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omment doit travailler l'ouvrier des champs.
Cette estampe démontre l'efficacité de la protection des membres inférieurs. €
dents inoculatrices du venin très fortes et très développées; ils peuvent très probablement atteindre les tissus à travers une fine membrane de cuir; mais les accidents causés par des individus aussi développés doivent être considérés comme très exceptionnels. Les serpents qui causent le plus souvent des accidents, sont les petits et ceux de taille moyenne, parce que ce sont ceux qui passent le plus facilement inaperçus jusqu’au moment de mordre l'homme, à cause de la facilité qu'ils ont de se cacher.
Le travailleur des champs, chaussé de souliers grossiers et ayant les jambes protégées par des jambières ordinaires, peut impunément mettre le pied sur un serpent venimeux de dimensions régulières. C'est ce que démontre la planche n. 25 et c'est ce que prouve au public le nombre très considérable de nos expériences sur ce même fait.
À l'Institut, les employés, qui s'occupent habituellement de la culture du fourrage pour les animaux, sont obligés à se chausser et à porter des guêtres. Eh bien, malgré le nombre assez considérable des ophidiens dans cette région, nous n'avons pas eu un seul accident dans cette classe d'employés. Une fois l’un d'eux nous a apporté un serpent à sonnettes, en nous racontant qu'étant occupé à faucher l'herbe, il avait senti des coups répétés sur l'une des jambes. En essayant alors d'en connaître la cause, il avait constaté qu'il avait mis le pied sur un serpent et que celui-ci ayant Ja moitié antérieure libre, se lançait coup sur coup, d'une façon désespérée, pour le mordre à la jambe, qui, protégée comme elle était, ne fut pas atteinte.
La mesure prophylactique qui consiste à protéger les membres inférieurs des travailleurs ruraux, s'impose de telle manière que’ malgré les difficultés crées par l'ignorance, par les habitudes invétérées et par les conditions économiques de ces gens, elle est adoptée dans cet Etat d’une façon lente mais continue, grâce aux efforts inteiligents des propriétaires amis du progrès.
Je viens encore de recevoir de mon illustre collègue, M. le Dr. Domingos Jaguaribe, une intéressante communication se rapportant à ce sujet.
Ce confrère raconte qu'il avait assisté en compagnie du Dr. Fortunato Martins de Camargo à une conférence où J'on démontrait l'utilité de la chaussure comme moyen efficace pour protéger
l’homme contre les morsures des serpents. Son compagnon, qui était propriétaire d'une vaste et très riche propriété dans cet Etat, accepta cette mesure prophylactique avec un tel enthousiasme que, à la fin de la conférence, il lui annonça son intention d'installer dans sa fazenda une cordonnerie pour fournir de la chaussure, au prix de revient, à ses travailleurs et de rendre obligatoire l'usage de la chaussure. Cette belle résolution fut exécutée fidèlement et quelques années après, le Dr. Domingos Jaguaribe, visitant la très belle propriété de son ami, constata que tous les travailleurs portaient des chaussures depuis quatre ans et que, pendant cette période, il n'avait pas été enregistré un seul cas d’ophidisme, tandis que, auparavant, les cas n'étaient pas rares.
Ce bel exemple est digne d’être enregistré et d’être imité par tous les agriculteurs progressistes et humanitaires, non seulement du Brésil comme des autres pays, où l’on constate des conditions identiques aux nôtres.