‹ La défense de la langue francaiseChapitre 6 sur 98 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

seulement sur le danger — encore trop peu soupçonné — que font courir à notre langue les idiomes artificiels, — espéranto en tête — qui ont la prétention de servir de truchement entre les peuples : et c'est toujours en me plaçant au point de vue du français, de sa défense et de ses intérêts (dont certains font trop bon marché), que j'étudie la question de la langue internationale.

L'indifférence du grand public, en cette matière, est regrettable. Les promoteurs des langages artificiels seraient mal fondés à s'en prévaloir : s'ils ne rencontrent guère d'opposition à leur propagande, c'est parce qu'on ne prend point, en général, leurs projets au sérieux. En quoi on a tort. Bien qu'il m'en coûte de contrister des zélateurs bien intentionnés, aux idées généreuses, parmi lesquels je compte quelques amis personnels, je crois de mon devoir d'écrivain et de Français de dénoncer un péril très réel et trop méconnu. D'ailleurs une réaction commence à se dessiner. On s'aperçoit que toute langue artificielle a pour but de ruiner l'expansion des langues nationales hors de leurs frontières. Sous prétexte que le français ne possède plus la même prééminence dans le monde qu'au dix-huitième siècle, des mains

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