation des reliques, tandis que tous les autres la renvoient à la fin : c'est pourquoi il mentionne les prières Aufer a nobis et Fac NOS ; V donne aussi ces mêmes prières sans parler encore de translation de reliques. — La bénédiction de l'eau ordinaire avec les formules : Exorcizo te, creatura salis, et Immensam clementiam pour le sel ; Exorcizo te, creatura aqu^ et Deus qui ad salu- TEM pour l'eau ; Deus invict^e virtutis après le mélange^ ne figurent que dans V (i) et X : ce dernier Ordo parle aussi d'aspersions des murs extérieurs, entre lesquelles on intercale le Tollite portas, et les oraisons telles qu'on les trouve au Pontifical romain; III, V, VI et VIII signalent les trois tours extérieurs et les Tollite portas sans mentionner les oraisons ; VIII a de plus une série de neuf répons parmi lesquels notre Pontifical romain en a conservé trois, savoir : Fundata est, Benedic et Tu Domine, — Le pontife, après avoir frappé pour la troisième fois, entre avec quelques clercs, en disant : Pax huic DOMUi ; on chante alors les deux antiennes : Pax ^.terna et Zach^e, festinans, presque tous les Ordines ont Pax huic domui, un seul, le II, a l'antienne Zach^e. Du Veni Creator il n'est question que dans l'ordo X ; tous signalent la litanie pendant que l'évèque est prosterné devant l'autel et, aussitôt après, l'oraison Magnificare.

2^ La cérémonie de V Alphabet, — Le chant de l'antienne O QUAM METUENDUS est dans II, III et VI et manque dans les autres, le cantique Benedictus est seulement dans V ; ailleurs, dans III et IV, on le rem-

(i) Peut-Ktre est-il bon d'avertir que V et X semblent se rapprocher du Pontifical romain plus que les autres, que Vil a des analogies avec le Sacramentaire grégorien publié par D. Ménard et édité avec notes dans P. L , t. LXXVIII.

place par un autre psaume, dans VIII par six répons et versets.

3° Préparation de l'eau lustrale, — Tous les ordines en parlent, mais les formules pour la bénédiction sont fort différentes ; tandis que II, III, IV et V ont pour le sel et l'eau les exorcismes et prières ordinaires, pour les cendres, l'oraison O. S. D, parce pœniten- TiBUS, une brève formule pour le mélange du vin, Deus CREATOR ET C0NSERVAT0R ; que III et IV parlent d'une infusion du saint chrême dans l'eau ; VI a pour le mélange du vin, une invitation à prier : Deum omni- POTENTEM, FRATRES ; VII donne des formules différentes qu'on lit aussi dans D. Ménard (i) ; VIII place, entre l'exorcisme et la bénédiction, la longue prière Sanctificare, assigne une autre prière au mélange du sel et de la cendre ; IX se rapproche du premier groupe, moins la prière pour la bénédiction des cendres, et donne daus la prière Sanctificare des phrases qui rappellent mieux notre pontifical romain ; X présente plus de confusion dans la suite des formules (2).

4° Lustration de l'autel. — III et IV placent ici la préparation du ciment ; du signe de croix fait à la porte avec le bout de la crosse il n'est point question dans les ordines, mais VIII parle d'une aspersion du clergé avec l'eau lustrale, et tous signalent l'onction de l'autel avec cette eau, l'aspersion autour de l'autel, mais avec des variantes pour le nombre de tours, m, VII, VIII et IX parlent de sept tours sans s'accorder sur le nombre des antiennes et des psaumes que l'on récite durant ce temps ; IV et V parlent de trois tours seulement autour de l'autel.

(i) p. L., t. LXXVIII, col. 157.

(2) Sur la prière Sanctificare^ comme sur la -bénédiction de l'eau lustrale, voir l'article du P. de Puniet, dans \^ Dictionnaire d'Archéologie chrétienne et Liturgie, t. II, col. 693 et 708.

3o DÉDICACE DES ÉGLISES

5° Lusiratîon de V église, — Les Ordines II, IV, V~ et VI font faire trois fois le tour intérieur de l'église avec les psaumes, Miserere, Exurgat Deus et Qur HABITAT et leurs antiennes respectives ; VII ne fait faire qu'un tour à l'intérieur ; IV, V et VIII signalent à ce moment une seule aspersion à l'extérieur faite soit par l'évêque soit par un prêtre qu'il députe à cet effet. L'aspersion ou lusiration du pavé est mentionnée par tous les Ordines .

6° Pi'ières consécratoires, — Les documents de V à X donnent les deux oraisons Deus qui loca et Deus SANCTiFiCATiONUM ; mais, tandis que IX présente la deuxième comme prière eucharistique ou préface, V et VIII ont la préface beaucoup plus longue Sterne Deus, VIII avec cette particularité qu'il y a de fréquentes réponses : Amen entre les phrases ; II a la préface tout à fait identique à celle de notre Pontifical romain : Adesto precibus nostris, adesto sacraaï entis.

7° Onctio7i de l'autel. — Presque tous les Ordi?ies placent ici l'antienne Introibo avec le psaume Judica. me et parlent de l'eau lustrale versée à la base de l'autel. Les onctions se font par trois fois, deux fois avec l'huile sainte et une fois avec le saint chrême ;. il y a quelque divergence pour les antiennes et les psaumes chantés durant ce temps; II et IX, ont comme dans le Pontifical romain les ant. Mane surgens;: Erexit Jacob avec le ps. 82, Quam dilecta ; Sancti- PiCAviT avec le ps. 46, Deus noster refugium ; Ecce odor avec le ps. 86, Fundamenta ; III, IV, V et VII ont des psaumes un peu différents ; VIII et IX intercalent entre chaque psaume des prières différentes de celles de notre Pontifical.

8^ Onctio7i de l'église, — III, IV, VI et VII mentionnent les onctions avec le saint chrême sur les murs ;.

DÉDICACE DES ÉGLISES 3j

VUl dit qu'après avoir fait les onctions sur les murs de droite, l'évêque en fait une sur les portes à l'extérieur et à l'intérieur, puis continue sur les murs de gauche ; puis il mêle le chant des hymnes à celui des psaumes ; IX signale à peu près les mêmes psaumes que le Pontifical romain.

9° Prières consécratoïres. — II, III et IV donnent la prière : D. O. ix cujus honore, et la préface di^ Pontifical romain : Ut propensiori cura ; VI et VU ont la prière seulement ; VI parle en outre de croix d'encens sur la pierre consacrée ; VIII a une préface beaucoup plus longue entrecoupée par des Amen '^ tous ont l'antienne Confirma hoc Deus pour terminer l'onction.

10"^ Bénédiclion des objets du culte, — Les sous-, diacres présentent à l'évêque les linges et les ornements de l'autel ; II a pour les linges la formule du Pontifical romain, accompagnée d'une autre Ad omnta in usum Basilicœ, trois autres pour le corporal ; III, IV, VII et VIII ont en outre des formules pour la consécration de la patène, du calice ; V et VI pour les linges et ornements, X donne l'antienne Circumdate SiON pour le revêtement des autels.

11° Translatio7t des reliques et repositton. — II et III ont la prière Aufer a nobis, les antiennes : Ecce

POPULUS ; CUM JUCUNDITATE ; De JERUSALEM ; PlA-

TE^ Jérusalem ; Via justorum recta; Ambulate sancti Dei, ingredimini ; Ambulate sancti Dei ad loca ; l'oraison Domum tuam ingredere ; l'onction du saint chrême ; Tant. Sub altare Dei ; Exultabunt et les deux psaumes 149-150, enfin l'oraison : Deus qui ex OMNI coaptatione ; III mentionne en outre les litanies, l'antienne O quam metuendus pour l'entrée dans l'église, puis aussi à la fin les fumigations d'encens. — Quelques variantes se rencontrent dans

IV, V, VII et VIII ; il y a moins d'antiennes et d'oraisons dans VI, l'Ordo VIII est peut-être celui qui présente le plus de particularités, il fait vénérer les reliques par l'évêque et les fidèles au départ ; parlant de ce que l'on renferme avec les reliques, non seulement il dit comme la plupart des autres Ordines, qu'on ajoute trois parcelles des espèces eucharistiques et trois grains d'encens, mais qu'on y joint une charte sur laquelle sont écrits les dix préceptes de la loi et le commencement du texte des quatre évangélisles ; X semble se rapprocher davantage du Pontifical romain, soit par la place qu'il assigne à la cérémonie soit par les détails concernant la fumigation. Enfin pour cette reposition des saintes reliques comme pour les onctions de l'autel à ce moment, les Ordi7îes disent que le pontife est séparé de l'assemblée des fidèles par un voile qu'on laisse retomber à l'entrée du sanctuaire.

La conclusion qui se dégage de cet article, c'est que la transition d'une cérémonie très simple au début à une cérémonie aussi compliquée que celle du Pontifical romain ne s'opéra pas d'un seul coup. On peut y voir comme une sorte de stratification des formules que M. W. Frère résume ainsi : « Le service romain, ancien et pur grégorien par son caractère, ne contient que deux antiennes et trois collectes ; le gélasien a onze antiennes et cinq collectes différentes du romain ; la plupart de ces antiennes paraissent avoir été empruntées à l'Antiphonaire romain. Quand la fusion s'opéra et que VOrdo composite plus court fut formé, on vit apparaître quatre nouvelles prières, dont une de forme eucharistique. Un changement beaucoup plus considérable est marqué par le développement de VOrdo composite plus long: on voit apparaître deux formules eucharistiques additionnelles, trois prières de supplication gallicanes. En

même temps parurent pour la première fois, dix-neuf antiennes nouvelles, neuf répons et deux versets ; beaucoup de ces antiennes sont propres à la cérémonie, les répons sont tirés des nocturnes des martyrs, des confesseurs et de la dédicace : ce qui indique une époque où les traditions gallicanes prévalaient (i). » — Malgré toutes ces recherches et ces réflexions, on n'arrive pas encore à s'expliquer la complication, la répétition et, disons même, l'enchevêtrement des formules et des rites que présente la consécration des églises dans le Pontifical romain. On va dans le chapitre suivant demander un supplément d'information aux auteurs qui pendant plusieurs siècles, à la suite d'Alcuin, s'occupèrent des matières de liturgie.

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