‹ La défense contre l'ophidismeChapitre 43 sur 107 · ESS · texte numérisé non relu

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ulcération par gangrène de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané. Cette ulcération mesurait environ cinq centimètres de diamètre, était de formé arrondie, mais avec les bords irréguliers.

Dans la région sacro-lombaire gauche, près du coccyx, il s'est formé aussi une ulcération iaentique à la précédente, mais plus petite et due à la même cause.

Dans de telles conditions, le malade est entré 4 l'Hôpital de la Miséricorde, le 11 décembre 1911, et a été placé dans la première salle de chirurgie pour les hommes. Son traitement a consisté seulement en lavages antiseptiques des blessures, avec des curatifs aussi antiseptiques et l’administration de toniques et de stimulants car son état d’affaiblissement était désolant.

Quand toutes les blessures ont été cicatrisées à l'exception de celle de la jambe gauche qui, d’ailleurs, n'inspirait aucune inquiétude, le malade a été envoyé à l'Hôpital des Invalides à Guapyra le 23-2-1912. Il est resté là environ un an.

Comme le processus d’ostéomyélite déclarée à la jambe ne cessait pas et qu'au contraire en montant par le tibia, il gagnait le fémur gauche, on a fait revenir le malade à la première salle de chirurgie pour nommes de l'Hôpital de la Misericorde, où il a subi l’amputation chirurgicale au tiers supérieur du fémur gauche. Après cela il est sorti complètement rétabli.

4.0 — Observation d'une cas d'accident ophidique qui a évolué sans traitement, par le Dr. A. A. Martins de Castro, Clinicien a Sorocaba.

Le 19 ou 20 septembre de cette année, il s’est prèsenté à notre visite, à l'Hôpital, un paysan, jeune et fort, qui nous a demandé l'hospitalisation, parce que, disait-il, ayant été mordu par un serpent, il avait un «bras tombé».

Nous avons cru, en l’entendant, qu'il s'agissait de paralysie ou de parésie. Mais, il n’en était rien.

Après avoir découvert le membre qui était enveloppé d'un chiffon, nous avons vu qu'il s'agissait de la gangrène de l’avantbras et de la main. (PI. 23-fig. 2).

C'était l’avant-bras gauche qui, du tiers supérieur au poignet, n'avait que le squelette et de là à la main jusqu'aux phalangettes, n'avait presque aussi que le squelette et un peu de peau noire, fétide et recroquevillée. Du coud,e jusqu'aux os

découverts, les tissus mous ne se trouvaient pas régulièrement isolés du squelette, car on y notait en divers points des restes d'intenses ulcérations, actuellement en voie de guérison mais révélées par des granulations bien nettes qui étaient à la surface.

Comme il n'y avait pas de tissu sain en quantité suffisante pour en couper un peu, nous avons résolu de faire l’amputation du bras et nous l'avons pratiquée à la limite du tiers inférieur et du tiers moyen.

La cicatrisation a eu lieu par première intention et de cette manière il ny a pas eu de plus grands ravages.

Voilà le cas et voici les conditions cliniques qu'il a présentées.

Le fait a eu lieu, selon le paysan, de la manière suivante.

Il travaillait dans son champ, quand il a senti qu'il avait été mordu par un serpent au tiers inférieur de l’avant-bras gauche dans la région cubitale. Les traces des dents donnaient passage à des gouttelettes de sang. A terre, à quelques pas, gisait le serpent tué par un compagnon du blessé.

Il appelait «urutü à quatre crocs» ce serpent qui était de dimension moyenne, gros et de couleur sombre.

Aussitôt après la morsure 1] a eu l’idée de mâcher du tabac et de le mettre sur la blessure, une fois mâché.

Il est allé ensuite à son domicile qui était éloigné et, pendant le trajet, il a senti quelque douleur dans l’avant-bras et a vu le membre s’oedématier. A son arrivée à la maison, la douleur était trés forte et l’oedème était très accentué.

L'oedème avait commencé à apparaître au point de l'avantbras où le reptile avait mordu, et s'était étendu ensuite à tout le membre.

En même temps que ces symptômes a eu lieu l’algidité du membre.

Les phénomènes généraux étaient: étourdissement, faiblesse.

Il n'ya pas eu d'hémorragie.

Le lendemain on a noté un changement de coloration de l’avant-bras qui était gris; le patient a senti encore les douleurs de la veille un peu augmentées.

Le troisième jour ainsi que le quatrième: formation de phlyctènes, une plus grand algidité, coloration plus sombre.

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A partir de ce moment, noircissement complet, mauvaise odeur et enfin sphacèle: la peau et les autres tissus mous se détachaient, réduissant l’avant-bras à son squelette.

C'est ainsi qu'il est arrivé à notre Hôpital, exactement 29 jours après avoir été mordu par le serpent.»

Avec le venin de type crotalique on n'observe pas de phénomènes locaux très intenses. Il y a presque toujours de l'oedème hemorragique qui se limite aux régions circonvoisines du point mordu, ne déterminant ordinairement aucun processus de gangrène.

Avec le type élapiné on n'observe pas de phénomène local si ce n’est de la douleur.

Dans le type bothropique l’hémorragie immédiate par les solutions de continuité laissées par les dents inoculatrices, constitue la règle presque invariable; dans le type crotalique elle est l'exception et dans le type élapiné elle n'est pas observée.

Les venins ne possèdent aucune action sur la peau intacte.

Appliqués sur la muqueuse oculaire, quand ils sont liquides et récemment recueillis, ils se comportent de manières diverses, selon le type auquel ils appartienent. Le type crotalique ne provoque pas de réaction appréciable; le bothropique détermine une réaction locale plus ou moins intense, caractérisée par l'oedème avec des points hémorragiques sur la sclérotique et sur toute la muqueuse de la paupière; avec le type élapiné on n'observe pas de réaction locale.

Pour apprécier l’action des différents venins sur la muqueuse gastro-intestinale, nous avons fait encore une autre série d'expériences. Nous avons administré à de jeunes chiens (60 jours), mélangés avec du lait des venins de différentes espèces, à la dose de 100 milligrammes pour chaque animal, dose capable de tuer cent animaux, de même poids, par injection intra-musculaire.

Chez tous on a constaté un état physiologique parfait, pendant les trois premiers jours au bout desquels on a noté une

diarrhée que a duré quelques jours. En quelques jours ils se sont rétablis tous à l'exception d'un seul qui avait reçu du venin d'Elaps frontalis. A l’autopsie de cette victime qui a succombé en huit jours, ictère prononcé des téguments, dégénérescence graisseuse du foie; il n'y avait pas de congestion des organes internes, ni d'hémorragie, ni de l’albumine dans les urines.

Il semble, d'après ce que nous venons d'exposer, que la muqueuse intacte constitue une puissante barrière à l'absorption des venins des Crotalinés, mais qu'elle peut s'irriter sous l'influence de quelques uns d’entre eux.

Le venin d’Elaps frontalis s’est révélé d’une pénétrabilité plus facile par la muqueuse, car l'unique animal sur lequel nous avons expérimenté, a succombé. Dans tous le cas, on a vérifié que même avec ce venin, il faut une dose très exagérée pour déterminer la mort.

À un jeune cheval nous avons administré par voie gastrique, avec une petite quantité de farine de maïs, des doses progressivement croissantes d’un mélange de venins de Crotalinés, arrivant à lui administrer en doses accumulées près de 7.750 grammes de venin sec, qui correspondaient à environ 21 c. c. de venin, liquide. Eh bien, ce traitement par fortes doses de venin, qui a duré près de deux mois, non seulement n’a pas déterminé d’alteration dans l’état physiologique de l’animal, mais encore il n’a pas donné lieu à la formation d'un anticorps quelconque, car en examinani le sérum près de dix jours après, la dernière administration du venin, on a vérifié qu'il ne neutralisait rien, ni le venia crotalique, ni le venin bothropique et que, à ce point de vue, il était comparable au sérum normal.

Par voie rectale nous avons injecté à un lapin o,cc.4 de venin liquide de Lachesis alternatus, le plus hémorragique des venins. Cette dose qui correspond à environ 120 milligrammes de venin sec n'a pas produit le moindre symptôme d'empoisonnement.

PHÉNOMÈNES GÉNÉRAUX. — On note, au commencement, de la fatigue musculaire, l’augmentation du nombre des mouvements respiratoires, la fréquence du pouls, l’abaissement de la pression sanguine. La température s’abaisse progressivement et d'autant plus rapidement que l'empoisonnement a été plus grave. Les mouvements respiratoires qui au début étaient accélérés, deviennent lents, superficiels et difficiles à la fin. On observe encore une forte somnolence dans les premières heurs de l’action du venin, la dilatation de la pupille, une salivation plus ou moins abondante, des vomissements, la défécation accompagnée de ténesme chez quelques espèces animales.

Les hémorragies sont précoces et abondantes avec le venin

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du type bothropique, tandis qu'elles sont rares et tardives avec le type crotalique et n'ont pas été observées avec le type élapiné.

L'empoisonnement crotalique diffère essentiellement du bothropique par sun action élective sur le système nerveux. Il est beaucoup plus actif que les autres venins, spécialement pour quelques espèces animales et l’un des premiers symptômes qu'il détermine, c’est la perturbation de la fonction visuelle ou l’abolition complète de cette même fonction, comme on l’a observé fréquemment dans les accidents déterminés par cette espèce. Dans le cas légers ces perturbations sont transitoires et peuvent durer depuis quelques heures jusqu’à plusieurs jours. Il arrive quelquefois que la perte de la vue continue plusieurs mois après la disparition de tous les autres syptômes d’empoisonnement.

Cette action spéciale sur l'appareil visuel est particulier au

venin crotalique, car les troubles que peuvent déterminer les autres venins disparaissent rapidement.

Viennent ensuite les perturbations de l'appareil locomoteur, qui, en commençant par les parésies, finissent presque toujours par la paralysie complète de l'appareil locomoteur.

La scène se termine presque toujours par la paralysie des muscles qui desservent la fonction respiratoire et la mort survient lentement par la paralysie.

Les lésions que l’on observe chez les animaux morts expérimentalement, sont peu accentuées. Quand la mort survient dans un court délai, à la suite d’une forte dose de venin ou de l'inoculation endoveineuse, on n’observe que l'hyperémie des vaisseaux des méninges. Si l’empoisonnement est plus lent, on peut aussi observer la congestion intense de tous les organes, principalement du foie, des reins et du cerveau; dans c£ cas l'urine est constamment albumineuse. Quand l’empoisonnement évolue avec une extrême lenteur, on note, outre la congestion de quelques organes, des zones de dégénérescence graisseuse principalement du foie. La congestion intense des vaisseaux de la pie-mère peut être accompagnée de multiples foyers hémorragiques extrèmement petits, mais faciles à constater à l'oeil nu.

Le type bothropique comprend les venins de presque tous les Lachesis. Ce type se caractérise, comme nous l'avons déjà dit plus haut, par l'action locale très intense, par les hémorra-

gies précoces et abondantes, par l'action protéolytique intense et par l'absence de symptômes qui manifestent leur électivité pour le système nerveux. Il est vrai que quelques venins de Lachesis, comme celui de Lachesis mutus, de Lachesis itapetiningae et de Lachesis jararacuçü s'éloignent par quelques uns de leurs caractères du type principal, Mais une telle exception prouve simplement qu'en biologie on ne peut pas établir de règle absolue.

Le venin bothropique injecté, en doses équivalentes au minimum mortel, dans une veine de quelque animal, détermine rapidement la mort, tandis que injecté à une dose immédiatement inférieure, il ne tue pas et ne produit pas des symptômes d'empoisonnement appréciables. C'est le contraire de ce que l'on observe avec le venin crotalique dont on peut diviser et subdiviser les doses, en produisant une série énorme d’empoisonnements non mortels.

Par injection intramusculaire ou bien la mort survient dans un aélai relativement court ou alors elle n'a pas lieu. Il convient, toutefois, de faire une exception pour le venin de Lachesis neuwiedii, avec lequel la mort peut se produire tardivement.

Les phénomènes que l'on observe aussitôt après l'injection intravéneuse du venin de ce type (bothropique) sont comme ceux. de l'ivresse; ensuite les mouvements respiratoires s’accélèrent rapidement et la mort survient rapidement en peu de minutes, généralement au milieu de convulsions très intenses.

Par injection hypodermique ou intramusculaire, outre les phénomènes locaux déjà indiqués, il y a abaissement de température, stomatorragies, gastro-entérorragies, hémorragies par la muqueuse oculaire, la muqueuse nasale, et même par le revêtement cutané. La mort survient généralement par un épuisement général et un

état de complète algidité de la victime. s

Le venin de Lachesis Fararacuçi détermine, au contraire de ce qui arrive avec les autres serpents de ce type, des perturbations visuelles. Celui de Zachesis atrox est celui qui a l'action protéolytique et coagulante la plus intense. Celui de Zachesis ztapetiningae n'a pas d'action protéolytique et se rapproche à ce point de vue du type crotalique.

Le venin de Zachesis mutus est un de ceux qui s’écartent le pius du type bothropique pour se rapprocher du type crotalique.

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C'est ainsi que la différence entre son minimum mortel par voie intra-musculaire et celui par voie veineuse est très petite, tandis que l'on observe le contraire avec le venin des autres Lachesis. Il ne détermine pas de congestion des organes internes, il est peu hémorragique et tue lentement par injection endoveineuse aux doses voisines du minimum mortel.

Les animaux qui succombent à l’action du venin bothropique présentent un oedème au point d'inoculation et dans les régions qui l'entourent. En incisant la peau et les muscles au niveau de la région où l’on observe cette réaction locale, on voit couler un liquide séro-sanguinolent très abondant; les muscles noircis et très friables, parfois sur une grande étendue; dans la cavité gastrique et dans l'intestin on rencontre parfois des amas considérables de sang liquide; les muqueuses gastrique et intestinale sont congestionné et présentent des zones couvertes de petits points hémorragiques. Tous les viscères se montrent assez congéstionnés, spécialement le foie; l'urine est presque toujours albumineuse.

Type élapiné. — À ce type on doit subordonner très probablement les venins de tous les Elaps sud-américains. Nous n'avons étudié que le venin des deux espèces qui se rencontrent le plus fréquemment dans l'Etat de Säo Paulo: l’Elaps frontalis et l'Elaps corallinus.

Par injection intramusculaire ou sous-cutanée, on note l'absence complète de réaction locale. L’absorption est extrêment rapide, beaucoup plus rapide que celle de tous les autres venins; il est très douloureux et n'est comparable à ce point de vue qu'au venin du scorpion. Il a une action réflexe très prononcée sur les glandes et détermine une salivation abondante, le larmoiement, la diarrhée, etc. Il produit, en outre, une cécité passagère; un tremblement, de la fatigue musculaire, de la paralysie, etc. La différence entre le minimum mortel par injection musculaire et le minimum mortel par injection endo-veineuse est presque nul.

Les anti-corps que l’on obtient par injection des autres venins, n'ont aucune action neutralisante sur le venin élapiné.

Dans cet empoisonnement les lésions sont très peu notables et l’on n'observe pas de congestions si ce n'est du côté des centres nerveux.

Expérience avec le venin d'Æ/aps frontalis: — Chien pesant 7 kilog. et demi. Il reçoit une injection de 11 mgr., 200 de venin a la face externe de la jambe gauche, à l'union du tiers inférieur avec le tiers moyen, à 9 heures 23 minutes. Vingt minutes après l'injection, inquiétude, aboiements dénonçant une douleur intense; à 10 heures 15 minutes, salivation, cécité, dejections sanguinolentes, pupilles dilatées, tremblement général, fatigue musculaire. À 11 heures 50 m. cécité complète, A.12 "heures 30 m, parésie! l'animal cherche à marcher et ne peut y parvenir. A 1 heure larmoiement; à 1 heure 30 m., mouvement convulsif des membres. À 2 heures, paralysie complète. L'animal est mort le même jour

A. 7lheurestrO "me dus/soir,

Âutopsie: — Absence complète d'oedème et de toute lésion annonçant une réaction locale, au point de l’inoculation du venin. Organes thoraciques et abdominaux normaux, apparemment à l’exception du poumon droit où 1l y avait des taches hypostatiques; il n'y avait d'hémorragie ni dans la cavité estomacale, ni dans l'intestin grêle, ni dans le gros intestin; urine albumineuse: dure-mère extrêmement congestionnée; pie-mère également congestionnée et avec des points hémorragiques; moelle allongée aussi congestionnée, de même que ses enveloppes.

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