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les ont, dès longtemps, éclipsés et, depuis le xvrr siècle, ont écarté peu à peu de leur route ces cousins pauvres, dont les opérations devaient se cantonner sur des ventes concrètes, et par là beaucoup plus limitées dans leur importance que les spéculations offertes par les effets de papier. ,
Et pourtant, si nous ne faisons pas l’historique de la profession de courtier, il nous sera, par contre, impossible de ne point évoquer, à propos de cette profession, un phénomène inévitable, qui explique d’avance la réforme dont la présente thèse se propose l’étude.
Ce phénomène est le suivant : D’une part, une pro-
fession dont la liberté est l’essence même, dont la réussite suppose une indépendance complète dans le choix des parties à qui elle s’adresse, telle est, à toute époque, la profession d’intermédiaire. Mais, d’autre part, un marché où les consommateurs doivent être défendus contre la spéculation, contre les affameurs, un marché où les producteurs doivent trouver dans le prix de vente de leurs denrées la juste rémunération de leur effort, tel est aussi, à toute époque, le domaine que l’activité de l’intermédiaire doit savoir respecter. La défense du juste prix contre l’artisan des marchés de hasard, seul, un pouvoir étranger au marché, échappant à des circonstances économiques trop aisément soumises aux maîtres de l’argent, peut l’assurer d’une façon permanente.
Et sans doute, au cours des siècles, les périls du marché ne seront-ils pas les mêmes. Aujourd’hui, les entrepôts et les communications internationales ne permettent plus aux spéculateurs, trop avides, de rançonner durement le public par la menace d’une famine immi-
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