CHAPITRE PREMIER
L'argot des malfaiteurs ; son influence ; ses procédés de formation.
Voilà déjà plus de trente ans que Brunetière s'inquiétait de la déformation de la langue par l'argot1. Le phénomène n'a fait que s'accentuer depuis cette époque, à tel point qu'il provoque à l'heure actuelle, nous l'avons vu, une véritable crise de la langue française, susceptible d'inquiéter, à juste titre, les puristes.
Pour combattre un ennemi, il faut d'abord le connaître. Charles Nodier ne déclarait-il pas, jadis, que pour bien savoir le français, il fallait avoir étudié les patois et l'argot ? Ce sont, en effet, d'excellents réactifs qui permettent de mieux pénétrer, par comparaison ou par contraste, le mécanisme de la langue classique — de la posséder