‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 2)Chapitre 48 sur 93 · COUP D'ŒIL SUR PARIS ET SES ENVIRONS · texte numérisé non relu

COUP D'ŒIL SUR PARIS ET SES ENVIRONS

Paris est situé au centre du terrain primitif qui forme le versant de la Manche. — Du massif du Morvan, nœud de ce riche bassin, se détachent de fortes et nombreuses ondulations, qui, se recourbant en arcs de cercle, donnent à tous les cours d'eau une inflexion trèsmarquée. Ces ondulations vont toujours en s'abaissant de la circonférence au centre ; les versants intérieurs descendent en pente douce sur Paris ; les versants extérieurs , au contraire , sont généralement abruptes et d'accès difticile. Les géologues ont cru voir dans cette formation des obstacles naturels pouvant servir à la défense de la capitale.

D'une hauteur moyenne de 30 à 40 mètres au-dessus du ni-veau de la mer, Paris est divisé en deux par la Seine; la région méridionale, qui est la moins étendue, se trouve protégée à l'est par le fleuve coulant du midi au nord; au sud, elle est entièrement dominée par les plateaux de Villejuif, de Chàtillon, que sépare la vallée de la Bièvre.

Pielié par Palaiseau et Étampes aux plaines de la Beauce, le massif de Ghâtillon s'avance en pointe vers Paris. De là, on dirait « qu'il n'y a (^u'à jeter avec la « main des obus dans la ville » (1).

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La partie septentrionale de Paris, qui est la plus considérable, forme un vaste demi-cercle; la Seine en est le diamètre infléchi à son entrée et à sa sortie. Ce côté de la ville se trouve protégé à l'est par la Marne, dont les anneaux sinueux côtoient les hauteurs de Montmesly, de Sucy-en-Brie, de Ghennevières, de Ghampigny, de Villiers, de Noisy-le-Grand . . . Au nord s'élèvent les plateaux du Raincy, d'Avron, de Romainville ; ce dernier confine à la Ville, et s'y continue par Charonne, Ménilmontant , les buttes Ghaumont; hors l'enceinte, il présente une suite de croupes coupées par des escarpements et de nombreux murs à pic taillés dans le roc, pour l'exploitation des carrières... Les villages, les villas, les jardins, les parcs, se touchent, s'enchevêtrent en formant un réseau inextricable.

Au pied du plateau de Romainville s'étend la plaine de Saint-Denis, arrosée par plusieurs cours d'eau; tous ces ruisseaux affluent, avant de se jeter dans la Seine, vers la ville , et déterminent un ensemble de bras d'eau appelé Vieille Mer.

A l'Ouest apparaissent les collines d'Orgemont, de Sannois, de Gormeil-en-Parisis, qui ferment la presqu'île d'Argenteuil, comme celle de Gennevilliers est fermée par les hauteurs de Saint-Gloud et de Bougival . . . Plus au nord, et parallèlement à ces collines, s'élèvent les hauteurs boisées de Montmorency , se terminant près de Saint-Denis par gradins successifs, de telle sorte qu'à partir de cette ville chaque position se trouve dominée par une position située plus avant. La butte

Montrouge, Issy, Vaiivcs, Vaiigirard ; — en 1589, HtMiri III et 1p Béarnais avaient établi leur camp sur les hauteurs de Clamait, Meudun, Sainl- Cloud. — Ce point de Châlillon a toujours eu une importance mililaire, ainsi que l'indique son iw\n CasteUio. Aujourd'huion voit encore une /owr de l'ancienne forteresse, appoloo par les habitante tour de Crouy. .

Pinçon et le renflement de Stains, qui finissent sur les bords du Crould, servent de transition avec la plaine, et sont les points les plus marquants de ce terrain de formation irrégulière , tout enchevêtré de noues et de vallons.

^1 En revenant sur Paris par Saint-Ouen on aperçoit la butte Montmartre, haute de 128 mètres et large de JOO mètres, qui domine « l'océan de pierres de Paris » ; elle est contenue tout entière dans l'enceinte et se prolonge à l'ouest, par les Balignolles et Monceaux; à partir de ce point le terrain monte à nouveau jusqu'à l'Arc-de- Triomple , qui fait partie du massif du Trocadéro , de Passy, d'Auteuil, dont les pentes se perdent dans le bois de Boulogne et sur les rives de la Seine.

De l'autre côté du fleuve s'étend la longue presqu'île de Gennevilhers, terminée par un dos chaînons du massif de Marly. A partir de Bougival, ce massif s'éloigne un peu de la Seine, et forme une véritable lunette dont le saillant, coté sur la carte 155, est tourné vers Paris. Les pentes de Bougival, de Buzenval au nord, celles de Garches et de Vaucresson au sud, en déterminent les flancs et les faces... Au delà, et plus avant dans la presqu'île de Gennevilliers s'avance, en forme de redan, une croupe allongée dont le Mont-Valérien est le point le plus élevé; sa face nord-ouest domine Rueil, Nanterre ; la face sud passé au-dessus de Courbevoie, Putcaux , Suresnes, Montretout, Saint-Cloud. Au point appelé le Piond-de-Sèvres, cette face fait un retour en potence au-dessus de Ville-d'Avray et Marnes... ; en face s'allonge la croupe des Fausses-Reposes qui, avec les bois de Meudon, détermine l'étroite vallée menant à Versailles par Sèvres, Chaville et Viroflay.

En résumé, les reliefs du sol qui séparent ou limitent les terrains des environs de Paris présentent le caractère

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commun aux pays de collines et de plateaux peu élevés . . .

Les ondulalions, généralement boisées, sont larges et douces, mais les villages et les habitations innonibrabies qui se pressent sur leurs flancs en ont changé pres(|ue partout la nature et l'aspect.

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