OBSERVATIONS RECUEILLIES PAR LE DR. VICTOR GODINHO
N. 11— Antonio Ferrari, âgé de 32 ans, italien, charbonnier, fut piqué à l'index de la main droite, par un jararaca, ayant près de 70 c.c. de longueur, qu'il tua et présenta au Dr. Lutz. Au doigt qu'il présenta, encore serré par une ficelle audessus de la blessure, il y avait une: grande inflammation (ce qui était naturel) de même qu'au poignet et à l’avant-bras, au dessus de la ligature. On voyait clairement les orifices de l'entrée de deux dents de serpent.
L'accident eut lieu le 28 Août, à midi, sur la route qui se trouve derrièrre le cimetière d'Araça. A 1 heure 1/2, de l'après-midi, je lui fis une injection de 20 c.c. de sérum anti-bothropique, et lavai la main avec de la térébenthine pour enlever le charbon. En plus de la précaution de ligaturer le doigt après la piqûre, le malade avait, dit-il bien
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sucé la blessure; néanmoins la main et l'avant-bras étaient tuméfiés et il avait des douleurs: ce qui indiquait l'absorption d'une certaine quantité de venin. Le lendemain, la main était désenflée, et il n'avait plus aucune douleur. Il resta trois jours à l'hôpital d'isolement, et sortit en état de reprendre son travail.
N. 12 — Manoel Luiz de Sousa, 17 ans, demeurant, rue Humaytä n. 54, dans une étable; était occupé à couper de l'herbe, quand il fut piqué par un grand serpent, foncé et maillé, qui se sauva sans qu’il pût le tuer. Le serpent devant être très grand et venimeux, car on vit les quatre marques des empreimes ; il y avait une extension de plus d'un pouce entre les dents antérieures et postérieures, un centimètre et demi entre les trois dents du même maxillaire.
La morsure était dans la région gastro-cgnema droite et l'accident ayant eu lieu à 7 heures 1/2 du matin, il reçut l'injection! à 9 heures 3/4 du matin. Il retourna chez lui, avec la recommandation de revenir à 6 heures du soir.Il se présenta à cette heure, ne ressentant rien, pas même de la douleur dans la jambe.
Seulement une petite douleur à l'endroit de l'injection. Je lui fis alors une seconde injection de 20 c.c. et lui recommandai de revenir le landemain à 8 heures 1/2 du matin, il ne vint pas, mais nous sûmes qu'il était très bien n'ayant eu aucun symptôme d’'empoisonnement ophidique, probablement grâce aux injections de sérum.
Les marques des dents consignées plus haut indiquaient clairement que le serpent devait être venimeux.
N. 13 — Paramillesio Frederico, âgé de 31 ans, célibataire, résidant rue de la Consolation, n. 260, auxiliaire d'un cocher de place. Piqué à 9 heures 3/4 du matin, par un serpent de petit taille (50 centimètres) dont il ne connait pas la qualité. On voit par les empreintes que c'était un serpent venimeux. Ilaété piqué en deux endroits, sur le pied gauche et au talon droit, quand ül chargeait du bois, près de la remise de l'Hôpital d'isolement. Il est allé suite à l'Hôpital et je lui ai fait une injection sous-cutanée de 20 c.c. de sérum anti-ophidique en lui recommandant de revenir à 6 heures du soir, et de rechercher le serpent, si ses compagnons avaient pu le tuer. A midi 30 minutes, il s'est présenté à l'Hôpital ressentant des douleurs dans la jambe très oedémaciée. |
Il a été reçu dans une infermerie ou'on lui a fait une 2me. injection de 20 c.c. de sérum dans la région lombaire comme la premüière. L'après-midi, la douleur et l’oedème n'ont pas augmenté. Il se sentait bien.
Le lendemain l'oedème s'est limité à la jambe. Il n'y a pas eu d'hémorrhagie ni d'autre symptôme, en plus de l’oedème mentionné. Si l’oedème est survenu malgré le sérum injecté dans la région lombaire, cela s'est produit naturellement à cause de l'intoxication ophidique, c'est probablement grâce aux injections de sérum que l’on n'a pas observé d'autres symptômes d’empoisonnement.
Le patient est resté à l'Hôpital trois jours encore, d’où il est sorti guéri et sans traces d’oedème. |
N. 14. — Lourenço Sapputti, italien, âgé de 13 ans, blanc, demeu-
rant dans une ferme de Pinheiros, était occupé à couper de l'herbe, lorsqu'il fut piqué par un serpent. Il l'avait vu fuir et avait reconnu un jararaca ayant près de 80 centimètres de longueur. L'accident eut lieu le 6 Novembre 1904 à midi. Sapputti retourna chez lui, appela son père qui le porta immédiatement à l'Hôpital d’Isolement pour demander du secours, après avoir eu la précaution de faire une ligature au bras. À 1 heure de l'après-midi je l’examinai. Il présentait au pouce de la main gauche la marque des piqûres, deux petites orifices entourés aussi d'une petite ecchymose plus petite qu'un pis et paraissait avoir laissé sortir quelques gouttes de sang. Le bras et l’avant-bras étaient oedèmateux bien que cette piqûre fût récente. Le bras droit avait doublé de volume et était ‘devenu subitement très douloureux. La ligature n'était pas forte et elle n'avait pas été appliquée plus d'une demiheure. Avant même qu'on la fît dans la partie supérieure du bras il y avait déjà de l’oedème. Comme on m'avait informé qu'il s'agissait d’un jararaca, je fis une injection sous-cutanée de 20 c.c. de sérum anti-bothropique. A ce moment arriva le Dr. Emilio Ribas qui vit aussi le malade.
L'enfant fut couché sur un lit de l'Hôpital et je recommandai au père d'aller chercher et d'apporter le serpent vivant ou mort. Il partit en disant que cela ne serait pas difficile, parce que le serpent qui pique ne change pas de place ou, tout au moins, ne va pas très loin.
Effectivement, 3 heures après, il présenta à l'Institut Bactériologique, le serpent qu'il avait tué sur le lieu de l'accident. Le Dr. Carlos Meyer vérifia que c'était bien un jararaca.
À 6 heures du soir j'allai voir le malade qui dormait. Il s'était beaucoup. plaint de douleurs dans tout le bras, et c'est seulement à 5 heures qu'il avait eu un peu de soulagement et qu'il s'était endormi. Je le réveillai et je vis que le bras était encore plus oedémateux. Je lui fis une nouvelle injection sous-cutanée de 20 c.c. du même sérum. Il passa assez bien la nuit, sans présenter d'autres signes d'hémorrhagie. Le lendemain on examina les urines qui révélèrent des traces d'albumine. Le 7, comme il pouvait mieux supporter les douleurs, je lui fis encore une troisième injection et ce fut la dernière. L'oedéme qui empêchaittout mouvement du bras blessé céda peu à peu et les mouvements ne furent complets qu'à la fin du jour, quand l'oedème eut tout à fait disparu. Il eut l’exeat le 7.
N. 15— Antonio Lourençco d’Almeida, portugais, âgé de 15 ans, ouvrier, demeurant rue de la Consolation près du numéro 500. La maison est située dans la partie de la rue um peu déserte, sur le chemin de Pinheiros. La maison est entourée d'un pré.
Le 1.er Mars à 7heures du soir,il passait près de l’Alameda Jahü où il y a aussi des prés, ii fut piqué par un serpent, qui fut tué im-
médiatement par un italien venu à son aide. Le serpent fut présenté à l'Hôpital et reconnu pour être un jararaca® Au moment de la piqûre le blessé ne sentit qu'une douleur aiguë dans la partie blessée, Quelques minutes après, voulant se redresser pour continuer son chemin,, il se sentit étourdi et tomba. Il fit d’autres tentatives et tomba encore. Ensuite la jambe droite commença à enfler et à le faire souffrir. Il fut alors transporté à l'Hôpital d'isolement. Là une heure après, il fut examiné. Il était pâle, en état vertigineux, pouls imperceptible; ne pouvant s'asseoir qu'avec difficulté, il restait étendu sur le lit On voyait à la partie dorsale du pied droit la marque de la piqûre produite par 4 dents.
On notait: oedème du pied et de la jambe, et par la piqûre il sortait une petite quantité de sang. Comme le serpent avait été reconnu, on lui fit une injection de 30 centimètres cubes de sérum anti-bothroque à O9 heures du soir.
Après l'injection, la douleur commença à diminuer tandis que l'oedème augmentait. Le lendemain de l'accident, le 2, il se présentait de l'oedème très prononcé, et des hémorrhagies interstitielles dans toute la jambe.
Hémorrhagies visibles au travers de la peau, mais profondément situées. Il n'y eut pas de perturbation dans la vue. L'oedème mit 16 jours à disparâitre complètement et quand il sortit de l'Hôpital, déjà guéri, le 19, on voyait encore des maïlles profondes, jaunâtres dans les parties profondes de la jambe, indice de réabsorption lente du sang, Le patient resta 5 jours au lit et pendant ce temps, il lui fut impossible de s'appuyer sur le pied blessé, à cause des douleurs que provoquait la station verticale. Ce fut un cas grave. Guérison avec deux injections, l’une de 30 c.c. le jour de la piqûre, deux heures après l'accident et l’autre 24 heures après la l.ere. Exeat le 19 Mars 1904.
N. 16 — José Olympio de Sousa, brésilien, Âgé de 22 ans, célibataire, ouvrier de la Light and Power. Il entra le 15 Mars 1904 à minuit chez lui, à Ibitinga.
Il raconta qu'à 5 heures du soir se trouvant au village du O’ dans la campagne, il fut mordu par un serpent au tiers inférieur de la jambe gauche un peu au-dessus du malléole externe.
Le serpent tué fut reconnu pour être un jararaca. Après l'accident le blessé resentit une forte douleur dans la jambe qui enflait.
Les premiers secours furent tous extravagants. On lui fit manger crus le foie et le coeur du serpent, on lui donna de l'eau-de-vie jusqu’à l'ivresse, on lui attacha la jambe avec une liane et on lui frotta la blessure avec les intestins du même serpent. À minuit, au moment de l'entrée à l'Hôpital, il était ivre, se plaignant de beaucoup de douleurs dans la jambe. Il fut conduit à l'Hôpital par un tramway de la Light. On lava convenablement la blessure avec de l'alcool et ensuite avec du sublimé et on lui fit une injection de 30 c.c. de sérum anti-bothropique. L'hémorrhagie au point mordu était insignifiante et l’oedème
n'augmenta pas beaucoup. Le lendemain on notait encore l’oedème et le malade se plaignait de fortes douleurs. On lui fait une seconde injection de-30 c.c: L'amélioration fut rapide. Le blessé se leva au bout de trois jours, quoique s'appuyant encore mal sur la jambe. On voyait de petites taches ecchymotiques dans le voisinage de la blessure, le jour de la sortie de l'Hôpital, qui eut lieu 6 jours après l’accident.
N. 17 — Herminio Ferrari, italien, Âgé 16 ans, charbonnier, demieurant à Leitäo, dans le Alto da Serra. Il fut piqué à la main gauche à dix heures du matin environ, et se présenta à l'Hôpital 4 8 heures du Soir. Il avait tout le bras enflé et douloureux. On lui fit une injection de 20 c. c. et on garda à l'Hôpital pendant 5 jours, car les douleurs et l'inflammation ne cessèrent qu'au bout de ce temps.
N: 18 — Mathias Wacket, naturaliste, allemand, âgé de 55 ans, demeurant à la station de Rio Grande, S. P. Railway. Il fut piqué le 4 Octobre 1905 au soir. Il se présenta à l'Hôpital le matin du 5 et reçut une injection de 20 centimètres cubes de sérum anti-bothropique.. L'accident eut lieu au moment ou il cueillait une orchidée dans la brousse. La morsure fut faite par un jararaca, qu'il reconnut, dans l’espace interdigital de la main droite, entre le médius et l’index. On voyait d’ailleurs les marques de la morsure. Il se plaignait de douleurs, le bras avait une grande inflammation. Quoique l'injection ait été un peu tardive, neuf heures après l'accident il sentit diminuer les douleurs. Il sortit le 16 ayant encore un peu d'’inflammation au bras. L'empoisonnement fut léger.
N. 19 — Guilhermina de Jesus, brésilienne, âgée de 13 ans, demeuk rant rue S. José, Villa Cerqueira Cesar. Elle fut piquée le 18 Avril, à 6 heures du soir, par un serpent qui lui parut être grand: File n'eut pas le courage de se retourner pour le voir; d’ailleurs elle n'aurait pu le déterminer car elle ne connait pas les espèces de serpents. Una demi-heure après, elle se présenta à l’Hôpiial et reçut une injection de 20 c.c. de sérum anti-ophidique. On voyait près du malléole interne, au pied gauche, les marques de la morsure. Le pied commençait à enfler et lui faisait très mal. Au bout d’une heure qu'elle était à l'Hôpital, l’inflammation avait encore augmenté un peu et elle ne pouvait mettre le pied à terre, à cause des douleurs. Elle garda le lit pendant 4 jours et elle obtint l'exeat le 26. À en juger par les symptômes présentés, le serpent qui la mordit devait être un jararaca. On peut attribuer à la rapidité des secours l'absence de phénomènes graves d'empoisonnement ophidiques.
N. 20 — Adelino Teixeira de Carvalho, brésilien, âgé de 42 ans, ouvrier agricole, demeurant à la Serra de la Cantareira. Il fut piqué le 16 à 1 heure de l'après midi par un jararacuçü de 60 centimètres de longueur, à la partie dorsale du pied gauche. Le Dr. Accacio, ingénieur du service des eaux de la Capitale, lui fit une injection de 60 centimètres cubes de sérum anti-ophidique, une heure après la mor-
sure. Malgré la rapidité du secours, il présenta des phénomènes d'intoxication grave, sans doute parce que la quantité du venin inoculé avait dû être grande. Il vomit plus de deux litres de sang. La jambe blessée était très enflée, elle présentait plusieurs hémorrhagies interstitielles dans le tissu sous-cutané. Il ne pouvait pas marcher à cause des douleurs et, dans l'impossiblité de travailler, il alla sur le conseil du Dr. Accacio à l'Hôpital d'isolement le 18. On notait encore, à ce moment, un peu d’inflammation, de vastes ecchymoses à la jambe et à la cuisse, la douleur avait déjà diminué d'intensité et il ne vomissait plus de sang. | Hal
Quoique l'intoxication fût considerée comme enrayée, on lui fit une autre injection de 20 c. c. de sérum anti-ophidique. Le 20, on voulut lui donner l'exeat; mais il dit qu'il ne pourrait encore pas bien marcher et encore moins travailler. Pour cela il reçut l'exeat, une fois complètement guéri, le 24 Avril.
N. 21 —-Frediano Biancalana, italien, âgé de 28 ans, boucher, demeurant rue des Voluntaires de la Patrie n. 95, le 12 Février à 5 heures du matin, étant allé dans le jardin de sa maison, fut mordu par un serpent qu'il tua ensuite et apporta avec lui. C'était un jararaca d'un mètre de longueur. De suite après la morsure il commença à sentir de fortes douleurs dans la jambe et la cuisse, qui commencérent à enfler notablement. Au bout de deux heures ïil ne pouvait déjà plus mettre le pied à terre, tellement les douleurs étaient fortes.
À ce moment il était dans la pharmacie de l'avenue Tiradentes, (Ponte Pequena) où le pharmacien lui fit une injection de 20 c.c. de sérum anti-ophidique.
Le Dr. Walter Seng fut appelé et conseilla de porter le malade à l'Hôpital d’Isolement. Il arriva ici à dix heurs, en voiture, accompagné d'amis. La jambe et la cuisse étaient enflées du double à cause de l'inflammation. Il se plaignait de grandes douleurs. On lui fit une injection de 20 c.c: de sérum anti-bothropique car on connaissait le serpent aggresseur. Le pouls s'éleva à 104, et conserva ce chiffre les 3 jours suivants, pour revenir ensuite à l’état normal. Le malade avait les marques de morsure sous la cheville du pied gauche, côté externe. - Au pied droit, au même endroit, il y avait des marques identiques et le malade dit qu’il avait été aussi mordu à ce pied.
Cependant la jambe droite ne présenta aucun symptôme, ce qui prouve que le venin avait été inoculé dans la première morsure, celle du pied gauche.
Les jours suivants après la morsure, le 13 et le 14 le malade présenta des phénomènes hémorrhagiques, estomatorrhagiques. Il avait vomi presque deux litres de sang. Audessus de la morsure apparurent deux grandes bulles de pemphigus et il est curieux que ji'extravasion tout d'abord citrine, devint ensuite sanguinolente. Le 135 on lui injecta une nouvelle dose de 20 centimètres cubes de sérum antibothropique et ce fut la dernière injection. Le malade commença à
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se sentir mieux, les douleurs cessèrent. Plusieurs hémorrhagies sous cutanées apparurent sur toute la jambe et à la cuisse gauche, ressemblant entièremente à la gangrène, à cause de la couleur qu'avait cet organe de locomotion.
Le ‘malade fut gardé pendant 11 jours à l'Hôpital et sortit le 23 quand il commençait à marcher. À ce moment la jambe gauche présentait un volume supérieur d’un tiers à celui de la droite et les taches hé-
morrhagiques commencèrent à prendre une couleur jaunâtre. Il sortit donc ‘guéri.
OBSERVATION DU DR. MARCONDES MACHADO Medecin à Tatuhy
N. 22. — Ayant appliqué le sérum anti-crotalique, préparé à l’Institut, sur un individu mordu par un serpent à sonnettes, il est de mon devoir de vous communiquer que j'ai obtenu un très bon résultat. L'intoxiqué s’est trouvé complètement hors de danger, malgré la grande dose de venin injectée et le retard dans l'application de sérum (3 heures après), quand les symptômes d’'empoisonnement se manifestaient déjà
clairement et avec un caractère très grave.
La faute provenant de ce retard a eu cependant l'avantage de con-
vaincre les personnes qui doutaient encore de l'efficacité du sérum. Ce produit a été alors considéré comme le meilleur moyen de traitement
et le plus scientifique du grand nombre de substances conseillées et employées pour la guérison de l’empoisonnement ophidique. Le malade, travailleur rural, présentait des perturbations visuelles, des convulsions dans les membres supérieurs, parésie des jambes, douleurs rheumatôides et malaise général, pollakyurie et hématurie. Je lui ai fait deux injections avec un intervalle de deux heures, qui ont été suffisantes pour améliorer l'état du malade au point que en peu de jours il reprit son travail parfaitement guéri.
OBSERVATIONS DU DR. F. CANDIDO ESPINHEIRA Directeur de l'Hôpital d'Isolement de St. Paul
N. 23— Joïo Jacintho Pacheco, portugais, âgé de 14 ans, demeurant dans la rue Bella Cintra, dans cette Capitale. Piqué par un serpent, le 12 Janvier de cette année, au moment ou il coupait de l'herbe, se présenta à l'Hôpital d’Isolement à la recherche de secours, deux heures après avoir été piqué. Le malade se plaignait de fortes douleurs le longue de toute la jambe gauche, qui était très oedémaciée et présentait de larges et nombreux faisceaux d’hémorrhagie cutanée. Au dos du pied correspondant on voyait deux points sanguinolents des empreintes laissées par les dents de l'animal. Le thermomètre marquait 360 et le pouls 100 pulsations par minute. On a fait une injection de 40 c.c.
Sue NS DURE
de sérum anti-ophidique et ensuite une autre de 20 cc de sérum anti-bothropique.
Le malade a mal passé la nuit, avec de fortes douleurs dans la jambe, qui l'empêchaient de dormir et vers le matin, sa température était de 370 et son pouls de 140. L'oedème avait augmenté et les faisceaux hémorrhagiques étaient plus visibles et plus étandus. On a fait une nouvelle injection de 20 c.c. de sérum anti-bothropique. L'après midi la température s’est maintenue à 370, mais le pouls a baissé à 108. Le malade continuait à se plaindre de douleurs, qui ne lui permettaient pas de se reposer. La nuit les douleurs sont allées en diminuant et ie malade a pu dormir quelques heures. Dans la matinée du 14 la iempérature était encore à 370, mais le pouls continuait à baisser et marquait 100 pulsations par minute. Les douleurs étaient moins intenses et le malade se montrait content. Les jours suivants les améliorations se sont accentuées. On a donné l'exeat le 21 (1904).
N. 24 — Francisco de Lima, brésilien, âgé de 20 ans, demeurant à Ribeiräo Pires, piqué par un jararaca le 19 Février de cette année (1904) quand il travaillait aux champs. Il s'est présenté à l'Hôpital d'Isolement, quelques heures après, déjà avec une franche estomatorrhagie. Sur le dos du pied droit on remarquait deux endroits où avaient pénétré les dents de l'animal. Le malade avait une température de 370 etle pouls était à 105. On lui a fait une injection de 40 c.c. de sérum anti-bothropique. Le malade a bien passé la nuit, et, vers le matin il avait une température de 370 et le pouls à 74. Aucune autre injection n'a été faite. Deux jours après, le malade complétement guéri, a reçu l'exeat. |