‹ La défense de l'Europe contre le choléraChapitre 65 sur 89 · Le secrétaire du Conseil · texte numérisé non relu

Le secrétaire du Conseil

9G.000 84.000 72.000 G0. 000 60.000 CO.OOO 60.000 60.000 48.000

Total

Soit environ

1 26. 000 francs

avec les retenues de S p. 100 sur les traitements, servent à payer des pensions aux ayants droit

La caisse des taxes sanitaires proprement dites, al mentée seulement par des tarifs sur la navigation et sur les pèlerinages du Hedjaz et de l'Irak- Arabie, ces derniers ne donnant qu'environ la quinzième partie de ce que fournit la navigation, a de nombreuses dépenses à sa charge. Elle y satisfait pleinement, mais, en outre, durant les six ou sept premières années, elle a pu mettre de côté une somme d'environ 7 à 8 millions de piastres, soit 1 500 000 à 1 700 000 francs. Il appartiendra à la commission m xte actuelle de revision des tarifs sanitaires, d'en fixer la destination, soit pour améliorer le service sanitaire, soit pour préparer un dégrèvement des taxes sanitaires de la navigation. Quoi qu'il en soit, c'est une réserve importante et capable d'assurer le service pendant plus d'une année.

Relativement aux taxes sanitaires sur la navigation, je rappellerai ici que la France contribue pour sa quotepart, à une somme proportionnelle équivalente à S à 5 1/2 p. 100 des taxes sur la navigation.

En première ligne vient l'Angleterre (48 p. 100), en seconde ligne, la Turquie (13 p. 100), puis la Grèce, l' Autriche-Hongrie, la France, l'Italie, la Russie, etc.

Mais ces taxes sur la navigation sont loin d'être proportionnelles à l'importance commerciale de chacun de ces pays avec la Turquie ; il résulte, en effet, des tableaux de la douane turque, sur les droits ad valorem pour les marchandises importées et exportées, que le commerce réel de la France avec la Turquie équivaut à plus de la moitié de celui de l'Angleterre et à près du quart du trafic entier de l'empire ottoman avec l'étranger.

Sauf l'Angleterre qui vient en première ligne, tous

les autres États d'Europe n'arrivent que fort loin après nous ; notre navigation n'a donc pas trop à se plaindre des droits sanitaires en Turquie puisqu'elle paye relativement moins que les autres marines, dont le tonnage est plus élevé que le nôtre, et cela pour la raison que nos marchandises (soieries, etc.) ont beaucoup plus de valeur sous un poids ou un volume bien moindre.

Tel est l'exposé de l'institution en quelque sorte internationale qui s'appelle le Conseil supérieur de santé de Constantinople, tel que ses origines, ses vicissitudes et ses améliorations successives, l'ont établi, et tel qu'il existe de nos jours.

Tout en m'efforçant d'être le plus bref possible, je n'ai pu éviter d'entrer dans quelques détails nécessaires pour en bien éclairer l'histoire.

11 me reste encore à traiter un point qui montrera plus nettement encore le rôle exact du Conseil dans le service sanitaire de la Turquie. Ce point est relatif au service sanitaire intérieur de l'empire. Au début et jusqu'en 1871, date de la mise en pratique des conventions des tarifs sanitaires, le Conseil de l'administration de santé de Constantinople était l'unique institution sanitaire du pays. Cette institution se conformait à son but, qui était la police sanitaire de la Turquie, la surveillance des épidémies et surtout celle de la peste et du choléra.

Jusque-là le gouvernement ayant à sa charge les frais du service envoyait des médecins de l'administration sanitaire dans les provinces, partout où il le croyait utile.

Mais la Convention de 1871 changea les bases de l'institution sanitaire du sultan Mahmoud. Les taxes sanitaires nouvelles devaient être consacrées exclusivement à l'entretien du personnel et du service dans les offices

reconnus nécessaires. Il fut arrêté d'un commun accord que les missions des médecins sanitaires à l'intérieur, seraient à la charge de l'Etat ottoman.

Dès lors ces missions devinrent plus rares. Et comme le Trésor ottoman n'en payait les frais que très irrégulièrement, on mettait ces frais à la charge des provinces qui ne payaient pas davantage ; on comprend comment les missions furent de plus en plus difficiles.

D'un autre côté, les vali et les autorités des provinces avaient recours aux médecins des localités toutes les fois qu'il s'en trouvait. Actuellement plusieurs villes de l'Asie turque ont des médecins dits de la municipalité, provenant de l'Ecole de Constantinople.

L'Ecole de médecine de la capitale est, elle-même, parfois chargée de donner son avis sur les épidémies de l'intérieur de l'empire.

Enfin il existe, depuis quelques années, auprès du ministère de l'intérieur, un conseil spécial, sorte de comité consultatif d'hygiène et de police sanitaire de l'empire, que l'on réunit quelquefois et qui devrait s'occuper de la salubrité de la capitale et des provinces.

Depuis lors le Conseil de santé de Constantinople n'est plus que rarement consulté sur les questions d'hygiène publique touchant l'intérieur de l'empire ottoman. Si son avis sur la sanitation de la capitale est quelquefois demandé, il n'est pas suivi.

Aussi le Conseil a pris l'habitude de ne plus s'immiscer dans les questions d'hygiène et de police sanitaire intérieures qui, en somme ne sont de sa compétence qu'en ce qui touche la peste et le choléra, qu'il est tenu de déclarer sur les patentes délivrées par l'administration sanitaire.

Quant au rudiment de service d'hygiène et de salubrité dans les villes et en général dans les provinces de la

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Turquie, on devine ce qu'il peut être, il n'y a aucun fonds prévu pour son organisation et son entretien.

Cette lacune a été mise en évidence à l'occasion même des dernières épidémies, notamment pendant l'épidémie de choléra quia débuté au milieu de 1889 dans l'Irak- Arabie et qui a réapparu en 1890 et 1891 dans le vilayet d'Alep, après deux accalmies hivernales et deux recrudescences estivales qui lui ont permis de marcher des rives du golfe Persique à celles de la Méditerranée orientale.

En résumé, le Conseil et l'administration de santé, tels qu'ils avaient été établis par le sultan Mahmoud II et ses premiers successeurs ont dû se renfermer dans un rôle plus circonscrit.

Ce rôle est toutefois encore suffisamment étendu, puisque tous deux ont pour tâche de préserver l'empire et par suite l'Europe des deux grandes maladies épidémiques, la peste, et surtout le choléra.

Dès lors le Conseil supérieur de santé de Constantinople est, en réalité, le directeur du service de la prophylaxie extérieure, tant du côté de la terre par la frontière turco-persane que du côté de la mer.

Il est surtout aujourd'hui un Conseil sanitaire maritime et quarantenaire, comme celui d'Alexandrie d'Egypte, mais établi sur des bases beaucoup plus larges et avec des attributions bien plus conformes à son but.

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