XVI PRÉFACE
ce point historique, c’est tout prouver contre la mémoire de Marmont.
Bien convaincu que cette unique démonstration était nécessaire et suffisante pour le but que je voulais atteindre, je laissai là les reproches particuliers et divers qu’on peut adresser notamment au gouverneur des provinces Illyriennes, au général en chef du 6e corps en Espagne, au commandant des troupes royales en 1830 , et je concentrai tous mes efforts sur l’étude des circonstances qui ont accompagné et constitué la négociation et l’exécution du trop fameux traité de Chévilly.
Suis-je parvenu à porter une complète lumière dans ce drame obscur qui s’est accompli en quelques jours au milieu d’intrigues presque impénétrables ? Ai-je présenté les faits dans cette succession naturelle qui seule intéresse, parce que, seule, elle rend en quelque sorte sensible l’importance de toutes les phases d’une action ? Les témoignages dont je me suis servi, sont-ils tous dignes de confiance, du moins dans la mesure oü quelques-uns d’entre eux ont été admis par moi ? Les conclusions auxquelles je suis arrivé , sont-elles péremptoires et doiventelles faire partager ma conviction au lecteur? Sera-t-il bien évident qu’en insistant comme je l’ai fait, pour démontrer la culpabilité d'un homme, je n'ai pas cédé aux suggestions d'une haine impossible, mais bien seulement au désir de préserver d’une surprise la vérité de l’histoire et d’une indulgence trop inconcevable la moralité politique de mon temps? Les marques de bienveillante approbation que j’ai reçues, ne me font pas illusion à ce point de me permettre de répondre moi-méme à de pareilles questions.
J’ai ajouté à l’étude historique dont se compose ce volume, un Appendice contenant un assez grand nombre de pièces, les unes peu connues, les autres entièrement
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inédites, toutes destinées à servir de pièces à l’appui ou à éclaircir des points particuliers que j’ai dû négliger dans le cours de mon récit principal. On trouvera, en outre, dans cet Appendice, un précis dosjugements de Napoléon Ier sur Marmont, et, do plus, une liste analytique dos ouvrages relatifs au sujet dont je me suis occupé. Je n’indiquerai pas ici , quelque tentation que j’en aie , certains documents inédits sur lesquels j'ai eu la bonne fortune de mettre la main. Mais j’ose espérer que cotte partie de mon livre intéressera vivement plus d’un de mes lecteurs, ceux du moins qui se plaisent à étudier une époque dans ses documents originaux.
Ce n’est pas une ambition interdite au travail consciencieux , que de prétendre fournir à l’histoire la découverte de quelques matériaux utiles, et ce qu’on nomme aujourd’hui une monographie étudiée avec soin. Telle est toute ma prétention. Je voudrais pouvoir en avouer une autro, et c'est quo je serais récompensé de mes peines au-dolà de ce qu’elles valent, si quelqu’un, en lisant ce livre, so sentait confirmé dans son attachement au devoir, dans sa haine et son mépris pour l’intrigue et ses faveurs d’un jour.