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sommes transporté au Jardim Public, de cette ville, où il existe beaucoup d'oiseaux carnivores et omnivores, qui pouvaient être essayés pour la destruction des ophidens.
Nous avions préalablement demandé à l'Administrateur du Jardin qu’il voulût bien laisser jeûner les oiseaux qui devaient servir à nos expériences. La première de ces expériences a été faite avec quelques jabirüs (Micteria americana — Linn.). Dans le vaste parc qui nous servait de champ d'action, se trouvaient, affamés, quelques beaux spécimens de cet oiseau, qui suivaient, en lui réclamant leur ration journalière, les pas de l'employé chargé de les soigner. Nous avons retiré d’une de nos caisses un Drimobius bifossatus (Cobra nova), serpent non venimeux mais extrèmement agressif, et après l'avoir déposé sur le gazon, nous nous somme éloignés pour laisser approcher les oiseaux. Aussitôt que ceux-ci eurent compris qu'on leur offrait quelque chose, ils se sont approchés lentement et ont très prudemment commencé à observer les mouvements rapides et harmoniques du serpent sur le tapis vert du gazon. Quand ils sont arrivés assez près, le serpent a suspendu la marche, dressé le cou et, rapidement, porté en avant un coup formidable qui n'a pas atteint le but, mais a mis en fuite les oiseaux épouvantés qui n’ont plus voulu se rappro. cher du serpent. La même expérience a été répétée, avec Île même résultat, au moyen de serpents venimeux. Les Jabirüs se sont refusés à attaquer les serpents et ont donné des signes de frayeur, quand ils ont constaté le genre d'animal qu'ils avaient
devant cux.
Nous avons aussi vérifié que les «seriemas», les herons et les oies du Jardin se conduisaient comine les Jabirüs. Pleins d'épouvante, ces oiseaux s’enfuyaient quand on leur présentait un serpent vivant, qu'il fût venimeux ou non.
Nous avons en captivité un épervier, d'une espèce connue sous le nom de «carancho» ou «carä-carä» (Polvborus tharus, Mol), qui, depuis longtemps, a été nourri avec des serpents venimeux déjà morts. Après l'avoir laissé jeûner pendant 24 heures au moins, nous lui avons offert un serpent vivant, qu'il a retusé de prendre manifestant même de la crainte en s’approchant de l'ophidien.
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Il est possible que quelques-uns des nombreux oiseaux de proie que l'on rencontre au Brésil, puissent constituer un bon élément destructeur des serpents, en justifiant la tradition populaire qui considère ces oiseaux comme possédant cette qualité. Toutefois la preuve de ce fait n’a pas encore été dennée et continuera à faire l’objet de nos observations.
SERPENTS OPHIOPHAGES.
Parmi les serpents ophiophages on doit mentionner, em premier lieu, le serpent venimeux qui peu atteindre la plus grand dimension, quoique au point de vue qui nous occupe, il ne puisse être utilisé. Nous voulons parler de l'espèce indienne la plus terrible et la plus redoutée pour son caratère agressif — l’'Ophiophagus Elaps, Hamadryas Ophiophagus, Naja Elaps, Naja bungurus, vulgairement nommée Hamadryas. Il est considéré comme le roi ou le géant des serpents venimeux, car, selon l'affirmation de Brehm, il peut atteindre jusqu’à 4 mètres de longueur.
Il n’y a qu'un serpent venineux qui peut rivaliser avec lui en dimension : c'est notre surucucü (Lachesis mutus) qui selon le témoignage de plusieurs voyageurs, peut aussi atteindre 4 mètres. Au sujet de l'habitude qu'a cette espèce de se nourrir d’autres serpents, outre le témoignage des hindous, il existe des observations de Cantor et de Fayer qui établissent sûrement la véracité du fait:
«On lançait règuliérement à un de ces najas que j'avais en captivité, raconte le premier de ces naturalistes, un ophidien quelconque, venimeux ou non. Des que l'hamadryas apercevait l'animal il faisait entendre un fort sifflement, dilatait sa gorge, levait la partie antérieure du corps et restait, pendant quelques instants, dans cette position, comme s’il voulait viser avec plus de sûreté sa victime. Puis il se précipitait sur elle, l’empoisonnait, et la dévorait ensuite; après cela, il restait comme endormi près de 11 heures».
Les hamadryas, que Fayer a eu en captivité, n'avaient plus les dents inoculatrices de venin qui avaient été arrachées par les charmeurs de serpents. Ils avaient complètement perdu leur vivacité 4 cause de cette mutilation. Cependant, deux fois, e
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