‹ La déesseChapitre 14 sur 52 · ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII

Eh bien !.. tu disais donc...

ZILIA

On se marie... parce qu'on espère qu'on sera heureux, et qu'on s'entendra bien ensemble! (Secouant la tête.) Vous savez ce que c'est que le mariage !..

nadja, vivement.

Moi ! du tout.

ZILIA

Commentivous ne savez pas...

nadja, avec impatience.

Eh non !..

ZILIA

Vous, qui nous mariez...

NADJA.

C'est égal, te dis-je : ainsi, parle.

ZILIA

Par exemple... s'il faut que ce soit moi qui lui apprenne...

NADJA.

Parle?., je le veux !

ZILIA

Eh bien donc !.. déesse... quand on est épris l'un de l'autre,., quand on éprouve de l'amour...

De l'amour !

ZILIA

Oui.

NADJA.

Qu'est-ce que c'est?

ZILIA

Celui-là est trop fort... parce qu'enfin... tout le monde doit savoir...

nadja, avec impatience.

Parleras- lu ?

ZILIA

C'est un sentiment réciproque... qu'éprouvent deux personnes...

nadja, réfléchissant.

Deux !

ZILIA

Ah! oui... c'est essentiel!

nadja, avec tristesse.

Moi !.. je suis toujours seule !

ZILIA

C'est vrai! je n'y avais pas pensé... pauvre déesse !

nadja, sortant de saréverie..

Eh bien... vous avez donc tous les deux de l'amour.

C'est là la question. Il y a des jours où je crois que mon fiancé m'aime... et puis des jours où je ne le crois plus... voilà pourquoi je m'adresse à ■vous... hier, par exemple...

nadja, rapprochant sa chaise avec curiosité.

Hier!., voyons...

ZILIA

Nous traversions ensemble le bois sacré... je m'appuyais sur son bras... 'dame Icela me causait une émotion.

NADJA.

De l'émotion, comment cela?

ZILIA

Je n'en sais rien... si bien que j'étais toute troublée... lui aussi... et alors, il m'a embrassée...

NADJA.

Il t'a embrassée, oui!., pour quoi faire?., dame ! à quoi bon ?

ZILIA

Voilà une question !..

NADJA.

A quoi cela sert-il ?

ZILIA

Cela sert... que c'est agréable. ..et que cela fait plaisir !

nadja, avec tristesse.

Personne ne m'a jamais embrassée, moi... (A Zilia.) embrasse-moi donc !

zilia, se levant.

Oh? je n'ose pas!

nadja, se levant.

Je le veux! (Zilia l'embrasse, et Nadja dit d'un air découragé.) Allons ! allons donc ! cela ne me fait rien !

ZILIA

Dame!., une déesse !

Air : Ce mouchoir, belle Raimonde.

NADJA.

Oui, déesse!... c'est terrible !

zilia , à part.

J'aime autant vivre ici bas!

NADJA.

Eh! quoi, toujours insensible!

zilia, avec expression.

Oh! chez nous, on ne l'est pas!

NADJA.

Quelle tristesse profonde !...

ZILIA

Et quel état singulier De marier tout le monde Sans pouvoir se marier!

Sans jamais, etc.

nadja, réfléchissant.

Et cependant...

Quoi donc?..

NADJA.

Rien ! laisse-moi?

ZILIA

Mais, déesse...

nadja. sévèrement.

Il suffit !.. éloigne-toi !

zilia, à part.

Je sors, de sorte que je ne saurai rien... mais

le moyen de savoir avec une déesse à qui il faut tout apprendre. (Nadja fait un geste impératif.)

NADJA.

Eh bien !..

ZILIA

Je m'en vais...

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