Sénat, année 1907, session extraordinaire, n° 330, p
ici des conférences de langue et littérature françaises, là des explications d'ancien français, ailleurs des chaires de philologie romane, plus loin des cours sur les dialectes de la région. Il est temps d'unifier et d'harmoniser cet ensemble bigarré et hétérogène.
Certes il est excellent de faire du régionalisme, d'étudier le gascon à Bordeaux, le provençal à Aix, le wallon à Lille : mais il ne faut pas que ce soit au détriment du français, et un enseignement de ce genre sera surtout profitable s'il est donné parallèlement à une étude critique de notre langue, en faisant ressortir comment tel dialecte n'est qu'un rameau de l'arbre national, quand il s'est détaché de la souche commune, quels sont les caractères qui l'en distinguent. Qu'on sépare le plus possible la langue de la littérature, qu'une chaire ou conférence
— dénommée par exemple « philologie romane »
— soit organisée dans chaque faculté, et qu'il soit bien entendu que la langue française constituera le centre de cet enseignement : à côté on fera au régionalisme et aux langues méridionales leur part nécessaire et que nul ne songe à leur refuser.
Enfin à la Faculté des Lettres de Paris où, depuis la fusion de l'Ecole Normale avec la Sorbonne1, se forme désormais l'élite du corps ensei-