HET RUES
nente, comme le faisaient les grands bandits du XvI° siècle. Mais si on ne peut jouer sur la disette, on se rattrape sur la pléthore. L’avilissement des cours représente pour une nation de producteurs un péril aussi grand que, pour le peuple des villes, la privation de ses subsistances essentielles.
Cest à ce point de vue que l’action des Pouvoirs Publics sur le marché des marchandises et même sur le marché des valeurs mérite d’être étudiée. Cette étude, en effet, explique l’arbitraire apparent qu’il peut y avoir de la part du gouvernement à intervenir dans la réglementation de transactions librement négociées entre hommes libres. Mais, surtout, le rappel historique succinct que nous nous proposons de faire, permet d’apercevoir la nécessité permanente d’une moralisation de ces fonctions doublement périlleuses : pour la conscience de ceux qui les exercent et pour la bourse de ceux qu'elles atteignent. Et s’il faut, dès le début de ce travail, en marquer l'orientation, nous rappellerons que si le métier militaire est apparu le premier comme revêtant un caractère public, c’est parce qu'échappant à une discipline nationale il serait devenu trop facilement l'instrument d’appétits particuliers, dangereux pour la collectivité. En notre matière, le péril est moins grand peut-être, il est surtout moins immédiat. Que si les circonstances économiques compromettent l'existence: même du pays, il est normal et il est juste que le pouvoir central s’applique, c’est sa mission même, à rétablir l'équilibre un instant compromis, et qu’à cette tâche nouvelle, employant tous les talents, il recrute ses agents sur le marché.
Ainsi la défense des intérêts généraux arrachera-t-elle
TO la profession au domaine des égoïsmes pour l’orienter vers la fonction publique.
Ne nous étonnons pas : depuis Jean Bart et Surcouf ce sont les corsaires qui ont fait la grandeur de la marine du Roi.