La langue française d'aujourd'hui, pp. 23-24, n
2. Ce terme vient de ansia, mot de « germania » (ancien argot espagnol) qui a le même sens, et qui se rattache luimême à l'espagnol ansia (lat. anxia) « angoisse », « torture » : on sait que l'eau était un des principaux moyens de torture.
B. La dernière incarnation de Vautrin (1847), éd. 1855, p. 28.
meil profond et nécessaire, sous les puissantes ailes du Soupçon planant toujours sur elle. Affreux sommeil, semblable à celui de l'animal sauvage qui dort, qui ronfle, et dont néanmoins les oreilles veillent, doublées de prudence. »
Un peu plus loin le romancier s'emballe sur une coquille typographique, quand il admire l'expression si pittoresque — pense-t-il — « rincer une cabriole » pour « dévaliser une chambre ». Certes « cabriole » est joli, et ce voleur qui met à sac un appartement comme on fait une pirouette ne manque ni de dextérité ni d'élégance. Malheureusement, c'est cambriole qu'il faut lire, terme tiré tout bêtement du mot qui signifie a chambre » en provençal (cambro). Adieu la métaphore et la pirouette !
Victor Hugo a donné dans Les Misérables l des étymologies bien amusantes. Il écrit, par exemple:
« Ce qu'il y a de plus terrible pour le prisonnier dans les quatre murs de pierre qui l'ensevelissent, c'est une sorte de chasteté glaciale : il appelle le cachot le casta. »
Il faut encore en rabattre. Le grand poète, qui ne connaissait pas le provençal, était excusable de ne pas avoir reconnu castèu, qui signifie château