‹ La défense contre l'ophidismeChapitre 50 sur 107 · AIO · texte numérisé non relu

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ferment qui neutralise ce venin de même que celui d'un autre colubridé australien, le Pseudechis porphysiacus, mais est complètement dépourvu d'action quand il est employé avec le venin d’un vipéridé indien, l’Echis carinatus.

Le professeur Maurice Arthus (') dans une e xpérience très élégante, s’est servi du sérum anti-bothropique (fourni par des animaux immunisés contre quelques Lachesis du sud du Brésil, spécialement contre le venin de Lachesis lanceolatus) et aussi du sérum anti-crotalique (fourni par des animaux immunisés contre le venin de Crotalus terrificus), les deux sérums ayant été préparés par cet Institut. Il a établi en même temps la non identité des ferments coagulants contenus dans les venins et l’action anti-coagulante spécifique des deux types de sérum. Voici son expérience qui a été répétée avec le même résultat dans cet Institut.

Il a pris quatre tubes avec deux centimètres cubes chacun d'un liquide ascitique: il a ajouté aux deux premiers quatre gout” tes de sérum anti-bothropique et aux deux derniers quatre gouttes de sérum anti-crotalique. Dans l’un des tubes de chaque série, il a ajouté quatre gouttes de solution de venin de Crotalus terrificus

et dans les deux autres quatre gouttes de solution de venin de Lachesis lanceolatus. Le tube contenant du venin de Crotalus terrificus et du sérum antibothropique, de même que celui qui contient du venin de Lachesis lanceolatus et du sérum anti-crotalique ont eu leur contenu liquide rapidement coagulé, tandis que dans les deux autres, où l’on avait réuni du venin et du sérum qui lui était spécifique, la coagulation n'avait pas eu lieu.

Calmette et Noc, en étudiant un grand nombre de venins au point de vue de l'action coagulante, admettent que les venins des espèces subordonnées 4 la fam:lle des Colubridés sont anti-coagulants, tandis que ceux des Vipéridés sont coagulants.

Cette opinion ne s’harmonise pas avec le résultat des études de Martin qui a vérifié aussi bien 7 vivo que ?n vitro, l'action coagulante des venins de deux colubridés australiens, comme il a été dit antérieurement.

D'un autre côté, il y a des venins de vipéridés qui sont très

(1) Maurice Arthus. Etudes sur la spécificité des sérums anti-venimeux. Presse Médicale, 6 janvier 1912, pag. 9.

peu coagulants. Ce qui paraît hors de doute c'est que: 1.0 l'in tensité de l’action coagulante est variable d’un venin à l’autre; 2.0 la substance coagulante contenue dans les venins n’est pas la même chez tous: 3.0 les venins des vipéridés sont beaucoup plus coagulants que ceux des colubridés; 4.0 les venins de la plupart de ceux-ci possèdent une action anti-coagulante.

En collaboration avec M. le Dr. Bruno Rangel Pestana (') nous avons étudié l’action coagulante des venins de quelques espèces brésiliennes. Nous avons opéré sur du sang de lapin, de cheval et de pigeon, additionné de citrate à 1 pour cent et de chlorure à 4 pour cent. Nous avons marqué le temps qu’un milligramme des divers venins mettait pour coaguler 1 centimètre cube de sang. Le résultat obtenu (*) avec le sang de lapin a été le suivant; |

Lachesis atrox, 5 secondes;

Lachesis jaracuçü, 15 secondes;

Lachesis alternatus, 50 secondes;

Crotalus terrificus, 60 secondes;

Lachesis neuwiedii. 60 secondes;

Lachesis itapetiningae, 120 secondes;

Lachesis lanceolatus, 120 secondes.

Les venins de Lachesis mutus et d'Elaps frontalis de même que celui de Naja, que nous avons employé comme terme de comparaison, ont rendu le sang incoagulable.

Les venins de Lachesis jaracuçü et de Crotaius terrificus chauffés à 1000 ne perdent pas l’action coagulante; mais cela a lieu à 1100.

Le mécanisme de l’action coagulante des venins est encore un peu obscure, Delenzenne croit que le phénomène est explicable par l’action plus ou moins désorganisatrice des éléments figurés du sang, principalement des leucocytes, qui, lorsque ils sont dissous par un mécanisme quelconque, mettent en liberté deux

() Vital Brazil et Bruno Rangel Pestana. Nouvelle contribution à l'étude de l'empoisonnement ophidique. Revue Medicale de S. Paulo—1909, page 439.

(?) Postérieurement le Dr. Joño Florencio a vérifié dans nos laboratoires que ces résultats ne sont pas constants. Il a trouvé aussi que le venin de Crotalus terrificus était moins coagulant que celui des Lachesis.

substances antagonistes qui y sont contenues. L'une de ces substances est coagulante et retenue habituellement par le foie; l’autre, anti-coagulante, est dissoute dans le volasma et maintient le sang fluide après sa sortie des vaisseaux. Selon que la dose du venin est plus ou moins forte, on peut observer une plus ou moins grande désintégration des globules et constater aussi la phase négative ou positive de la coagulation.

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