Le Petit Journal,*» juillet
2. M. Archdeacon est modeste. Rien qu'en France, il y a plus de vingt mille villages ayant chacun un patois différent.
des livres français aient plus de succès que les traductions anglaises et allemandes, qui sont assez rares et ne comptent guère, en général, dans Je budget de nos écrivains, bien qu'elles s'adressent à un public éventuel d'une moyenne intellectuelle très élevée, atteignant là 125 millions, ici 80 millions d'individus. Il faut regarder les faits, et non se payer de mots. Les auteurs se défient des traductions et préfèrent qu'on lise leurs œuvres dans le texte. D'ailleurs, nous l'avons vu, les propagandistes les plus autorisés des langues artificielles renoncent euxmêmes, de plus en plus, aux traductions littéraires auxquelles de tels idiomes ne sont pas adaptés.
En dépit des dénégations sans arguments et des plaidoyers intéressés, le danger subsiste donc entier. On ne Ta pas senti seulement en France, mais aussi à l'étranger, spécialement en Angleterre, en Allemagne et en Autriche. Dès 1904, M. le professeur Gomperz, de l'Académie impériale de Vienne, combattait l'adoption d'une langue artificielle qui, disait-il, ferait disparaître la supériorité acquise par les Allemands dans certains domaines *. Les autorités allemandes se montrent hostiles à la propagation de l'espéranto2,