‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 2)Chapitre 33 sur 93 · LOCOMOTIVES ET WAGONS BLINDÉS · texte numérisé non relu

LOCOMOTIVES ET WAGONS BLINDÉS

Kiudes faites Eli 18G7, lo coloiiol américain Brent avait expose à

par oïdif . . ,

do iKnipoieur 1 Ii,mpereur les avantages que 1 on pourrait tirer do maies locomotives chines de iruerre roulant sur les chemins de fer pour la

blindées. ^ '■

défense d'un territoire.

L'idée avait déjà été signalée bien des fois , mais le colonel Brent avait étudié la question sous toutes ses faces et l'avait développée avec des vues complètement neuves.

L'Empereur transmit cette proposition au maréchal Niel et au général Le Bœuf, en ajoutant qu'il croyait utile de faire étudier une locomotive spéciale pour la défense des lignes de chemins de fer; cette machine, mise à l'abri des coups de canon de l'ennemi par une forte cuirasse, porterait des canons à balles, armes sans recul et faciles à servir dans un espace restreint.

Le ministre de la guerre et le président du Comité d'artillerie furent d'avis qu'un semblable engin protégerait efficacement les points de bifurcation des lignes et les gares importantes.

II fut décidé que M. de lleflye, directeur des ateliers de Meudon, serait chargé d'élaborer un premier projet qui servirait d'essai, et que le plus grand secret serait recommandé aux agents de l'établissement employés à la construction.

M. Mariette, ingénieur civil, chef de l'atelier de dessin, commcnç^a les études de la machine motrice, pendant que des expériences de tir étaient ontroprlGos pour déterminer les épaisseurs des tôles de blindage tiu'il laudrait employer pour mettre le mécanisme et les servants

à l'abri des coups do l'artillerie de campagne. Ces expériences furent faites avec le canon de 12 rayé de campagne tiré contre des plaques métalliques à une faible distance.

L'étude du .projet révéla bientôt de nombreuses difficultés pratiques. Afin de placer des mitrailleuses, il fallait des plates-formes dont l'emplacement diminuait considérablement l'espace disponible pour l'établissement de la chaudière et du mécanisme ; cependant la machine motrice devait avoir une assez grande puissance , et ses organes des dimensions suflisantes pour résister à l'écrasement dû à un poids qui pouvait s'élever à 60 tonnes environ. La nécessité de subvenir aux approvisionnements d'eau, de charbon, de munitions de guerre entraînait une répartition parcimonieuse de la surface limitée par l'établissement des voies.

Après plusieurs essais tentés à l'aide de dessins , on adopta une distribution intérieure pour la locomotive, et l'on fit établir une caisse représentant la plate-forme sur laquelle devaient être placés les canons; sur ce modèle on détermina les positions des affûts et celles des embrasures, de manière à défendre, dans toutes les directions, les abords de la voie.

Ces premiers travaux avaient été faits en 1868, mais n'avaient pas été poursuivis avec activité, parce qu'aucun crédit n'avait été alloué pour commencer f exécution de la machine.

Avant de procéder à la fabrication de la machine mo- construciion Irice, M. de Fleffye soumit les projets à l'examen de ""î,iuidée?''^^ M. Deloy, ingénieur de la traction au chemin de fer de Lyon. Cet ingénieur, après une étude attentive, signala quelques modifications à apporter.

Le 2 janvier 1869, les dessins d'ensemble furent présentés à l'Empereur et au maréchal Niel, qui ordonné-

I renl de faire les études des détails de construction, et do

commencer l'établissement du châssis.

Pendant les premiers mois de 1870, les différentes pièces commandées chez divers industriels furent ajustées dans les atehers de Meudon, où l'on procéda au montage de la machine.

Mais nos ressources budgétaires étant insuffisantes pour continuer, sans interruption, le travail de l'appareil, la commando du blindage fut remise à une époque ultérieure.

Lors de la déclaration de guerre, on commanda immédiatement, par ordre de l'Empereur, le bhndage à MM. Pétin-Gaudet.

Construction Après nos premiers désastres, l'Impératrice, sur l'avis wagons blindés, clu Gomité de défonso, ordonna à M. de Reffye de faire construire sans retard trois wagons blindés qui seraient remorqués par la locomotive. Les châssis de ces wagons furent commandés à i\IM. Bonnefont, mécaniciens à Ivrysur-Seine, et on demanda les blindages à MM. Pétin- Gaudet, à Rive-de-Gier.

A cette époque les ateliers de Meudon étaient transférés à Paris. La locomotive fut transportée à Grenelle dans les usines de M. Cail, qui se chargea d'en faire terminer l'exécution conformément aux plans.

Les wagons, faits par MM. Bonnefond et 0'% devaient également être conduits chez M. Cail, chargé de monter le blindage.

La révolution Le 4 Septembre vint interrompre tous ces travaux.

(lu i septembiM

arrête Les commandos faites par le Comité de défense à

ses travaux. -r

M. de Pioffye n'avaient pas été ordonnées avec les formes administratives habituelles ; on avait été au plus pressé. Les ordres avaient été donnés de vive voix ti cet officier, qui avait transmis les commandes aux conslruc-

DEFENSE DE PARIS. ir.l

teurs, sans attendre la régularisation par écrit de l'autorisation des marchés.

Mais la révolution avait éloigné l'Impératrice et le Comité de défense ; la nouvelle direction de l'artillerie au ministère de la guerre ne voulut pas approuver les dépenses. Non - seulement elle refusa à M. de Reffye l'approbation des marchés, mais elle lui laissa entendre, au moment où il partait pour installer à Nantes des ateliers de construction, qu'elle laisserait à sa charge le payement des dernières commandes.

M. de Reffye écrivit immédiatement au Gouverneur de Paris pour lui exposer la situation.

Quelques jours après , le général Trochu donna au Ministre de la guerre l'ordre de régulariser les commandes faites et de décharger la responsa]jilité du directeur des ateliers.

De plus, conformément à la demande de M. de Reffye, il nomma une commission qui fut chargée d'examiner les travaux et de donner son avis sur l'opportunité des dépenses à faire pour l'achèvement des machines.

Cependant les travaux en cours d'exécution avaient été suspendus jusqu'à la décision de la Commission d'enquête, de sorte que cet incident occasionna un retard d'un mois, et empêcha ainsi le train blindé de fonctionner utilement pendant le siège.

La Commission, composée du colonel d'artillerie Obry, président, du lieutenant-colonel du génie Carth et de M. Eugène Flachat, ingénieur civil ^ conclut dans son rapport du 2 octobre à l'achèvement du train blindé.

En conséquence, par décision du 8 octobre, le ministre de la guerre donna l'ordre au général de Menibus, directeur du Dépôt centralj de faire continuer les travaux suspendus depuis un mois.

ir.2 DEFENSK DK PAHIS.

n nstruciion Le Capitaine Pothior lui cliargé de leur direction.

un'; iiiii blindé. ' /-, i f

L'activité déployée dans les ateliers de M. Cad fut telle que vers la lin de novembre, la machine élait dans la gare des Batignolles, montée et couverte do ses blindages : 13 mitrailleuses furent mises en batterie, 4 dans la locomotive et 3 dans chacun des wagons.

Atin de pouvoir étendre le champ de tir sans faire des embrasures de grandes dimensions, on avait construit dans les ateliers de la rue de Suffren, des affûts qui permettaient de donner la hausse et la direction par des rotations autour de la bouche de la pièce. Ces meurtrières pouvaient être fermées à volonté par des plaques de recouvrement d'une épaisseur capable de résister au choc des projectiles.

Au mois de janvier, le train blindé était prêt à fonctionner, son armement était préparé ; les approvisionnements en eau, charbon, munitions, étaient rassemblés. Il ne manquait plus que le personnel spécial, qu'on organisa facilement, grâce au concours des compagnies de chemins de fer.

Le personnel était à peu près exercé quand eut lieu l'armistice; il fut licencié avant d'avoir expérimenté contre l'ennemi ces nouveaux engins, dont on espérait les meilleurs résultats.

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