RATE
férentielles. « Monaco sans musique », s’écrie alors un de ses censeurs traçant assez justement les limites de son activité qui, en effet, intéresse surtout des joueurs et des spéculateurs, mais qui, passé les bornes de quelques ruines privées n’a pas une influence considérable sur les destinées économiques et agricoles du pays.
Le marché à terme des céréales à Paris, qui n’est alors qu’un des éléments du marché de Paris, lequel ne groupe lui-même que des opérations de place, ne peut entraîner la ruine de l’agriculture française !
On comprend donc que si quelques esprits clairvoyants comme M. de Monzie en 1909, s’étonnaient déjà que l’on abandonnât à l'initiative privée des opérations qui pourraient intéresser l’économie nationale, l’agriculture française ne se soit guère inquiétée d’un marché qui ne la gênait pas et ne compromettait en réalité aucun de ses intérêts essentiels.
À cette sécurité, au surplus, la situation internationale apportait un élément nouveau. C'était l’époque du libre-échangisme et les barrières douanières n’empéchaient ni les approvisionnements en cas de disette, n° la résorption des excédents. En sorte que le marché à terme, suivant, beaucoup plus qu’il ne les conduisait, les données du « marché libre », c’est-à-dire de l’ensemble des transactions qui se réalisent couramment à travers tout le pays, se trouvait assagi par la réalité paysanne et, en contre-partie, voyait les milieux agricoles accueillir sans méfiance ses opérations.
Dans cette atmosphère, les intermédiaires pouvaient, en toute liberté, choisir pour leur profession un statut plus large que celui de courtier : ils devinrent commis-
sionnaires.