‹ La défense contre l'ophidismeChapitre 59 sur 107 · MOYENS INDIRECTS DE COMBATTRE L'OPHIDISME · texte numérisé non relu

MOYENS INDIRECTS DE COMBATTRE L'OPHIDISME

Les moyens indirects comprennent tous ceux qui servent pour exterminer ou éloigner les serpents venimeux.

A l’homme revient le droit de faire une guerre sans trève à tous les animaux nuisibles. Parmi ceux-ci les ophidiens venimeux ont occupé et occupent encore une place saillante.

La guerre aux serpents venimeux peut être faite par l'homme directement, en les exterminant, et indirectement, en protégeant leurs ennemis naturels.

Une méthode, mise en pratique depuis bien longtemps, est toujours employée dans un bon nombre de pays civilisés. Elle consiste dans le paiement d’une prime pour chaque tête de serpent tué.

A l'avantage de la destruction des serpents venimeux s'ajoutait, aux temps passés, l'emploi industriel de, ces animaux dans la confection de préparations thérapeutiques, très en vogue chez nos ancêtres. Les pharmaciens étaient les meilleus clients des chasseurs de vipères.

Actuellement, ce sont les administrations municipales et départementales qui établissent des primes, dont l'importance est très variable selon la région. En France, elle varie de 25 à 50 centimes par tête de vipère.

J: Barberet, dans son intéressant volume, «La Bohême du Travail», dit avoir connu dans /a Côte d'Or un chasseur de vipères qui, depuis 21 ans détruit annuellement 1.500 de ces ophidiens, en se faisant ainsi un revenu de 450 francs.

En Allemagne, on paie beaucoup plus: le prix par tête est déb2) mares ou, de 3 fr 75 cent:

Dans l’Inde Anglaise, extrêmement abondante en ophidiens, qui causent annuellement des pertes considérables, la chasse aux serpents est faite sur une vaste échelle, principalement par une caste, qui reçoit une prime en argent par tête de serpent présentée dans les postes anglais.

La Floride est aussi abondante en serpents venimeux, en serpents à sonnettes particulièrement. Pour cette raison, les chasseurs sont également très nombreux dans cette région. Un des plus connus, le fameux Peter Gruber, détruisit à lui seul plus de 50.000 reptiles.

Au Brésil, ainsi que dans les autres pays de l'Amérique du Sud, aucun moyen n'a été encore employé dans le but de stimutler la destruction des serpents. Seul, l'Institut du Butantan, qui s'intéressait à obtenir des matériaux d'étude, achetait des serpents venimeux, dont le prix variait de 3 à 5 milreis. Aujourd'hui, il ne paie plus en argent les serpents qui lui sont envoyés, mais, en compensation, il les paie en espèces beaucoup plus précieuses pour l’agriculteur, c’est-à-dire en tubes de sérum applicable au traitement des accidents ophidiques. Nous calculons à peu près à 30.000 le nombre de serpents venimeux que nous avons reçus depuis le début de nos expériences.

Le nombre des fournisseurs de serpents pour l'Institut augmente chaque année et, avec lui, le nombre d'ophidiens que nous recevons.

Mais MM. les planteurs ne font pas la chasse aux serpents et ils n'envoient que ceux qui ont été trouvés par hasard à l'occasion des travaux agricoles.

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