‹ La défense de la langue francaiseChapitre 18 sur 98 · Revue des Deux Mondes, 15 sept. 1910, p · texte numérisé non relu

Revue des Deux Mondes, 15 sept. 1910, p

nisme » d'enseignement, cette rhétorique creuse qui n'apprenait rien, qui stimulait peut-être le goût, mais qui sûrement ne l'éduquait pas. Aujourd'hui on veut « enseigner quelque chose, quelque chose de palpable, de solide et de précis ». C'est dans le même sens que Renan — je pense que les amis des lettres ne le récuseront pas non plus — déclarait qu'il fallait « donner plus à la spécialité, à la science, à ce que les Allemands appellent le Fach, moins à la littérature, au talent d'écrire et de penser1 ».

La spécialisation était absolument nécessaire ; l'humanisme, au vieux sens du mot, avait tué notre enseignement supérieur, avec ses dissertations brillantes et ses anecdotes piquantes pour gens du monde, ses admirations et ses anathèmes immotivés. Laissons encore la parole à Renan (peu suspect de partialité), qui fait ainsi le parallèle entre les Universités allemandes et françaises de son temps :

« Un élève même secondaire de M. Bœckh, de M Bopp, de M. Karl Ritter, rend des services, est un homme utile, qui compte dans le mouvement scientifique du temps, et travaille pour sa part à polir une des pierres qui entrent dans 1 édifice du temple éternel; mais qu'est-ce qu'un élève

Page 1