‹ La déesseChapitre 22 sur 52 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LA DUCHESSE, GÉRONVAL, HORTEiNSE.

HORTENSE, à part.

Ah! mon Dieu! c'est \u\l (H attt et saluant.) Monsieur de Géronval!

GÉRONVAL.

Qui venait vous rappeler, ainsi qu'à madame votre mère, son invitation à la fête qu'il donne ce soir... elle sera assez remarqnable.

Air: Pour Éblouir celle qu'il aime.

Mon feu d'artifice, j'espère, Surpassera par son bouquet Ceux qu'à la belle Lavallière Offrait le financier Fouquet !

Car j'ai, comme lui, la ricbesse, Et vous le savez bien, duchesse,

(Regardant Hortense.) Avec l'argent on a de tout!

hortense, à part.

Hormis l'esprit et le bon goût! (bis.)

Mais venez, Géronval, j'ai à vous parler de cette affaire importante...

GÉRONVAL.

De... notre mariage? (Regardant Hortense.) ne rougissez pas... nous vous laissons.

(Il sort par la porte à gauche avec la duchesse.)

SCENE III. HORTENSE, puis NADJA habillée à la créole. Costume de Virgiiiie, où à peu près, dans Paul et Virginie.

HORTENSE

Et c'est là celui que je dois épouser! et personne pour me protéger !.. pas même le frère que le ciel m'a rendu depuis quelques mois seulement... ah ! je suis bien malheureuse ! nadja, entrant par la porte du fond et regardant autour d'elle.

Mon père ne m'a pas emmenée avec lui et m'a

laissée dans cette pagode qui est bien triste et

bien ennuyeuse quand Sélino c'est à dire

quand monsieur le duc n'y est pas. Monsieur le duc... c'est ainsi qu'il faut l'appeler. Quel vilain nom ! et puis il ne vient plus comme là bas attendre mon réveil... il ne vient jamais. Depuis trois jours à peine si je l'ai vu deux fois... ça lui fait de la peine... ça le fait pleurer... (Levant les

yeux.) ah! mon Dieu sa sœur qui pleure

aussi.

hortense, essuyant vivement ses yeux.

Moi! du tout!

NADJA.

Ah! je l'ai bien vu! tout le monde pleure donc ici !

HORTENSE

Eh bien! oui... Nadja ! il n'y a que toi à qui je puisse, à qui j'ose le dire!., j'ai bien du chagrin!

Ah! dame! si j'étais encore déesse... lu n'en aurais bienti plus !

HORTENSE

Comment cela?

Je te l'ôterais!.. car là-bas je n'avais qu'à dire je veux!..

HORTENSE

Toi! une femme !..

NADJA.

Oui, sans doute, mais ici...

HORTENSE

Ce n'est plus cela ! on dit bien que les femmes régnent et commandent... mais en réalité elles obéissent toujours... à commencer par moi... que l'on veut marier...

NADJA.

Te marier... je sais ce que c'est! Zilia me l'a dit. Elle en était bien joyeuse !

HORTENSE

Et moi bien triste.

NADJA.

Cela dépend donc du climat?

HORTENSE

Non, mais du mari, quand on est mal tombée!

Est-ce qu'on ne peut pas changer ?

HORTENSE

Non!

NADJA.

C'est mal vu ! il faudrait alors en choisir un bien à son gré !

HORTENSE

Je ne demanderais pas mieux !

nadja. ■ Tu en as donc un ?

HORTENSE

Oui, sans doute. ..jeune, aimable, bienfait...

NADJA.

Comme Sélino ! Je comprends !

HORTENSE

Mais sans naissance.

NADJA.

Je ne comprends plus ! Il n'est donc pas né !

HORTENSE

Si vraiment... mais sans fortune !

NADJA.

Et la fortune? qu'est-ce que c'est?

hortense, souriant.

Ce n'est pas facile à t' expliquer ! Chez nous, vois-tu bien... le bonheur dépend de plus ou moins de petites médailles en argent ou en or que l'on possède...

NADJA.

C'est singulier... à Eldorado il y avait de l'or... mais on le laissait à terre... à ses pieds!

HORTENSE

Ici... c'est bien diffi rent. El pour les ramasser on se courbe souvent bien bas... car celui qui en a réuni le plus est toujours bien vu et bien reçu .'us: la marque de l'estime et

jonsidérali

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