‹ La défense de la langue francaiseChapitre 73 sur 98 · La Revue, 1910, p · texte numérisé non relu

La Revue, 1910, p

seule pour préserver V espéranto d'un semblable sort. Toutes ces solutions ne sont que des solutions apparentes ou provisoires : elles tendent à créer une langue auxiliaire aussi simple et facile que possible ; mais le vrai problème, le problème final est celui-ci: assurera une telle langue, quand même elle ne serait pas la meilleure, le privilège de l'exclusivité. Il ne faut pas espérer que, parmi toutes ces langues déjà inventées ou qu'on inventera encore, une sélection naturelle n'en laissera finalement subsister qu'une seule ; il est beaucoup plus probable qu'elles se tailleront des domaines géographiquement séparés, et que leur ensemble formera une contrepartie plus qu'inutile à l'ensemble des langues nationales. Lors même qu'elles se disputeraient réellement la place, il ne faudrait pas compter que la meilleure survivrait nécessairement, d'une part parce que, comme les systèmes de sténographie, elles ne diffèrent pas essentiellement au point de vue de la commodité pratique, et d'autre part, parce que leur diffusion n'est pas déterminée uniquement par leur valeur propre, mais par celle de leurs adeptes, par leur savoir, par leur zèle, par leur influence sociale l... »

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