ACTE II, SCÈNE VI
hortense, avec ironie.
Il est superbe !
NADJA.
Et il m'a dit tout bas : Prenez-garde à la rose du milieu.
hortense , vivement.
En vérité !
NADJA,
Et il a ajouté en s'en allant : Vous tenez mon sort dans vos mains !
HORTENSE
Ah ! voyons !
(Toutes deux regardent dans le bouquet.)
0 ciel!., un petit papier... et il y a dessus... attends... attends... car je commence à lire : Pour Nadja ! (Voulant l'ouvrir.) Voyons...
hortense, l'arrêtant.
Comment ! tu vas le lire ?..-
NADJA.
Dame! puisqu'on m'apprend... je pense que c'est pour cela !
hortense.
Du tout. Une jeune fille... ne doit jamais recevoir ni ouvrir les lettres qu'on lui écrit. ( Elle la lui arrache des mains et la décachette vivement.)
NADJA.
Eh bien... tu l'ouvres...
hortense.
Moi!., c'est différent... ce n'est pas à moi qu'elle est adressée... (Lisant, àpart.) 0 ciel... il l'aime... et demande à la voir... ce soir avant son départ... (Avec douleur.) Ah! l'ingrat!
NADJA.
C'est Charles !
hortense.
Mon frère... que dans ce moment... je ne puis
Recevoir... reste avec lui ! je l'aime mieux!
nadja, gaiement.
Et moi aussi !
(Hortense sort vivement par la porte à droite.)