SERPENT
CAPRURESDUN
Fig. 1 — Manière de le prendre avec un crochet
Fig. 2 — Manière de l'introduire dans la caisse
Quant à la dépense pour l'établissement de tels postes, elle serait insignifiante en raison des avantages qu’elle apporterait aux Etats respectifs. Il suffirait de mettre à la tête du poste un professionnel qui se consacrerait à son organisation avec l’aide d’un domestique. Dans les villes où il y aurait déjà quelque établissement scientifique, la création de cet important service pourrait se faire à moins de frais, car avec un petit surcroît de dépense on pourrait aux divers services de l'établissement en ajouter un pour faire l'échange dont nous nous occupons.
La défense contre l’ophidisme doit comprendre deux groupes distincts de mesures. Celles du premier groupe consistent dans l'emploi des moyens tendant à diminuer le nombre des accidents ou à les éviter, ce que. en langage technique, on appelle faire la prophylaxie. Celles du second groupe ont trait au traitement de l'accident. Autant les unes que les autres devront être éclairées, guidées. par l'étude des serpents, de leurs caractères physiques de leur biologie et de leur venin.
Ce fut l'étude approfondie du venin qui ouvrit de nouveaux horizons à la thérapeutique de l'empoisonnement ophidique, en établissant sur des bases scientifiques le traitement qui était auparavant à la merci. du charlatanisme et de la croyance populaire.
C'est l'étude judicieuse de la biologie des serpents qui doit nous enseigner les meilleurs moyens d'éviter les dangereux accidents, en nous faisant connaître la distinction entre les espèces venimeuses et les non venimeuses, entre les espèces nuisibles, les indifférentes et celles qui sont utiles, en nous renseignant aussi sur l'habitat des différentes espèces, leur genre de nourriture, leurs victimes préférées, leurs ennemis naturels, etc. En ce sens, il reste encore beaucoup à faire. Nous sommes certains que, lorsque nos connaissances sur la biologie des serpents seront plus avancées plus grande sera notre victoire dans la défense prophylactique.
La connaissance des serpents et des moyens de distinguer les espèces non venimeuses des venimeuses et aussi ces dernières entre elles, est encore extrêmement utile pour que l’on puisse faire convenablement le traitement spécifique. On sait, par exemple, qu’il est complètement inutile d'employer un traitement quelconque pour une piqûre faite par un serpent non venimeux. Mais pour tranquilliser le blessé, et assumer la responsabilité de l'abstention
de traitement, il est indispensable de bien connaître les serpents.
D'un autre côté, on sait qu'il y a un unique traitement spécifique qui indique des sérums spéciaux quand la piqüre est déterminée par telle ou telle espèce venimeuse. De là, également, la nécessité de connaître les diverses espèces de serpents venimeux tout au moins celles de la région où l’on habite.
Ce n'est donc pas seulement le médecin, le savant, qui doit connaître les serpents, mais aussi toutes les personnes qui pourront, à un moment donné, être dans le cas de traiter ou d'indiquer le traitement d’un de ces accidents.
Ces raisons nous ont amené à faire précéder les deux parties qui visent spécialement la défense contre l’ophidisme, d'une autre où nous ferons une étude générale et résumée des serpents, de leur biologie et de leur venin. Dans cette étude nous traiterons spécialement des espèces venimeuses du Brésil, que nous connaissons de plus près et qui nous intéressent davantage. Encore ainsi nous n'avons pas la prétention d’être complets. Nos observations sur la biologie des serpents se trouvent encore à leur début et même l'étude des venins n'est pas compléte, surtout en ce qui concerne certaines espèces particulières au nord du pays.
En donnant au public un résumé de nos connaissances qui peuvent être appliquées très utilement dans la défense contre les accidents dûs au venin des serpents, nous remplissons un devoir humanitaire et patriotique, ce qui nous est très agréable comme homme de science. ;