‹ La défense de l'organismeChapitre 10 sur 13 · Voyez Rabuteau, Ti-aité de T/térapeutique, 1884, p · texte numérisé non relu

Voyez Rabuteau, Ti-aité de T/térapeutique, 1884, p

dh: l organisme. s?

l'intestin. En effet, depuis la bouche jusqu'à l'anus, toute la muqueuse digestive est remplie de microbes qui poursuivent leur évolution. Il est vrai que leur activité chimique est quelque peu ralentie dans l'estomac où ils sont tenus en réserve par l'acidité du suc gastrique, mais ils reprennent toute leur énergie biologique dans le tube intestinal, où ils trouvent des milieux nutritifs qui sont neutres ou alcalins. Alors, par le fait de cette fermentation, il se produit des composés chimiques dont les uns sont gazeux, et généralement inoffensifs, dont les autres, au contraire, exercent une action toxique, plus ou moins accentuée.

A l'état normal, ces fermentations intestinales ne dépassent pas une certaine limite : elles cessent bientôt; et en somme elles ont eu plutôt l'avantage d'activer les phénomènes de digestion et d'absorption. Mais il se peut faire que quelque micro-organisme se développe en trop grande abondance, et sécrète des toxines dont l'absorption serait dangereuse. Alors, pour y remédier, la sécrétion intestinale est activée, et il se produit une diarrhée qui a pour effet de diluer le poison dans une grande quantité de liquide et de déterminer son expulsion par des selles diarrhéiques. C'est ainsi que les choses se passent dans le choléra, dans la fièvre typhoïde, dans les diarrhées dites infectieuses, dans certains empoisonnements dus à l'ingestion de viandes malsaines. Ce sont là évidemment des diarrhées d'origine réilexe dues à la stimulation de la muqueuse intestinale par les alcaloïdes toxiques qu'ont sécrétés les microbes.

Eh bien ! dans ce cas aussi, nous retrouvons toujours cette sorte de double barrière dont je vous ai si souvent entretenus. Ces mêmes ptomaïnes qui, appliquées à la surface de l'intestin, déterminent la congestion et la sécrétion réflexes, sont parfaitement capables de déterminer les mêmes phénomènes, si elles sont introduites dans la circulation ; mais c'est par un mécanisme tout différent. Alors en effet elles agissent sur les centres nerveux directement après qu'elles

ont pénétré dans le sang, et non plus par voie réflexe, indirectement, par l'excitation de la muqueuse intestinale. De bons exemples de celte diarrhée de cause centrale nous sont fournis par les expériences nombreuses dans lesquelles on injecte le bouillon de culture du microbe du choléra. Le poison qui a pénétré dans la circulation va agir sur les centres nerveux qui commandent la sécrétion intestinale.

Tels sont à peu près les moyens de défense des êtres vivants contre les poisons introduits avec les aliments. Mais ces poisons ne sont peut-être pas les plus redoutables, et nous serions tentés de croire que les plus dangereux de tous les poisons, ce sont ceux qui dérivent des microbes infectieux pullulant dans le sang.

En effet l'admirable expérience de Pasteur sur le choléra des poules a appris que les symptômes d'une maladie microbienne pouvaient être amenés non pas seulement par ce microbe, mais par les produits chimiques de la vie de ce même microbe. Toutes les expériences ultérieures ont confirmé ce grand principe, et on admet aujourd'hui que le microbe amène la mort par l'intoxication que produisent les poisons qu'il a fabriqués.

Cela revient à dire que les maladies microbiennes sont de véritables intoxications. Le poison, au lieu d'être introduit avec les aliments, est fabriqué dans l'intérieur même de l'organisme par les microbes infectieux; et la toxicité de certaines de ces substances est certainement bien supérieure à tout ce que nous connaissons sur la toxicité des autres poisons. D'après MM. Brieger etCoHN',le poison du tétanos, alors qu'on ne l'a pas préparée l'état de pureté, serait assez actif pour produire des effets appréciables à la dose minuscule de 4 centièmes de milligrammes pour 1 kilogramme d'animal vivant. Un exemple non moins remarquable de cette puissance

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