VILLE OU VILLAGE INFECTÉ
Bombay, ville
Ahmedabad, ville
Poona, ville
Thana, ville
Kalyan (district de Thaiia).
Kumta (district de Kanara) Dhuli.i, ville (Khandeish). .
Pardi (district de Surat). . , Bandra (district de Thana).
Kattywar Agence (1)
BhasawaI, gare
Bulsar (district de Surat)
Ratuagiri, ville
Kurla (district de Thanaj
Surat, ville
Karachi, ville
Ahmednagar, ville
Sadra, ville (Mahi Kautha).. . .
Kapadvanj (district de Kaira).
Bhiwndi (district de Thana). . .
Bhatkal (district de Kanara). .
Broach, ville
Paudarpur Town (Sholapur).. .
Sholapur, ville
Nadiad (district de Kaira) . . . .
Kajapur (district de Ratuagiri).
Sangvi (district de Satara)
Kolaba (district de) (2)
Vada (district de Thana)
Malegaon (district de Nasik)..
Bassein (disirict de Thana).. . .
Ghikhli (district de Surat). . . .
Entre Wadhwan et Lakhtar) . .
lalegaon Dabada (Poona)
Umbargaon (district de Thana).
Kolhapur, ville
Miraj (Kolhapur et Mahratta).
Sarota(dist. de Belganno),gare.
Chinchni fdistrict de Thana) . .
Kelva Mahim (disirict de Thana)
Satara, ville
Udvada (district de Surat) . . . .
Nasik, ville
DATE de l'infectioa.
•21 sept. 1896 3 oct. 1896
oct., 1896
inconnue.
l^niov. 1896 20 )> »
5 déc. 1896
ite
3janv.l89';
3 février 1897 Total....
(1)11 n'y a pas de statistiques spparees pour Mahuva, Rajkole, Peraval, MangoletBhavnao^ar; il v a eu dans l'ensemble de ces endroits 1 cas en octobre, 1 en novembre, et o en décembre 1896 et 11 en février 1897.
(i) Il n'y a pas de statistiques séparées pour Uran, ni pour les Mahals de Pauvel et Alibag, ni pour les Talukas de Nagotua et Khalapur, et Roha, Maugaon, Mahad et Karjat relativement au nombre de cas dans chaque Mahal ou Taluka ; le nombre des décès a été, respectivement, 2, 5, 6, 7, 6, 2, 3, 3, 2. — Total 36.
Pour préserver leur ville de la peste, les autorités de Calcutta ont pris quelques mesures rationnelles sur le parcours des lignes ferrées de Bombay à Calcutta ; à certaines stations : Jabalpur, AUahabad, Mokameh ou Assausole, un médecin accompagne dans tous les compartiments le contrôleur des tickets et au moindre avis suspect envoie le malade à l'hôpital.
De Bombay on devra indiquer par télégramme le nombre des passagers à destination de Calcutta; en outre, les bâtiments arrivant de Bombay dans ce port seront soumis, ainsi que les passagers, à un rigoureux examen médical.
Cependant, malgré les précautions peut-être mal prises, les dernières dépêches font croire que quelques cas de peste ont été constatés à Calcutta. On y a relevé des cas de bubons simples, bénins.
Le premier â été observé chez un individu venu le 24 septembre de Bombay, où il avait une parente atteinte de peste. Il s'est écoulé vingt jours entre son départ de Bombay et le début de la maladie. Le sang de ce sujet renfermait un bacille que Cunningham a déclaré non infectieux, et différent de celui de la peste.
En 1890, on avait vu à Calcutta des bubons bénins, non vénériens, sans qu'il y ait eu des cas de peste.
La situation serait fort grave, si la peste se développait à Calcutta, à cause de l'état sanitaire de cette ville, état qui résulte du discours suivant de Sir Alexandre Mackensie, lieutenant gouverneur du Bengale :
« Je suis très étonné, dit Sir Mackensie en s'adressant au conseil municipal, que nous n'ayons pas à Calcutta la peste à demeure, ainsi que toutes les maladies que peut engendrer l'accumulation des immondices. J'ai sous les yeux le rapport des « Sanitary commissionners » délégués
par le « Spécial Médical Board », à l'effet de procéder à l'examen de Calcutta et jamais je n'ai lu document contenant plus de constatations épouvantables. En vérité, je n'ose révéler ici les horreurs qu'on rencontre à chaque pas dans cette ville. C'est au « Médical Board » à dire qui est responsable et quelles mesures il convient de prendre. Mon avis personnel est qu'on ménage beaucoup trop les prétendus droits des propriétaires. Le respect de la propriété privée ne doit pas aller jusqu'à permettre le maintien de « death-traps », véritables foyers de pestilence, danger permanent pour tous les habitants. Il faut que la municipalité édicté et fasse observer les règlements les plusrigoureuxen vue d'empêcher la formation de cloaques abominables, tels que ceux dont la commission sanitaire a signalé l'existence. En réalité, la réglementation actuelle vous donne les moyens de faire le nécessaire, mais vous ne vous en servez pas. Comme je l'ai dit, le soin des intérêts privés domine ici le souci de l'intérêt public, alors qu'il faudrait, au contraire, que le fonctionnement de la loi fût, pour ainsi dire, automatique, absolument indépendant des influences de parti et de toutes préoccupations personnelles. Pour le moment, la question se pose de savoir comment il pourra être procédé à l'assainissement des quartiers pestilentiels. Sans doute certaines améliorations seront imposées aux propriétaires ; mais combien d'endroits ne sont pas susceptibles d'être améliorés î Pour ceux-là, il faut purement et simplement les supprimer. 11 faut percer de larges voies à travers ces quartiers et remplacer ces immondes porcheries {où, à la vérité, un porc normalement constitué serait dans V ^possibilité de vivre) par des habitations aérées et saines. Cette réforme, rationnellement exécutée, ne sera pas très dispendieuse. Peu importe d'ailleurs le chiffre de la dépense,
Proust. — Peste. 3
du moment qu'il s'agit de faire en sorte que Calcutta cesse d'être une honte à l'Empire et au xix^ siècle. »
L'état sanitaire dans les provinces du Nord-Ouest et d'Oude pendant l'année 189o avait été remarquablement bon. La mortalité n'ayant été que de 29 p. 1000; mais il n'en sera malheureusement pas de même en 1896 et en 1897 à cause de la famine et de la peste.
En 1894 les fièvres pernicieuses avaient occasionné un million et demi de décès contre un million seulement en 1895- On doit attribuer cette diminution à l'installation du service des eaux et du drainage dans les grandes villes.
Quand de semblables travaux auront été également exécutés dans des villes de moindre importance, la mortalité diminuera certainement encore.
Il esta noter que, actuellement, 75 p. 100 seulement de la population se sert d'eau filtrée ; le reste continue à faire usage de l'eau corrompue des puits voisins des habitations.
En 1895 le choléra n'avait fait que 51 000 victimes tandis qu'en 1894, 178 000 personnes et en 1892 195 000 avaient succombé à cette maladie.
Statistique des personnes tuées par les fauves et par les serpents aux Indes.
La famine et la peste ne sont pas seules en ce moment pour augmenter la mortalité aux Indes : il y a une cause permanente de décès, ce sont les morsures de serpents. J'en dirai quelques mots à cause de l'intérêt de la question, et bien qu'elle ne rentre pas dans mon sujet.
Le chiffre considérable de personnes succombant à la morsure des serpents doit attirer particulièrement notre
LA PESTE DE BOMBAY. 3o
attention, car nous avons en Indo-Chine de nombreux cas de ce genre à déplorer.
Le gouvernement de l'Inde a publié pour 1894 les relevés qu'il fait établir chaque année des personnes tuées par les fauves et les serpents.
Ces relevés montrent un total de 2 893 personnes tuées par les fauves et de 21 538 par les serpents.
Ces chiffres sont un peu plus élevés que ceux de 1893.
La présidence de Bengale seule figure pour 1 693 et
En outre 97 371 têtes de bétail ont été victimes tant des fauves que des serpents contre 94 666 en 1893.
Le gouvernement de l'Inde regrette, en présence de ces chiffres, de constater que la destruction des bêtes nuisibles a diminué sensiblement : 13 447 fauves et 102 210 serpents ayant été détruits en 1894 contre 15 309 et 117 120 pendant l'année précédente.
La population totale de l'Inde était, en février 1891, de 290 250 000. On croit pouvoir l'évaluer maintenant 297 millions.
Le nombre des personnes victimes des morsures de serpents s'est encore élevé en 1895, à 3 104 pour les bêtes fauves et à 22 086 pour les serpents.
C'est surtout dans les provinces du Nord-Ouest et dans la province d'Oude que la mortalité a été grande. On constate également que, dans cette région, les loups se sont propagés d'une manière inquiétante.
246 personnes, principalement des enfants, ont été tués par ces animaux. En 1894, il n'y avait eu de ce chef qu^ 106 décès.
Les gouvernants de ces provinces ont élevé le chiffre des primes habituellement accordées pour la destruction des animaux nuisibles.
Si cette mesure n'est pas suffisamment efficace, des chasses seront organisées : dans la province de Madras, où on avait eu le tort, en 1890, de supprimer la prime de destruction, les loups se sont multipliés, exerçant de sérieux ravages parmi les bestiaux.
Les chacals, qui ordinairement ne s'attaquent pas à l'homme, ont cependant occasionné la mort de 153 individus. Le nombre des victimes des tigres s'est élevé de 864 en 1894 à 909.
Dans la province de Kumaon un seul tigre a tué 27 personnes; dans les provinces centrales les tigres ont aussi fait de nombreuses victimes.
On calcule qu'en 1894 il y a eu un décès sur 76 436 habitants et en 1893 un décès sur 71051 habitants.
Nous possédons maintenant quelques notions sur les épidémies de peste de ces deux dernières années en Chine et dans l'Hindoustan, il me paraît intéressant de les comparer avec les pestes qui ont régné dans l'antiquité et dans les temps modernes, d'indiquer la distribution géographique des diverses épidémies, et d'en montrer les caractères expansifs et contagieux.