Historia, 20 novembre
Richepin, qui sont un peu de la même lignée, — c'est son énergie rude et sauvage, la vigueur et l'éclat de ses métaphores.
Parfois, il est vrai, l'ignorance des règles étymologiques fit croire à des métaphores imaginaires. J'ai cité ailleurs i l'exemple de lansquiner (pleuvoir) où Victor Hugo avait vu les hallebardes des lansquenets : l'argot ne dit pas — déclarait-il — « il pleut », platement, prosaïquement, mais « il pleut des hallebardes ! » Quelle langue énergique ! — Malheureusement lansquiner est le dérivé très ordinaire du terme argotique lanse 2, qui signifie « eau ». Au lieu de « il pleut », l'argot dit : « il fait de l'eau ». Est-ce beaucoup plus imagé?
Que de choses Balzac, rarement aussi imaginatif, a-t-il vues dans pioncer, qui s'est aujourd'hui singulièrement affadi et banalisé 3 !
« En argot, écrit-il, on ne dort pas, on p ion ce. Remarquez avec quelle énergie ce verbe exprime le sommeil particulier à la bête traquée, fatiguée, défiante, appelée voleur, et qui, dès qu'elle est en sûreté, tombe et roule dans les abîmes d'un som-