‹ La défense contre l'ophidismeChapitre 67 sur 107 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

TRAITEMENT SPECIFIQUE OÙ SERUMTHERAPIQUE

Comme nous l'avons vu, par l'analyse faite dans les deux chapitre précédents, les traitements empiriques ou superstitieux, mis habituellement en pratiques par les guérisseurs des personnes mordues par les serpents et par les charlatans de toutes sortes, ou bien

les traitements médicaux (chimico-physiologiques) n’exercent aucune

action sur la marche de l’empoisonnement ophidique.

La médecine officielle se trouvait, il y a bien peu de temps, complètement désarmée pour combattre de tels accidents, et cela explique jusqu'à un certtain point la préférence que les victimes des morsures de serpents avaient pour les guérisseurs et pour les sorciers nègres. Le professionnel ayant conscience de sa responsabilité et ne possédant pas de recours auquel il pût avoir confiance ne pouvait pas faire usage du même langage que le charlatan qui garantissait, sans aucune responsabilité, la guérison complète de la pauvre victime de l’ophidisme. Entre les manières réservées et prudentes de l’homme de science et la foi aveugle et superstitieuse du charlatan, la personne mordue n'’hésitait pas: elle préférait toujours le miraculeux guérisseur qui lui garantissait la

vie comme par enchantement.

Le traitement des accidents ophidiques par les sérums spécifiques est venu donner à la science un moyen réellement efficace «

pour combattre de tels accidents. C'est ainsi que se résume au »

jourd’hui la solution du problème ophidique dans la divulgation de ce recours thérapeutique et des moyens prophylactiques dont nous «

nous sommes occupés dans un chapitre antérieur.

Nous étudierons, successivement, dans ce chapitre, la pré- ” paration des sérums anti-venimeux, les preuves de leur valeur pré- | ventive et curative et les résultats pratiques obtenus avec cette méthode de traitement dans notre pays, surtout dans l'Etat de S

pt © GE p E.

La possibilité d'immuniser les petits animaux de laboratoire contre le venin des serpents, établie par Sewal (1887) et Kaufmann (1889), est restée sans application utile jusqu’ aux mémorables travaux de Phisalix et Bertrand, au Museum d'Histoire naturelle de Paris et de Calmette (1), à l'Institut Pasteur de Paris. Ces éminents expérimentateurs ont établi simultanément les faits sui-

vants de la sérothérapie anti-ophidique:

Page 1