ODORAT
Le professeur Schlegel traite ce sujet dans son” Essai sur la physionomie des serpents pag. 56.
“Les serpents, dit-il, n’ont pas l'odorat fin; aussi l'étendue de la membrane muqueuse du nez est-elle peu considérable, vu la conformation simple des conques. La cavité du nez est plus ou moins spacieuse, suivant les diverses races. Les narines varient extrèmement d'un genre à l’autre, soit par leur position, soit par leur forme ou leur grandeur. On peut établir comme règle constante que les espèces purement aquatiques offrent des narines petites, dirigées vers le ciel et le plus souvent susceptibles d’être fermées au moyen d’une valve: tandis que les narines des espèces terrestres où de celles qui habitent les arbres, sont ordinairement latérales et assez ouvertes. Chez les serpents fouisseurs, ces orifices se présentent presque toujours sous la forme orbiculaire et se distinguent par leur petitesse; elles sont de forme semblable, quoique plus ouvertes, chez les serpents de mer, maïs les Homalopsis en ont qui offrent une fente transversale en forme de crois-
sant.” Nous n'avons pas fait des recherches anatomo-histologiques
qui nous permettent d'apprécier la valeur de l’opinion de ce professeur au sujet du peu de développement de l'appareil olfactif, Mais nous avons des observations qui nous autorisent à penser que l'odorat constitue un des sens les plus importants pour les serpents dans leurs relations avec le monde extérieur et même que chez quelques espèces, il doit être d’une perfection et d’une finesse extraordinaires.
C'est ainsi que dans le parc aux serpents de l'Institut, nous avons vuun très grand nombre de fois les serpents se guider exclusivement par l'odorat pour donner la chasse à leur future victime.