CHAPITRE VI
Diuiiin piuoDB DU sifees. — bombardbhbnt st atuquss
8UH LA UVI DROITE DE LA 8AV0UBEUSE.
Commeiieenient du bombardement.
Le 3 décembre, vers 8 heures du matin , le bombardement commença, et les obus se succédèrent sans relâche, traversant la petite ville dans toute son étendue.
C'était comme une pluie de fer s'abattant tout à coup brusquement sur nous.
Le sifflement strident des projectiles et le fracas des maisons atteintes de toutes parts^ donnait un terrible démenti aux illusions de la population qui^ malgré les avertissements du gouverneur, ne croyait plus au bombardement après trente jours de silence, dus aux obstacles que le mode de défense employé avait opposés à Tennemi.
On se réfugia au plus vite dans les caves ^ non sans un serrement de cœur^ qui aurait été bien autre encore si on avait su que cette avalanche redoutable allait continuer sans trêve ni repos, le jour et la nuit^ son œuvre de destruction durant soixante-treize jours^ pendant lesquels le fléau ne ferait qu'augmenter d'intensité. Les indigents saus logement reçurent asile dans les caves de l'église et de la mairie^ où ils s'entassèrent.
L'ennemi avait ouvert ce feu de batteries construites en avant d'Essert^ sur le bord des platea\jx de la rive gauche de la Douce. Ces batteries étaient reliées entre elles et protégées par une tranchée formant place d'armes, s'étendant de la route d'Essert jusque vers Bavilliers, sur environ un kilomètre de longueur. Il y avait dans ces batteries place pour une vingtaine de bouches à feu, que l'ennemi y amena peu à peu ; mais^ le 3, elles ne comptaient encore que huit canons de 1 2 et de 24^ comprenant quelques pièces françaises, venues sans doute de Strasbourg. Il s'y trouvait en outre quelques mortiers qui tirèrent sur le fort des Barres des bombes d'un calibre voisin de 27 cent.
C'était là^ en apparence, un bien faible armement pour commencer une lutte d'artillerie avec la forteresse. Mais, en réalité, la puissance de ces batteries devait se mesurer, non pas au nombre des bouches à feu, mais à la quantité de projectiles
154 DETJXlèlfB PÉRIODE DU SIEOS.
qu'elles auraient à leur disposition et qu'elles lanceraient^ et, dès le premier jour, ces pièces, tirant sans repos comme en un jonr de bataille^ jetèrent sur la Tille et les ouTrages environ de quatre à cinq mille projectiles. Il nous était impossible de répondre par une quantité égale, sous peine de consommer, avec une effroyable rapidité, les soixante et quelques milles projectiles pour pièces rayées, qui nous restaient encore. Noire fonderie ne pouvant arriver à une production de plus de deux cents obus par jour, ne nous donnait qu'un appoint faible, quoique précieux.
Nous dûmes donc nous borner, dès ce premier jour, à n'envoyer à Fennemi que le tiers à peu près des projectiles qu'il nous lançait, et cette différence en sa faveur ne fît qu'augmenter de plus en plus.
Les batteries ennemies distantes du centre de la ville d*environ trois mille mètres ne prirent. pas seulement ce but pour objectif. Elles tirèrent, aussi sur le fort de Bellevue à quinze cents mètres, sur les Barres à dix-huit cents mètres, sur le Château de trois mille quatre cent à cinq mille mètres, et envoyèrent quelques coups aux Basses-Perehes à trois mille quatre cents mètres. Des guetteurs furent aussitôt installés dans tous ces eu'VfageB, pour observer le feu des pièces ennemies, et prévenir, à son de trompe, de l'arrivée de Tobus afin qu'on pût s'en garer.
An moment où les premiers obus arrhèrent au Château, les canooDiers étaient aux bois à faire dn fascinage, et la garnison d'infanterie entra dans un désarroi complet, se précipitant en hâte dans la partie de la caserne eneore incomplètement blindée en sacs de farine, pour y effectuer le déménagement des effets.
On eut beaucoup de peine à rassembler quelques hommes, pour les porter aux pièces ayant vue sur les batteries prussiennes. Pourtant on y réussit et ils remplacèrent de leur mieux les canonniers absents. Par malheur la plupart des pièces à tirer étaient des pièces du cavalier, retournées pour lancer leurs projectiles par-dessus la caserne, en sorte que dès les premiers coups leur souffle brisa avec un fracas retentissant toutes les vitres de la façade. Cette fois la panique fut portée au comble par ce bruit insolite, et il fallut quelque temps pour ramener le calme, qui ne vint pas sans quelques rires, sur ht nature inofTensîve de tout ce tapage.
Les mobiles du Rhône, plus calmes que les autres, servirent néanmoins les pièces avec zèle^ et on put attendre sans înconvénîoits le retour des canonniers.
Durant ce temps les Barres, Bellevae, les Basses- Perches, et la limite gauche du camp retranché, avaient ouvBrt leur feu de riposte, et la lutte d'ar-
tillerie était commencée pour ne plus ceBser, même la nuit, que le 1 3 février au soir.
Répartition des eoninandements dans la place»
— Petits combats.
La période active du siège commençait^ et les forts allaient avoir à lutter directement, pour euxmêmes et pour le soutien de nos positions, et non plus seulement pour appuyer nos attaques lointaines.
Les commandements principaux de la forteresse étaient ainsi répartis :
La Miotte commandée par le capitaine d'artillorie Sàilly et la Justice par le capitaine d'artillerie Jourdanet, étaient réunis sous les ordres de M. Chapelot chef de bataillon du 84^
Le camp retranché permanent était commandé par M. Fournier lieutenant-colonel du 57^ Ce poste lui était commode pour l'administration de son ré* giment.
La ville était sous les ordres du commandant Rohr de l'artillerie du Haut-Rhin.
Tous ces ouvrages n'avaient à cette époque qu'un rôle encore secondaire dans la lutte.
Le Château était commandé par M. le lieutenantcolonel Rochas du 16^ (Rhône), l'artillerie de la partie haute était sous les ordres du capitaine d*ar-
tillerie de la Laurencie^ celles des enceintes Basses sous ceux des capitaines Laborie et Yallet.
Cet ouvrage étant à Tabri de toute posi^^ibilité d'attaque de vive force^ Tinfanterie ne pouvait être appelée à y jouer un rôle actif, que tout à fait aux dernières périodes du siège, après la prise des ouvrages avancés^ quand Tennemi cheminerait contre le Château mème^ époque encore bien éloignée^ et à laquelle l'ennemi ne put même pas arriver. En conséquence l'artillerie y formait le seul élément de combat; les ofiiciers qui la commandaient, conservèrent leur liberté individuelle d'action et communiquèrent directement avec le commandant supérieur.
Les Hautes et Basses-Perches étaient sous les ordres des capitaines Livergne et Duplessis du 45^ et réunies sous le commandement de M. Gély, chef de bataillon du 45'.
Les ouvrages de la rive droite de la Savoureuse, lignes et front des faubourgs, gare, fort des Barres^ redoute de Bellevue, étaient, au point de vue du service général et de la police des troupes^ sous les ordres du lieutenant-colonel Marty, les commandants des diverses positions conservant leur indépendance au point de vue du combat, et correspondant directement avec le gouverneur. Ces commandants étaient : aux Barres le commandant Chabaud de la Haute-Saône, à Bellevue le commandant Lang
158 OBQUélfB PélUODS DU SliQE.
dtt 57% à la gare^ ouvrage saufteanoD, le lieutenantcolonel Dcftgarets du 65^
Le hameaa de la Forge était sons les ordres du commandant Duringe du 16*, qui s'était distingué a« combat de Roppe; Péroase, complètement en dehors des attaques à cette époque , sous ceux du commandant Artaud du 57% et Danjoutin aous ceux du capitaine Yayssières du Rhône.
L'ère nouvelle pleine de fatigues et de sonffrances qu'ouvrait pour nous le bombardement, ne ralentit en rien notre action oifensîve extérieure, quoiqu'elle la resserrât dans d'étroites limites du côté des batteries^ mais de ce côté seulement. No6 éclaireurs le prouvèrent à l'ennemi, le jour même^ en attaquant plusieurs de ses postes, notamment sa grand'garde du bois de BavilUers, qui perdit son officier et fut mise en fuite.
lB4Bcndle des maisons et des abris de BelleTue.
La nuit qui suivit ce premier jour de bambardem^rat fut marquée à Bellevue par un drame douloureux. L'ennemi avait tiré des projectiles incendiaires dans les bâtiments compris à l'intérieur de Touvra^y et le fea consumait ces maisons. Sons leur nac-de-chaussée existaient dea sons-sols formant comme des eaves eouvertes par de simples plan-
DBUXlèBfE PÉaiOBi: DU SiéGE. 159
diers au lieu de voûtas, et dépassant dans le haut la surface du sol, d'environ un mètre ou un mètre cinquante centimètres. L'existencede ces caves créait le seul moyen possible d'arriver à se procurer assez vite des abris suffîsauts dans la redoute, qui n'en avait pas un seul. Ces abris étaient en construction. Oâ avait étayé les planchers des caves, par des corps d'arbres formant poteaux, et on travaillait à les recouvrir d'un plancher nouveau de rails et dé bois^ pour supporter des terres, et les mettre à l'abri de la bombe. Une des caves était même à peu près terminée.
C'était une question de vie ou de mort pour la redoute, que d^arriver à sauver du feu, qui les menaçait, les nombreux étançons déjà en place, qu'on n'avait nul moyen de remplacer s'ils venaient à périr, et qui avaient déjà coûté un énorme travail. Mais comme il n'y avait pas d'eau dans l'ouvrage, ni a proximité, et qu'un froid vif favorisait l'incendie^ contre lequel on ne pouvait lutter qu'en ramas* sant de la neige à terre pour la jeter sur le feu, il eût fallu un' travail actif de la part de la garnison, formée par le 2" bataillon du 57* (Haute-Saône). C'est ce qu'il fut impossible d'obtenir. Les mobiles terrifiés par l'arrivée continuelle des obus, opposèrent aux efforts de leur commandant et des officiers du £énie la plus indomptable force d'inertie. Les officiers ne firent rien pour la vaincre. On avait beau
commander des corvées^ y (dacer des officiers, elles fondaient entre les mains. Ni réprimandes, ni menaces, ni exhortations n'y firent^ et l'incendie activé par les projectiles qu y lançait l'ennemi, pour en rendre Textinction périlleuse^ devenait de plus en plus menaçant pour ces malheureux abris. Les officiers du génie, MM. Thiers et Journet, aidés du capitaine Mathey et du sergent Tunis^ qui comprirent leur devoir^ travaillaient de leurs mains, comme des manœuvres, dans Fincendie, piétinant le feu et retirant les poutres enflammées qu'ils essayaient d'éteindre en y apportant de la neige dans des pelles ou même dans leurs mains. Ils ne quittaient leur accablante besogne que d'instants en instants pour mener au travail^ à coups de bâtons, comme des bètes, les hommes affolés que le brave commandant Lang et son adjudant-major M. Guiilet traquaient dans le fort partout où ils se cachaient. Mais les quelques hommes réunis ainsi avec violence se dispersaient bientôt, laissant seuls les trois oliiciers et le sergent, uniques ouvriers de cette lutte avec le feu. Vers le milieu de la nuit ces oflBlciers, accablés par la fatigue et par une longue et épuisante indignation, furent sur le point de tout abandonner. Le commandant Lang en était aux larmes. Mais, se souvenant de la patrie, ils reprirent encore courage , et le capitaine Thiers , fit demander en ville par le télégraphe une pompe à incendie^ ce
DEUXIÈME PjfmODE DU SI1Î6E. 161
qu'il n'avait pas encore fait^ ne comptant guère sur ce moyen y par. un froid qui gèlerait l'eau dans le long parcours nécessaire pour en apporter dans Fouvrage. M. Ghaplain, commandant du génie, mit toute l'activité possible pour envoyer sans délai cette pompe, qu'il fit remplir d'eau chaude. Vers deux heures du matin^ elle était arrivée. Mais Teau chaude avait gelé en route. On fat longtemps avant de pouvoir la dégeler au moyen de brandons de Tincendie. Enfin on commençait à la manœuvrer^ mais avant qu'elle eût donné une goutte d'eau » un éclat d'obus vint la briser.
Après cet accident désespérant, MM. Mathey et Ijuillet, épuisés y grelottant de fièvre, durent abandonner la partie, et MM. Thiers et Journet continuèrent seuls leur labeur jusqu'au jour.
Ils rentrèrent alors en ville^ à bout de forces , et laissant derrière eux le bataillon coupable y couché dans la neige de droite et de gauche, au pied des parapets, dans les endroits les mieux abrités contre les projectiles.
Les toitures et tous les planchers étaient brûlés. L'abri fini était détruit^ et les caves à moitié comblées par les débris. Néanmoins les efforts opiniâtres de ceux qui avaient travaillé avaient sauvé du feu les étançons^ dont le sommet seul brûla un peu«
Ce désastre devait coûter bien des efforts pour
Mn naifilemiit ks ahiii; mms on iputy parvemr> piMque iw étaBfOM ébdent mu véi .
Le eommuaimi Lm^, déMipéré de ia «Doéote de ce bataillon^ dont U n'avait la àkettiam «pm depnJB qodkquaa jonrs^ et le ^pitaîiie Tbîeni adiBMèreat^ éaatnm de soa e^^ ua rapport s mmédi^ m colonel Deoifierty qui^ ne iFoyanft pas œayeii de aéw «antre une lante auaiî générake^ «oit par un camal de guerre ^ soît par k cour martiale, prcnicni^ par ia voie do l'ordre la diesoluftioa du batatllaa* Les hoomies fiaient Tercés par grovpee dans lea aubaB bataillons de mobiles, où fls fixent par la suàe de bons soldatoy et qui Iwmirent les élémefits d'an noKTTean bataiUoti, portaout mÊsm niaoéro, sons ioB ordres de M. Lang.
Les officiera 9 «aïoa MAL llatbay et Ouitiat et quelques SMttites «que le commandant Lang déaigna eomine nn peu imoins CDupables , fiirent casaéa et renusaimplesmobiles. Ceux-que^àiiiiâsondaleupâge; la loi sur le recrutement de la mobile a'atteigaait pas durent donner leur démission.
Le ooBffîiandement de Bellevue fut donné à M. Thiers^ et sa garntaon composée de quatre oompagnies du 16^ (Rhône) qui auraient juaqu'alors trar vaille, soua la direction da M. de la Laurecicte^ aui blindages du Château, et qui y furent Bem^aoéea par trois compagnies du 3® bataillon du 57^ (Haarta- Saâpe) letirées du Yallon.
B&UZXJBHE PÉRIODE DU SIÈGE. i£3
 rarriyée de ces compagnies^ «tout changea dans TouTrage. Les hommes se mirent à l'œuvre avec ardeur et reçurent de leurs officiers^ ^u capitaine Suchet notamment, le meilleur exemple. La besogne était dure^ on Iravaillait nuit et jour sous ie feu, sans abris pour reposer hors du danger, à peu près sans moyen de faire la sonpe. Tout le monde, hommes et ofikuers, maiigeait debout^ du pain toujours gelé.
En même temps le service s'organisait pour le (X)mba1; et, à la moindre alerte, la garnison ^e portait au rempart avec la plus grande rapidité. On incendia aine petite maison servant de guinguette^ qui, placée en avant de l'ouvrage^ gênait ses vues.
Durant toute la nuit on apportait des rails pris au cheiuin 4e fer^ £t qu'on ne pouvait faire circuler de jour sur la route de Bellevue, balayée par le feu de l'ennemi ; on travaillait sans relâche à les poser. Ces travaux furent aidés puissamment par M. Suchet, toujours présenta la besogne, par le lieutenant du génie Journet et par MM. Foltz, Guttmann et Amann, conducteurs des ponts et chaussées, servant volontairement dans la place, qui partagèrent durant tout le siège le sort et le lit de camp du commandant de l'ouvrage, couchant toujours habillés et dnaossés. Ces .messieurs non ^seulement dirigeaient leslravafux sous le feu^ mais allèrent souvent dans la suite, et de leur plein gré, faire le coup de fusfl
au rempart où ils donnaient l'exemple aux soldats.
Enfin le chef de bataillon Chaplain, commandant du génie^ déploya en ces circonstances^ comme tou* jours du reste, la plus grande activité, pour faciliter le service et l'apport des matériaux .
Il rendit non-seulement dans ce cas, mais dans bien d'autres, de grands services à la défense, par la manière dont il conciliait les exigences et effaçait les difficultés de son ressort.
Un détachement de sapeurs du génie , qui venait chaque jour en corvée dans Touvrage, y donnait à tous l'exemple du courage et de l'ardeur du travail.
Déflfàts eansés au Château par les projeetiles.
Pendant que ces faits se passaient à Bellevue, les autres points de la place n'étaient pas à l'abri des atteintes de l'ennemi.
Au Château les voûtes à canons du cavalier, ouvrant sur la cour intérieure, et dont l'entrée était masquée aux batteries prussiennes par le massif de la caserne , avaient été préservées contre les éclats des projectiles par des blindages en bois obliques^ soutenus par des rails. Mais, dès le deuxième jour du bombardement, les projectiles ennemis, plus plongeants qu'on n'aurait pu le croire, vinrent en pas-
sant par-dessus les masses couvi:antes frapper les blindages et les bouleverser^ en tuant des hommes sous les Toutes. Ces voûtes servaient non-seulement de voûtes à canons^ mais de logement commode à une partie des canonniers*
Ne pouvant pas remplacer facilement ces logements, M. de la Laurencie essaya de boucher les portes au moyen de fortes pièces de bois ^ placées debout et appuyées à d'épaisses piles de sacs à terre^ se bornant pour toutes les voûtes à une seule communication par rintérieur. On remplissait les sacs le jour, dans rintérieur, à Fabri sous les petites portes percées dans les pieds-droits, et on les plaçait de nuit, quand le tir était un peu moins vif.
Mais il fut impossible, quelque activité qu'on déployât dans ce travail^ d'arriver à faire assez vite les piles de sacs sufBsamment épaisses , et le tout fut rapidement bouleversé par des obus de 32 kilogrammes. Force fut bien d'abandonner ces voûtes comme logement et d'en créer d'autres sous un abri moins commode, mais plus facile à préserver.
Néanmoins on maintint les pièces sous la partie antérieure de ces voûtes^ où les projectiles ne pouvaient arriver directement, et on put organiser sous les voûtes mêmes des parados abritant les pièces et leurs servants au moment du tir.
Ces effets destructifs des projectiles ennemis étaient dus à ce que les batteries d'Ëssert prenaient
(68 TfBxnsAwt pAuuus mr stffenr.
ffs éciurpe et* A reroirs' Bss' enceiîifcs' cnr Cnfttâtnî* CTéstatrasi' ce qur cansa* die^rapîcfes avarieer mw affâfi des pièces retournées^ du sommet dcr caralier, tirop éloignées (fes masses couvranSes, et trop éfevéies pour être complètement préservéiBsr.
Om réparaît ces affûts au» fiâr et à^ mesure dans le Cbàtleau même où une forge avait été organisée par Ik batterie dé M. de la Eaurencie; mars il feHut quand môtoe renoncer à tfrer avec ©es pièces , sous peine de dégâts imminents et irréparables.
Pbur obvier â là diminution de ffeux qui'en ré^suftait, cette raêtae batterie «ntteprit de monter une pièce de 24 rayée, à la gauche dh cavalier, pour tirer également sans voir ni être vue, mais dhns dfe meilleures conditions , et avec uire plate-forme spéciale assurant mieux Ta justesse du tir de nuit. On ne vint à bout de monter cettiff pièce qu avec Fes^pFas gràn(^ peine»; mais enfin, mise en place, elfe trra «amr jamais êttre démontée par la suite;
Bn mêfme tempff, et pour augmenter encore ses feux sur Essert) 1er capitaine de fo Eaurencie commença un cHangement à une pffice sou^ Hindage. ff Mlait pour oelk remanier fe cage de fer d\i Mindage, et' arfoser les raite tffeaur ciiaude pour par- Tenfir à* fer arracHer des tierrei gelées;
L'armement des ^enceintes basses cRi€M(eau^ pr&seflrJrrerersrdl^raméme fôçon, dut bientôt être enl'evé seiïypefîiiiediB^ToirdBiii^^ Heureusement
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îîû'm lÉwJtnt yag fmat ïkaâsa^ mue dinifluiitm d0 oMim^eet armeAeAt nf fdovait pM tcrinr
cattbe ka» kttttefiep è'Bts wtL
Os dégiàti &rrat teur anb iaqKiftnla^ ^foe tsM^ sèsmt km baÉtetiw è'Sasêfl, maligitÉ l'McraiaMHMM dii HoadMre ilelcnw emÊsmau Ils se pamdiûsîteBk âè» lift {nMiixarfr joui'fty et ces bcttecie» éès te» inpo» sMflMs à en prodoke d^antros^ aa à empêcher los teKraon: pour y reméàk»^ df euimt pkM ^«liqa'à* te fin que le rôle de véAtables baitefies de boaAftide* aat»k eaati» la viUe et les fetalmurgs ^ ist escore ce bMibiideiiieiit £al4i^ malgré son exlotia» vîoieme, besnieoup nMia seèratablo que dotrà tes aslns pisb Gffi» sBHtégéeii, csair^ giàce aiis^ fMBaTespnses^'it 119 déf«bppa. pa» Tiiuwidîe, fliénu autiesieBt destructeur q«e lea obiis eua[riiéiiie&.
Tir de la plaee.
La plam lépondait au tkr de^ femtmaà pair un tel sovMdv €A bim ajusté, fifai» il &it vite lecmiira qu'elle nepeanait pas Mre tsdre cenvpiéteme&t lea ftatjtovkfs pruamiiiieflv^ enteifrées, pevTifibliBS cft &^ ficiles à »ltei«dl»e^ si»<Co«tl mw l'iolfyiwifté fiot^ e#9 d# noira comooH&atlidfEi jonnafiiM d)e» ptofec-
Makii 06" «ir fiât maigvé cdar gSmnit ei ivfewtaMe'
1 68 : bsuheme pébiodb du siège. \
pour rennemiy surtout celui d'une pièce rayée de 24 établie sous un blindage à la droite du cavalier du Château et qu*on travaillait encore à achever. Cette pièce^ remarquable par la. rapidité de son tir et sa justesse, fut bientôt connue de toute la garnison sous le nom de Catherine. Les canonniers allemands s'acharnèrent sur elle, mais ne purent'l'atteindre avant qu'usée par son propre tir^ ayant dépassé 4000 coups, elle n'eût été remplacée par une autre qui dura elle-même bien longtemps.
Les pièces retournées, tirant sans voir^ étonnèrent fort les Prussiens qui recevaient leurs projectiles, sans savoir où diriger leurs coups pour y répondre. Plusieurs personnes prétendirent avoir vu, le 5, s'élever vers Essert un ballon captif monté. C'était probablement une tentative pour s'éclairer à ce sujet. Mais elle fut peu fructueuse, car ils ne parvinrent pas davantage par la suite à démonter les pièces.
L'artillerie de la place, tout en répondant à l'ennemi, ne perdait pas de vue la surveillance des routes pour y interdire sur tout l'horizon et aussi loin que possible les relèvements ou les passages de troupes et de convois, au moins durant le jour, et autant que faire se pouvait durant la nuit.
Elle surveillait aussi les pentes du Mont, où l'ennemi avait commencé de grands travaux. On avait donc à craindre qu'il n'y établît des pièces pour do-
BIUXlàMB PiRIOOE.DXJ SI^S. 169
miner lai^ment les Barres, Bellevue et la ville, ce qu'il ne faisait pas de ses batteries d'Essert.
Mode de tir de l'eiuteail.
Mais soit que ces travaux n'eussent pour but que de nous tromper sur le véritable point où il voulait amener son canon ^ afin de disperser notre feu du* rant son travail, soit qu'il renonçât à l'intention^ d'abord réelle^ de s'établir sur ces pentes^ Tennemi n'y installa jamais de pièces.
Gela se conçoit du reste, car ces batteries éloignées de la route , et sur des pentes assez roides^ eussent été bien plus difficiles à apprjovisionner que celles d'Essert, et avec le procédé des Prussiens^ qui consiste non pas à utiliser de la manière la plus avantageuse possible un nombre restreint de projectiles^ mais à choisir chaque jour une direction de tir, et à y jeter une telle avalanche d'obus, que tous les points soient atteints sur cette direction , la facilité d'approvisionnement domine toutes les autres considérations.
Ce procédé eut pour premiers résultats de rendre la circulation, dans la place, si périlleuse que le commandant supérieur, prévoyant que peut-être à certains jours les corvées pour distribution de vivres deviendraient trop dangereuses, ordonna que toutes
190^ MOUllir rtMMr I»
touchasseBir et eomnit m parmaMiiov «nt sénrw de quatre jours de Tivres, en plus des yivres courants, pour les consommer les jours où ce fait se produirait.
Il fallut aussi interdire pour les enterrements la pfféseBOB à»i toste: jtenomam mim cpm les liMnnes Bécensaii^s. au tracfaél do l'iiiliuBiiitiui^.
Le feu dea AHcflnndsvM ^laaiÉ pastsenbotiiÉ la QH^Qlalion ; il smesoL encove daEos las» toEsasMuctalK àëB^ d^âfts^ swrlocS' i«a poniilBde k. ligne? detbr, et obligea la garnison à ui» tmeaiS immmaJÉL as psUm A de piockws, pe«r ripner en dégftto^ «I em émi/dT FaccQiBulaEtion. Ponr vendrci ess. fatigm& mum&jffè^ |iidïeiabki8 à la santé des tfo^ets^ it fstaUcBaét une; ratio» d^eaiu-db^iieavzganneiin de» pester p&s tourmentés, et wa» àmaA-ratàmt a«L autaB. hm dffioÎBFS dfa génie et de» FaràUoi» «unn* égmà. dimoamèsr une ratàm» m^lémtiOm&ma IvaTnitteBrs dont 3s' seraenf coirteBfs*
Im ress6iiF««N»^ en* iFarFailIeu w Hmtmt augmilfa par F eBipSoi de? ceodamné» mîKtam» aœ: oeinBlev dé travail du fort des Barres^ et le remplafimaenVde» jouf 9" de prise» par xm m&sahw égal de jonraée» de traTail a» ftw .
««BS-
jowpfipalière» constaUfrenV que lev Ptussien». nii^
Il étâftt k erandfe qu ibi; BQ^YOcikisient^ tomoB e«k dvmff arrÎJfer tti on tard^ élmdfe leors atta* que» T8r& la gauche dts k* place, et peup cda tiewtif quirflqiie ebeee^TOnCr» Danjonlinv cpit 1m fovf ait ^ers eeWe'gafudhe à sekiîgner, et eo«p»it toi)4)e relation enfre'feB'deU'rmefr die^k Sirro«?eiMe^ àihantau? des attftquee- co&nneBfoéee*
Eii' ceBséqneiieev tant dan» te but dle« fevr toer Ai mond^^y qae de eontmriep lents projets^ les> TSmwn^ P^pel^ne eBreaterdpe de eaaieisiiereebcm.
(Sb9 proVkrôns se* raanqtiaieBt prabalidenMt. pas de justesse , câr le lendemain 6^ après un bombai^ d^efrt eneoce phi» ?^qiie tes jouni d/a^ani^ Tennemf atteqticKy rem eîfHf bewree du soir^ no^postes d^'i^todehiaM et dé Freidëvid^ paF deux peftHM co<* lonnes venues, Tune de la hauteor en^ faee* d''Andati> nansy Paratredti bo» deBa^lvsps*
Fréremr pœr le téKgvapfte, te eelonel Dlnrfcfff ' ep>dRmna' itnm^J^sfenTent acrx Probes ^ sevttsiiiP' dos postes de leur canoir, et a» lieirt^iMBBl-CTtgpet eom^ mapdtmlf lia- g«r», dfr f an?e* awe^ ^ versio» 8«f lë boi s
192 DIUXlàME PiRIODB DU SIÈGE.
de Bavilliers et d'en chasser Tennemi, s'il le trouyait en assez petit nombre. Les forts canonnèrent,^ dans une direction opposée^ les lignes de Tennemi^ pour lui donner le change.
Le capitaine Yayssières^ commandant à. Danjoutin, envoya dès le début de l'attaque des renforts à Andelnans et Froideyal. Ils rallièrent la grand*garde qui s'était laissée déloger, et de concert avec elle chassèrent du villagei qui nous resta^ l'ennemi tout ahuri de ce brusque et vigoureux retour. Quant à Froideval^ l'ennemi n'avait pu s'en rendre maître^ et l'arrivée des renforts ne fit que précipiter sa retraite.
Le gouverneur^ en apprenant ces bons résultats^ n'en maintint pas moins l'ordre de diversion sur le bois de Bavilliers; mais à la gare on perdit du temps en hésitations, et une demande d'explication arriva au colonel Denfert alors que le moment propice était déjà passé. Il fallut donner contreordre.
Trois compagnies d'éclaireurs, envoyées à la gare pour soutenir l'opération, furent dirigées en renfort sur Danjoutin, et on se contenta de canonner le bois durant la nuit.
La journée n'avait pas été heureuse pour l'ennemi, car d'un autre côté, dans l'Arsot, une de nos reconnaissances lui détruisit une petite patrouille dont un seul homme s'échappa.
Le lendemain, 7 décembre, nous pûmes constater
qu'il ne restait plus que fort peu de monde dans le bois de Bavilliers.
Néanmoins^ en prévision d'une nouvelle attaque^ la garnison de Danjoutin fut portée à plus de huit cents hommes, et deux compagnies du Fourneau eurent ordre de l'appuyer en cas d'attaque.
Vu l'importance de cet effectif, M. le chef de bataillon Gély, du 45% fut appelé au commandement de Danjoutin, abandonnant les deux Perches, qu'il y avait peu d'utilité à maintenir sous un même commandement.
Effets du tir ennemi.
La vivacité du tir dans cette journée du 6 décembre, oùla place reçut de cinq à six mille projectiles^ causa trois incendies au faubourg de France. Les maisons, qu'on aurait pu sauver, périrent par suite de la panique de la population^ qui se porta mollement au secours. Heureusement de pareils malheurs se renouvelèrent rarement.
La communication entre la ville et les faubourgs, par le pont de la Savoureuse, était devenue si dangereuse que le gouverneur décida, le 7, qu'on établirait une tranchée sur les glacis, menant de la porte de France à une passerelle basse, abritée par le massif des maisons du faubourg des Ancêtres^
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^œr fiM^vioîir tcdreiaer 4UTec imoias de iLu|g£ar h ifivière.
^fiaos k jfiU£Dée il se poéoocupa -dejupraîr s!il n'y isuisik pûîift aTrHilmgfi à lÎBiNr csor ame .HiéfiBA é&EsJièJBStmsB^imiBà» par aal^ea^ peiiu* y fenv^pg^ffî* ibaauciMiip de projeçtiiefl &à même tesapâi ou :hîfin à isÛM iOûq- ^wgflr tflAB Jes feix 4» k pkce aiu* uaie uâiae ré- ^g^ AsiB ^atterks {Haïaûennes, pour étoîodjBe m^ eeaaiveBid&t iBi^rB feux.
Ikte H)omaufisioB d'offîckrs ^d'erbilleck duargée d'étudier k question 'donna, pour k^r^et 4kiSfi8 deux méthodes^ des raisons auxqueUes k gouverneur se rendit, et qui concluaient à conserver k tir irrégulier des premMcs joui», eiit im a*églant^ quant à sa direction général^, et en laissant à chaque fort le seàn île l-ixgfBiker, suivant k «cois, pœ* fiaâvôi^u par cûiœenisalÎKHi «de ^qoelqu^fl pâîèoeB «fiur umb scii^
de .mêine joiar les offickars d'artiikrk i*^^ nst du «omsMuadaiit idu génkk pasition exacte des i»ittecks piniABie&BeB ., rakvéos «ur die pkn 4irei>teur des attaques^ établi par M. ChcHil^ta. <
Sjd a éécmxlae, pour k première fois^ r-^gna un bnHiiilazid intense qui ^devarittse d?eprod%iii\e souvent. Oeia ralentit k cûmbttt d'arlilkrk par jmte de k 4iffîeuite d!spercGivH3drj, des deux farts., ies pièces à Idiilire^ «t ^ce fiiA k vîUe <|ui 6a patit, «ar r^enneim lei G31907A réeoaettî^ tde pMfeeiftkB
Mais rennemi ne pomBitéviisBiWRitfM cMoti^ MOK mUËmkBÊex cMb wetim in promions joars, iiariiée à «i^anifle braobtr danent .
fl diiiàitiBaflip^Mhce, à ia onÉnuaifioii ofe asti^e allure, offensive au dehors et au maioci»! nus affaiblissement de la lutte d artillerie de tous nos remparts, que ce bombardement était impuissant a n^otxfi 'xRHEReirsRsef €% a vous fiolKffe*
Seule^ la redoute de Bellevue avait cessé de tirer ^notre les botteHns eBaeams,
Cet^cuimige ovaât baaoia d'aÉtiver le moissm paisikie mn lui te femde reinemi, «fin de »e pas êkre trof^^utrwé éan les IravanoL indisiMBaflablâs de a» fibrisy n'm .ai^t pas fineoi» un ami en état ée féwdcr, aièaiefMiBrlespottflreB.
Jmsqa'aliirB il m^srait Tépondu an ùsn, avec deux ]^èeeidie41iMyéea,€piepour montrar qu'il était aimé et masquer 80& état d^âmperfioction, doat la tsmusab^ sa&oe «ât pu eo&duîre las PrusEÔeas à y lirw à eatfaaee, pour «mpéefaer de te finir. Dès qne tea batteries d'Bssert eurent pris la peine de oootcebaitiQ uriTOment ^es deux pièces ^ rouTcage eessa son feu, ooannie si cas pièeea eussent été démontéœ, et ne te i^nt plu^ afin de Mne priser à renoami qu'xin m f^aât pas le réarmer^ et de te palisser à Fegwder «emne <iié(BoraaaiB peu lidite d'y ârer
176 DEUXIËHE PERIODE DU SIÉ6S.
beaucoup. Cette manœuvre réussit et le travail put se poursuivre^ n'étant gêné que par deux cents ou trois cents projectiles par jour.
Mais cette diminution de feu^ la seule dans toute la place^ n'était pas de nature à faire regarder par le général de Trèskow son bombardement comme bien efficace.
Seeonde attaque repovssée contre AndeliiMis.
Le colonel Denfert, poussé par ces considérations^ écrivit au commandant de Danjoutin, pour lui faire comprendre que si Tennemi, qui devait en sentir la nécessité^ n'établissait contre Bellevue et le Château, aucune batterie entre Bavilliers et Danjoutin^ c'est que cette position avancée et sa grand'garde de Froideval avaient pris ces travaux à revers; qu'en conséquence on devait s'attendre à le voir attaquer Danjoutin, à moins qu'il n'osât s'y résoudre faute de forces suffisantes. Le commandant fut donc invité à veiller pour recevoir vivement l'ennemi^ s'il venait encore tâter la position comme dans sa première attaque d'Andelnans et de Froideval, et à réfléchir sur les moyens de s'assurer de l'effectif des Allemands dans le bois de Bavilliers, pour les en chasser et le réoccuper ensuite si c'était possible- Cette manière de voir reçut sa confirmation dans
la soirée même du 8, où Teiinemi attaqua de nouveau Andeinans. Un des postes de la grand*garde se laissa surprendre. Trois de ses hommes restés dehors furent tués^ huit autres se barricadèrent dans une maison et firent feu par les fenêtres^ mais le reste de la grand'garde.s'étanl retiré du village, et mis en retraite, ces .huit hommes se rendirent.
Les éciaireurs du 84% envoyés de Dan j ou tin dès le début de la fusillade, rallièrent la grand*garde et firent un retour offensif immédiat qui réussit comme à la première attaque. Le village fut réoccupé, Tennemi chassé laissa entre nos mains trois prisonniers, dont un officier, et perdit encore après l'affaire quelques hommes qui s'étaient approchés furtivement pour tâcher d'enlever leurs morts restés sur le terrain.
Les armes, munitions et effets de campement de nos huit prisonniers furent repris, mais les hommes, déjà évacués tn arrière, ne purent être délivrés.
Boaibardement dv camp retranché.
Le lendemain 9 décembre, le brouillard s'opposant encore à une lutte bien vive d'artillerie, l'ennemi tira pour la première fois un assez grand nombre d'obus sur le camp retranché permanent.
Gela produisit dans les troupes un grand émoi, et le lieutenant colonel qui les commandait en vint lui-même à écrire au gouverneur pour lui dépeindre la situation comme à peu près intenable. Le gouverneur, qui n'entendait pas les choses ainsi, lui fit observer que la situation était bien plus difficile encore dans certains forts, et, qu'au lieu de songer à abandonner sa position, il fallait s'ingénier à en étudier les ressources. 11 lui rappela, en outre^ que tous les officiers devaient aider les hommes a choisir les points abrités y et leur remonter le moral.
TraTaillenrs A Bellevne.
Le colonel Denfert dut encore, dans ce jour, écrire à la gare pour qu'on mît plus de soins à assurer les cervées supplémentaires de travailleurs qui allaient à Bellevue. Cet ouvrage était redouté des hommes au point que les corvées^ partant de la gare au complet, n'y arrivaient que fort réduites, les mobiles s'échappant en route, pour éviter les heures dangereuses qu'ils devaient y passefi
DEVnÉMI PiRIOBB DU SOiOE. 179
Tentative de snrprlBe contre Belleime.
L» soit da 9^ l'ennemi^ porobablement pour s'as-* sorer si la eéssation du feu du fort de Bellerue n'6^ tait pas due à uii désarmement toiyi d'un abandon plus ou moins èomplet de la redoute^ tenta oeotM elle une surprise de iiature à Téclairer et à lui per^ mettre dé profiter de l'oceasion s'il n'y trodTait que peu de monde^
Yera einq heuifes du stiir^ une arant-garde d^une C|tiarantailie d^hommes d'infanterie de ligne prus^ sienne s'engagea en se dissimulant dans le ràTid Sibre# La grand garde de Belleyoe, qui oorapait le ravin^ ne les vit pas à temps pour ]eê arrêter^ mais put néanmoins donner Talarme à la redoute où tout le monde fut en un din d'oeil au rempart. L'ennemi s'approcha jusqu'au bord du fossé et s'y cotcha à plat ventre^ en silence et le fusil prêt à tirer^ pendant qu'une autre colonne de cent quatre-vingt oti debx cents hommes se montrait plus loin^ yefs BaviUiers^ et seimblait s'approcher.
Quand les Prussiens furent couchés, le fort les fliaillâ presque à bout portant. Malheureusement les mobiles du Rbône^ qui se portaient avec tant d'en-** traûh au pùsle de édmbdf, se tenaient à genoui pour s'abriter derrière le parapet^ ee qui lea faisant tirer
en l'air^ rendait leur feu mal ajusté. Ils ne se formèrent que peu à peu à se tenir debout et à tirer mieux.
Néanmoins il n'était pas possible à la poignée d'endemis; qui s'étaient approchés si audacieusement, de soutenir avec nous une lutte de mousque* terie^ et, ne pouvant retourner par le ravin Sibre où ils auraient rencontré la grand'garde prête, ils s'éloignèrent le plus vite possible, en passant devant la redoute qui les mitrailla ainsi que la colonne encore éloignée. Tout disparut rapidement dans le ravin de Bavilliers où des bombes furent lancées, et on n'entendit plus que les cris des Allemands tombés dans la neige.
Une patrouille du 65' (Rhône) alla ramasser les morts et les blessés les plus proches, et rapporta en outre une vingtaine de fusils, des casques et dessacs abandonnés près de l'ouvrage dans la précipitation de la fuite.
Gomme l'ennemi ne respectait pas nos drapeaux d'ambulance, et tirait sur nos hôpitaux, le colonel Denfert ordonna de transporter les blessés allemands à celui des faubourgs, le plus canonné de tous.
Ces blessés prétendirent que l'avant-garde si maltraitée n'était qu'une reconnaissance égarée, allant de Bavilliers à la Tuilerie. Mais l'impossibilité de se perdre à la Tuilerie, où la tranchée ennemie barre la
route, la présence de la colonne de deux cents hommes en arrière, et la cessation à peu près complète du feu des batteries, sur Bellevue, pendant cette affaire, infirment cette assertion et rendent bien plus probable l'avortement d'une véritable tentative de surprise.
Pendant cette alerte tout le monde avait pris les armes sur la rive droite de la Savoureuse, et s'était porté au poste de combat, tandis que le fort des Barres et surtout le Château couvraient d'un feu violent d'artillerie les abords de Bellevue.
Le Château, même la nuit, ouvrait toujours, au premier signe d'une fusillade à Bellevue, un feu absolument immédiat, grâce à une pièce de 12 montée au sommet même de la caserne, sans parapet pour l'abriter, qu'on tenait démontée et à terre le jour, pour la mettre en batterie le soir, et à deux autres de l'enceinte intérieure , faciles à retourner pour tirer par la trouée du fossé, au travers d'embrasures supplémentaires percées dans les traverses du rempart; ces pièces étaient situées de telle façon que, pointées même rapidement et au milieu de la nuit, elles ne pouvaient pas atteindre la redoute elle-même, mais seulement ses abords.
Cette affaire ne put pas manquer de démontrer à l'ennemi ce que la moindre attaque de vive force, de ce côté, lui coûterait de pertes, et il n'osa plus renouveler une pareille tentative.
168 PEinriigii rliiiiopii PU sites.
La journée n'avait pii8 non plus été fa^orabfem Allemands du côté de l'Arsot, où uuq ji^ iiq9 reeoor niiil^a^ces eut avec un bataillon epnemi un engagement mpurtrjer pour lui, tan,di9 qi^'une autrie i& nm compagnies, envoyée également /le la FQrge^ lurpre* nait 4an3 leif carrières d'OiïeiqQTit 0nyîroQ trqii /centg Prussiens au repos, qp'elle ftiw)l*, sai|9 qu'ils parr vinssent ^ se former avant le mQna/i^nt où elto 8'éLoigna siQus bois ppur aUer n^nfgricer la reerasdiB- S9pce.
fit^f^l^ ^t effetf au lion^eil^ifâeii^eiu.
DQpui^ le 8, le brouillard était presqnp ^oBtinuel @t h bombardement allait croissant sup la ville. Du r^9^, dès cette époque, les maison^ étai^t presque tgut^ atteintes, percées à jpur, les toitures brjsé^s; ip^if trpiji on quatre senleipent, grâ,ce aui: pr^ur tions prises, ayaleplt été brûlées, malgré 1» Itrèir gmud© quantité d'obu* inpfudi^ires qu'rileg Wfeygieiîl.
Op a{rait suppléé à Tiasuffisauise û» pUod à^U rhôpital de siège, par h W^éatiflfl 4',ambulMABi «r
DEUXTi!M8 pi'^IODB DU SIÉOB, 188
viles et d'infirmeries sous la libre direction des médecins des corps« Elles rendaient de bons services^ mais elles recevaient des projectiles. On dut évacuer le dépôt de convalescents sur Pérouse, et transporter, dans le bâtiment devenu Ii))re et bien abrité par sa position même, ces ambulances jusquelà situées dans les maisons. Uû autre inconvénient du bombardement était la rupture fréquente des fils du réseau télégraphique, qu'on n^avait pas voulu faire cireuli^ sous terre par crainte d'avofr trop dç peine à y découvrir les ruptures. Foup éviter des répai^tions fréquentes on adopta un tracé un peu différent et mieux abrité.
Outre les obus ordinaires, les Prussiens nous en-> voyaient une quantité considérable d'obus à balle^ (schrapnells) , mids ils nous faisaient beaucoup moiiifi de n^al que les autres, malgré leur réputation terrible.
Du reste, pour diminuer les effets du tir ennemi, BOUS «iricms construit p^rtout^ auprès des pièces^ de petits pare^éfd^ts^ dont on augmentait chaque jour le nombre et sous lesquels les canonniers ou factionnaires s'abritaient en entendant la trompe du g&ftteur.
184 DEUXIÈME PiRIODE DU SI^GE.
Sortie dMis l'Apsot.
Dans la journée du 10 décembre^ nos édaireurs ayant constaté que l'ennemi, déjà plusieurs fois chassé de la partie occidentale de TArsot, semblait vouloir s'y établir en nombre, le commandant Daringe y engagea une reconnaissance de trois compagnies qui rencontrèrent en effet Tennemi, et se retirèrent après un court combat.
Le gouverneur craignant que cette occupation n'eût pour but de couvrir la construction de batteries à Yaldoie ou sur les pentes de l'Arsot, afin de prendre à revers les Barres, Bellevue et les faubourgs^ résolut de chasser Tennemi.
Il ordonna de faire, le lendemain 1 1 y une sortie de la Forge pour réoccuper l'Ouest de FArsot, donna des ordres en conséquence aux forts pouvant tirer dans cette direction, et fit porter au front du Vallon les éclaireurs du 84* et deux compagnies du 16% prêtes à appuyer au besoin l'attaque partant de la Forge.
Le 1 1 ^ en effet, la Miotte préluda à l'action par le tir nourri de quatre pièces sur la position à enlever^ et le commandant Duringe y dirigea trois compagnies en deux colonnes^ qui montèrent rapide* ment vers le sommet par la droite et la gauche. Les
Prussiens^ à Tapparition brusque de nos mobiles , furent pris de panique et s'enfuirent en désordre, poursuivis par notre fusillade et les obus de la Miotte. Ils ' abandonnaient sur le terrain tous leurs effets de campement, leurs vivres et leurs outils que les nôtres rapportèrent. On ne put cependant pas réoccuper le sommet conquis^ car il était trop loin de !a Forge dont un bois épais et difficile le séparait. On se contenta de le faire canonner par la Miette et la Justice, en prévision du retour de l'ennemi, et à le faire observer de très-près par de fréquentes reconnaissances, afin de renouveler cont;re lui des actions de vigueur chaque fois qu'il chercherait à s'y rétablir. Les postes qu'il y ramena, comme on le pensait, en furent en effet chassés de nouveau le 1 5 décembre.
OnTertiire de la deuxième parallèle contre BelleTne.
Dans la nuit du 10 au 11 décembre, on entendit de Bellevue un bruit indistinct qui parut, au commandant du, fort indiquer l'ouverture d'une parallèle en avant de l'ouvrage. Tout le monde fut porté au rempart. Malheureusement, grâce à la nuit et à la neige couvrant le sol , le moindre buisson, la moindre pierre, prenait de loin l'aspect d'une tache
166 PEUXlfeim PiRIODE DU SIJGB,
noire qa*on ne pouvait discerner d'avec ceUés qui auraient été produites par des faomnaes, et il faisait trop sombre pour qu'on pût espérer saisir un moar vement au milieu de toutes ces taches complètement indécises, il était donc impossible de préciser la direction où on travaillait^ et d'y accumuler le feu et la mitraille de l'ouvrage pour dispersa les travailleurs. L'absence de balles à feu éclairantes se faisait cruellement sentir.
Il fallait se contenter de diriger^ sur le plus grand nombre de points possibles, une fusillade et une canonnade peu nourries^ en attendant qu'on fût fixé par unje reconnaissance offensive que le commandant du fort demanda par télégraphe , au colonel Denfert, l'autorisation de faire exécuter.
Cette autorisation fut donnée, avec ordre de se concerter avec le lieutenant-colonel Desgarets, commandant la gare, et d'y employer la compagnie d'é-
claireurs commandée par M capitaine de
mobiles, mise sous les ordres du commandant de Bellevue précisément en vue d'opérations de ce
genre. M , appelé à Beiievue, fit des objeetioDS
sur le danger 4c l'ppération, et parla à tort de sA responsabilité. Arrêté dans cette voie par MM. Desgarets et Thiers, et mis en 4emeure par un ordre formel et la eommuuication de la note du c<)mman« dant supérieur, il partit pour rassenibler âa compagnie. H passa ainsi plus d'une heure, puis revint
DsmiiiRi fAbzom du siiai. ] 87
seul demtndef 4^ nouvelle iaetructiona. Vertement ta^flé sfif iiae pamîRe leateUF, et sommé de noaYeaii de partir y il didara que sa compagnie était prête et qu^il n'avait qu'à aller la prendre, liée passa pourtant encore un temps très-long, au bout duquel son lieutenant revint seul^ aidant que la compagnie refuserait probablement de marcher, parce que la mission était trop périlleuse. Il deyeuait évident que le9 dffîciers et la troupe ne voulaient pas obéir. M. Desgarets et le copumandant du fort de Belle* vue linrent à oe lieutenant le langage le plus sér vère^ et lui ordonnèrent d-avoir à être dans dix miniitefl en dehors d£s avant-postes avec sa compagnie. Au bout de ce temps le capitaine revint^ seul eneore, anncmçant que décidément sa compagnie refQQai( d'exécuter les ordres qu'il lui avait transmis.
Il lot ehassé de Bellevue, mais pendant ce temps^ que sa il'^he faiblesse avait fait perdre, le travail ennemi avait ^^vancé, la garnison de l'ouvrage était aeoablée par un long séjour sur 1q rempart sous un froûl de 46 degrés i^u -dessous de zéro, un homme ou deux avaient été tués par les prc^ectîlea enne«> mis^ d'autres avaient les pieds gefés. Enfin la nuit devepait horriblemmit noire, et un brouillard épais ne laissait pas d^espoir, en envoyant maintenant une autre compagnie, de pouvoir la soutenir efftca^ eemmt par les fipux de la redoute.
L'enaeœi avait réussi dans son ouverture de
tranchée. On vit en effet, aa jour, ane amorce de place d'arme d'environ 100 mètres de long, située à 400 mètres de distance en avant et un peu à droite de l'ouvrage de Bellevue.
Quelques jours auparavant le capitaine Thiers avait déjà ordonné à cette même compagnie d^éclaireurs d'aller en avant de la redoute, à droite du ravin de Bavilliers, creuser une petite tranchée de contre-approche^ dont la seule existence eût empêché l'ouverture de la nouvelle parallèle. Mais la compagnie avait trouvé moyen d'en retarder l'exécution, sous de mauvais prétextes. Ce travail était maintenant impossible, grâce à une nouvelle et impardon* nable faute.
Le colonel Denfert prononça la dissolution de la compagnie, reversa les hommes dans leurs corps, et déféra d'urgence les officiers au conseil de guerre. M. de La Laurencie, commissaire de la République près ce conseil de guerre, demanda la peine capitale. Mais le conseil, présidé par le lieutenant-colonel Rochas, rendit un verdict acquittant le lieutenant, couvert par les ordres de son chef, et déclarant que de la part du capitaine il y avait eu refus d'obéissance simple, mais non pas refus d'obéissance pour marcher à l'ennemi. En conséquence cet officier fut simplement destitué.
La compagnie de M. de Prinsac prit^ sous les ordres du commandant de Bellevue^ la place de la
compagnie dissoute, et occupa les maisons en avant du trou Sibre^ sur la route de Bavilliers. Une compagnie prise à la gare^ et recevant les instructions du commandant de Bellevue^ renforçait chaque nuit cet avant-poste et occupait la maison Sibre. Ënfin^ bientôt la compagnie d'éclaireurs do M. Poret fut encore adjointe à ce service fatiguant^ pour rouler avec celle de M. de Prinsac.
Contre-approche en nvant de BelleTue.
Pour prendre le plus de vues possibles sur le ravin caché de Bavilliersi qui permettait déjà à Tennemi d'arriver à couvert^ sans boyaux de communication, jusqu'à la Tuilerie, et pour Tempêcher de communiquer de même avec la tranchée en l'air qu'il venait d'ouvrir, le capitaine Thiers ordonna aux éclaireurs et aux compagnies de grand garde la nuit en avant de Bellevue, d'exécuter uneHranchée s'éloignant du fort, le long de la route de Lyon, et enveloppant les maisons qui servaient d'avantposte, en avant du trou Sibre. Ce travail difficile, par des gelées où la terre faisait feu sous le pic , s'entreprit mollement, mais put néanmoins s'achever encore assez \ite^ grâce à des ordres sévères. Des sentinelles le long de cette tranchée surveillé-
190 DEUXIÈMK PiRIODB DU Sli^S.
rent le ravin de Bavillierg, et relièrent rayant-poste à Belle vue.
Entreprises eontre la denxlèine parallèle en avant 4e BelleTue*
Le nouveau travail de T ennemi eonstitdiit uae amorce de deuxième parallèle contre Bellevue, et montrait clairement et définitivement cet ouvrage comme son premier objectif.
On surveilla activement les environs de cette tranchée, sur laquelle on fit des feux de mousqueterie et on tira des bouleta sphériques de douze #
L'avaat*poste eut ordre, au moindre brait de ee côté, d'ouvrir la fusillade sur les travailleurs, et la redoute tira toute la nuit de la mitraille à droite et à gauche de l'amorce , ainsi que des bombeâ de quinze centimètres sur les tranchées et la Tuilerie^ pour empêcher l'ennemi de prolonger sea travam et de les relier.
Le ravin de Bavilliers fut aussi constamment foaiUé par des bombes et des boulets tirés à rîooGhet«
Dans la nuit du 11 au 12^ le eomdiandaAt de Bellevue envoya la compagnie d'éclaireurs de M' de Prinsac pour essayer de surprendre et de eomUer la tranchée.
DEUXlfeUE PiRIODB DU SIÈGE. 191
La compagnie se divisa en trois groupes ; le premier 6e (iéploya en tirailleurs et s'avança le long du ravin de Bavilliers^ pour empècïiei^ Tennemi d'amener par ïà des renforts sans qu'on le sût ; le ' deuxième , commandé par le lieutenant de Roctietaillée y se porta rapidement et en silence sur la tranchée; le troisième resta en réserve.
M. de Rochetaillée rencontra^ à une centaine de mètres environ ^ des sentinelles avancées, abritées dans des trous. îi poursuivit néanmoins son chemin et déborda la tranchée par notre gauche.
Une vive fusillade s'engagea à trente ou quarante mètres de distance, et les nôtres, couchés à plat ventre, prtùatit à refvets la trancîbécf, qne la fcfdoute fusillait et canounait, firent beaucoup plus de mal à Tennemi qu'ils n'en eurent à supporter.
Cependant les Prussiens tinrent bon, et, au bout d'une vingtaine de minutes, il fallut se retirer, sous peine de se voir attaqué par des forces importantes qui faisaient mine de se porter de Bavilliers vers la tuilerie, pour tomber sur notre gauche.
La retraite s'effectua au commandement, dans un ordre parfait, en échangeant quelques coups de feu avec les renforts ennemis encore éloignés et que gênaient les feux du Château , toujours vifs en ces occasions, et ceux du fort des Barres.
Nous n'avions perdu que quatre hommes aux éclaireurs et deux dans le fort de Bellevue ; l'en-
nemi avait eu dans sa tranchée enfilée , des pertes beaucoup plus considérables.
Le lendemain y vers onze heures du matin ^ les Prussiens vinrent^ avec le drapeau de la convention de Genève, ramasser sur le terrain quelques mort8« La curiosité porta les ennemis à passer la tète pardessus leur tranchée, et Bellevue en profita pour en* voyer un coup de canon bien ajusté, à la suite duquel les brancardiers furent appelés et trouvèrent un surcroît de besogne.
Reeonnalssance dans le bols de BaTlllIers.
Pendant cette nuit du 1 1 au 1 2, une autre action se passa aussi dans le bois deBavilliers. Le commandant Gély de Danjoutin, d'après l'invitation du commandant supérieur d'étudier les moyens de faire une reconnaissance complète du bois de Bavilliers, lui proposa un plan qui consistait à faire canonner, de cinq à six heures du matin, ce bois par les Basses-Perches; à porter à Froideval une compagnie d'éclaireurs détachant des tirailleurs dans le bois, pour dominer le chemin de fer, et à occuper les premières maisons de Danjoutin, du côté de Bellevue, sur la rive droite de la Savoureuse, avec une autre compagnie ayant également une section en tirailleurs le long
DEUXIÈliE PÉRIODE DU SIÈGE. 193
du chemin de fer. Sous Tappui de ces deux compagnies, une trentaine d*éclaireurs se glisseraient dans le bois, à six heures, à la cessation du feu des Perches, et reconnaîtraient ce qu^il contenait*
Le commandant supérieur, décidé à tenter une action sérieuse contre cette position, approuva ces dispositions pour une reconnaissance préalable, comptant faire l'attaque d'après un autre plan sur lequel cette reconnaissance ne pourrait en rien éclairer l'ennemi.
L'opération s'exécuta le 1 2 décembre , ayant le jour^ et réussit bien. Les éclaireurs chassèrent les petits postes du bois et le parcoururent. On n'y ayait pas fait de travaux , excepté une plate-forme, pour une batterie à peine commencée^ à l'angle de la lisière voisine de Bellevue. Au moment où nos éclaireurs se retiraient du bois^ une colonne prussienne d'environ deux cents hommes y entrait.
Il était par là constaté que Tennemi n'occupait ce bois la nuit qu'avec de petits postes, et y portait de jour une grand'garde d'environ deux cents hommes.
Les Prussiens , préoccupés probablement par les deux petites actions de vigueur de cette nuit^ redoublèrent leur feu sur Bellevue, où un projectile blessa^ dans un abri inachevé, le lieutenant d'artillerie et deux maréchaux des logis. 11 canonna aussi Danjoutin avec une batterie volante ; établie en
1 94 rauiiiu fiIriods du tiioi,
arrière dç Bâvilliers^ sur lacpellQ 1q Cbftte^a dirigea des obus.
Sortie poar repteadlre le bols die BavllUers.
Le colonel Denfert arrêta , d'après les résultats de la reconnaissance, son plan d'attaque pour le lendemain, et en confia l'exécution au commandant Gély.
Les troupes destinées à l'opération devaient se trouver prêtes à comniencer Tattagiie à une heure de l'après midi. Elles étaient divisées en trois co** tonnes, l'une à la gare, l'autre à Ds^njoutin, la troisième à Froideval.
La première colonne^ partant de la gare à une heure^ aborderait^ formée en tirailleurs, le bois de Bavilliers, en suivant le pied des pentes qui montent à Bellevue. Elle devait y entrer résolument, sans répondre à la fusillade que l'ennemi pourrait diriger sur elle.
Les deux autres colonnes partiraient dès que cette première aurait abordé le bois. Elles se porteraient résolument, et également sans tirer, sur le centre du bois et sur la lisière du côté de la Douce, afin de concourir à l'attaque^ et de surveiller les renforts que Tennemî pourrait envoyer.
Aussitôt le bois enlevé , on devait s'y retrancher,
et l'oqcnper par deux compagnies fraîches ; les autres troupè9 rentreraient à leur casernemebt.
Ënfln, le commandant Gély devait faire détraire la trancliée nouyellement ouverte en avant de Bellevue, et appréciet* le moment opportun pour ce travail.
L'ennemi amenant ses travailleurs le soir^ vers quatre heures et demie ou cinq heurep^^ il était pro» bahle quMl en profiterait pour tenter dé rejN^ndre immédiatement le bols.
hn conséquence^ les compagnies wfwées dcf garde devaient se relies par,d69 sentipellça avec Belleviie^ la gare^ Danjoutio et Froideys^l, e^ es troupes disponibles de la gare et de Dânjoutiii se tenir prêtes à appuyer ces compagnies dès qu'elles seraient attaquées.
L'arlillerie des Perches et de Belïevue fut piacée, pour appuyer l'opération, sous les ordres de M. Gély^ et on travailla à Believue toute la nuit pour mettre en batterie , dans une position convenable, les deux pièces de douze rayées de l'ouvrage.
Les ordres de mouvement nécessaires pour rassembler les troupes de Vopération ^ et pour avoir à Danjoutin, en réserve, un effectif capable de faire face à tous les événements, et en particulier de s'opposer au retour offensif probable de Tennemi^ furent immédiatement donnés.
Les forts reçurent des instruction» sur l'emploi à foire de leur canon pendant l'affaire.
L^attaque commença^ selon les ordres, le 13 décembre^ à une heure, par un brouillard opaque favorisant une sortie et un combat à Tarme blanche.
La colonne de droite (deux compagiues du 65* sous les ordres du capitaine Richard Yacheron) aborda résolument le bois et fut suivie par celle du centre (une compagnie de Saône-et-Loire et une du Hhône) , et par celle de gauche (éclaireurs de M. Poret et quelques francs-tireurs) , tandis que les éclaireurs de M. de Prinsac étaient envoyés par le commandant de Bellevue pour attaquer et enlever le poste de la Tuilerie, ou tout au moins le maintenir et Tempêcher de se jeter sur le flanc droit des nôtres.
L'ennemi refoulé à la baïonnette, malgré son feu auquel il ne fut pas répondu, se replia sur le sommet situé sous bois, tout contre Bavilliers.
Il dirigea de là une fusillade nourrie contre nos colonnes.
Une partie de celle de droite, fourvoyée dans le brouillard, alla donner contre la parallèle prus» sienne en avant de Bavilliers, et, prise entre deux feux, recula lentement en combattant, conduite par M. Richard Vacheron,
L'autre partie dut aussi s'arrêter devant la résistance du sommet escarpé occupé par l'ennemi, et de son côté la colonne du centre se replia un peu en arrière, repoussée par la plus vive fusillade. Mais
DBUZiàia PÉRIODE DU SifoE. 197
pendant ce temps ^ M. Poret, conduisant avec sang-froid et méthode sa colonne déployée en tirailleurs entre la Douce et le bois, enlevait à l'arme blanche les retranchements en arrière du bois» au sad de Baviltiers, éventrait ou prenait leurs défenseurs avec leurs réserves de munitions, et finalement s y maintenait après avoir retourné lès retranchements contre Tennemi.
M. le capitaine Midroit, resté avec la partie de la colonne de droite qui essayait encore d'enlever le sommet du bois^ appuya sur sa gauche et parvint à rejoindre le capitaine Poret, ce qui décida la victoire, due à Ténergie de ces deux officiers. L'ennemi abandonna la place, et deux compagnies du 8V vinrent relever les troupes fatiguées et se retrancher sur le sommet d'où les Prussiens avaient prolongé la lutte.
Perte du Bosmont et d'Andelnaiis.
Mais la journée n'était pas finie, et on devait s'atrtendre^ comme le prévoyaient les ordres du colonel, à un retour offensif; car l'ennemi ne se résignerait évidemment pas, sans un nouvel effort, à la perte d'une aussi importante position.
n attaqua^ en effet, vers six heures du soir, mais du côté du Bosmont et non pas sur le bois qu'il venait de perdre. La compagnie de grand*garde (mo-
IM PSUXlftMS PlRIODI DO 6li»l.
bilet Aê 8a6B««9t-Leire), débordée par on nonbFQ teut à ftiit siipérieuPy et gAnée pap des oaTaliers qui 86 Jetaient sur elle à la faTeup de la nuit et du bfouiilard, dut céder le terrain. On eombattait de prèB, au nilieu de robscurité^ et on éehangeidt des eeupe de baïonnette et de crosBe. Lee nôtres essayèrent de s'aceroeber à une barricade en corps d^arbres^ au travers du chemin, et de là tuèrent beaucoup d'ennemis.
Mais^ mal secondés pa]? la con^pagnie d*éclaipearg du 45* (capitaine Arnal), qqi leur servait de soutien^ ils finirent par reculer en désofdre. Les écl%ireurs du 45* furent dissous et reversés à leurs corps, à la suite de cette aifaire.
Presque immédiatement après ce premier succèsi Tennemi attaqua la grand'garde d'AndelnanSi m hurlant ses hourras habituels, et pénétra dans le village en trois colonnes. Notre grand'garde, comptant environ cent hommes conduits par M. Gingembre^ capitaine des francs-tireurs du Haut-Rhin, garnit les petites barricades du village, et laissa approcher Tennemi assez près pour le bien ¥oir au travers du brouillard. Elle le fusilla alors et le repoussa en désordre, laissant par terre de nombreui blessés qui remplissaient Tair de leurs plaintes. Iw Prussiens ne tardèrent pas^ du reste, à sq refermer et à revenir en plus grand nombre, pour être re-
poussés de la même manière. Cet assaut infruetueus
Mmkioe piEtODK du si^gb, 199
et êftnglant se renouvela ainsi quatre fois^ coûtant la vie à près de oent cinquante ennemis.
Mais pendant ce rude combat les ennemis, maîtres du Bosmonty enveloppaient la position, si bien que les nôtres, victorieux encore la quatriàme fois, durent néanmoins faire retraite^ luttant le long des maisons et de si près que les officiers se servirent de leurs pistolets.
têmêmUf^ é'^êUàmmmt tm» DakIobéIh.
Non content de ce double, mais très-cher succès^ l'ennemi^ poussant l'audace à bout, vint au nombre de mille à onze cents hommes^ dont une compagnie du génie, se heurter aux retranchements mêmes de Danjoutin. Une fusillade terrible le repoussa, maia cette (bis sans qu'il pût songer à recommencer son attaque, d'autant plus que rsurtillerie de la place et surtout du Château et des Perches, qui n'avait cessé depuis le commencement de Taction de ca- MDner énerglquement les lignes prussiennes, pour y gêner les rassemblements de troupes, couvrait de feus |ss ribords de la position, au point d*arriver à dominer en intensité le bombardement de Ten-
V Mos troupes, à Danjoutin, étaient supérieures en Dombire à cellea qui venaient- de les attaquer. On
SOO DEUnÈMB PIÎRIODE BU SIÈGE.
aurait dû en profiter pour les poursuivre la baïonnette dans les reins^ et nul doute qu'à la faveur de leur désordre et de leur fatigue on n'eût changé en un désastre leurs légers succès du début.
Soit qu'il n'en comprît pas l'importance^ soit qu'un peu de désordre se fût mis dans nos mobiles peu expérimentés^ le commandant Gély commit la faute de remettre au lendemain^ arguant de la fatigue de ses troupes^ dont cependant un tiers à peine avait été engagé.
Cette erreur fut fertile en conséquences funestes.
Perte de Froideval.
L'ennemi, en effets laissé tranquille, jeta un petit pont sur la Douce pour attaquer notre grand'garde de Froideval, qui ne sut rien faire pour l'en empêpècher,et fut assaillie, le 1 4 décembre vers cinq heures du matin, avec des hourras qui ébranlaient la forêt. Elle ne fit pas une contenance ferme, et, effrayée par le nombre, abandonna presque sans lutte ses petits retranchements.
Cet événement plaçait les deux compagnies du 84% de grand'garde au bois de Bavilliers^ dans une position des plus dangereuses^ et pour comble elles l'ignoraient^ car on avait encore» de ce côté| commis deux fautes : la première de ne pas reljer^
comme c'était rordre^ cette grand'garde avec les ouvrages en arrière; la deuxième, due à M. de Prinsac y officier brave et de sang-firoid pourtant^ qui, après avoir occupé la Tuilerie, n'y avait laissé que deux hommes^ si bien que l'ennemi y était rentré sans coup férir. Les compagnies du 84' étaient donc^ à droite et à gauche^ débordées en arrière par les positions de Tennemi.
Perte du bols de Bavllllers*
Vers six heures et demiedu matin, ces compagnies furent attaquées^ mais c'étaient de bonnes troupes et le lieutenant Chailleux qui les commandait fit preuve de sang-froid. Protégées par leur tranchée^ elles repoussèrent l'ennemi à cinq reprises différentes et de divers côtés. Pendant ce temps la compagnie de M. de Prinsac, d'après les ordres du commandant de Bellevue, essayait en vain de les dégager, et M. Gély tentait d'en obtenir des nouvelles et de détourner l'attention de Tennemi par de fausses atta* ques^ mais n'osait pas s'engager trop à fond, avec la position de Froideval sur ses derrières.
Un petit détachement^ envoyé par le lieutenant Chailleux, parvint à percer l'ennemi et à apporter des nouvelles à Danjoutin^ et peu après, c'est-à-dire Tare trois heures et demie de l'après-midi, cet offi-^
•ier saisit une bonne oooasioB, et effeelna entre lee troupes prussiennes une retraite heureuse^ qai ne lui aurait eoAté que peu de monde, sans la préci* pitation et les cris dHin sons-lieutenant, qui eausa la perte d'une partie de sa troupe et fut pris luimême.
SeeoKde te»tallve eontre la demUème parallèle
en avant de Bellevne*
La veille, après notre victoire dans les bois, le commandant Gély ne s'était pas concerté avec le commandant de Bellevue pour foire combler la deuxième parallèle en avant de Touvrage^ et avait oublié totalement ce travail. M. Thlers^ qui attendait, suivant Tordre^ ses instructions, ne put donq que tard provoquer à ce sujet un ordre direct d^aetion, de la part du gouverneur.
La tranchée à combler était née0ssairement abandonnée, vu la position avancée de^nos fafoupep oocu-< pant la Tuilerie et la bois en arrière. Le commandant de Bellevue désigna pour Vopératlon soinutf mobiles et quinze sapeurs, sous la eenduite du lfeu«i tenant du génie Journet, efftoier d'une bmvonre éclatapte. Les ttavailleufs se fuirent en p*o)itaj malc heureusement d^ux equpa de feu partis de BavHlieM jetèrent la panique dans leurs rangs, et les mébilttf
MOXdMB PiRXOBB DU filliGBf S08
sVBftiireni. M. lottPBet ^ini les leolieFelier et se pofta de n(m¥eaa en avast, mais «'égara au milieu d'uB épftie brouillard et de la quit tombanta^ et ref ifit sans aToir pu trouver la parallèle,
L'op^ation était définitivement avortée^ car les Prussiens réoceupèrent peu après la Tuilerie^ ee qui rendlii^ le reneuv^llement de la tentative à peu près impossible.
Dispositions en eas do nonv^l nssMit Bw llanjontln.
L'ensemble de ces alïsdres n'avait pas amélioré notre position, au eontraire, et n'avait eu pour avantage que de faire perdre à l'ennemi une Journée pour ses travaux et de lui tuer un nombre considérable de soldats, en ne perdant nous-mêmes que 146 hommes blessés et tués ou disparus.
La perte du Bosmont, d'Àndelnans et de Froideval, faisait de Danjoutin une position bien avancée^ et le commandant Oély s^en émut^ au point de montrer au colonel Denfert quelques craintes de nature à en provoquer Tabandon.
Mais tel n'était pas l'avis du colonel, qui ne voulait abandonner aucune position avant que l'ennemi la vint prendre, et considérait qu^l lui ftiudrait perdtt^eere beaucoup d'hommes et de temps pour en-
â04 DEUXIÈME PâmODE DU SIÈGE.
lever Danjoutin^ couvert à droite par la Savoureuse^ retranché, protégé de près par les Basses-Perches^ et appuyé par un épaulement de batterie^ pouvant recevoir des pièces de campagne. Il déclara donc qu'on tiendrait la position, et fixa, dans Tordre de mouvement pour faire rentrer les troupes qu'on y avait accumulées, sa garnison à quatre compagnies de Saône-et-Loire, une compagnie des éclaireurs du Rhône^ commandée par le lieutenant Martin^ et une compagnie de francs-tireurs d'Altkirch, commandée par M« Gingembre.
Il crut devoir aussi signaler au commandant Gély les causes principales qui avaient changé en un échec notre succès^ en lui écrivant ce qui suit :
<c Hier au soir vous avez vigoureusement repoussé la colonne de 1 000 hommes et une compagnie du génie qui après nous avoir chassés du Bosmont est venue attaquer Danjoutin. A ce moment les troupes étaient fatiguées et vous n'avez pas pu^ pour ce motif^ et sans doute aussi à raison du désordre qui régnait probablement parmi les compagnies, opérer le retour offensif qui était la conséquence nécessaire de la retraite de Tennemi et de la supériorité de vos forces. 11 y a là matière à réflexion et à réforme.
ce La fatigue des troupes vient de ce que les hommes ne sont pas uniquement préoccupés de leurs devoirs militaires, qui leur imposent de consacrer sys-
tématiquement au repos et au sommeil le temps où ils ne sont pas de service, que ce repos se prenne de jour ou de nuit. Ils gaspillent^ en n'agissant pas ainsi, une partie de leur énergie. La plus grande faute que commettent les troupes^ surtout les mobi-* les peu expérimentés, c'est d'être toujours plus ou moins désordonnés. Ce désordre se manifeste surtout par Tisolement des efforts des officiers^ sousofficiers et soldats. Cet isolement des efforts se caractérise par ce fait que l'officier choisit la maison qui lui convient, les sous-officiers choisissent après^ et les soldats sont enfin groupés comme ils peuvent sur d'autres points. Dans ces conditions^ il est impossible de les réunir ....
<r Les Prussiens nous ont montré qu'ils étaient assez bien organisés pour nous attaquer à 6 heures du matin le 1 4, après avoir été repoussés le 1 3 dans une attaque de nuit.
« Je conclus de là qu'il faut que chaque officier soit logé avec ses sous-officiers et sa section dans la même maison ou grange, de façon qu'à la première alerte l'officier et les sous-officiers de chaque section conduisent les hommes au feu eux-mêmes^ et soient sûrs que pas un ne faillira à son devoir. Ils doivent user de leur revolver au besoin. Il faut de plus que chaque section soit à proximité de son poste de combat et que la réserve ait sa place inté-* gralement marauée. »
106 BSl^liHS PÉRIODE DU StÉM,
Des ordres semblables furent envoyés à tous le9 cliefs de position.
Et eticore :
« En soeoâd liêfli »1 vOtli ddUMltéS iM teffilM deVordMi tcittf VWWS qli« le Mfotir oflRïllstf dé FeniMai j était prévu» swlémént Vwàfê luppdsili implidMtMtit que le retour pourrait ftf oir liétt §ttf lé bois dé Béfillieft et uou iur DftUjoutifl, d'Oft Fflf^ tiquo éttit partie «t (rik l'euneHli datait suppoiér que neué afiona réuni dés ^beiii Apre» Ta? «ir M^ pooaaé mff noi ratrauéhéiueuta, éfl lui foiaam parafé beaucoup de monde» U n'y a? ait qu'une ehoa^ à faire» le pourauitre et repreudré auésltét le Boa*
mont. Ce n'était que faire^ aur une plus gf Mid^ échelle^ l opération que Youe avîea tentée avaé aucoèa contM Andelnana^ et qui avait déjà f éuaal dans joum auparàtaat au êépitaine Vayasiàrèai
a II y a eu là évidemment une grave faute de raunemî dont voua n'aVéx paâ tiifé parti. Tous tos vénaeigneotenta aouaordent à le dire; car volia àVMs environ 4200 hommea à Dai^outin et rennemi volin attaquait atee 1000 on 4iOO hommes» Sépauaaé dana eea eonditioni, il aurait dû èttfe émnHè* »
Suit dans cette lettre Teiposé de la même faute répétée un peu plus tard, quand Tennemî attaqua froideval^ et de nouveau encore le nfatîn quand îî entoura les deux compagnies du 84% qui n^auraient
pa9 dû rester isoléeSi sans jonction avec nos positioQS en arrière.
Les alertes causées pat ces combats des f 3 et 1 4 décembre firent remarquer que les compagnies de soutien de l'ouvrage de Bellevue, cantonnées en arrière dans les constructions de la route allant vers Belfort^ prenaient une mauvaise position dans une tranchée faite le long de cette route complètement vue des batteries ennemies^ pour y faciliter la circulation des hommes. Elles étaient là mal placées pour battre les abords de Touvrage^ et leur feu était dirigé contre les Barres. Il fut, en conséquence^ ordonné au lieutenant-colonel Desgarets de faire construire par ses hommes, et d'après le tracé qui lui perait indiqué par le commandant de Bellevue^ une tranchée plus en avant, entre Bellevue et les Barres et flanquée par les deux ouvrages. Il lui fut en même temps prescrit d y tenir toutes les nuits des sentinelles en nombre suffisant pour avoir, en cas d'attaqaC;, un premier feu qui donnât le temps aux compagnies d*y arriver. Ce service surveillé Indirectement de BellevuCif et assez dangereux, ne marcha pas
d'abord très-régulièrement^ et il fallut chaîner M. le capitaine Quinivet de s'en occuper spécialement.
M. Thiers profita des travailleurs employés à ces tranchées, pour faire faire deux petites amorces de retranchement^ flanquant par Textérieur les fossés des branches droite et gauche de la redoute. Ces fossés n'étaient pas battus, et pouvaient conduire à couvert jusqu'à la gorge , où l'escalade était facile.
Recmdesceiiee do bombardement sur Bellevae «
et le ChftteAU.
Dès le 15, c'est-à-dire le lendemain même des combats, l'ennemi^ semblant comprendre que le bombardement de la ville n'avait produit sur nous aucun effet moral^ diminua un peu son feu sur les maisons pour le redoubler sur les ouvrages de fortification, notamment sur Bellevue qui fut canonné durant la matinée si vivement qu'on put croire au prélude d'une attaque^ et que le colonel Denfert donna à tout le monde Tordre de se tenir prêt dès que ce tir se ralentirait. Heureusement les abris étaient très-avancés^ et à part quelques points faibles pouvaient déjà résister aux obus et même aux bombes de 27 que rennemi tirait d'Essert.
Us étaient un peu petits^ deux des caves n'ayant
pu être préservées assez vite^ et s 'étant affaissées sous les projectiles.
Les hommes y étaient atrocement serrés, et les ciels 9 blindés par les débris mêmes des maisons écroulées sous les bombes et les obus^ laissaient pas* ser Teau par le dégel et les pluies. Mais, tels qu'ils étaient, ils sauvaient la garnison de l'ouvrage, qui du reste continua toujours à les étendre et à les perfectionner, et la redoute put le 17 rentrer en ligne dans le combat d'artillerie qu'elle avait cessé pour les construire.
La canonnade serrée et sans trêve de Tennemi incendia les maisons servant de logement aux troupes de soutien en arrière de Bellevue. Ces troupes durent s'organiser dans les caves voûtées de ces maisons.
Elle causa aussi des accidents au Châ'eau. L'ennemi criblait d'obus depuis le commencement, avec une vaine opiniâtreté, la façade de la caserne regardant la ville. Les coups très-obliques sur cette excellente maçonnerie, appuyée en arrière par des piles de sacs de farine, n'y faisaient que des écorchures. La pièce blindée, si connue de la garnison sous le nom de Catherine^ se jouait aussi de leurs impuissants efforts qui n'avaient pas encore pu l'arrêter^ malgré des milliers de coups dirigés sur elle. Elle reçut à cette époque sa prenâère atteinte. Trois ou quatre obus s'étaient logés dans les joues
%\0 DSmUÈHB PtelODl BU SIÉGB.
de êOiù embifasurey sans éelater ; un dernier arriva qui fit éclater tous les autres, et l'explosion renversa Vembrasure, mais ne put entamer le blindage.
Les eanonnier s aimaient cette pièee, et un travail énergique la remit dès le lendeinaîn matin en état de tirer de plus belle.
Au-dessous de cette pièce, une embrasure en pierre, ouvrant dans une casemate qui servait de logement^ avait été^ avant le siège, bouchée par une épaisse maçonnerie de briques qui devait résister aussi bien que le reste du mur. Mais rentrepreneur du ses agents, profitant de l'étendue des travaux qui rendait moins sévère la surveillance du génie^ glista en fraude, dans l'épaisseur, des débris de toute sorte sans mortier, au lieu de briques maçonnées. Il en résulta qu'un projectile de 32*" traversa cette muraille, si solide en apparence, et broya dans la casemate dix-sept lits. 11 ne s'y trouvait heureu- Bosient qu'un maréchal des logis et un homme qui, tous cteux, furent blessés. M. de k Laurencie fit immédiatement redoubler ce mur percé, par un fort blindage en pièces de bois debout, auquel on adossa des sacs de farine, et qui résista jusqu'au bout sans avaries. On put reposer en sûreté dans la casemate.
Enfin, un projectile, passant par-dessus le cavalier, vint entrer de revers par la porte d'un abri à munitions de l'enceinte intermédiaire, et mit le 1^
DWjnkiSÈ pÈÊM^K DV siim. 211
aux enveloppes de papier des charges. MM. Vûrgel, lieutenant du génie au titre auxiliaire, et Tbeamar, maréchal des logis, se précipitèrent bravement poor tâcher de les éteindre et de sauver Tabri; mais^ comme ils ouvraient ta porte, le courant d'air, activant le fen^ fit éclater le» bombes qni y étaient, et l'explosion, renversant la voûte et les terres^ fit littéralement sauter en Fair ces deux homme» hardis^ qui en furent miraculeusement quittes pour des contusions et des brûlures légères.
ImtewMitiott des ShIsm».
Le 1 7 décembre, se produisit un fait qui remplit la population d'une joie que devait suivre une cruelle déception. Les habitants^ comparant leur sort à oelui de Strasbourg^ notaient pas sans songer, avec larmes et aussi avec quelque espérance, qu'un voisin généreux avait eu pitié des malheureux de la grande cité, qui pourtant n'était {^8 atteinte dans tous ses quartiers, jusqu'à sa dernière maison, par un bombardement furieux comme cehii qui, depuis quinze jours, accablait Belfort sans y laisser à l'abri la place d'une cabane, condamnant tout le moûde, sans la moindre excepfiim, à vivre dans des cavet malsaines, au sein d'une violente épidémie varioleuse ; situation misérable.
digne en.effet.de pitié^ et qui devait durer encore cinquante-huit longs jours après ces quinze premiers.
Déjà le préfet^ ému de ces souffrances, avait écrit au colonel Denfert, pour le prier de demander à Tennemi un armistice et Tautorisation de laisser sortir les femmes, les vieillards et les enfants. Mais le colonel, mettant au-dessus de tout intérêt les devoirs de la défense, refusa, et motiva son refus par la lettre suivante :
ce J'ai rhonneur de vous informer, en réponse à votre lettre du 12 courant^^que je considère comme très-préjudiciable à la défense tout pourparler avec l'ennemi, pour lui mettre à nu une de nos plaies.
cr Au commencement du siège, j'ai déjà remarqué que chaque fois qu'un parlementaire paraissait, il en résultait un fâcheux effet moral dans la garnison. Ce serait bien pire si un parlementaire était envoyé aujourd'hui et pour le but que vous m'indiquez. Tout le monde doit être fixé, du reste » et l'était bien avant l'investissement, sur la violence des procédés prussiens, et j'ai moi-même invité bien des personnes à partir.
a Je suis encore disposé à donner des laissez-passer pour sortir de la place aux femmes et enfants pour lesquels vous me signalerez cette mesure comme sans inconvénients. Pourvu que le nombre dés partants soit assez faible, il est probable que beaucoup
réussiront à sortir; car plusieurs femmes sont déjà parties avec leurs enfants depuis le blocus. »
Enfin, le 17, une députation suisse^ formée à Porrentruy^ se présenta au nom du président de la Confédération pour s'interposer en faveur des victimes inoffensives de Belfort, se chargeant de leur transport et de leur entretien à Porrentruy.
Le colonel Denfert en fut instruit par une lettre du président de la Confédération que lai remit un parlementaire prussien. Le gouverneur informa le préfet par la lettre suivante ?
« J'ai l'honneur de vous adresser copie d'unô lettre que je viens de recevoir de M. le président de la Confédération suisse, au nom du Conseil fédéral. Dans cette lettre, M. le président de la Confédération, mû par les sentiments d'humanité dont la Suisse a déjà donné le noble exemple au commencement de cette guerre, demande l'autorisation de soustraire aux horreurs du siège les femmes, enfants et vieillards de la ville de Belfort. Je suis disposé à accueillir cette demande dans les limites compatibles avec les intérêts de la défense. Je ne puis autoriser que la sortie des femmes, enfants et vieillards de la moralité desquels je suis assuré, pour qu'il ne soit commis envers Tennemi aucune indiscrétion préjudiciable à ceux qui restent et qui ont charge de pourvoir à la défense. Je viens donc vous prier, M. le préfet, de vouloir bien m'accorder
su DiradnfB FÉmow w utm.
TOtre coDCoum pour les laisseE-passer à donoar aux femmes^ enbnta et yieillards qui peuvent sortir sans inconvénients. Comme vous êtes mieux placé que moi» M. le préfet^ pour apprécier la partie de la population civile digne de confiance, je suis tout disposé i m'en rapporter à vous pour les permis* sions à accorder; mais je vous prie instamment de tenir compte, dans vos désignations, des nécessités de la défense qui doivent primer toute autre eonsidération. »
Il répondit en outre à la délégation du Conseil fièdéi^al une lettre dont copie fut également adressée au général de Treskow, et que voici :
(c Monsieur le président,
«c Je vous prie d'exprimer toute ma reconnaissance, tant au Conseil fédéral qu'au comité spécial de Porrentruy, pour les sentiments d'humanité dont la Suisse vient de donner un nouveau témoignage par votre lettre du 13 courant. Je suis extrêmement sensible, M. le président, aux considérations que Votre Excellence fait valoir en faveur des femmesi enfants et vieillards restés à Belfort. Mais mon devoir m'impose de ne satisfaire aux vœux que Voas m'exprimez que dans les limites que comportent les intérêts de la défense de la place.
« Les conditions qui paraissent indispensables sont les suivantes :
DEUXIÈME PJiRIODE DU ^ÉGE. il S
€c L'armistice forcé qu'^xi^ ie départ des femmes, enfants et Tieillards ne pourra avoir liftn qu'entre dix heures du matin et trois heures de Taprès-midi. Cet armistice comprendra non-seulement la cessation absolue du tir de part et d'alitre, miûs encore Tinterdiction , pour Farmée assié*géante, d'exécuter aucun travail de tranchée pen^ dant sa durée.
« Messieurs les délégués du Conseil fédéral n'ac^ capteront que les femmes, enfants et vieillards mu* nis d'un laissez-passer. La réception dés délégués et la sortie des femmes, enfants et vieillards auronk lieu par la porte du Vallon, route de Belfort à Roppe.
c< Si ces conditions sont acceptées, tant par tôus^ M* le président, que par le commandant eu chef des troupes prussiennes, je suis prêt a m'êntendre sur la fixation du jour de l'armistice.
« En renouvelant à Votre Excellence, etC4 1»
On croyait toucher le salut du doigta mais on dut peu à peu se détromper, car cette lettre^ commuai-^ quée au général prussien^ ne reçut point de réponse.
Pourtant l'espoir ne disparut pas vite, et^ le 6 jan«vier, le maire de Belfort et le préfet vinrent encore adjurer le commandant supérieur de faire une dé* marche auprès du général de Treskow^ présentant^ d'après des lettres reçues de Suisse^ éette démarche
216 EUXIÈME PÂRIODB DU SIÈGE.
comme nécessaire pour faire aboutir la géuéreuse intervention de Porrentruy. — Le colonel Denfert répondit :
a J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre lettre, par laquelle vous me demandez de faire une démarche auprès du général ennemi, pour obtenir la sortie de Belfort des femmes^ enfants et vieillards. Voici les principes qui me servent de guide en cette matière :
« Les faits de cette guerre et la manière dont les Allemands la poursuivent, sous la conduite de leur roi^ démontrent avec la plus grande évidence qu'ils sont décidés à procéder à toutes les violences , de quelque nature qu'elles soient^ contre les populations françaises. La guerre qu'ils nous font est une guerre de race^ sans aucun ménagement.
« En présence d'une telle situation^ quelle doit être notre conduite? Être implacables vis-à-vis de l'ennemi, tant qu'il est debout et en armes sur notre territoire; ne lui demander aucune grâce quelconque, et n'en accepter aucune de lui.
« C'est à ces conditions que la défense peut se faire de la manière la plus profitable , et c'est ainsi qu'elle nous conduira le plus rapidement^ et avec le moins de sang versé, à l'expulsion de l'envahisseur. Il est donc impossible, monsieur le préfet, de faire aucune démarche près du général Treskow.
DEUZlfeMB PÉRIODE DU SIÈGE. 217
« Lorsque M. le président de la CoDfédération suisse^ mû par des sentiments d'humanité^ est venu s'offrir comme intermédiaire^ il a positivement déclaré dans sa dépêche qu'il n'entendait ni renforser^ ni affaiblir les moyens de défense de la place.
« En acceptant en principe sa proposition^ je lui ai indiqué les conditions auxquelles on pouvait y satisfaire sans nuire à la défense et sans changer les situations militaires de l'assiégeant et de l'assiégé. M. le général de Treskow n*ignore pas que mes conditions sont élémentaires, et s'il ne veut pas accéder à la demande de M. le président de la Confédération suisse, sans une démarche de ma part vis-à-vis de lui, c*est qu'il entend me faire commettre un acte de faiblesse contraire à mon devoir, et affaiblir, par conséquent, la résistance de la place.
« Les choses doivent donc en rester au point où elles se trouvent^ à moins que M. le général de Treskow n'accepte les propositions que j'ai faites au président de la Confédération helvétique^ et dont je lui ai donné connaissance. »
Après cette lettre, nulle illusion n'était plus possible; il fallait se résigner à souffrir et en faire retomber la malédiction sur Tennemi seul.
SI 8 DfiUt!ÈM« PÉJKIOM M Slft^fi.
Pendant que les Saieses faisaient leur inutile démarehe^ Tennetni travaillait actiTement à s'établir dans le Bosmont. On y entendait des bruits fi'équentt de trayanx et de transports. Graignaàt qu'il ne partît de là pour faire des travaux contre les Perches, le colonel ordonna la construction d'un petit ouvrage de terre, d'une exécution rapide, à ajouter aut travaux qui protégeaient le bois en avant et à droite de Pérouse, où on travaillait du reste encore.
Cet ouvrage , destiné à prendre de rev^s toute tentative contre les Hautes-Perches, devait rendre encore plus nécessaire pour l'ennemi la pôssessioii de Pérouse avant d*agir contre cette redoute.
Le bataillon de M. Lang, envoyé à PéroUse pour s'y reconstituer plus aisément, entreprit ce travail sous la direction de M. le capitaine du génie Degombert, en même temps qu'il continuait à âe créer des abris à Tépreuve des obus, et des baraques dans les bois»
Les Prussiens travaillaient aussi en avant de Bellevue, principalement à des boyaux de tranchée dans le ravin de Bavilliers; mais l'avant-poste qui occupait la contre-approche du trou Sibre, tourmentait par la fusillade ces travailleurs, et dirigeait par ses
DEUXIÂMC PÉRIODE DU Sl^fi* 219
observations le tir des bombes et des boulets que la redoute faisait rouler daus le ravin, dont elle ne voyait pas le fond. Ces feux rendaient le travail d^ lennemi lent et décousu^ et amenaient des luttes i coups de fusil entre notre avant -poste et l'avant» poste ennemi de la Tuilerie. Belle vue canonnait ces bâtiments, sans pouvoir cependant en déloger complètement les Prussiens, parce que les pentes cachées du ravin de Bavilliers leur servaient de refuge et de communication couverte.
Les compagnies de mobiles du 1 6"* (Rhône)., qui avaient rendu un si grand service à l'ouvrage par leur ardeur et leur courage dans la construction des abris^ étaient exténuées de fatigue, et furent relevées à Bellevue; mais on n'y renvoya pas à leur place une garnison permanente. La position dans cet ouvrage était trop pénible; on dut se résigner à rele* ver tous les trois jours les compagnies du 1 6^ et du 65"^ (Rhône) qui en fournissaient la garnison , malgré les inconvénients des relèvements de troupes dans une position attaquée ^ où il faut que les hom-« mes soient toujours bien au courant de leur service.
Bombardemeiit de Banlontln.
L'ennemi s'occupait aussi des moyens de s'empa- ? de Danjoutin iians risquer une seconde attaque
dans les mêmes conditions que la première^ qui lui avait coûté trop cher. Il démontra à la garnison combien on avait eu raison de conserver ce village^ car il établit contre lui une véritable batterie de siège sur la hauteur en arrière d*Ândelnans^ en même temps qu*il embusquait dans le Grand Bois des tirailleurs pour gêner la circulation dans le village.
Cette batterie d'AndeInans, préservée par un fort épaulement en terre et capable de recevoir plusieurs canons, fut armée de deux pièces de 6 (obus de 8 kilogrammes) qui ouvrirent le feu le 18 décembre et bombardèrent Danjoutin où elles produisirent de nombreux incendies ^ car on n*y possédait pas les mêmes moyens qu'à Belfort pour étouffer le fléau à son début. I^ Château^ les Perches et une pièce de 24 des Barres répondirent à ce feu. Malheureusement la grande distance ( quatre mille deux cents mètres des Barres, quatre mille mètres du Château) et les bois qui masquaient cette batterie aux Perches, empêchèrent de la détruire, et elle put toujours continuer à tirer par intervalles.
Il était à craindre que ce bombardement par une batterie de siège contre un simple village ne fût suivi d'une attaque de \ive force. En conséquence^ le colonel Denfert prévint la garnison de Danjoutin de s'y attendre et d'agir avec sang-froid, en laissant approcher Tennemi pour le fusiller à bout portant de derrière les retranchements. Pendant ce temps,
les Perches accableraieDt d'obus les abords de la position^ les plis de terrain pouvant servir au rassemblement de Tennemi^ et canonneraient les colonnes dans leur parcours pour s'approcher de nos retran-chements.
Ces ouvrages eurent ordre de tenir tous les soirs des pièces pointées d'avance dans ce but. La garni* son du FourneaUi en arrière de Danjoutin, fut également prévenue d'être en éveil pour soutenir le village au premier signal , et deux compagnies de renfort y furent envoyées.
L'attaque la plus à redouter était celle d'une colonne ennemie qui^ s'engageant à la faveur de la nuit entre les Hautes -Perches et le Bosmont, le long du chemin de fer de Mulhouse^ se porterait sur les derrières de la position , et, s'abritant contre les feux de la place le long du remblai du chemin de fer^ compromettrait toute retraite et tournerait les retranchements.
Frappé de ce danger, le commandant supérieur le signala au commandant de Danjoutin^ et indiqua des travaux à faire pour l'éfiter et parvenir, en caa de retraite forcée du village, à limiter les progrès de Tennemi au remblai même du chemin de fer. Ces travaux consistaient principalement en tranchées défensives barrant le chemin de fer et les chemins de ce côté^ et prolongeant ainsi la position un peu plus en arrière sur sagauche« Ces travaux furent entrepris.
S22 DEUXIÂMfi PÉRIODE DU SIÈGE.
Non eontOxit de ces précautions^ le gouverneur signala cette marche probable de Tattaque aux Perche», en leur ordonnant de eanonner la voie du ehemîn de fer^ notamment auprès du passage à niveau du chemin de Yézelois, et avertit le commandant Lang, à Pérouse, de faire surveiller activement ces parages par de fréquentes reconnaissances , et de ne point hésiter à se jeter sur la queue de toute colonne d'attaque qmi s'engagerait entre les Perches et le Bosmont pour marcher à Danjoutin. Enfin Danjoutin dut se relier par des sentinelles avec les petits postes qui^ toutes les nuits^ se plaçaient en grand'garde en avant des Perches, et tenir constam- Hient des compagnies de garde dans les tranchées commencées sur sa gauche, afin de pouvoir, dès son début et sans relard, arrêter le mouvement tournant s'il se produisait.
Toutes ces dispositions étaient de nature à rendre ce mouvement plus dangereux encore pour l'ennemi même que pour nous, car elles Texposaient à se trouver dans un creux , arrêté par les tranchées de Danjoutin, pris sur ses derrières par Pérouse et canonné des Perches. On pouvait donc avoir confiance ef croire que l'espèce d'action de siège que les Prussiens faisaient contre ce village n'était pas de trop pour s*en rendre maître*
Ces prévisions étaient d'autant plus justes que l'en lemi essaya vers cette époque^ à plusieurs re-
DEUXIÈME PÉRIOSiB 0U SIÈGE. 3S3
prises y des ^econnaissanoes d'bemmes et d'offîeiera isolés, qui se glissaient par la tranehée du eheiain de fer le plus près possible de nos sentinelles pour apprécier la nature de notre surveillance et de nos précautions. Il ressortit probablement pour Tennemi de ces reeonnaîssances^ ioterrompues par les coups de feu de nos sentinelles^ que cette attrayante atta* que par un mouvement enveloppant n'était pas sans grands périls, car il la différa longtemps encore et s'en tint à la eanonnade#
Averti par œ précédent de bcnnbardement, on poussa activement, dans les autres villages, la construction d'abris contre les obus.
ContlnnatliMi des travanx contre Belle
fianjontin ne faisait pas du reste oublier à l'ennemî son principal objectif, c'est-à-dire Bellevue. 11 j eoBlÎQuait des travaux d'approebe, étendant sa deuxième parallèle et ses boyaux dans le ravin de BaviUiers^ dessinant par cet ensemble une attaque sérieitse, mais lente, décousue et mal reliée. Cela fNTOTenait tant du froid extrême qui gelait profonde^ me&t la terre, que de l'impc^sibiKté de mettre ta moindre eentinuité dan» le travail.
Les fusillades énergiques et bien conduites de la emitre-approcbe de la redoute arrêtaient rapidement,
surtout quand M. Poret y était de service, toute tentative de travail et la signalaient aux bombes, à la mitraille et aux boulets de Touvrage.
Dans ces conditions d'activé surveillance^ les travaux n'étaient possibles que par petits bouts isolés, dont on essayait de dérober la construction, et que les projectiles de la redoute écrètaient rapidement. L'ennemi n'essayait pas, du reste^ de suppléer au peu de puissance qui en résultait pour lui^ par l'emploi des méthodes lentes de sape régulière, précisant nettement Tendroit du travail qu'on aurait canonné sans cesse.
Il préférait Teffectuer inopinément sur des points inattendus où il espérait en conséquence n'être pas découvert à temps, et chassé par la fusillade et la mitraille.
Pour appuyer ces travaux et les soustraire autant que possible aux canons de Bellevue, il s'efforçait, par ses batteries d'Ëssert, à démonter toute pièce de la redoute qui faisait feu sur ses travaux d'approche.
La redoute, de son côté, ripostait à ces batteries avec ses deux pièces de 12 rayées, pour attirer les projectiles sur elles, et décharger d autant les pièces lisses qui tiraient sur les tranchées rapprochées. Malheureusement, l'ennemi, grâce à une supériorité notable de justesse et de^ calibre^ bouleversait souvent les embrasures de ces pièces rayées, et serait
peut-être parvenu à se rendre, en partie au moins , maître du feu de Bellerue sans Tappui des Barres, et surtout du Château.
DéMOBStratloii offensive en avant de BelleTue.
Le 20 décenibre^ le colonel Denfert résolut sur la proposition de M. de Prinsac^ qui lui fut transmise et expliquée verbalement par M. Ghabaud, commandant des Barres, de faire contre les batteries et les tranchées prussiennes en avant de Bellevue une démonstration de nature à arrêter court les travaux ennemis pour la nuit et à provoquer une alerte générale dans toutes les tranchées prussiennes. On devait alors canonner ces tranchées à outrance^ pour y tuer beaucoup de monde.
Dans la soirée^ après la tombée de la nuit, les éclaireurs de M. Poret sortirent de la contre-approche de Bellevue, tandis que ceux- de M. de Prinsac s^avançaient en deux groupes, Tun sur la deuxième parallèle en avant de Bellevue, l'autre sur les batteries d'Essert, avec des commandements faits à pleine voix comme si des troupes considérables suivaient.
Ces deux compagnies, déployées en tirailleurs sur une longueur de plus d'un kilomètre, ouvrirent un
tSQ DEUXIEME PÉRIODK OU §lia^
feu nourri sur les ouvrages de rennemi. Celui-ci , mis en émoi par ces commandements et cette ligne immense de feux^ crut à une attaque générale^ se rassembla en hâte dans ses tranchées, d'où partirent bientôt des feux de bataillon^ et mit en branle tous les canons et mortiers de ses batteries^ mais avec une précipitation telle, qu'on ne pouvait voir un feu d'artillerie plus mal ajusté. Obus et bombes partaient à la fois dans toutes les directions^ montant presque verticalement dans le ciel, ou ricochant à terre, à mi-chemin des nôtres et de la batterie. Aussi tout ce tapage ne nous fit pas le moindre mal| tandis que le Château, les Barres et Bellevue, prévenus et préparés^ envoyaient sur les tranchées prussienneS| pleines de monde, une avalanche .d^ projectiles bien dirigés.
Quand le fracas de Tartillerie, arrivé à son comble, couvrit le bruit de la fusillade, les nôtres se retirèrent inopinément.
L'opération ayant été tenue secrète, en dehors des trois ouvrages qui devaient agir, tout le monde avait pris les armes sur la rive droite de la Savoureuse, croyant à quelque attaque formidable, et sans que cela causât la mort de personne, car l'ennemi n'avait pas pris le temps d'envoyer un seul projectile du côté de la place.
On fut prévenu à la gare d'avoir à appuyer une défense à outrance de la contre-approche de Belle-
DiiTxrtaB nliuoBB do fntn. M7
Tue^ au cas où cette aleste donnerait à Tennemi l'idée de Tattaqner^ la nuit ou le lendemain*
Cette petite affaire dut probablement entraver les tratauJ: d'approTiaionnement des batteriéi ennemies^ car le lendemain 21 y elles dirigèrent sur la plaoe nn feu notablement moins nourri que d'habitude. En reranche elles se préoccupèrent du ravin Sibre qui abritait les troupes de la contre^approohe, d'où on fusillait si souvent leurs travailleurs, et â*où était partie une moitié de l'attaque, car elles y lancèrent des bombes*
Toutefois, comme ce ralentissement de feu pouvait aussi être causé par la préparation de nouvelles batteries et coïncidait d'autre part avec un aecroii»sement des travaux défensifs de Tennemi à Vé^elois, en regard du petit ouvrage de campagne que nous construisions à Pérouse, le gouverneur recommanda partout d'activer la construction et la consolidation des abris.
■edlfleaUoaus 4'«râi«Me»t.
Peu après eette affaire^ Tennemi continuant à travailler devant Bellevue, et les pièces lissea de Touvrage qui tiraient contre ces travaux ayant souvent leurs embrasures démolies par le tir d'Esserl^ le gouverneur, sur la proposition du eommasdaiit
de la redoute^ en accrut Tannement d'une pièce de 4 rayée de montagne et d'un mortier de 1 5 centimètres, pour tirer d'un point quelconque par-dessus le parapet, et pouvoir toujours canonner les tranchées.
A cette époque aussi^ trois pièces nouvelles de 24, dont une avait exigé un travail de dix-huit jours pour remanier son blindage, établies au Château sur plates-formes en fer du système de M. de la Laurencie, et tirant sans voir ni être vues, ouvrirent leur feu contre Jes batteries prussiennes de l'extrême droite d'Ëssert, armées de gros calibre. Ces batteries furent rapidement réduites au silence par cet accroissement de feU; et ne tirèrent plus depuis lors qu'à de rares intervalles.
Ordres relatifs aux fêtes de Noèl.
Nous étions proche des fêtes de Noël, et plusieurs lettres, trouvées sur les prisonniers faits à l'ennemi, prouvaient le désir et l'espoir de leurs familles de les revoir pour ce jour cher aux Allemands.
Le colonel Denfert craignant que le roi de Prusse • ne songeât, par Tannonce de quelque victoire, à faire diversion au mécontentement qui résulterait en Allemagne de la prolongation d'absence des soldats à
r)iar±ME période bu siège. 229
ce jour de joie habituelle, adressa par la \oie de Tordre la proclamation suivante aux troupes :
« La fête de Noël est tous les ans, principalement parmi les populations du Nord de TAUemagne, l'occasion de fêtes de famille^ où tout le monde se réunit autour d'un sapin appelé arbre de Noël. Aux branches de cet arbre sont suspendus les cadeaux de toute nature que se font entre eux et aux enfants de tout âge^ les différents membres de la famille. La soirée se termine par un repas autour de Tarbre.
« Le commandant supérieur a trouvé, dans des portefeuilles pris sur des prisonniers de guerre ou des cadavres ennemis abandonnés sur le champ de bataille^ de nombreuses lettres de femmes, mères ou parents divers des victimes, dans lesquelles on leur exprimait Tespoir de les voir revenir pour participer aux fêtes de Noël. Nous savons tous que la France a offert à TAUemagne une paix honorable et glorieuse pour elle dans le courant de septembre, et que la guerre ne continue que par les sentiments d'ambition coupable et de haine dont sont animés contre la France le roi Guillaume et son ministre, le comte de Bismark. La résistance à outrance, ordonnée par le gouvernement de la Défense nationale^ empêchera les militaires prussiens de se trouver à Noël au milieu de leurs familles, et beaucoup de ces familles sont frappées de deuil.
230 PBUXllllCB PdKIODl DO 8lteB.
fc Contre le mauvais effet qui en résnlten en Allemagne^ le roi Guillaume oherehera sans doate à réagir par des annonces de victoires.
« Noua devons nous attendre à des attaques prochaines de l'ennemi y et ces attaques doivent 6tre repoussées avec énergie^ ce qui sera d'autant plus facile que si Tennemi doit se départir de ses habitudes de prudence et de combinaisons savantes, c'est surtout en un moment où la vietoire lui est né* oessaire aux yeux de la nation allemande.
« Que tous^ officiers, sous-officiers et soldats^ se préparent donc à recevoir l'ennemi avec calme et à faire leur devoir^ persuadés que nul succès ne peut être plus favorable à la délivrance de notre pays que ceux que nous remporterons en ce moment. »
Cet ordre, fait pour éveiller l'intérêt des soldats et frapper leur imagination , fut, peu après, suivi d'autres rappelant en détail à tous les commandants de position leur rôle en cas d'une attaque simultanéq sur les ouvrages de la rive droite de la Savoureuie et sur Danjoutin.
Au reste, ces ouvrages^ et notamment Bdlevue, ti* raient une nouvelle force de la construetion de deux batteries en cours d'exécution sur le flâne de U hauteur des Perches. Ces batteries tracées pv Is capitaine du génie Degombert et destinées à deex pièces de 1 2 rayées de campagne, appuyant Bellevua,
PSUXlftBOB FJimODV PU KIm. 931
se cop«tPliw«iwt QOtt0 la direction de M« de la Laurencie, qui avait, tout en oonservant sa position aa Château, succédé dans la commandement de notre batterie de campagne à M. Verchère, fort malheureusement tombé malade de la petite yérole.
État sanitaire.
La petite vérole coutinuait à sé¥ir> et il l'y ajouta bientôt la fièyre typhoïde qui concourut au^si à remplir uos iufirmeries, tandis que l'hôpital blinda de rSspérance était lui-même eucombré de blespés^ ce quiy joint au manque de circulation d*air causé néceisairemeut par les blindage», y faisait périr de la fièvre putride un grand nombre de malades, no* tamnqient le? amputas qui succombaient presque
tout sani e;(ceptîoQ.
SIlpatiQii d^ l'atfii^ne et «le la défemne.
Nous étions, à la date du 24 décembre^ investi! depuis oinquante^deux jours^ bombardés sans tr$ve avec une vigueur excessive depuis vingt^deux jours;, et pendant tout ce temps nous avione tiré aur ren«> nemi en usanJ; de nos pièce» pour les longues por-^ tées. Nous le tenions ainsi éloigné, contraircRMnt
aux principes erronés , en matière d'artillerie^ qui ont contribué pour beaucoup à la chute rapide des autres places, où l'on a généralement conseryé les projectiles pour le moment où Tennemi^ rapproché, usait de la supériorité de ses feux pour empêcher de les tirer. Ce système et notre action extérieure continuelle avaient obligé les attaques à une lenteur des plus visibles.
Le 24 décembre^ la Justice incendiant PFaffaDSi à quatre mille six cents mètres de distance , en avait provoqué Tabandon par les Prussiens , qui se retirèrent plus loin en n y laissant que des postes.
Condamné à occuper une ligne d'investissement si éloignée et si étendue , Tennemi avait besoin d'un grand effectif pour donner plus de développement à ses batteries. S'il s'en tenait à la vingtaine de bouches à feu d'Essert^ malgré leur impuissance qu'il devait visiblement sentir, c'est que probablement il n'était pas encore assez nombreux. Notre allure ne laissait en effet aucun doute sur Tabsence totale d'intimidation produite sur nous par le feu violent qu'il trouvait moyen de faire avec ses vingt canons.
L'insuffisance de ses moyens se montrait encore par les bombes qu'il s'obstinait à jeter dans le fort des Barres , malgré le peu d'efficacité de pareils projectiles sur un fort possédant des remparts d'un aussi grand relief.
Seule^ de notre côté^ Farlillerie de Bellevue commençait à faiblir. Les artilleurs mobiles de la Haute- Garonne, qui servaient les canons de cet ouvrage^ étaient fatigués par un long séjour dans cette position exceptionnellement pénible. Fort peu expérimentés du reste^ ils étaient commandés par un officier artilleur d'hier, peut-être un peu mou.
Heureusement , sur la demande du commandant de la redoute, ces hommes furent envoyés aux faubourgs où ils purent se reposer, et remplacés à Bel- IsTue par des détachements d'artillerie de ligne venant de la Miotte et de la Justice, jusqu'alors tranquilles. L'ouvrage reprit dès lors ses feux avec toute leur activité^ et même avec plus d'activité que jamais.
Tous ces faits rendaient bien regrettable le peu d'homogénéité des troupes de la garnison , à peine rassemblées et formées au moment du siège, et parmi lesquelles Texcellent bataillon du 84"^ constituait seul une véritable et bonne troupe d'infanterie. Après lui, il ne restait de passable que les mobiles du Rhône , pleins de bonne volonté et de patriotisme. On aurait pu espérer sans cela^ et si on n avait pas enlevé à la place avant l'investissement toute artillerie de campagne , non-seulement faire une défense active et offensive, forçant l'ennemi à grossir incessamment son effectif déjà au moins trois ou quatre fois supérieur au nôtre, mais
8M pKmuiBi» fiMiojm w piIosi
encore Tebliger à lever le »iége, et débloquer la plp^e
sans aucun secours de revtérieur*
Cependant cette méthode de lutte à grande dii-^ tance avait pour limite l'épuisement de nos pro« jectiles pour pièces rayées, On conservait bien, pour le moment où ils manqueraient , la possibilité d'un tir rapproché avec les pièces lisses ; mais il fallait cependant les faire durer le plus longtemps possible, pour continuer à empêcher Tennemi de se rappro^ cher brusquement ^ et pour protéger encore notre occupation des villages ^ restée complète jusqu'à*^ lors.
L'approvisionnement de nos projectiles de doqise et de vingt-quatre rayés avait diminué presque de moitié. Il ne nous restait que vingt et un mille obus de douiie, et seize mille cinq cents de vingt-quatre. Force fut donc de diminuer un peu Tîntensité de notre tir^ surtout en obus de douj^e» qui s'épuisaient plus vite que Gm% de vingt-quatr«> tout m lui wu-. servant encore une aasez grande vivacité.
Nous commencions aussi à manquer de foin pour nos bœufs, qui servaient non -seulement à notre nourriture, mais aussi à nos transports.
On réquisitionna le foin dans les villages occupés par nous^ et même à Offemont, situé entre UQi Ut gnes et celles de l'ennemi ; mais, malgré oette rea? source, on dut augmenter un peu la oonsommAtios de la viande kakhe^ eu ccois^van^ les viande» aa^
lées 9 afin d'éviter de laisser périr nombre de bétes par maladie.
Eé9Hi^lioiis de rallaqne.
Le 2& déeembr6| Femiemi sembla se décider enfin à ne plus se contenter de ses batteries d'Essert. Il trayaillitit depuis le 4 5 dans le Bo^mont, et démas* qua le 25 le feu d'une batterie de huit pièeesi éta^ bile sur les pentes orientales de cette colline^ en arrière des bois. U tira de là sur les Hautes-Perches^ jusqueplà épargnées, et sur le Château. U s'appliqua aussi h contrarier par son feu les travaux que noua fusions près de Pérouse, en avant des bois»
Cette eitension de l'attaque était la poursuite d'un plan rationnel consistant à mener de front les tra«vaux contre BeUevue et les Perches, en poussant surtout Tattaque de BeUevue, pour bflter par sa prise la chute plus difficile des Perches.
On aurait, en effet, de cette position de BeUevne, dirigé sur le Ghàtean des feux d'enfilade rapprochés et redoutables , en même temps qu on aurait car nonné, complètement de revers^ les deux redoutes des Perches, impossibles à abriter contre ces vues, et rendu des plus précaires leurs communications avec la place. Leur résistance diredf éât perdu dès lors beaucoup de aoA énergie.
Ce plan est, au surplus^ le plan classique d'attaque contre Belfort.
Cependant quelque chose d'anormal entachait les nouvelles dispositions de Tennemi. On ne comprend pas bien y en eSet^ comment^ avec de pareilles intentions, il laissait subsister notre position avancée de Danjoutin, coupant en deux son attaque et éloignant ses batteries.
Il semble qu'ayant les forces nécessaires pour mener de front une double opération sur Bellevue et les Perches^ il n'eût pas dû hésiter à nous chasser^ n'importe à quel prix, de Danjoutin.
Enfin, sa nouvelle batterie n'était pas armée de pièces ajoutées à son armement total ; elles provenaient^ au moins en partie, des batteries d'Essert, réduites à moins de feux. Les Prussiens dispersaient donc leur tir sur plus de points^ sans en augmenter Tintensité totale, ce qui constituait un affaiblissement de feux sur chaque point battu.
Ce décousu, cette sorte dhésitation à entrer franchement dans la voie d'action nouvelle que nous venons de signaler, semblait donc indiquer chez les Prussiens un manque de forces, ou bien des préoccupations venant de Pextérieur, et de nature à les détourner un peu de l'activité du siège.
Ce dernier point paraissait plus probable ; car, avec un manque réel de forces, ils n'eussent pas même tenté d'étendre leur action.
En ajoutant à ces réflexions ce fait que depuis plusieurs jours déjà l'ennemi avait complètement interdit tout passage au travers de ses lignes^ et que pas un courrier ne nous arrivait plus y le gouverneur fut porté à penser qu'il se passait en France des événements gênants pour le siège, et que les Allemands tenaient essentiellement à nous empêcher de connaître.
Il se confirma dans ces idées y pensant que le général de Treskow n'avait fait avorter la généreuse intervention des Suisses en faveur de la population inoffensive de Belfort^ que pour couper court à tout contact entre nous et les Suisses^ nécessairement au courant de ce qu'on voulait nous cacher.
Pour la première fois, vers cette époque^ Tennemi tira contre certaineii positions quelques obus d'un petit calibre, devant provenir de pièces de campagne. Ce fut pour le colonel Denfert un nouvel indice de faiblesse^ et il ordonna à tous les ouvrages d'observer quels projectiles on leur envoyait. Il pensait que ce fait était peut-être destiné à masquer l'enlèvement des grosses pièces dans les batteries de siège ; mais les observations demandées le montrèrent comme beaucoup moins important. Néanmoins il était à noter, et en somme^ de tout cela^ le commandant supérieur conclut que probablement Tennemi craignait l'arrivée d'une armée de secours, dépensait pour se prémunir contre elle une partie
131 DEVxitei pfeioDi ra sitei.
d^ 968 ressources et y occupait une partie de son monde.
Le gouyemeur écrivit même en ce sens à plusieurs des commandants de position ^ leur développant les considérations précédentes , et les rapprochant de Terreur commise , à son sens , par l'ennemii qui n'avait pas cru à la résistance tenace et toujours renaissante de la France*
Dans une de ses lettres on lisait^ à la fin :
u Je me plais à penser que les fausses manœuvres que le général de Moltke a dû ordonner^ par suite d'une erreur aussi capitale sur notre situation^ ont amené un retour de fortune en notre iaveur. Ce n'est qu'une induction^ et toute induction doit être justifiée par les faits ; mais elle me paraît^ dans notre ignorance^ avoir de sérieux fondements. Il convient donci dans tous les cas, de surveiller les bruits lointains, de tous les postes avancés, parce qu il n'y aura plus de doute sur la présence des forces françaises dans notre voisinage, si de plusieurs points à la fois les commandants des divers forts ou postes avancés prétendent avoir entendu le son lointain du canon.
« Je vous dis ceci, au reste^ pour vous^ ne voulant pas donner aux troupes un espoir avant de con* naître exactement les faits. Mais vous pouvez faire part à qui vous voudrez et jugerez à propos de cette appréciation.
« En attendant , il faut avoir Tœil et faire bonne
contenance contre les bombardements et les attaques ^ afin de faire payer à l'ennemi ses tentatives aussi cher que possible, »
Ces prévisions^ quelle q^e soit du reste la valeur des indices qui les avaient suggérées, étaient pleines de fondement, comme nous Tapprit plus tard le canon de l'armée de FEst.
Tir de la plaee «oatre les aonvellee batterlee»
Quoi qu'il en soit des causes qui guidaient la conduite de l'ennemi contre nous, il avait ouvert le feu avec une nouvelle batterie contrariant Tachèvement de nos travaux des environs de Pérouse, et bombardant les Hautes-Perches.
11 fiit immédiatement répondu à ces feux par les Hautes-Perches et la Justice, sur laquelle cette ri* poste attira les premiers coups qu'elle eût encore reçus.
Le Château aussi y répondit par un feu vif. Dès qu'on avait su, au Château^ que l'ennemi travaillait au Bosmont, M. de la Laurencie s'était mis en mesure de pouvoir y lancer des obus par-dessus les hauteurs des Perches, au moyen des pièces placées sous les casemates à canons du cavalier. Ce tir n'était possible qu'à la condition de faire aux affûts diverses modifications difficiles»
Ces modîScatioDs étaient prêtes quand l'ennemi ouvrit son feu, et on put immédiatement lui répondre avec vigueur et gêner considérablement son tir.
Deux jours après, c'est-à-dire le 27, un magasin à munitions sautait dans la batterie ennemie.
L'attaque sur les Perches semblant s'annoncer, le commandement des Basses-Percbes fut donné à M. le capitaine du génie Brunetot, déjà chargé des services du génie et de l'artillerie dans cet ouvrage. Le capitaine Duplessis, qui y commandait jusqu'alors, était un officier distingué et brave , qui ne fut remplacé par M. Brunetot, officier instruit et également brave, qu'à cause des connaissances naturellement plus spéciales de ce dernier en matière d'attaque et de défense, et aussi parce que la compagnie de H. Duplessis pouvait se trouver relevée dans l'ouvrage, ce qui eût causé dans le commandement un changement préjudiciable à la défense.
Absence de Bonvelles.
Les courriers continuaient à manquer dans la place, nous étions absolument sevrés de toutes nouvelles.
On en revint à l'essai des ballons, pour communiquer avec le dehors. Les premiers ne réussirent pas bien ^ mais enfin, le 30, M. Choulette parvint à
DEUXlàME PÉRIODE DU SIÈGE. 241
en lancer un qui se dirigea vers la Suisse, en y emportant des lettres dont beaucoup parvinrent à leur adresse.
Toutes ces lettres étaient ouvertes, car les mobiles avaient précédemment commis^ dans leurs correspondances^ certaines indiscrétions préjudiciables à la défense, et exprimé parfois des sentiments de découragement de nature à tromper au dehors sur Tétat moral de la garnison, circonstances qui avaient provoqué un ordre et un blâme sévères du gouverneur.
Mais ce moyen ne pouvait que porter de nos nouvelles et non pas nous en procurer. Désirant beaucoup être instruit de ce qui se passait en France, le colonel, secondé par le préfet^ parvint enfin à faire sortir plusieurs personnes.
Ordres divers.
Pour la première fois, vers cette époque, on constata une fâcheuse tendance de la garnison, difficile au reste à éviter dans la plupart des sièges. Un certain nombre de nos postes avancés s'étaient laissés aller à une sorte de paix tacite avec les postes avancés prussiens. Les sentinelles des deux armées fraternisaient parfois. C'était une chose peu digne et favorable à Tennemi, dont l'intérêt était évidemment d'endormir,
par tous les moy^ns^ notre surveillance. Cela pro- ▼oqua, de la part du gouverneur^ un ordre des plus sévères.
Il dut aussi blâmer énergiquement les officiers des troupes cantonnées au Vallon^ qui, par un manque de surveillance^ avaient laissé leurs hommes faire des dégâts aux baraques^ pour se procurer du bois. Il prévint qu'il sévirait avec rigueur contré tout renouveltement de pareils désordres^ préjudiciables à la solidité de la garnison.
Holiirellefe btttteHeft ennenileft A BavlIIIers.
Le 28 décembre au matin rennemi ouvrit le feu de nouvelles batteries établies eti avant de Bavilliers, sur le flanc droit du ravin, et paraissant armées de sixpiècesy nombre qui devait augmenter plus tard. Cette batterie était, par âuite de la dureté du sol gelé, construite presque entièrement en remblai^ à Taide de matériaux rapportés, et avait un grand relief audessus dli sol. Elle fut faite rapidement, en une nuit ou deux, et nous n^avions pas pu nous apercevoir nettement de ce travail, quoiqu'on l'eût soupçonné, parce que la tranchée, formant deuxième parallèle en atant de Believue, et lés Retranchements de la Tuilerie gèbaietit énormément notre âurvdllattce sur les terrains àii delà.
' DfilîXIÈlIB PÉRIODE DU SIÉ6S. ^49
G^tté batterie^ 6ituée à environ 1 1 00 mètres de BëlleTue) était à peu près complètement masquée par le terrain aux vues du fort des Barres^ dont l'attaque^ dès ce moment^ n^était visiblement pas dans leË intentions de l'ennemi.
Elle tira quelques coups contre les deux Perches^ là Miotte et la Justice, mais surtout contre Bellevue et le Château.
Le commencement de son feu coïncida avec tine nouvelle diminution du feu d'Essert. Une partie des pièces de cette nouyelle batterie venait donc encore des premières batteries d*Essert^ réduites à ude dizaine de bouches àfeu^ canons ou mortiers.
C'était la continuation de la dispersion des feux de Tattaque^ sans augmentation de leur intensité. On devait donc en conclure de nouveau que l'ennemi était pour le moment paralysé dans une partie de ses moyens, et n'agissait de la sorte qu'avec l'idée de renfbrcer plus tard ioQ attaque^ mais sans en avoir pour le moment la possibilité ou la certitude. Le feu insolite et presque sans raison^ dirigé de Ba* villlers sur la Miotte^ était un motif de plus déjuger là marche du siège comme un peu décousue .
Les batteries de BaviUiers firent quelque mal aux Perchés, en prenaût à revers les fessés de la gorge^ dont la contrescarpe était formée payp les abris des ouvrages, que fermàieiit de ce côté de simples parois de planchés pei'cées de créneaux. Des obus y entré*
rent en certains points plus particulièrement exposés, et il fallut les protéger par des parados ed terre.
Sur le Château, leffet de ce nouveau feu fut peu destructif. Il n'avait pas, contre ce fort, plus de valeur que les feux d'Essert. Pourtant les obus de 32 kilogrammes bouleversèrent en partie les abris de rempart du cavalier^ construits d* après les types réglementaires du comité du génie, mais insuffisants contre des projectiles d'un pareil poids, animés d'une énorme vitesse. Quelques coups aussi enfilaient parfois les communications voûtées du Ga«^ valier.
Lutte d'ardUerle A Bellevne.
Contre Bellevue, ce bombardement à petite distance fut terrible dès le premier jour, d'autant plus que l'ouvrage n'avait pas son armement disposé pour y répondre convenablement.
L'objectif de l'ennemi était surtout une pièce de 12 rayée, qui surveillait les routes au delà de Bavilvilliers, et qui, tirant à 3000 ou 3500 mètres sur toute colonne ou convoi, contrariait les relèvements troupe et les approvisionnements à Bavilliers. Elle devait être fort gênante pour les Prussiens, à en juger par l'acbarnement qu ils mirent à la démonter, et
dès le premier jour elle eut son embrasure complètement bouleversée et fut frappée à la bouche.
Ne voulant pas se réduire au silence, et surtout perdre le moyen d'empêcher la libre circulation de lennemi sur ces routés, le commandant de Touvrage réunit toutes ses ressources en travailleurs pour disposer dans la journée même, contre les batteries prussiennes^ une pièce de 1 2 rayée et trois pièces de 12 lisses qui, à cette distance, pouvaient entrer en lutte, quoique avec bien moins d'efficacité que les pièces rayées^ plus justes et plus puissantes.
On travailla à la lime et au burin dans l'âme de la pièce rayée frappée sur la bouche, et on parvint à y faire rentrer les projectiles et à la remettre en état de tirer.
A partir de ce moment commença des deux parts un feu roulant des pièceS; comme en un jour de bataille.
Un des mortiers de 22 centimètres avait été porté de Believue aux Basses-Perches^ pour fouiller les plis de terrain du Bosmont. Celui qui restait prit part à la lutte et jeta dès bombes à la batterie ennemie.
En même temps^ les éclaireurs occupant Tavant* poste et la contre- approche de Believue reçurent ordre du commandant de l'ouvrage de diriger, quelques secondes après chaque coup de l'ennemi, une
146 DnxiÈin vÉaaoïOB bu s^h*
fusillade bien ajustée dans l'embrasure, pour yen* trayer le service des pièces. Ce tir, eiécuté à 950 ou 1000 mètres, aveo les chassepots> et conduit ^qergiquement surtout par M. Poret, arriva plusieurs fois à détourner les coups destinés à la redoute, et h les attirer sur l'avant-poste, dont les maisons furent bientôt en ruine. Heureusement on put, en travaillant ferme, organiser en abris les caves de la maison Sibre^ et, malgré les obus, notre gênante fusillade nersista.
A en juger par Feitrème vivacité do son tir sur Bellevue^ qui atteignait, pendant certaines heu?es du jour^ jusqu'à cinq et six coups à la minute^ et un total de plus de deux mille project;iles dai^4 les vingt-quatre heures, Tennemi tenait essentiellement à éteindre les feux de l'ouvrage.
Pour y résister^ on plaça successivement pendant la nuit le reste des canons de la redoute en position de répondre^ et bientôt deux pièces de 12 rayées, quatre de 1 2 lisses et le mortier de 22 centimètres tirèrent sur la batterie de Bavilliers, y lançant eer^^ taiqs jours jusqu'à environ mille projectiles.
L'ennemi ripostait par trois pièces tirait dei obus de 18 et de 32 kilogrammes. Les effets de ces derni^s sur les parapets minces et mal rassis du petit fort étaient considérables, et deux pièces d'Essert^ contre lesquelles l'ouvrage n'avait pas conservé de canons, ajoutant leur action aux trois premières,
DiiîiuiMi: PiBiopB DU sitei. 147
donnaient à Te^pemi une Bupériorité inMi)teBtabld tïtj feux,
Lq 31 déoembre^ ea combat d'artilleria atteignit sa plus grande violence. Yfra le milieu du joup^ le lieutenant d'artillerie Schuller^ ofidcier jeune et actif , fut tué auprès d*une pièce. Plusieurs canonniers avaient péri, fet l'une des pièces de 1 2 rayées, ayant reçu depuis le matin plus de soixante coups d'embrasure^ venait d'être frappée à la volée par un projectile.
Malgré les efforts du maréchal des logis Fouilloud^ qui avait repris le commandement de M. SchuUek*, les eanonniers se désespéraient et le feu menaçait de s'éteindre. Pour relever le moral de ces soldats, le capitaine Thiers et le lieutenant du génie Journet se portèrent aux pièeçs et aidèrent de leurs mains à les servir. La volée de la pièce ébavée par le coup fut burinée jusqu'à ce que le projectile pût rentrer, et enfin eette pièce recommença à tirer au travers de son embrasure radicalement rasée et à découvert jusqu'au so} de la banquette.
Les canonniers entraînés y tnettaient une incroya«ble ardeur, et les Prussiens^ abandonnant ia partie^ restèrent muets durant tout le reste du jour.
Ce jour m6me une colonne d'infanterie ennemie, se dirigeant sur Bavilliers^ fut dispersée à coups dé canon.
Pendant cette lutte à Bellevue, le reste de la place
2(k8 DEUXIÈME PÉRIODE DU SIÈGE.
n'était pas à l'abri, et les batteries de la ville au pied du Château^ mal placées pour répondre à BavillierS) cessèrent leur feu et furent désarmées pour éviter d'y laisser briser les pièces.
Création de papier-moiuiate.
Vers cette époque le numéraire, argent et or, manqua complètement dans les caisses publiques de Belfort. Il n'y restait que des billets de banque de 1000 francs, avec lesquels on ne pouvait faire ni la paye des of&ciers, ni surtout le prêt des hommes^ composé de petites sommes. La population ne paraissant pas disposée à se dessaisir de monnaie en échange de billets, le gouverneur décida qu*il serait créé des papiers fiduciaires représentatifs de sommes de 5, 20 et 50 francs, revêtus des signatures du gouverneur, du préfet et du receveur particulier.
Ces coupures fiduciaires seraient garanties par le dépôt d^une somme, en billets de banque, égale à celle de l'émission^ et qui seraient déposés en lieu sûr ou brûlés en présence des trois signataires cidessus^ après constatation et inscription de leurs numéros sur un procès-verbal également revêtu des trois signatures.
Ce papier-monnaie aurait cours forcé dans la place.
DEUXIÈME PÉBIODE DU SIÉGK. 249
M. h préfet du Haut-Rhin fut chargé par le gouverneur d'établir l'arrêté concernant ces dispositions.
pour le |onr de l*aii.
Le jour de Fan approchait, et le gouverneur craignant que ce jour ne donnât lieu à quelques désordres et à un peu de relâchement dans la garnison, fit un ordre du jour appelant l'attention des soldats sur la nécessité d'oublier ce jour de fête habituelle et de conserver, en dehors même du service, leurs habitudes de repos et de tempérance ordinaires. Ils devaient se contenter d'une double ration de vin qui leur serait allouée ce jour-là, et qu'on leur distribuerait l'une à la soupe du matin, l'autre à celle du soir.
Le l''' janvier se passa, en effet, sans désordres* Le feu de l'ennemi fut, durant toute la journée, moins vif que d'habitude. Probablement le général prussien accorda ce jour-là un peu plus de repos à ses troupes.
Essai de« projeettles de notre fonderie.
Dès le lendemain le feu reprit du reste toute son activité, ainsi que les ripostes de la place^ qui, dès
95Q Dicyn^iÈHifc B^aiODE du surgis.
le matiPf forcèrent Ip tir cje |^ batterie (ile TSat du BQsii)oi)t; 4 B^ rstlentir.
Par malheur nos projectiles s'épuisaient déplus en plus, et le gouverneur dut diminuer encore un peu la quantité (l'cibui oblongs 4 dépwser par jour, surtout pour ceux de 1 2.
ûp cQmfn^nç£|y à cett§ époqqa, l ep&ai de^ obus de pQtrç fQ^derie, pe qui ne se lit pas sans 4îffi<^ul'' té^. Le cpipnqanâant de Var^Uerie dçi 1;^ place étai^ opposé à l'epiploi de ee^ projectiles qui, diaaitrilj pouTs^iei^t être de mauvaise qualité et détériorer les pièces. ]tfai3 po^pie détériorée^ ou non, elle{» étaiept inutilds «an^ pr^jf^c^ilep , le gouyerueur paiP9 outre.
{^p premiers lots essayés 4 ce piQnqent ét^^qt 4h reste très-bons.
Trai^sforinatlon d'«niiei|ieiit A Belley^e.
Cette pénup^p d'qbus qblougs fit rfttipiiper le fort de Bellevue à cent cinquante obus de 1 !§ )*ayés par jour. Il en résultait, pour cet ouvrage, une notable diminution de puissance dans la lutte d'artillerie. Il en était réduit à tirer surtout d^s obus spbériques de 1 2 lisse^ beaucoup moins puissants et qui n'éplf^taieul; pi^i toujours. Ënfiu, ces Qbui^ eux^ui^aies n'étant p4§ en gr^nd ng^bi^^j» l6^I* tir 4\itf 9^ vm
DEUXIÈME PiRIODU DU SfAQl^, 861
tour, être beaucoup diminué et r^inplftcé par celui des boulet^ pleips^ d'un effet tràs-pei^ efi^cacie e\ d'un tir difficile à régler.
Ce n'était pas tout encore. Nopbr0 d'aiTjl^ts étaif^nt brisas d^ns la redo^te, spit ps^r le tir do rpnn0i|ii, »oit par leur propre recul, et le coinma9* dant de r^rtillerie ne trouvait paq mpy^n, à Tarse*- Qal| de réparer toutes le^ ayaries d'A^^ûts prodiiitei dans l$i place* Pensant que ces ruptures fréquentes pouvaient provenir de ce que les plate^-formQS trqp courtes de Bellevue nécessitaient d'ent^^ver |§ recul^ le gouverneur ordopna do les fillonger.
C'était une longue besogne^ car la gelée forçait ki employer le pétard pour avoir de la terre, et il en fallait une énorme quantité.
Aussij malgré une corvée siippléinentaire venant de la gare pour ce travail, les pièces étaiept^ iQur à tour^ réduites à un long silence,
Heureusement à mesure que ces conditions de faiblesse s'imposaient à 1» redoute, Tenneini^ paraipsaut avoir abandonné Tespoir ou le projet d ei| éteindre les feux, diminuait son tir «ur Touvrage dans la même proportion, et semblait ne faire que répondre.
La supériorité de puissance de ses projectiles amenait toutefois, presque chaque soir, les embra-* sures de la redoute à ne pouvoir plus tirer. On les remettait à la hâte en état de faire feu, en cas d'as-
saut à la tombée du jour, et on les reconstruisait la nuit pour le tir du lendemain contre les batteries prussiennes.
Cet ordre de choses avait de sérieux inconvénients. L'ennemi pouvait, un jour où il aurait voulu attaquer le soir, reprendre son feu roulant de la fin de décembre, auquel on ne pourrait plus répondre, et brusquer Tattaque avant qu*on ait pu déblayer une seule embrasure. On se serait trouvé sans canons pour tirer à mitraille.
Mais, comme il avait jusqu'alors continué à travailler à ses approches contre Touvrage^ le plus dangereux encore était qu'il ne s'approchât davantage, en se servant de la supériorité, maintenant incomparable, de son feu pour empêcher le fort de tirer le canon contre la tète de ses cheminements.
Pour faire face à ces éventualités, et sur la demande du commandant de Bellevue, le gouverneur fit armer de pièces de 4 rayées de campagne et surtout de montagne^ les faces regardant les attaques. Ces pièces légères pouvaient être tenues hors de batteries^ à peu près soustraites à toute atteinte, puis au moment même de faire feu, montées rapidement et sans peine sur des plates-formes élevées^ pour y tirer à barbette par^dessus le parapet sans embrasures, et être remises à l'abri de suite après, avant que l'ennemi ait eu le temps de les contre-battre.
On enleva à 1 ouvrage une partie de ses pièces de
1 2, et celles qu'on y conserva servirent à armer les branches de droite et de gauche peu exposées au feu, dans le but d'agir contre les assauts ou d'appuyer d'autres ouvrages.
Les plates-formes élevées pour les petits canons tirant à barbette furent faites en pièces de bois pour éviter les déblais^ et la redoute ne tira plus sur les batteries de l'ennemi que des bombes; mais elle put caDoaner ses travaux sans qu'il vînt à bout de répondre jamais à temps^ si bien qu'il chercha à empêcher ces feux mobiles au moyen de fusiliers. Ces fusiliers tiraient de ses tranchées des balles contre nos canonniers. Mais les plates-formes^ étranglées à lavant, les abritaient bien malgré leur grande élévation, et ces fusillades furent peu efficaces contre nous.
Pour suppléer à la cessation des feux de Bellevue sur la batterie de Bavilliers, le fort des Barres dirigea contre elle une pièce de 24 rayée.
Batterie de eanons Krnpp.
Si les Prussiens semblaient renoncer à détruire les feux de Bellevue, ce qui permettait de pressentir l'abandon des attaques contre cet ouvrage, ils considéraient, et avec raison, comme indispensable d'à-
254 DEUXIÈME PÉRIODE UU SIÉGf;;.
hëaûtir ceux du Château, quelle que puisse devenii* là uatute de leurs opérations ultérieures.
Ils étaient jusqu'alors impuissants à obtenir ce résultat, et^ se décidant à un nouvel effort^ ils ouvrirent, le 2 janvier, le feu d'une batterie construite en arrière des premières maisons de Bavilliers, qui servaient à nous la masquer. Elle était armée de deux de ces gros canons Krupp tirant des obus énormes. Le tir de ces formidables projectiles fut lent à se bien régler, et ils ne produisirent pas, en conséquence, dès le début, tous les dégâts dont ils étaient capables.
boinbàrdèmënt Âù kâmeàii «tes barres.
L'ennemi avait, vers cette époque, boifnbàrdé pour la première fois, de ses batteries d*Essert, le hameau des Barres où nous avions des grand'gardes. Ces troupes abandonnèrent la place; mais le colonel Denfert, l'ayant appris, les fit reporter à leur poste, en leur ordonnant de transformer les caves en abris pour s'y soustraire aux effets du feu. Ce tra vail fut exécuté, et on n'eut plus besoin dès lors d'évacuer cesavant-postes.
Le colonel Denfert adressa en même temps au fort des Barres un ordre pour une organisation plus sévère de la surveillance des fossés, qui se relâchait
un peu, et chargea le capitaine du génie Quinivetdu contrôle de cette surveillance".
ttëssoùrees feu Vl^lfes et tobjèts dlirèrA.
Nod reconnaissances habituelles de chaque jour
avaient continué leurs opérations^ réduites maintenant, par les progrès dé Tennemi, à agir seulement au Nord-Est^ à TEst et âu Sud-Est de la place. Datis les autres l*égioii8^ les Prussiens étaient assez rapprochés de nos forts ou position s, pour qu'on pût lutter directement des ^retranchements afin de les empêcher d'approcher davantage. On n'avait pas besoin d'employer pour cela, à moins d'un but spédal^ des actions extérieures dangereuses, sous le feu des batteries. Mais à l'Est nous avions conservé ftotre zotle étendue d'action, et ûôùS en tiriohs des ressources. A cette époque encort, iios éelaireurs allèrent à Offemont réquisitionbêr des fourrages et des bestiaux^ après eh avoir chassé les postes ehnemià*
A Danjoutin^ que iious riceupions toujours, il fallut employer la forée poùt^ enléVef aut habitÀiits ce qui restait de denrées^ ({u'on leur i)àyâ{t pdUi^ tant, tandis qu'après la chute du village, qui arriverait tôt ou tard, les Prussiens prendraient tout et sans rien piAj6r.
Les fourrages qu'ils ne voulaient pas céder étaient de plus perpétuellement menacés d'incendie, car Tennemi continuait à bombarder Danjoutin, de sa batterie d'Andelnans^ et, après la prise du viU lâge, c'était nous qui devions en achever la ruine.
Cette batterie d'Andelnans dirigeait aussi quelques coups contre la gare, mais sans grand effet, car ils étaient en général trop courts.
Si nous trouvions quelques suppléments de ressources en nourriture, nous ne pouvions remplacer la chaussure usée des hommes. Ces malheureux, presque tous sans guêtres et avec les mauvais souliers qu'on avait livrés à la troupe, avaient cruellement à souffrir par ces froids terribles atteignant certaines nuits jusqu'à 18 et 19 degrés centigrades au-dessous de zéro. Nombre d'hommes avaient les pieds gelés.
11 fallut, pour parer à ces graves inconvénients, faire flèche de tout bois, et le gouverneur mit à la disposition des corps de troupe les sacs à farine vides, pour en faire des guêtres. Jl ordonna également qu'en cas d'extrême besoin de cuir, et en l'absence de moyens pour tanner les peaux des bêtes mangées, on devrait les utiliser non tannées, pour faire des chaussures à la manière des peuples primitifs.
Il restait pourtant encore des souliers en magasin, mais tous d'une pointure trop petite pour la
DEUXIÈiHE PÉRIODE DU SIÈGE. 257
plupart des hommes, et inutiiisableé. Enfin, on fabriqua dans la place bon nombre de sabots qui chaussèrent les hommes , mais ne valaient rien pour aller dehors et marcher dans une neige épaisse.
Si la garnison avait à souffrir^ les indigents de la ville, entassés dans les caves de Téglise et de Thôtel de ville^ étaient aussi bien malheureux. Ils manquaient presque de tout^ malgré les soins et les efforts constants du maire. La garnison en eut pitié, et, poussée par un sentiment de concorde et d'humaDité qu'on n'a pas toujours connu dans les sièges^ elle prékva sur ses rations journalières des vivres pour secourir les pauvres. Le maire pria le gouverneur d'en remercier, en son nom, la garnison, ce qui fut fait par la voie de Tordre.
Poussés par le désir du gain et peut-être par le besoin, quelques-uns de ces malheureux allaient, au péril de leurs jours, ou envoyaient des enfants ramasser les éclats et les chemises de plomb des obus prussiens, pour les revendre à vil prix. Le gouverneur, voulant couper court à ce dangereux commerce, défendit de ramasser tout débri de projectiles, déclarant qu'ils étaient la propriété de TÉtat. C'était contestable, mais le gouverneur ne crut pas pouvoir invoquer un autre prétexte pour restreindre l'exercice de la liberté individuelle dans un simple but d'humanité, étranger aux intérêts mêmes de la défense.
%tS DEUXIÈME PÉRIODE DU SIÈGE.
F««i|s«s nouvelles.
Le 2 janvier^ certains postes prétendirent entendre le bruit lointain d'une canonnade. Cela ne fut pas confirmé d'une manière certaine. Néanmoins la probabilité d'une armée de secours ne semblait pas diminuer, et les Prussiens augmentaient leurs tra* vaux défensifs vers Chèvremont et Yézelois^ daos un but qui semblait être de se garer contre une grosse sortie possible de la garnison par Pérouse.
On ne tarda pas^ du reste, à être fixé sur la réelle valeur de ces conjectures. Le 4 janvier arrivèrent à Belfort, pour la première fois depuis dix-huit jours, quelques courriers. Us apportaient sur nos succès à Paris et en France des nouvelles extravagantes et fantastiques, sans aucune preuve da reste. Déjà quelques jours auparavant de semblables nouvelles avaient transpiré dans la place^ col portées par des paysans ou des femmes qui sesH blaient avoir traversé clandestinement les lignes prussiennes.
Le commandant supérieur pensant que ces boih velles^ d'aspect évidemment apocryphe, devaient provenir de Pennemi dans le but de nous tromper sur la caube réelle de ses hésitations, voulut à la
DB0XIÈV8 PÉRIODS DU fSEtUlL. M^
fois prémuuir contre elles la garnison et foire savoir m quartier général prussien que nous ne nous lais* sioDs pas duper par ses manœuvres. En consé* quence il fit insérer au journal le Siège de Bel fort, qm, selon toute probabilité^ parvenait malgré nous à Tennemi^ Tordre suivant 3
« Des nouvelles fausses de succès extraordinaires remportés par les armées françaises près de Paris OQt été répandues aujourd'hui en ville par deut messageri des environs venus de deux côtés différents.
a Un troisième porteur de dépàchesi dans lesquelles le commandant supérieur croit pouvoir aycir eonfiaoce^ est venu denn^ de vive voix les mêmes nouvelles comme circulant dans une autre partie du pays.
« Cependant ces nouvelles sont certainement fausses, non^seulement dans la forme, mais Bième dans le fond, et aucun fait ne les a motivées*
« Le commandant supérieur croît devoir mettre m garde les troupes de la garnison contre ces bruits sans fondements, et destinés à produire la démoralisation parmi nous, en y faisant naître des espérances démenties le lendemain par de tristes réalités. Il est à sa connaissance positive que Tennemi ne laisse pénétrer dans le pays envahi, d'où ces bruits nous parviennent, aucun journal, ni français, ni suisse, ni même allemand. Tous ces bruits qui
circulent doiTcnt donc être regardés comme émanant du quartier général ennemi et être tenus pour suspects jusqu'à plus ample informé.
« Le commandant supérieur croit pouvoir répondre de la certitude des moyens à sa dispositition pour reconnaître le degré de fondement des nouvelles apportées par les messagers. Il fera connaître aux troupes celles de ces nouvelles de l'authenticité desquelles il sera sûr, et il prie les officiers et les troupes sous ses ordres de n'en point accueillir^ en quelque sens que ce soit, tant qu'elles ne seront pas parvenues par la voie de l'ordre. Ainsi sera déjouée cette manœuvre de l'ennemi. »
Mais, en même temps qu'ils apportaient ces fausses nouvelles^ les messagers apportaient aussi quelques journaux suisses, annonçant la concentration de l'armée de l'Est pour se porter vers Belfort, débloquer la place^ et de là menacer les communications de la grande armée allemande.
C'était l'explication des incertitudes de l'ennemi et de son intention de nous donner le change sur ses causes par de fausses nouvelles.
Reeonnalssanees de renneml. Ordres*
En même temps, les Prussiens renouvelaient leurs tentatives de reconnaissances par des hommes iso-
DEUXIÈME PÉRIOdK DU SIÈGE. 261
Ubj non-seulement sur Danjoutin, mais aussi sur Pérouse.
Ils essayaient aussi par le même moyen d'observer les effets de leur tir sur Danjoutin et la gare. Plusieurs de leurs hommes avaient été, durant ces manœuvres, tués par nos éclaireurs.
Le poste de Pérouse avait- reçu Tordre de tenir toujours des éclaireurs prêts à s'emparer des hom* mes chargés de ces reconnaissances isolées^ et à chasser les petites patrouilles qui parfois les appuyaient.
Craignant que ces reconnaissances fussent le prélude de quelque attaque, le commandant supérieur augmenta de deux compagnies du 3^ bataillon du 57"" (Haute-Saône) la garnison de Pérouse^ position que nos travaux avaient étendue^ et où Tachèvement de nouveaux abris permettait un accroissement d'effectif.
En même temps, le gouverneur signala au curé de Belfort la conduite de celui de Danjoutiu^ qui semait la démoralisation parmi les troupes et les excitait au mépris des officiers. Le commandant supérieur fit savoir au curé de Belfort qu'il déploierait la dernière sévérité si pareil fait se renouvelait, ce qui' dépasserait les proportions d'une simple quoique coupable légèreté.
262 DEUXlém PÉRIODB DU iïÉG^.
N^Mellem hmtimrîem enàenlvs. »** B«niha»linBeB(
lie Pérovfte*
La journée du 7 janvier devait être fertile en événements. Le 6, dans la journée et la nuit, on entendit divers bruits de travaux de rennemi, dérobés à notre vue par les bois.
Il construisait des batteries^ et, le 7, il en démasqua une de dix à douze pièces située sur le flanc du Bosmont du côté de Danjoutin.
Elle tirait sur lé Château^ les Perches, Dabjoutin et enfin Belle vue, qu'elle prenait à revers , et qui ne recevait plus autant de coups venant de Bavilliel'& ou d'EsBcrt. Elle fut immédiatement contre-battue par les Perches et le Château.
Les Prussiens tirèrent aussi ce jour-là contre Bellevue avec de nouveaux mortiers du calibre de 21 centimètres environ^ placés dans la première tranchée ouverte en travers du ravin de Bavilliers en avant même du village. Enfin, ils ouvrirent aussi contre Pérouse, le feu d'une batterie de siége^ armée de canons de 6^ établie près de la gare dé Clhèvremorit. Ils cdmmèiiçaient ainsi contre Pérouse la même action de siège et de bombardement spécial que contre Danjoutin.
Cette recrudescence de feux donna au bombar-
DEUtIÈMB PéRTODC DU StÉdS. 268
demént une intensité énorme durant toute lu joutv née du 7. Elle semblait de plud indiquer, par lâ disposition des batteries, la résolution définitive de Tennemi de porter son effort sur les Perchés^ ce qui devait impliquer Tattaque prévue contre Danjoutin, et pour laquelle le commandant de cette position avait déjà reçu avec insistance toutes lés instruê'tioDs nécessaires.
L'eDneml renonee à l'aUaqae de Belleviie,
En même temps, la nature du tir contre Bellevue et la cessation de tout travail actif aux approcbes contre cet ouvrage donnaient à penser que la marche contre les Perches était non-seulement une extension, mais un changement complet d'attaque^ On était en droit de supposer que Tennemi renonçait à la prise de Bellevue^ malgré les travaux qu'il Atàit déjà avancés jusqu'à environ 800 mètrea de cet ou^ vrage et 1 50 ou 1 80 de sa contre-approche^ tra^ vaux qui lavaient occupé depuis cinq à six isemaines.
Cette hypothèse sétnblait se confirniéi^ eneore d'après le résultat d'une reconnaissance poussée hàï** dirtent isur les tranchées d'attaqué pat» (|tiàtre toiobiles dû Rhône, qnî constatèrent que ces tranehééS
étaient inoccupées le jour et protégées seulement par le feu des batteries en arrière.
Ces conjectures étaient fondées^ et depuis lors^ jusqu'après la perte des Perches, les travaux furent nuls devant Believue. Le point le plus faible de la place, le plus dangereux pour le Château et les Perches échappait donc à Tennemi, qui perdait par là, en grande partie^ le fruit de ses efforts depuis les premiers jours de décembre. C'était là de sa part une grande faute ou une grande faiblesse qui l'obligeait à prendre pour ainsi dire^ et après une énorme perte de temps^ le taureau par les cornes en attaquant les Perches uniquement de front.
Nowelle batterie ennemie an bols de BaTlIllem.
Le soir de cette journée du 7 une nouvelle batterie encore, c'était la quatrième de la journée, ouvrit le feu de plusieurs mortiers contre la gare^ Danjoutin et les faubourgs.
Elle était située à la lisière du bois de Bavilliers, au coin le plus voisin de Believue^ contre lequel elle devait tirer plus tard , après la prise de Danjoutin .
Le matériel des Basses-Perches et les maisons du faubourg de Montljéliard souffrirent fort dans
cette journée du 7, du feu de la nouyelle batterie du Bosinont.
Les abords de la gare furent^ surtout le soir et dans la nuit^ soumis à un bombardement énergique. Les Basses-Perches furent obligées de tenir hors de batterie, mais prêtes à y être remises pour ap-^ puyer Danjoutin, les pièces qui n'éfaient pas destinées à répondre à cette batterie nouvelle.
La Justice et la Miotte la contre-battaient aussi, avec celle de Ghèvremont bombardant notre position de Pérouse.
Perte de Daii}ovtiiit
Cette canonnade était un prélude d'attaque. Les Prussiens attaquèrent^ dans la nuit même du 7 au 8 janvier, la position de Danjoutin, indispensable absolument à leur nouveau plan de conduite, et qui les entravait depuis si longtemps.
L'accroissement de leur feu^ et leur décision à cette attaque, déjà tardive, étaient probablement le résultat d'une notable augmentation de leur effectif, produite en vue de pouvoir brusquer la chute de la place avant l'arrivée de Tarmée de secours, ou tout au moins de pouvoir faire face à cette armée sans cesser le siège ni débloquer Belfort.
Cette augmentation du nombre des ennemis
S66 DitrxtÂBtfe PÉt^tObÈ Dû ÈïiQÈ.
semblait encore prouvée par le résultat ded petites reconnaissances offensives du jour.UneetitirèautrelSy partie de Pérouse, avait mis en fuite uii poste prussien entre Chèvremoiit et Denney, et se fût rendue maîtresse des effets abandonnés par ce poste, sans l'apparition d'une grosse colonne de 1 000 à 1 iOÔ hommes venant au secours des preniiers, apparitioh si rapide qu'elle dénotait la présence de forcés considérables.
Quoi qu'il éh Bolt> vers minuit, par une nuit obscure, quelques coups de fusil, peu nouriris et trèsintermittents, se firent entendre vers Danjoutin. Pérouse, les Perches, la gare, fiellevue, mis en éveil, s'apprêtèrent à agir en bas d'attaque du village ; mais ces petites fusillades maigres et décousues semblaient correspondre seulement à quelque échange de coups de feu entre les grand 'gardes et Ils avant-postes, et ne permettaient absolument pas de diriger un tir d'artillerie au milieu de la huit.
On resta donc partout en elLpectatite, sans raisons d'agir, même aux Basses-Perches, ouvrage très-rapproché de Danjoutin, et qui, par l'ouverture de son feu, devait naturellement guider et conduins la canonnade des autres points.
La fusillade ne prenait ni intensité, ni étendue^ ni continuité, et oh fut bietitôt rassuré partout, et convaincu qu'il ne se passait i'ieii de déHéux* Cependant vei*ô une heure du tliatiri> ttti isergent de
mobiles du Haut-Rhin vint du Fourneau prévenir le commandant supérieur que Danjoutln était attaqué par des forces énormes, et complètement cerné, depuis quelque temps déjà^ car il avait dû attendre pour se faire ouvrir les portes de la ville. En présence de ce fait d'apparence très-improbable, le gouverneur demanda par le télégraphe des renseignements aux Perches et à Pérouse, et à tout évé* nement fit sortir deux compagnies du 16^ (Rhône), sous les ordres du capitaine Gaubert, pour aller s'adjoindre aux troupes du Fourneau, y laisser deux compagnies, quoi qu'il arrivât^ pour en assurer la garde, et essayei^ avec le reste de dégager Danjoutin. Eh nième temps l'alarme fut donnée en ville et aux faubourgs, et tout le monde prêt à se porter au poste de combat.
Aucune dépêche télégraphique uê put être envoyée aux ouvrages de la rive droite de la Savoureuse, car les fils avaient été tous rompus par le violent bombardement de la journée.
Les réponses des Perches et de Pérouse aux demandes de renseignements du colonel Denfert semblaient toutes révoquer en doute une attaque sérieuse contre Danjoutin, à la suite de si petites fusillades.
Yôici^ par exemple, edîlé des Basses-Perches, ouvrage le plus voisin du village, et qiii recevait dii
gouverneur la nouvelle encore incertaine de sa position critique :
« Je reçois la même nouvelle du maréchal des logis de la batterie de campagne, émanant du lieutenant Robin. L'échange de coups de feu que j'ai vu vers minuit a cependant cessé assez rapidement et ne s'était produit que du côté du Bosmont seul. Je veille et ne vois rien qui puisse confirmer
cette nouvelle.
<( Signé :
« Brunetot^ capitaine du génie. »
Cependant MM. Degombert et Châtel^ qui s'étaient rendus chez le gouverneur en entendant battre la générale, furent envoyés au Fourneau pour tâcher de découvrir la vérité. Ils devaient s'éclairer à ce sujet, et en cas de réalité des nouvelles essayer avec les troupes du Fourneau de forcer l'ennemi, pour ouvrir le passage de Danjoutin.
Ils dirigèrent en effet en éclaireurs une vingtaine d'hommes, dont M. Degombert, bien au courant des chemins, prit la direction, afin de gagner le remblai du chemin de fer, où il était impossible de supposer que fût l'ennemi, et d'explorer les abords de Danjoutin.
Mais quelque improbable que cela fût» Tennemi était déjà maître de ce remblai, et il accueillit notre reconnaissance par une vive fusillade. M. Degom-
berty qui marchait bravement en avant, tomba mortellement frappé de plusieurs balles, et fut aban* donné sur le terrain par ses hommes qui prirent la fuite. Heureusement le capitaine Gaubert vint le relever, et le ramena pour mourir le lendemain^ mais au moins dans la place et entouré de Français.
La garnison faisait une grande perte dans la personne de ce jeune capitaine du génie. Il était intelligent, instruit, dévoué et d'une bravoure à toute épreuve. Nul, excepté le gouverneur, ne connaissait la place, non-seulement mieux, mais même aussi bien que lui. Son esprit fin^ observateur et audacieux, faisait de lui un aide et un conseil pour le gouverneur, qui se l'était attaché. Il remplissait auprès de lui un rôle moins en vue peut-être, mais à coup sûr aussi utile, que celui des officiers chargés de commandements effectifs, même des plus importants. C'était une grande perte, et il fut regretté du colonel Denfert et de tous ses camarades dont il avait Testime et la confiance. Il mourut, du reste, dans toute la plénitude de sa raison, avec le calme et la sérénité d'une âme forte et consciente d'avoir accompli un noble devoir, en donnant son sang à notre pauvre patrie si accablée, si défaillante.
Le colonel Denfert, prévenu de ce qui se passait et reconnaissant l'impossibilité de forcer le remblai du chemin de fer, puissamment occupé par l'en-
nemi^ ordonna an capitaine Gaubert de porter ses forces du Fournefiu entre les deux Perches, pour de là attaquer, en descendant les pentes, rennemi sur le chemin de fer vers le passage à niveau, et tourner ainsi le remblai.
En même temps M. Lang, à PérousCit reçut Tordre de surveiller^ par une compagnie, le passage à niveau du chemin de Yézelois^ et de porter cinq autres compagnies sur Danjoutin^ par le chemin qui longe le pied des Perches, entre ces deux villages.
Deux compagnies du 84^ furent portées à Pérouse^ pour parer à la diminution d'effectif causée dans cette position par le mouvement ordonné^ et le commandant Chapelot^ du 84% ea prit le commandement.
Au reste^ ces dispositions n'étaient que le rappel des ordres déjà donnés pour le cas d'attaque sur Danjoutin par la voie du chemin de fer, ordres non exécutés parce que rien n'avait permis de croire à la réalité de Tattaque*
Les Perches furent prévenues de cette action dirigée sur les derrières de Tennemi, et durent se tenir prêtes à garnir les rempiirts*
Le capitaine Gaubert commença sans retard aoB ^ltttaq^e çn descendant dea Perches, déployé eisi tirailleurs. Mais il fut accueilli par le feu d'une œltrailleuse, et bientôt, comme il lançiiit seft bommea
PSUXlEliS PÉRIODE DU SIÈGE. 271
pour s en emparer^ par la mitraille de huit pièces du Bosmont.
Notre artillerie des Perches, qui avait souffert du« rant la journée et n'était pas encore bien remise en état, ne put pas lutter avec assez de ligueur contre ees feux. Enfin, une grosse colonne d'infanterie ennemie se déployait contre nous^ venant de Yézelois. Le mouvement ordonné à Pérou se ne s effec* luait pas vite, car il n'était pas prévu et les troupes n'étaient pas rassemblées ; d'autre part, le jour ve- Bait, nous étions dans- l'impuissance de réussir eontre les forces ennemies si supérieures en nombre^ et le capitaine Gaubert dut faire retraite.
On n'entendit du reste plus rien à Danjoutin, et tout semblait bien terminé, malgré la difficulté d'admettre qu'un militaire instruit comme M. Gély se fût laissé aussi cruellement surprendre*
En somme, l'ennemi avait tenté avec succès la dangereuse attaque enveloppante prévue dès longtemps, et qu'un manque de surveillance a fait pu ieul faire réussir^ et empêcher de tourner à la confusion des assaillants.
Gela provenait de la mauvaise conduite de deux compagnies de Sa6ne-et-Loire, chargées de couvrir la position contre cette attaque^ en s'appuyant sur les tranchées qui défendaient la voie ferrée. ^
Ceç^ conipaguies mal gardées par leurs sentinelles aperçurent trop tard les nombreux ennemis qui ve^
naient à elles, et se replièrent en désordre et sans lutter vers le Fourneau, laissant le champ libre à l'ennemi^ qui longea le talus du chemin de fer et sépara le village de la place avant qu'on ait pu y prendre Talarme et se préparer à combattre.
Il put dès lors entrer à Danjoutin, où il ne rencontra que des résistances isolées et impuissantes, qui avaient causé les fusillades décousues de la nuit. Pourtant, d'après les renseignements que nous donnèrent plus tard des prisonniers de guerre, la lutte fut encore assez tenace, surtout de la part des éclaireurs du 65'' qui perdirent leur brave lieutenant M. Martin^ et des l*^"" et 3"^ compagnies de Saône-et- Loire.
Les officiers des compagnies, dont le manque de courage avait causé ce désastre, montrèrent plus tard mauvaise volonté à se porter en avant sous les ordres du capitaine Gaubert. Le colonel Denfert les mit en accusation et les fit emprisonner, sans pouvoir malheureusement pousser Tinstruction de l'affaire ^ par suite de l'absence des témoins à charge faits prisonniers à Danjoutin, et la poursuite de l'affaire dut être ajournée jusqu'après le siégea
Nous venions de perdre, après soixante-cinq jours de siège, notre premier village retranché, contre le-
1. Voir à la fin de Touvrage les pièces justificatives relatives à la prise de Danjoutin.
BEUXIÈBIE PÉRIODE DU SHÉGE. 273
quel l'ennemi avait échoué plusieurs fois, et ;(ur lequel il avait commencé une véritable action de iBiége.
La perte la plus importante était celle de la garnison du village, faite prisonnière, à Texception des deux compagnies de Saône-et -Loire dont la retraite prématurée avait fait réussir la surprise de Pennemi. L'effectif des tués, blessés et disparus était de 698 hommes et officiers.
L'ennemi s'empressa de profiter de sa victoire pour activer ses travaux de siège, et, dès le matin même du 8^ il commença audacieusement en p)<3in jour le tracé de nouveljes tranchées, à la droitn de Danjoutin*
Cependant son audace de tracer ainsi en plein jour ne lui servit à rien, car, aperçus de Bellevue, ^s hommes furent dispersés, et non sans quelques pertes, par le canon de la redoute. Us ne revinrent plus à cette témérité et durent se contenter des nuits pour leur travail.
IV^nvelles de l'armée de l'£8t.
Dans la journée du 8, l'effet moral un peu décourageant produit par la perte de Dan j ou tin, fut
heureusement compensé par l'arrivée d'un douais
274 DEUXlin Pi^ElODS DU SliS^.
nier nous apportant une dépêche du consul de France à Baie»
Cette dépèche nous annonçait Tarrivée prochaine et certaine du général Bourbakl avec 120 à 1 50 000 hommes. Cette nouvelle portée à la connaissance de la garnison, par un ordre du j[our^ la remplit d'espoir pour elle-mêma et pour la Fraace«
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