L. Couturat, La réforme justifiée, p
2. Il y a eu aussi de vives critiques contre l'orthographe, qui défigure la physionomie de radicaux internationaux et abuse fâcheusement du k (ekuatoro = équateur, oksido = oxyde, etc.). Mais c'est là un point de vue secondaire.
C'est d'abord le son représenté par un h surmonté d'un accent circonflexe, et qui correspond au ch dur allemand : il n'existe ni chez les Anglais, ni chez les Latins (Espagnols à part), qui doivent faire de très longs efforts pour l'émettre, je ne dis pas correctement, mais d'une façon approximative ; si, par surcroît, il est précédé d'un r, comme dans monarho (monarque), il devient absolument imprononçable pour tous les peuples qui ont un r grasseyé. Même remarque pour les sons kts,sts, ksts (écrits respectivement kc, se, ksc l) et que les Slaves sont à peu près les seuls à pouvoir émettre couramment.
Et les diphtongues finales si compliquées en aj, ej, oj, uj, qu'Anglais, Espagnols, Italiens, voire Français, sont obligés de briser, en prononçant aï, eï, oj, ouï, et non, suivant la règle, comme les finales françaises aille, eille, etc? Des vocables comme chiuj (pron. tchiouille) paraissent inventés pour faire de la gymnastique vocale, pour trouver place dans les « mots à dire vite ». On s'aperçoit que l'auteur de l'espéranto était un Slave, et qu'il n'a pas tenu compte des nécessités phoniques auxquelles sont soumis les peuples latins — pour ne citer que ceux-là.
La phonétique, qu'ils avaient négligée, a déjà