‹ La défense de l'Europe contre le choléraChapitre 24 sur 89 · CHOLÉRA. DE L'AMÉRIQUE DU SUD · texte numérisé non relu

CHOLÉRA. DE L'AMÉRIQUE DU SUD

de l'Amérique du Sud, contre les provenances d'Europe, un navire venant de Gônes, le Perseo a importé le choléra à Buenos-Ayres. La maladie s'est étendue dans la République argentine, l'Uruguay et le Chili.

Enfin une petite épidémie que l'on peut encore rapporter au choléra de 1884-1887, bien que son origine n'ait point été précisée, a été observée près de Mayence en octobre 1886. Voici la relation de ce l'ait.

Gonsenheim et Finthein sont deux bourgs voisins de Mayence ; le premier compte 3358 habitants et le second 2384.

Le 26 octobre 1886, les journaux allemands signalaient l'existence, dans ces deux localités, de cas suspects de choléra. Dès le lendemain le gouvernement hessois opposait un démenti à ces rumeurs.

Cependant le 29 octobre, l'office impérial de santé de Berlin déléguait un de ses membres, M. Gaffky, pour procéder à une enquête.

M. Gatîky arrivait le 30 à Wiesbaden, mais, depuis le 14 octobre, on n'avait plus observé de cas suspect à Gonsenheim ; le dernier décès à Fintheim remontait au 26. Il y avait cependant encore un malade le 30.

Lors de l'arrivée de M. Gaffky la maladie pouvait donc être considérée comme éteinte.

Des recherches bactériologiques avaient été commencées par le docteur Pfeiffer, Kreispliysicus à Wiesbaden ; ces recherches, poursuivies par Hueppe et Gaffky, établirent l'existence, dans les deux derniers cas, de bacilles virgules que l'on put isoler et cultiver. On avait donc affaire au choléra asiatique.

Le total des cas fut de dix-neuf, soit neuf à Gonsenheim (du 15 septembre au 15 octobre), dix à Fintheim

du 25 septembre au 27 octobre. Sur dix-neuf cas, il y eut quatorze décès.

Le diagnostic indiqué sur l'acte de décès a été neuf fois celui de choléra nostras ou choléra indigène.

Outre la présence du bacille virgule, plusieurs raisons militent en faveur du choléra asiatique :

La mort survint rapidement (dans un cas en moins de dix heures).

La mortalité fut considérable (quatorze décès sur dixneuf malades).

On peut suivre la filiation des cas et la transmission de la maladie.

Sur les neuf cas de Gonsenhein, cinq appartenaient à la même famille.

Les quatre autres cas se réduisent encore à deux groupes, dans chacun desquels la maladie atteignit successivement le fils et la mère.

AFinthein,ungroupe de quatre malades se trouve dans des conditions analogues.

Enfin, une sœur hospitalière, qui avait donné des soins à cinq malades, fut prise de choléra le 24 et succomba le 26. C'est à l'autopsie de cette religieuse que l'on constata dans l'intestin le bacille virgule.

En septembre 1886, la mortalité, dans ces deux petites villes, fut trois fois plus considérable que dans les mêmes mois de 1884-1885.

Il y eut en outre une quantité beaucoup plus grande de déclarations de décès par choléra infantile. La proportion des décès cholériques semble bien faible : 1,8 et 3,4 par 1000 habitants.

Mais il n'y eut pas un chiffre aussi élevé en 1866 à Mayence. D'ailleurs une telle proportion donnerait un total, dans une ville comme Munich, de 470 et 890 décès.

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