Le Matin, toc, cit
doivent y penser en prévenant dans leurs déclarations toute possibilité d'interprétation erronée.
En revanche on a pu répliquer à M. Lanson que le latin et le grec n'avaient nullement été immolés au français par les programmes de 1902, mais qu'ils avaient cédé la place à d'autres disciplines telles que les sciences et les langues vivantes. Par une fâcheuse erreur, en partie réparée depuis lors, ces programmes, comme je le montrerai plus loin1, avaient même restreint encore la part du français dans certaines sections. Il eût été logique, en effet, de fortifier l'étude de notre langue là où les langues anciennes disparaissaient de la scène : et il faut espérer qu'on procédera ainsi lorsqu'on réorganisera l'enseignement secondaire moderne.
La véritable question se ramène donc à ceci : les humanités anciennes, et en particulier l'étude du latin, peuvent-elles contribuer, et dans quelle mesure, à la connaissance de notre langue, à la formation de la culture française ? Si l'on veut y répondre, il faut faire effort — comme disent les Allemands — pour s'objectiver, et négliger un instant nos goûts de lettrés pour les bons vieux livres latins et grecs, compagnons de notre ado-