CHAPITRE V
MOYENS DE COMMUNICATION AVEC l'eXTÉRIEUR.
Primitivement on crut qu'il était impossible d'investir assez complètement une ville aussi étendue que Paris pour arrêter tout courrier ; mais il fallut bientôt se rendre à l'évidence. Dans les premiers jours, quelques messagers purent encore passer; plus tard, ce ne fut que très-exceptionnellement. En tout cas, c'était un moyen trop peu sûr pour qu'on cherchât sérieusement à l'utiliser. Le Comité de Défense avait établi un càble sousmarin afin de communiquer vers la haute et basse Seine avec Joigny et Rouen : on échangea quelques dépêches, mais le càble fut bientôt découvert et rompu par l'ennemi. . . Tout était fermé : routes de terre, chemins de fer, cours d'eau. . . Il ne nous restait plus que la voie aérienne « pour aller porter à la province des nouvelles du grand prisonnier qui s'appelait Paris. »
On employa d'abord les ballons libres qui contenaient un certain nombre de dépêches. Puis on fit usage de ballons montés. Cinquante-quatre ballons emportèrent ainsi les correspondances postales de Paris avec la province : soit environ 3 millions de lettres! Six ou sept seulement se perdirent en mer ou tombèrent dans les lignes prussiennes. Le premier de ces ballons partit de Paris le 23 septembre.
Pour avoir des nouvelles de la province, on employa des pigeons voyageurs.
Enlevés avec les ballons montés de la poste, ces animaux revenaient par instinct à leur point de départ, et
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rapportaient des nouvelles. Mais les vents étaient parfois contraires... le froid très-rigoureux... les messagers ailes se faisaient longtemps atttendre ; souvent même ils ne revenaient pas...
Le procédé employé pour la correspondance privée était fort ingénieux.
Tous les télégrammes envoyés de la province étaient centralisés à Tours ; là on les condensait une première fois, en les typographiant, de façon à former comnip les colonnes d'un grand journal ; puis on les photographiait, réduisant autant que possible la surface ; cette dépêche générale, rédigée en caractères microscopiques était roulée dans un tuyau de plume que l'on attachait au pigeon voyageur; la dépécHe arrivée à Paris, l'administration centrale en réexpédiait télégraphiquement le contenu aux destinataires, par les moyens habituels.
Un décret spécial du 10 novembre 1870 réglementa ce mode de correspondance entre Paris et les départements, en fixant les tarifs et on autorisant l'envoi de mandats de poste jusqu'à 300 francs, à destination de Paris.
QUATRIEA^IE PARTIE