‹ La défense de BelfortChapitre 8 sur 19 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

PiRIODE ENTEB U DÉCLARATION SE GUERRE ET L'INVSSTISSEIENT

Travaux à entreprendre.

Tel était Tétat de la place au moment où la guerre se déclara.

On travaillait au fort des Barres presque achevé, au front du Faubourg déjà avancé et à des améliorations dans les divers fronts, notamment aux traverses et aux abris de combat des remparts.

L'armement de sûreté était à peu près entièrement préparé ; mais, malheureusement, il avait été établi, comme partout, davantage en vue de Tinspection générale que du combat, si bien qu'embrasures et plates-formes étaient plutôt propres et bien alignées que solides.

11 y avait donc à s'occuper immédiatement de

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réformer cet armement, de préparer celui de défense et d'achever, au plus vite, Torganisation des parties principales des travaux en cours d'exécution.

II fallait encore se préoccuper de couvrir mieux de terre les divers magasins à poudre qui n'étaient pas tous couverts suffisamment, et de protéger par des blindages, les murs des casernes voûtées à répreuve de la bombe. Ces murs étaient plus ou moins construits en vue de recevoir ces blindages au moment du besoin, mais ne pouvaient aucunement, dans leur état actuel, résister aux obus.

Tout cela constituait une série de travaux demandant plus de temps que ne^ le ferait supposer l'habitude à peu près systématique de les réserver dans nos places, pour le moment du péril, et on conçoit qu'il ait pu résulter de cette habitude, une certaine cause de faiblesse pour celles de nos forteresses qui furent attaquées un peu subitement.

Ces travaux n'étaient pas les seuls urgents. Il fallait occuper par des ouvrages de fortiQcation passagère, d'une construction suffisamment rapide, les deux Perches et Bellevue. Enfin, le front des Faubourgs, complètement ouvert à la gorge, ne constituait qu'un assez mauvais ouvrage, susceptible d'être enlevé à la rigueur par un coup de main énergique et hardi, ce qui eût fait perdre à la place la possession des faubourgs et du fort des Barres,

dont cet ouvrage voit et commande tout l'intérieur. 11 créait ainsi pour les Barres, dont il est chargé de flanquer les grandes branches, plutôt un danger qu'une protection.

Il fallait donc travailler à en rendre l'escalade impossible et à préserver les faubourgs contre une surprise, en les enveloppant par une ligne de fortification rapidement construite .

lie !?e corps de Tarmée du Bhin^ à Belfort.

Belfort, au moment de la déclaration de guerre, était à peu près sans garnison, les troupes en ayant été détachées pour aller à Mulhouse réprimer les désordres causés par une grève d'ouvriers. Mais le 7* corps de Tarmée du Rhin, sous le commandement du général de division Félix Douai, désigné pour se former à Belfort, y arriva bientôt. .

Le général Douai donna un coup d'œil aux positions à occuper par des ouvrages neufs, et le général Doutrelaine, chef d'état- major du génie du corps, prit la haute main sur les travaux du génie auxquels concoururent les officiers de l'arme du corps.

Le général Doutrelaine donna des indications sommaires et rapides sur le tracé à adopter pour les

forts des Perches, de Bellevue et les lignes des faubourgs. Les tracés furent faits et on se mit à l'œuvre à la fois par la Voie de l'entreprise civile et du travail des troupes.

Cela ne dura pas longtemps ; le général Douai quitta Belfort pour se porter sur Mulhouse, avec un nombreux matériel d'artillerie, malgré l'absence de son parc et de Tune de ses divisions, encore en arrière.

Les travaux se trouvèrent réduits aux seules ressources de l'entreprise civile.

Le T corps ne fut pas long du reste à revenir. Nos premiers désastres étaient déjà connus et une des dirigions du général Douai avait été dirigée sur le nord-eât. Il lui restait une division et sa réserve, et il ne put obtenir l'arrivée de sa troisième. Dans ces circonstances, le sous-préfet de Schelestadt ayant envoyé par télégramme, au général Douai, l'annonce que 100,000 Prussiens passaient le Rhin, pour venir à lui , il leva rapidement le camp et fit sur Belfort une retraite immédiate, qui ne l'y ramena pas sans quelque désordre.

Cette retraite jeta dans tout le pays une panique profonde. La population déserta en hâte les villages, emportant ses hardes, pour se garer de l'invasion et ne se remit pas par la suite de la démoralisation qui en résulta. Ce fut fâcheux pour les intérêts de la place ; car on eut depuis la plus grande peine à se procurer un nombre suffisant d'ouvriers, mal-

gré l'énorme augmentation donnée à leur salaire. La nouvBÎle qui causa tous ces dégâts était fausse. Pas un soldat ennemi ne se trouvait en Alsace, au sud de Strasbourg, ni dans le duché de Bade, où l'approche du 7' corps'avait même causé dans la population une panique analogue à celle que la nôtre subissait.

Les travaux entrepris retrouvèrent, par suite de ce fait, la main-d'œuvre militaire, mais ces contretemps y mettaient un décousu fâcheux. U était du reste visible que le général Douai ne chercherait pas à rester à BelforI, mais désirerait au contraire aller prendre part aux opérations du nord-est.

C'est ce qui arriva; il fut appelé vers le général Mac-Mahon, et enveloppé dans le désastre de Sedan . Peut-être cependant y aurait-il eu pour ce corps un beau rôle à jouer, s'il eût été considéré comme le noyau d'une armée qu'on eût pu rassembler et instruire à Belfort, pour s'assurer des Vosges et sauver Strasbourg, en produisant sur les derrières de l'invasion une diversion puissante.

Ce départ mit la place dans une position des plus fâ,eheuses, elle reslaavec4à 5,000 hommes environ de mobiles, principalement du Haut-Rhin, armés des anciens fusils, sans aucun élément pour les ■instruire et enfm avec une. seule demi-batterie d'arlilleurà k pied, sous les ordres de M. de la Laurencie, pour les travaux de l'armement.

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Continiiatioii de« traTany,

Le commandant Denfert, chef du génie de la

place, avait tenu à ce que les principaux travaux restassent constamment entre les mains des trois capitaines du génie attachés à Belfiirt, ce qui empêcha que le départ de ceux du septième corps ne jetât dans ces travaux une désorganisation trop profonde. Néanmoins, des réformes notables devaient y être apportées pour qu'ils fussent exécutables avec les faibles ressources restées dans la place, et pour que les positions à défendre n'eussent pas une étendue hors de proportion avec l'effectif de la garnison, au cas possible où le siège surviendrait avant qu'on eût

reçu des renforts suffisants.

. C'est ainsi que les lignes des faubourgs, déjà en grande partie exécutées, durent ôtre abandonnées comme trop étendues, d'un profil trop léger, et en prise du reste, en certains points, à des vues de revers dangereuses du terrain extérieur. Ces lignes avaient été tracées avec un aussi grand développement pour entourer la totalité des faubourgs, et éviter la cruelle nécessité de démolir une partie de leurs constructions.

Il fallut les combler, adopter un tracé plus simple et plus solide, passant au travers des faubourgs, et

se résigner à la démolition des maisons laissées en avant, qui eussent permis d'arriver jusqu'au fossé sans essuyer le feu du parapet, et de dominer le retranchement à quelques mètres, du haut des étages. Une grande partie de ces riches faubourgs fut ainsi condamnée à être détruite et ravagée, mais c'était indispensable.

Le commandant du génie décida que les lignes se composeraient d'un retranchement, précédé d'un fossé de quatre mètres de largeur, de deux mètres à deux mètres cinquante de profondeur, dont les terres fourniraient le parapet en arrière.

On devait faire un petit revêtement en maçonnerie, contre les talus du fossé, dans les endroits où ils ne paraîtraient pas assez solides pour tenir seuls.

Dans la partie nord, le retranchement était tracé suivant une ligne droite, fichant d'un bout dans le front des faubourgs, de l'autre dans la Savoureuse, et dont le prolongement rencontrait Touvrage de FEspérance.

Il était ainsi flanqué et protégé sur ses abords par le canon du front des faubourgs et celui de l'Espérance.

Dans la partie sud, il se composait de deux lignes droites, formant un angle saillant sur le faubourg de Montbéliard, et allant du front des faiibourgs à la Savoureuse, flanquées, l'une par le canon de la

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gauche du front des faubourgs, Tautre par celui des ouvrages au pied du Château. Pour éviter d'interrompre la circulation, le fossé seul devait traverser les routes, le parapet étant reporté en arrière pour former une barricade enfilant la route, et armée d'un canon. On contournait la barricade pour traverser ensuite le fossé sur un pont volant, facile à replier quand on voulait interrompre la communication.

Enfin le front des faubourgs devait être étendu sur sa gauche pour fournir les batteries flanquant les lignes du sud, et un escarpement à pic, de quatre mètres de hauteur, devait y être pratiqué sur tout le pourtour de la gorge, pour le mettre à l'abri de l'escalade, au cas où l'ennemi aurait forcé Tune des lignes.

Ces travaux furent entrepris sans délai, en réservant les démolitions pour le moment où ils seraient suffisamment avancés.

On poussa aussi avec la plus grande activité possible les blindages des casernes des forts, surtout ceux de la manutention et de la caserne de l'Espérance destinée à servir d'hôpital de siège, et on entreprit divers travaux d'aménagement dans les abris, notamment la construction d'un plancher, pour créer un étage dans le grand souterrain du Château.

Il fallut, pour se procurer les bras nécessaires à cette organisation de la place elle même, abandonner les redoutes de Bellevue et des Basses-

Perches, et ralentir le travail à celle des Hautes- Perches, la plus importante des trois.

MM. Châtel et Renault, ingénieurs des ponts et chaussées de Mulhouse et de Belfort, dirigèrent, en qualité de capitaines du génie auxiliaire, les travaux des lignes nord des faubourgs, de la Miotte et de la Justice. MM. Brunetot et Thiers, capitaines du génie, chargés jusqu'alors, le premier des Basses-Perches, le second de Bellevue, dirigèrent les travaux de la ville et ceux des Barres, du front et des lignes» sud des faubourgs. M. Degombert, capitaine du génie, resta chargé du Château et des Hautes-Perches.

Quelque temps après, les lignes des faubourgs étant déjà avancées, et des troupes de garde nationale mobile destinées à rester dans la garnison étant arrivées, on put disposer de quelques centaines de travailleurs militaires de plus, et commencer les démolitions ainsi que des travaux de défense au faubourg du Fourneau ; ces travaux sous la direction de M. Choulette, ingénieur des Mines de Vesoul, faisant fonctions de capitaine du génie, étaient composés à l'ouest de petites embuscades en terre, le long de la Savoureuse, et au sud d'un retranchement analogue à ceux des lignes des faubourgs.

L'arrivée de quatre nouvelles demi^batteries d'artilleurs à pied permit bientôt de donner plus d'activité aux réformes et au complètement de l'armement, en y faisant concourir plus tard les batteries

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de garde nationale mobile du Haut-Rhin et de la Haute-Garonne.

On entreprit également, pour pourvoir au logement des troupes qui passaient en grand nombre à Belfort et y séjournaient plus ou moins, la construction de baraques situées dans les parties du Vallon les mieux abritées contre les coups du dehors.

Formation du corpg des \0ngea,

Uarrivée et le passage de la plupart de ces troupes étaient causés par la formation d'un corps qui, sous les ordres du général de division Cambriels, investi depuis le milieu de septembre du commandement de Belfort, et peu après de celui de toute la région de Test, était destiné à disputer à Tennemi la possession des Vo.^ges, et à remplir ainsi une partie du rôle qui aurait pu dès le début incomber, avec bien plus de chances de succès, au septième corps de l'armée du Rhin.

Le rassemblement se faisait tant dans le département des Vosges qu'à Langres et à Belfort.

La formation de ce corps était remplie de difficultés ; les troupes arrivaient par groupes, sans cohésion, mal équipées, mal «rmées et pour la plupart sans instruction. On choiisissait les moins dépourvues du nécessaire pour les verser dans le corps, et on les

équipait à la hâte, le mieux possible^ en usant de toutes les ressources du pays et des alentours*

Les autres étaient désignées pour rester dans la place ; c'est ainsi qu'y restèrent, par exemple, quatre bataillons de mobiles du Rhône, arrivés en pantalons de civils, en blouses bleues, avec des fusils à piston, sans trace d'équipement, et qui ne furent habillés que plus tard et équipés par les soins de leurs conseils d'administration.

Le corps tira, au moins en grande partie, son artillerie de l'arsenal de Belfort, où il prit des pièces de campagne et de montagne, pour lesquelles il dut se procurer les attelages et le harnachement, qui furent achetés ou confectionnés presque entièrement à Mulhouse.

Pendant tout ce temps des armes et des munitions arrivaient peu à peu à Belfort et permettaient d'armer mieux et successivement les troupes . Des vivres s'y transportaient aussi en abondance et venaient remplir les magasins de la ville, du Château et l'Église.

De nombreuses voitures de réquisition étaient sans cesse en mouvement entre la gare et les divers lieux de dépôt.

A la fin de septembre le corps des Vosges, encore en formation, commençait à agir et occupait les principaux cols du sud des Vosges, par 4 à 5,000 hommes de mobiles et de corps francs sous les or-

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dres d'un homme énergique, le capitaine d'artillerie Perrin.

I/enneml dans le Hant-Blilii.

Cette époque fut remarquable par les fausses et alarmantes nouvelles qui arrivaient à la fois de Mulhouse, de Colmar, de Neuf-Brisach, de Schelestadt et de Bâle.

La physionomie générale de ces bruits était l'annonce d'une armée ennemie qui, par le duché de Bade, remontait le Rhin, pour se porter tantôt sur Belfort, disait-on, tantôt sur Lyon. On variait singulièrement sur Teffectif de cette armée, mais son existence successivement démentie, puis réannoncée, s'affirmait avec une grande opiniâtreté.

Tout se borna en réalité, pour le moment, à l'installation d'un petit poste ennemi à Ghalampé, sur la rive française du Rhin, un peu au nord de Mulhouse et en face de la petite ville badoise de Neuebourg. Ce poste se reliait à l'autre rive par un simple bac.

Ces nouvelles, quoique d'une fausseté notoire, eurent de déplorables effets.

Elles rendirent timides aussi bien Belfort que Neuf-Brisach, qui auraient pu faire chasseï* le poste de Ghalampé, et qui se contentèrent de le faire

attaquer par quelques francs-tireurs, dans des engagements à peu près nuls en résultats.

De plus chaque fois qu'elles se produisaient, et que le passage du Rhin, par Tennemi en forces, était signalé comme imminent, les francs-tireurs et même les troupes éloignées en avant de Belfort, parfois jusque vers Mulhouse, faisaient retraite, achevant ainsi au milieu des populations l'œuvre de démoralisation commencée par le septième corps.

Les trains de chemin fer furent aussi plusieurs fois arrêtés par le retrait intempestif du matériel de Mulhouse, ce qui causa des dommages graves et inutiles aux intérêts civils.

Enfin, et ce fut peut-être le fait le plus fâcheux, le comité de défense organisé à Dijon, préoccupé du passage qui était ouvert à cette armée menaçante par les routes ahoutissantà Montbéliard, et d'accord en cela avec Besançon, décida la destruction de ces routes et la fit en grande partie effectuer, pensant par ce moyen achever de fermer la trouée de Belfort.

Ce fut très-malheureux; car les obstacles ainsi créés ne pouvaient guère arrêter Tennemi d'une manière sérieuse , sans la présence d'une armée pour lui en disputer le passage, et, môme en supposant l'existence d'une pareille armée, il eût fallu se contenter de préparer les moyens de destruction pour qu'elle pût en user au dernier moment seulement, et au fur et à mesure de sa retraite défensive.

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Ces dégâts prématurés furent une vexation peu utile imposée à la. population, et se trouvèrent plus tard un obstacle à notre propre marche, quand les Allemands en profitèrent pour se défendre sur ces mêmes routes contre Tarmée du général Bourbaki.

Toutes ces actions démoralisatrices prirent encore un accroissement de puissance sur les populations au début du mois d'octobre, quand l'ennemi, laissé définitivement possesseur tranquille de Cbalampé, y eut établi un pont par lequel entrèrent dans le Haut-Rhin quelques milliers d'hommes qui commencèrent à rançonner le pays d'alentour et notamment Mulhouse.

La retraite des francs-tireurs à l'approche des patrouilles réquisitionnaires, auxquelles ils livrèrent tout au plus quelques combats peu sérieux, développa, dans les villes et villages, une peur si exagérée des représailles de l'ennemi que bientôt Tarrivée des corps francs y fut plus redoutée que celle des Prussiens.

Des armes etdes munitions, en nombre assezconsidérable, avaient été envoyées de Belfort à ces populations, dans le but d'obtenir une résistance locale aux entreprises des coureurs ennemis. Il n'en fut fait aucun usage. Dès qu'un uhlan apparaissait, à plusieurs kilomètres à la ronde, on s'empressait de renvoyer toutes les armes à Belfort, où elles arrivaient par charrettes. Heureuxencore quand, au lieu

de les renvoyer, on ne les livrait pas par centaiDes à trois ou quatre cavaliers.

Onn'était, du reste, jamais fixé sur l'importance à attribuer à ces incursions audacieuses de T ennemi, qui s'enhardit jusqu'à venir à Âltkirchy presque à mi-chemin de Mulhouse et de Belfort» Le général Thornton» qui occupait avec de la cavalerie et de rinfanterie les abords de Belfort jusqu'à Dannemarie» fit retraite de ses positions le 6 octobre, et peu s'en fallut que le grand viaduc du chemin de fer, à Dannemarie, ne fût prématurément détruit, ce qui n'eût fait que mettre l'ennemi encore plus à Taise en enlevant à Belfort le moyen de porter rapidement des troupes vers Mulhouse.

Heureusement les mèches des fourneaux de mines se trouvèrent humides et le feu ne put leur être donné, ce qui sauva l'ouvrage.

TraTaux à Belfort.

Pendant que ces faits se passaient à l'extérieur, le travail continuait activement dans la place.

Vers le milieu de septembre, les travaux des lignes des faubourgs s' étant trouvés très-avancés et la redoute des Hautes-Perches pouvant se passer d'une partie de ses ouvriers, on avait repris, sous la direction du capitaine du génie Brunetot^ le travail

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des Basses-Perches. Bellevue avait été laissé pour le dernier, comme nécessitant, pour être tenable longtemps, l'occupation des Basses-Perches, et comme du reste plus facile à pousser rapidement plus tard, car ses fossés étaient creusés dans la terre, tandis que ceux des deux Perches Tétaient dans le roc.

On avait aussi travaillé avec activité au déboisement du bois de la Perche, qui venait jusque sur Touvrage des Hautes -Perches, et lui créait un trop grand danger. Il fut déboisé jusqu'à environ 600 mètres du fort. On y trouva du bois pour le chauffage, pour la confection des fascinages, et quelques pièces de blindages.

Les souches ne furent pas coupées à ras de terre,mais à une soixantaine de centimètres au-dessus du sol. Elles furent taillées en pointes et on tendit entre elles un réseau de fils de fer, opposant à la marche un obstacle inextricable et au sein duquel les chutes, à peu près inévitables, étaient fort dangereuses, grâce aux souches pointues.

Ce mode de défense accessoire fut aussi employé, quoique sur une moindre échelle, et conjointement avec des abatis d'arbres, en avant des lignes sud dufaubourg, et plus tard autour de l'ouvrage de Bellevue.

Les travaux de ce dernier ouvrage furent repris, sous la direction du capitaine du génie Thiers, dans les premiers jours d'octobre^

M. Paraf. élève ingénieur, prit Tachèvement des lignes des faubourgs.

Pendant ce temps le colonel d'artillerie Crouzat, envoyé vers la fin d'août dans la place, avait imprimé aux travaux d'armement plus d'énergie, et organisé ce service dont étaient chargés les capitaines de la Laurencie pour les enceintes supérieures du Château , Laborie et Vallet, delà mobile du Haut-Rhin, pour les enceintes basses^ Jourdanet, pour la Justice, Sailly pourlaMiolte, Deffayet, de la mobile du Haut Rhin, pour les Barres, Roussel pour la ville, et Pallangier,

de la mobile du Haut -Rhin, pour le camp retranché.

Capitulation de Strasbour|^.

On avait été, durant tout ce temps, à Belfort comme partout, ballotté entre les nouvelles, presque toujours apocryphes, de succès, et Tannonce plus véridique des catastrophes.

On avait su les prétendues victoires si brillantes de Paris, ainsi que les soi-disant sorties meurtrières de Strasbourg, et les assauts furieux qui y auraient été repoussés.

On croyait si bien à ces mensongères nouvelles que, tout comme après Sedan, on refusa d'abord d'ajouter foi à celle trop vraie de la reddition de la forteresse Alsacienne.

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Opérations du corps des Vosges.

Le général Cambriels quitta Belfort dans les premiers jours d'octobre, pour se porter dans les Vosges et fut remplacé dans le comofiandement de la place, parle général de Chargèrequi Tavait déjà exercé avant lui.

Sa présence dans les Vosges était nécessaire, car les Prussiens y commençaient leur attaque, et, le 6 octobre, ils livrèrent au général Dupré, à la Bourgence, entre Raon-l'Étape et Bruyères, un combat indécis, où le général fut blessé.

A la suite de ce combat, le général Thornton fut appelé de Belfort àRemiremont, avec ce qui restait de troupes destinées au corps du général Cambriels, et toute Tartillerie de montagne en état de marcher.

Peu après, le général Cambriels, attaqué dans presque toutes ses positions, et craignant d'autant plus de se voir enfermer dans les montagnes que ses troupes se comportaient mal au feu, fît une retraite rapide sur Besançon, pour achever de s'y former et couvrir ses communications ayec Lyon, abandonnant définitivement tout le versant français des Vosges aux Allemands. Il rappela ensuite successivement à lui les divers corps qui gardaient le fais-

ceau des routes traversant la trouée de Belfort par Monbéliard, pour éviter que l'ennemi ne vînt les séparer de Besançon, ce qui les eût annexés forcément à Belfort, La place perdit ainsi la dernière batterie de campagne qui lui restât.

Ces événements mirent momentanément les communications de Belfort avec la France à peu près à la merci des Prussiens. Mais comme peu après ils attaquèrent sans succès le corps du général Gambriels, retiré sous Besancon, et durent se mettre en retraite dans la direction de Gray et Rioz, le corps du colonel Perrin put se reporter plus au nord, en remontant la vallée de TOignon, petite rivière qui descend des Vosges pour se jeter dans la Saône, passant ainsi en travers du débouché de la trouée de Belfort vers la France. Les relations entre Belfort et Besançon se trouvèrent par là de nouveau assurées, mais malheureusement à la veille de l'investissement.

Siéi^se de Schlestadt et de rVeuf*Britach.

Pendant le cours de ces événements du côté de lai France, l'ennemi avait grossi en nombre dans le Haut-Rhin, réquisitionnant partout sans trouver la moindre résistance, même à Mulhouse où le conseil municipal avait redouté de laisser armer la nom-

breuse population ouvrière qui, sans cela, se fiit plus ou moins bien défendue. On mettait même partout à préparer les réquisitions en argent, vivres ou effets d'habillement, une sorte d'empressement craintif que n'avaient, du reste, que trop justifié les hésitations du commandement militaire.

Enfin, l'ennemi devenu assez fort avait entrepris le siège deNeuf-Brisach, puis celui de Schlestadt, qui, tous les deux, capitulèrent après de courtes et incomplètes résistances.

Combnti dam la haute Alsace.

Dans l'intérieur de Belfort, le colonel d'artillerie Crouzat, nommé, le 7 octobre, général et commandant supérieur en remplacement de M. de Chargère, voulut conserver néanmoins le commandement spécial de l'artillerie, ayant sous ses ordres le chef d'escadron Bouquet, son prédécesseur dans cette fonction.

Le commandant Denfert-Rochereau, chef du génie, passa également lieutenant-colonel à sou rang de proposition sur le tableau d'avancement.

Le général Crouzat dut se préoccuper de la situation qui était faite à la place par la retraite complète du général Cambriels sur Besançon.

11 fit occuper les routes menant de la France vers

Belfort, et notamment Héricourt et Montbéliard, par des détachements, sinon capables d'arrêter Tennemi, au moins en état de prévenir à temps la place de son arrivée.

En même temps les corps de francs -tireurs, réunis sous les ordres de M. Keller, ex-député du Haut-Rhin, gardaient le débouché des vallées descendant des Vosges en Alsace, immédiatement au nord de Belfort, et occupaient par de petits détachements les cols du sud des Vosges. Ces petits détachements s'y retranchèrent de leur mieux, de manière à pouvoir en disputer le passage aux forces allemandes qui viendraient soit du versant, français, soit du versant allemand des Vosges. On était ainsi en mesure d'éclairer les routes qui mènent de Colmar à Belfort, en suivant le pied des montagnes, et de disputer aux Prussiens leur jonction, au travers des Vosges, par les cols.

M. Keller fut aidé dans sa mission par M. Renault, qui connaissait bien le pays, et qui fut remplacé dans ses travaux à Belfort par M. Krafft, ingénieur des ponts et chaussées de Haguenau.

Un détachement de mobiles à Saint-Maurice, à la jonction de la route stratégique qui, par la vallée de la Savoureuse et le ballon d'Alsace, va de Belfort à Remiremont, et de celle qui, remontant la vallée de Thann et Saint-Amarin, franchit la ligne de faîte des Vosges au col de Bu^sang, pour se con-

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fondre avec la première, concourait à garder, du côté de la France, le col de Bussang et la route du Ballon.

Enfin, un détachement de trois compagnies de mobiles et de deux compagnies de francs-tireurs d'AItkirch, en tout environ 500 hommes, sous la direction du capitaine Thiers, gardait la route de Mulhouse à Belfort par Altkirch et Dannemarie, avec mission d'assurer la destruction du viaduc du chemin de fer à Dannemarie, mais seulement au dernier moment, en présence d'un corps sérieux marchant sur Belfort, et de faire, en attendant, aux coureurs ennemis une guerre d^embuscade aussi ardente que possible.

M. Thiers laissa la direction des travaux de Bellevue au capitaine du génie Quinivet, commandant une compagnie du V régiment du génie, présente à Belfort et faisant partie de la garnison.

Le détachement de Dannemarie ayant fait réarmer les gardes nationales sédentaires du pays, et leur ayant, par sa présence, remonté le moral, les décida à faire quelques exercices et les fit concourir efficacement à la garde des routes, en même temps qu'il les organisait pour la défense locale, au moyen de rappel par le tocsin ou bien des ordres du chef de détachement.

Cette organisation faisait de sensibles progrès, notamment à Altkirch, et eût certainement donné

des résultats, si Pinvestissement de Belfort eût tardé davantage.

Deux cents hommes du détachement restèrent à Dannemarie pour assurer la destruction du viaduc , le cas échéant, et trois cents furent portés en avant, tantôt à Mulhouse, tantôt aux environs, et eurent, avec les patrouilles de uhlans, divers petits engagements avantageux dans la haute Alsace, jusqu'à mi-chemin de Mulhouse et Colmar.

Les francs-tireurs de M. Keller, réunis en nombre à Thann, à Feutrée de la vallée de Saint-Amarin, qui mène au col de Bussang, eurent de leur côté des engagements analogues.

Les réquisitions de Tennemi s'en trouvèrent gênées, et c'est probablement pour cela, sinon pour s'emparer ensuite du col de Bussang, qu'il attaqua, le d 4 octobre, la petite ville de Soultz, défendue énergiquement par les francs-tireurs avec un certain concours de la population .

L'ennemi avait du canon et l'affaire fut assez chaude.

Vers le soir, renonçant à entrer dans Soultz avec les forces dont il disposait, il appela à lui des renforts ; mais l'arrivée du détachement de 300 hommes dépendant de Dannemarie, qui fut porté de Mulhouse vers le lieu du combat, avec une centaine de gardes nationaux de Mulhouse, et qui manœuvra pour se placer sur les derrières de l'assaillant, le décida à une retraite immédiate.

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Cette affaire, où la victoire nous resta, fut le plus sérieux de tous les engagements de ce côté.

lie eolonel Denfert-Bochereau. Ses principes.

Le 19 octobre, le général Crouzat fut appelé sous les ordres du général Cambriels, et le commandement de Belfortfut donnée M. Denfert-Rochereau, qui fut en même temps nommé colonel.

Ce changement produisit un revirement complet dans les principes qui devaient présider à la défense, dont il changea totalement la nature.

Le colonel Derifert était d'avis, qu'avec une garnison d'un peu plus de 16,000 hommes, comme celle de Belfort, on devait occuper et disputer pied à pied toutes les positions extérieures à la place, situées sous le feu des canons des forts ou des redoutes. Il considérait la forteresse plutôt comme un point d'appui assuré pour les troupes de l'extérieur, et une immense batterie de position leur permettant, sous sa protection, une résistance efficace, que comme une ligne de défense à laquelle il fallût se

restreindre dès le début.

Il pensait qu'il serait toujours temps de s'enfermer dans les remparts, quand la prise pénible et successive des positions du dehors y aurait forcé nécessairement la défense ; mais qu'on aurait obtenu jusque-

là l'immense avantage de tenir le cordon d'investissement très- éloigné, et d'obliger l'ennemi à une série d'attaques de vive force. Ces attaques sur des villages ou des positions armées de tranchées défensives, et protégées par les feux des forts ou des redoutes, seraient très-coûteuses pour l'ennemi, et retarderaient de beaucoup le moment où il pourrait approcher assez pour installer ses batteries et bom* barder la place.

Pour compléter ce système de défense et lui donner toute sa valeur, le colonel décida que les positions occupées seraient non-seulement retranchées et barricadées, mais aussi pourvues d'abris pour les hommes, de manière à les soustraire aux effets de la canonnade de Tennemi, et à permettre d'y tenir, malgré cette canonnade, jusqu'à ce qu'on vînt directement attaquer les retranchements, pour y échouer, ou tout au moins y payer chèrement le succès.

Enfin, pour forcer l'ennemi à se départir de son audace habituelle, et à ne commencer d'actions sérieuses qu'avec beaucoup de circonspection, et quand il aurait déjà des forces réellement considérables, il avait l'intention de porter, au moyen de sorties fréquentes, l'action de la place au delà de cette zone des positions occupées, et jusque dans les lignes d'investissement, y bouleversant les travaux et les postes de l'ennemi, si c'était possible, le for-

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çant à des concentrations de troupes sur les points attaqués, le plaçant, en un mot, partout en crainte dans ses propres positions, et l'obligeant à la plus grande prudence et à la plus grande lenteur avant de s'avancer davantage, en même temps qu'il se fatiguerait par ces alertes continuelles, mettant ses hommes sur pied et les forçant à des marches nombreuses.

Ces sorties, du reste, ne devaient jamais avoir pour but de percer définitivement les lignes ennemies, pour se maintenir au delà, la garnison trop peu nombreuse ne pouvant que périr si elle perdait la protection des canons de la place ; mais seulement d'interdire aux Allemands la possibilité de commencer le siège actif, tant qu'ils n'auraient pas un effectif au moins quatre à cinq fois supérieur au nôtre.

Cette ligne de conduite fut si nettement arrêtée dans l'esprit du commandant supérieur, qu'il résolut dès ce moment, en principe, qu'il ne convoquerait pas le conseil de défense en dehors du seul cas où la loi l'ordonne, c'est-à-dire à la dernièpe heure, quand le corps de la place, ouvert par l'ennemi, serait à la veille d'être emporté d'assaut. Résolu, quoi qu'il arrive, à ne pas capituler avant d'avoir repoussé au moins une fois cet assaut, et à ne pas changer son plan de défense, il n'avait pas. besoin du conseil, qui ne pouvait que faciliter la divulga-

tion de nos projets, et qui ne fut, en effet, jamais convoqué.

Le colonel Denfert avait plaidé, auprès de ses prédécesseurs dans le commandement, la cause de ce programme, dont la défense ne fut plus tard que le déroulement ; mais il n'avait pas pu le faire adopter.

Il était considéré, parles commandants supérieurs et le conseil de défense, comme téméraire et exposant la garnison à périr en détail hors des remparts. On préférait céder de suite Textérieur et s'en tenir à la forteresse, à Tabri des coups de mains et des chances des combats.

C'est ainsi qu'on lui avait toujours refusé l'occupation du village de Pérouse, à laquelle il tenait particulièrement comme annexe des Perches, et à cause des points cachés et dangereux d'alentour, qu'elle eût permis d'éclairer et d'interdire à l'ennemi.

On ne voulut même pas, dans le principe, occuper les redoutes des Perches incomplètement achevées et ouvertes à la gorge. Le génie poussa avec la plus grande hâte la fermeture de ces gorges, au moyen de palissades et de petits épaulements, afin d'obtenir qu'on occupât les ouvrages. Il avait été enfin décidé par le conseil de défense, et accepté par le généra^ Crouzat, qu'on les tiendrait par des troupes d'infanterie et qu'on y placerait des canons. Quant à la

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redoute de Bellevue, elle était jugéedécidément trop peu avancée dans sa construction pour être défendue par de Finfanterie sans canon. Elle était donc à peu près abandonnée en principe, quoique le génie y fît travailler avec activité pour tâcher de changer cette décision.

Dès sa nomination, le colonel Denfert fit compléter l'armement des redoutes des Perches. Il décida aussi qu'an occuperait Bellevue ainsi que les villages de Pérouse, de Danjoutin, deCravanche, le hameau de la Forge, le Mont, le bois de la Miotte, avec des grand'gardes en avant de ces positions, aussi loin que possible, et qu'on organiserait la gare définitivement, comme complément de Bellevue, et pour surveiller de près les terrains qui avoisinent la bifurcation des chemins de fer .

Préparation du tir à long^ue portée.

Le Château prenait, d'après ces dispositions, une importance nouvelle. Il formait un point central et dominant, admirablement situé pour seconder de sa puissante artillerie tous les ouvrages et toutes les

positions, devenant ainsi comme la cheville ouvrière de toute la défense.

L'armement y fut poussé avec une recrudescence

Ll^^x.

d'activité, et reçut des améliorations qui en augmentèrent beaucoup la valeur.

Ces améliorations furent faites par le capitaine d'artillerie de la Laurencie, chargé du travail dans Tenceinte intérieure et le cavalier.

Le colonel Denfert s'était préoccupé de pouvoir tirer avec les pièces jusqu'à l'extrême limite de leur portée possible, ce que ne permettent pas les affûts de place. On avait donc décidé de mettre certaines pièces de préférence sur affût de siège, en enterrant leur crosse pour pouvoir incliner davantage la pièce, M. de la Laurencie installa pour les pièces de 24 rayées, notamment, placées ainsi sur affûts de siège, des plates-formes en rails qui firent un excellent usage et qui rendirent possible, en laissant la crosse de ces affûts s'enfoncer dans une fosse*, de tirer jusqu'à sept mille mètres, c'est-à-dire plusieurs kilomètres plus loin qu'on avait pu le faire, avec les mêmes pièces, dans les autres places, par exemple à Strasbourg, Schlestadt ou Neuf-Brisach. Il fallut même faire des hausses plus longues que les hausses réglementaires, qui ne comportent pas un tir aussi long.

* Quapd on adopté cette disposition pour la crosse des airûts avec des plates-formes en madriers, on ne peut pas enfoncer suffisamment la crosse, de peur de voir les parois de la fosse s'ébouler sous le poids des roues, et aussi parce que la crosse formant peu à peu dans le bois une légère dépression, par suite du clioc qu'elle y

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On fît aussi de solides blindages de rails et de bois pour protéger la tête des casemates à canon du cavalier, et on prépara pour d'autres pièces, jusquelà à ciel ouvert, des blindages qui rendirent d'excellents services.

Dans le cours de la défense, on inaugura d'autres perfectionnements encore, qui firent du Château un ouvrage véritablement des plus redoutables.

Des améliorations plus ou moins comparables furent également entreprises dans les autres forts, notamment à la Justice et à la Miotte, par les capitaines Jourdanet et Sailly.

Enfin, le colonel commandant supérieur, ne jugeant pas suffisant l'approvisionnement de projectiles rayés demandés par ses prédécesseurs, écrivit au ministre et à Besançon pour tâcher d'en obtenir un surcroît, mais Tinvestissement survint au milieu de ces préoccupations et de ces travaux, sans qu'on ait eu les moyens de lui rien envoyer, et, malheureusement, le général Crouzat avait refusé l'offre du directeur des forges d'Audincourt, d'en approvi-

transmet dans le tir^ la flèche se trouve bientôt gênée dans son recul par un frottement trop dur. et sa position^ très-oblique sur la direction du choc qu'elle reçoit^ la fait souvent casser.

Les plates-formes en rails ne donnèrent lieu à aucun de ces inconvénients et résistèrent toutes jusqu'au bout. Certaines servirent^ sans la moindre réparation, à des milliers de coups et cela sans briser d'affûts. Un affût entre autres supporta sur ces platesformes plus de cinq mille coups sans céder.

62 PÉRIODK ENTRE LA DÉCLARATION DE GUERRE ET l'iNVEST.

sionner la place, et même d*y installer une large fabrication.

Capitulation de Metz.

Nous apprîmes, le 30 octobre, la capitulation de Metz, à laquelle personne ne voulut croire dès le début, mais qui fut bientôt officiellement annoncée. Les Allemands portèrent dans le Haut-Rhin une partie des forces que Metz avait occupées, et en y adjoignant le corps qui venait de prendre Schlestadt, ils se trouvèrent en état de se présenter sous Belfort.

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