Aymonier, op. cit., p
A. Dauzat. — Défense de la langue française. 16
L'Universal n'a pas échappé non plus à cette fatalité : et comment pourrions-nous en douter, quand c'est son propre auteur, le docteur Molenaar, qui vient très loyalement le reconnaître?
« Même calamité pour YUniversal. Outre mes propres modifications depuis la première esquisse du panroman, j'ai reçu une foule de propositions à ce sujet. La perfectibilité des systèmes inventés est infinie, et, comme la papauté linguistique est une absurdité, l'unité est impossible. Si en matière de religion les sectes ne tuent pas la foi, dans la langue internationale les divergences sont, au contraire, mortelles, et l'unité est la conditio sine qua non1».
Mais surtout, aux yeux du savant, la langue artificielle ne pourra jamais réaliser l'unité rêvée, parce qu'elle sera soumise, dès qu'elle sera parlée, aux lois de l'évolution, de la segmentation, de la lutte pour la vie. Voici comment s'exprime à ce sujet un des maîtres actuels de la linguistique, M. Hugo Schuchardt, qui n'est pas suspect d<; partialité, puisqu'il suit avec une curiosité sympathique la question des langues artificielles :
« Ce n'est pas principalement la supériorité intrinsèque de Yespéranto qui a détrôné le volapùk, et elle ne peut pas non plus suffire à elle