‹ La défense de la langue francaiseChapitre 75 sur 98 · L internationalisme (1910), chap. X · texte numérisé non relu

L internationalisme (1910), chap. X

que quiconque pour sentir le danger. Et ce danger n'est pas moins réel, même en cas d'échec de l'espéranto et de l'ido : car la partie négative et destructive de leur œuvre peut produire des résultats fâcheux, et faire perdre à notre langue des positions acquises et défendues à grand'peine, que des rivaux pourront conquérir en profitant d'un moment de désarroi.

Cet argument si grave, qui n'a jamais été réfuté — et qui ne peut pas l'être — a souvent préoccupé les espérantistes. M. le général Sébert a consacré spécialement une brochure à cette question l : à la lire attentivement, je n'ai pu que me convaincre davantage des dangers de l'espéranto — on en jugera par la citation précédente. J'ai rencontré seulement à nouveau le sophisme assez peu spécieux — dénoncé déjà par M. Thiaucourt et repris dans un récent volume par M. Gautherot — qui peut se formuler ainsi : pour propager le français à l'étranger, le meilleur moyen est de répandre l'espéranto. On pourrait se contenter de répondre avec M. Maurice Talmeyr 2 : « Vouloir venger notre langue en la faisant supplanter partout par quelque chose qui ne serait plus une langue du tout, au moins dans le sens ordinaire du mot, et s'imaginer rapprendre le français aux gens en leur

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