‹ La défense de la langue francaiseChapitre 83 sur 98 · La Revue, 1910, p · texte numérisé non relu

La Revue, 1910, p

2. Sur ce dernier point, je cesse d'être d'accord avec Fauteur, qui sans doute n'a jamais été en Castille. La sonorité de l'espagnol (qui était peut-être réelle au seizième siècle) est une de ces légendes qui ne résistent pas... à l'audition : l'espagnol actuel avec sa jota est aussi rude que l'allemand, et c'est une des langues les moins sonores qui existent avec son c et son d prononcés entre les dents, son v bilabial et surtout la monotonie de son élocution (Cf. mon volume L Espagne telle qu'elle est, pp. 43 et 303).

que de nombreux étrangers proclament le contraire. Il faut répéter ici les justes et sévères pa rôles de Novicow { :

« Que les Français travaillent à faire de leur langue l'idiome auxiliaire de notre groupe de civilisation, c'est leur intérêt et leur gloire. Mais ce qui constitue leur devoir le plus strict à regard de leur patrie, c'est au moins de ne pas travailler à contrecarrer ce mouvement. Il faut laisser les Danois, les Polonais, les Allemands être espérantistes, novolatinistes, etc. Les Français ne devraient être que francistes, s'il est permis de forger ce barbarisme. »

Dira-t-on que ce serait là poursuivre un but égoïste et chauvin ? Après tout, où -serait le mal ? Toutes les nations n'agissent-elles pas ainsi? Mais il y a au contraire un but très élevé et d'intérêt général, capable de séduire les défenseurs des idées humanitaires. C'est encore Jacques Novicow qui va nous le montrer2 :

« Quand les Français auront la pleine conscience que leur langue peut devenir l'idiome du groupe européen, quand ils auront l'ardent désir qu'elle le devienne, quand ils emploieront tous leurs efforts pour atteindre ce but, les Français

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