CHAPITRE I BIOLOGIE DES SERPENTS
OUS pouvions nous dispenser de donner une définition des serpents, vu que ils constituent un | ordre assez distinct dans l'échelle zoologique et Z qu'ils ne se confondent pas, sauf à de rares ex-
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LR SES ceptions, avec des animaux appartenant à d’au- = SAN tres groupes. Nous dirons, cependant, avec le
savant herpétologiste Schlegel, que les conditions principales de leur existence consiste à avoir un corps très allongé, pourvu de queue et de téguments revêtus d’écailles dures. Ce corps se meut, supporté par les côtes, au moyen d'ondulations transversales; son volume est réduit au mininium par rapport à ses dimensions transversales et ses parties sont extraordinairement extensibles, ce qui permet aux serpents de se nourrir d'animaux relativement volumineux. Ces animaux ne possèdent pas de membres et par suite n'ont pas les os correspondants, ni les os des épaules ni ceux du bassin. Le squelette se résume dans les os de la tête et dans une série de vertèbres plus ou moins uniformes, à chacune desquelles correspond une paire de côtes. Celles-ci sont extrêmement petites dans la région cervicale, elles sont plus longues dans le milieu du corps et diminuent progressivement jusqu'à la queue. Les côtes sont libres dans la partie antérieure; elles constituent, des organes importants de la locomotion et contribuent, en outre, à l'ampliation de la cavité abdominale et aux multiples modifications de forme et de volume que prend le serpent quand il glisse sur le sol, quand il nage ou quand ii grimpe aux arbres. Les os de la tête, à l'exception de ceux qui protègent le cerveau, ne sont pas ar-
ticulés entre eux comme il arrive chez les autres vertébrés, mais ils sont simplement unis les uns aux autres par des ligaments excessivement élastiques et extensibles.
D'une manière générale, on peut dire que la caractéristique différentielle du squelette des ophidiens trouve sa raison d’être en deux nécessités d'ordre physiologique: en celle d’avaler des victimes entières relativement volumineuses et en celle de se mouvoir sans
l’aide de membres.
La forme allongée et fine des serpents a, comme il est nature], une influence sur la conformation et la situation des organes internes. Presque tous sont extrêmement fins et allongés. Le poumon est réduit à un sac allongé occupant presque tout le tiers antérieur de la cavité. Le coeur est situé ordinairement à l'union du tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs. Le foie est très allongé et très étroit. La vésicule biliaire très éloignée du foie pour ne pas être troublé dans ses fonctions par la réplétion de l'estomac, est situé près de la courbe du duodénum. La rate et le pancréas sont très petits. Les reins sont bien développés, très longs et étroits, de position assymétrique et présentent un grand nombre de lobules adhérant les uns aux autres. L'estomac est fusiforme. Les organes reproducteurs sont développés, principalement l'ovaire, ce qui contribue en règle générale à donner un plus grand volume au corps de la femelle. Les organes copulateurs du male sont doubles et placés sous la queue; ils fonctionnent comme fixateurs du cloaque de l'animal à celui de la femelle et comme excitateurs; ils sont invaginés et présentent une surface hérissée de saillies épineuses. Les canaux déférents s'ouvrent dans le cloaque et n’ont pas de communication avec les faux pénis.
La forme et la dimension de ces derniers organes sont un peu variables selon l'espèce dont il s’agit et leur longueur chez quelque-unes est extrêmement grande. La situation des pénis sous la queue fait que celle-ci soit allongée et plus grosse chez le mâle que chez la femelle, ce qui constitue un caractère de valeur pour la détermination du sexe, Chez quelques espèces ce caractère est si saillant que les gens du peuple pensent qu’il s’agit d'espèces ou de var'étés différentes, lorsque, en vérité, c'est un caractère différentiel du sexe.