‹ La défense de l'Europe contre le choléraChapitre 7 sur 89 · DISTINCTION DES DEUX CHOLÉRAS · texte numérisé non relu

DISTINCTION DES DEUX CHOLÉRAS

tique et ne se montrant en Europe, du moins jusqu'ici, que par importation.

Est-il possible de confondre le choléra nostras avec cette affection indienne, qui à trois reprises différentes et à plusieurs années d'intervalle a suivi toujours la même marche?

Né sur les bords du Gange et du Brahmapoutra, après la grande expansion de Jessor en 1817, le choléra asiatique envahit la Perse en 1822, leGhilan et le Mazandéran, gagne Recht; de cette ville, suivant le littoral occidental delà mer Caspienne, franchit la frontière russe à Astara, puis gagne Lenkoran, Bakou et enfin Astrakan.

En 1830, môme début : le Ghilan et le Mazandéran sont envahis; puis Recht, Enzeli, Astara, Lenkoran, Bakou. Le choléra prend deux directions : l'une à l'ouest, vers Tiflis; l'autre au nord, vers Astrakan.

En 1846, marche absolument identique : Ghilan, Mazandéran, Recht, Enzeli, Astara, Lenkoran, Bakou ;même division à l'ouest, vers Tiflis, et au nord, vers Astrakan.

Est-ce que cette progression par étapes successives et toujours répétées, cette marche toujours identique du choléra, trait commun aux épidémies qui ont suivi la route de ter re, offre la moindre ressemblance avec l'apparition des cas de choléra nostras?

La progression de l'épidémie de 1865 est encore plus sai sissante :

L 'épidémie a eu son point de départ à la Mecque ; elle avai t été importée dans le Hedjaz par des navires provenant des Indes et chargés de pèlerins. La marche de l'affection montre que partout elle a accompagné les pèlerins. L'Egypte fut, en raison de sa proximité avec la Mecque, le premier pays attaqué. Aussitôt que les hadjis arrivent à Alexandrie, le 2 juin, éclate un premier cas.

Le 5, deux autres cas se déclarèrent; du 5 au 11, il y en eut un plus grand nombre ; alors seulement on fut convaincu de la présence du choléra; la population étrangère surtout émigra en masse, et alla porter à la fois dans le monde entier le germe de la maladie.

Européens, Levantins, au nombre de 35 000, se dirigent vers tous les ports de la Méditerranée. Le choléra va se développer à Constantinople, à Smyrne, à Beyrouth, en Mésopotamie, sur la mer Noire àKustendjé, à Odessa, porté jusqu'à New- York et à la Guadeloupe par les bateaux à vapeur, et apparaissant dans le port quelques jours après le moment même où le navire y a débarqué.

La marche des deux affections est également toute différente. Dans le choléra asiatique elle est continue avec tendance ascendante, puis la courbe descend et la maladie disparaît. Le caractère des courbes a bien indiqué cette marche dans les épidémies récentes de Toulon et de Marseille. C'est cette continuité de marche qui a été une des raisons pour nous faire conclure au caractère asiatique de l'épidémie de Toulon.

Quand, au contraire, il s'agit de choléra nostras, on observe quelques cas isolés ; puis il y a une période de silence qui est en rapport avec les modifications de la température, et si la chaleur survient de nouveau, les cas de choléra nostras peuvent réapparaître. Enfin, l'un est importable, et l'autre ne l'est pas ; l'un est contagieux, et l'autre ne l'est pas.

Le diagnostic peut également s'établir si l'on étudie les diverses périodes des deux maladies. La période d'algidité, qui est la plus saisissante, est celle qui donne le moins d'indications au point de vue du diagnostic.

L'algidité cyanique du choléra constitue en effet un syndrome qui apparaît dans une foule d'états morbides

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