‹ La défense de la langue francaiseChapitre 87 sur 98 · Dans cent ans, p · texte numérisé non relu

Dans cent ans, p

3. Notes sur la langue internationale, p. 39. Voir surtout son récent et très intéressant volume L'espéranto et le système bilingue (Bernard Grasset, éditeur).

c'est-à-dire de 180 millions d'hommes faisant partie de l'élite de la civilisation, et successivement et par la suite, de 400 millions en voie de civilisation (sujets et protégés français, anglais et américains). »

Dédaigneusement, le Congrès refusa d'examiner ce projet, qui eut alors trop peu de retentissement. Il était prématuré, à un moment où l'idée d'une langue artificielle séduisait les esprits et éveillait tous les espoirs. Cependant l'auteur reçut une approbation éminente, qui suffisait à le consoler de cet échec : celle de M. Michel Bréal, qui, avec sa remarquable perspicacité, discerna aussitôt l'intérêt d'un semblable projet:

« L'effet d'une telle convention, écrivait-il1, ne tarderait pas à se faire sentir. Les deux langues ainsi désignées pour être le mo}Ten de communication entre cent quatre-vingt millions d'hommes, acquerraient du coup une sorte de prépondérance. En ce qui concerne l'acquisition de l'anglais, les peuples de l'Europe septentrionale n'auraient pas un grand effort à faire, ni les peuples du Midi de l'Europe et les nations de l'Amérique méridionale à l'égard du français. On créerait ainsi un courant d'une force irrésistible, qui finirait par s'imposer à tous.

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