ORDRE DU GENERAL EN CUEF
« Les troupes seront divisées en trois groupes :
« 1° Général Berthaut, 3,400 hommes d'infanterie, « i20 bouches à feu, 1 escadron de cavalerie (1); agira « entre le chemin de fer de Saint-Germain et la partie « supérieure du village de Rueil. Son artillerie sera place cée aux environs de la station de Rueil et bien cou- « verte par le chemin de fer. Elle canonnera vigoureu- « sèment la Malmaison et l'entrée de Bougival. Les « tirailleurs occuperont Bois-Préau et les maisons voi- « sines de la Malmaison et du rond-point des Guides, « avec réserve sur la place de l'Église et de la Réunion.
« De nombreux tirailleurs à droite garniront le chemin « de fer, avec fortes réserves près de la station. Le gros « des troupes prendra position derrière la caserne.
« S** Général Noël, 1,350 hommes d'infanterie, lObou-
(1) La colonne du général Berthaut comprenait : 2 bataillons de mobiles de Seine-et-Marne ;
2 bataillons de zouaves; 1 bataillon du 36»;
1 bataillon de mobiles du Morbihan;
3 compagnies du 2"^ bataillon des francs-tireurs do Paris;
3 batteries (2 de 12 et 1 de 4) et 1 section de mitrailleuses; 20 sapeurs du génie;
1 escadron de gendarmerie; 10 éclaireurs Franchettl.
« ches à feu (1); tournera le Mont-Valérien au sud, des- « cendra par le chemin qui va de la Briqueterie au chà- (t teau de Richelieu ; son artillerie en batterie sur le « versant qui descend du château de Buzenval ; ses <i tirailleurs aussi rapprochés du château et de la partie .c supérieure de la Malmaison que le permettront les plis < de terrain. Pvéservescà droite et à c^auche, abritées dans « les ravins; gros de troupes près du château de Richelieu.
« 3" Colonel Gholleton, 1,600 hommes d'infanterie, s» groupe. « 18 bouches à feu et 1 escadron de cavalerie (2) ; pren- « dra position aux environs de l'ancien moulin (Maison- « Brûlée) au-dessus de Rueil ; son artillerie en batterie « de manière à battre la Malmaison et la Jonchera.
« Réserve de gauche, général Martenot. 2,600 hom- Réserves. « mes d'infanterie, 18 bouches à feu (3) ; suivra le che- « min de Puteaux et de Suresnes, et viendra prendre
(1) La colonne du général Noël comprenait :
Les francs-tireurs du Mont-Valérlen;
Les tirailleurs de la Seine ;
Le 5^ bataillon des mobiles de la Loire-Inférieure;
1 section de la compagnie d'éclaireurs du 28" mobiles (Loire-Inf''*),
2 sections de chasseurs à pied de la 1'''^ division; 2 d" d» 2e d"
Les francs-tireurs des Ternes ; Les francs-tireurs de la 'S'^ division;
1 batterie de 4 et 4 mitrailleuses; 20 sapeurs du génie;
10 éclaireurs Franchetti.
(2) La colonne du lieutenant- colonel Gholleton comprenait :
Les francs-tireurs de la l"''^ division; Les d" 2« d°
2 bataillons du 19<^ de marche;
2 batteries de 4 et 1 de mitrailleuses; 20 éclaireurs Franchetti.
(3) La réserve du général Martenot se composait de :
2 bataillons de mobiles d'ille-et-Vilaine;
2 d" d" de la Seine; 1 d"* d» de l'Aisne;
3 batteries (2 de 4 et 1 de 12).
« position entre la Briqueterie et le chemin de fer. Elle « poussera des tirailleurs à droite et à gauche du chc- « min de 1er, dans les vergers des maisons aux envi- « rons de Montretout.
« L'artillerie sera prête à être portée derrière la « Fouilleuse, où elle sera favorablement placée pour « battre la Malmaison, le versant de la Jonchère, le bois « de Buzenval et même les hauteurs de Montretout,
« Réserve du centre, général Paturel, 2,000 hommes « d'infanterie, 28 bouches à feu, 2 escadrons de cava- « lerie (1); prendra position derrière le Moulin-des-Gi- « bets, entre Nanterre et le Mont-Valérien, également à « portée de toutes les positions.
« Le régiment de dragons avec une batterie d'artille- « rie à cheval, fera quelques démonstrations dans la « plaine entre Colombes et Nanterre, en se rapprochant « de la Seine.
« Trois bataillons de la 1" division passeront la Seine « à Asnières et viendront prendre position entre Asnières « et Gourbevoie, en avant du chemin de fer de Versailles.
« Si les troupes du général de Bellemare, comman- « dant à Saint-Denis, étaient appelées à concourir à « l'action , elles pourraient se porter sur Colombes, en K remontant la rive gauche de la Seine, et venir prendre « position derrière Colombes.
« Quelques pièces de 4 pourraient se mettre en bat- « terie dans le fort du Moulin, occupé par une compa- <; gnie de zouaves, et tirer dans la direction d'Argcn- « teuil, sur quelques maisons au bord de la Seine, où « se trouvent en permanence des postes prussiens.
a Enfin, pour terminer l'ensemble des mesures de pré-
(î) La réserve du général Paturel se composait do :
4 bataillons de la 2» brigade de la 2" division;
5 batteries (2 do 4, 2 de 12 et 2 sections do mitrailleuses). 2 Càcadions do cavalerie (gendarmerie).
c caution à prendre, et se mettre à l'abri de toute éven- « tualité, l'on pourrait faire sortir de Paris, à midi, par « la porte de Clichy, les trois bataillons de la Côte-d'Or (( du lieutenant-colonel de Grancey. Cette sortie aurait K pour motif un exercice quelconque à faire sur notre « terrain, ainsi que l'a demandé le colonel de Grancey.
« Une section de mitrailleuses et six bouches à feu se- « ront placées au parc do Rothschild et sous Boulogne, « de manière à battre le revers sud de Montretout.
« Le contre - amiral de Langle pourra également re- « cevoir l'ordre d'ouvrir le feu sur toute la partie comft prise entre Garches, Ville-d'Avray et Sèvres, etprinci- « paiement sur la Porte-Jaune et le village de Garches, « pour gêner les mouvements de troupes qui se feraient « de droite à gauche.
« La canonnière placée à Suresnes battra la partie « comprise entre Montretout et la Seine, et les canon- CL nières placées vers l'île Saint-Germain tireront sur « Sèvres et Saint-Cloud.
« Le Mont-Valérien s'attachera particulièrement à « couvrir de ses feux le bois de la Jonchère, la Celle- « Saint-Cloud, Sainl-Gucufa, la Bergerie et Bougival.
« A un signal convenu, l'artillerie cessera le feu sur la « Malmaison, nos troupes avancées s'y précipiteront, « cherchant à tourner et à enlever les barricades et bat- « teries qui sont établies sur le chemin de fer américain « et dans le parc. Elles se logeront dans le ravin qui « descend de Saint-Cucufa sur le derrijère delà Malmai- « son, et, si elles ne rencontrent pas de grands obstacles, « pousseront jusqu'aux deux maisons delà Jonchère, ha- « bituellement occupées par l'ennemi, et qui auront été tt préalablement vigoureusement canonnées par nous.
« Si elles peuvent s'y établir fortement, les troupes « venant derrière pousseront dans la direction de la
« Seine, de manière à tourner et enlever la barricade « établie à hauteur de l'Ile de la Chaussée, et qui au- « rait été préalablement canonnée; puis se i-ahnltront « sur la Malmaison, no dépassant sous aucun prétexte « le pont de Bougival.
« Toutes les troupes se replieront sur les positions « d'où elles sont sorties, protégées par T artillerie du « Mont-Valérien et celles de nos batteries en position sur « le plateau de l'ancien moulin.
«. Nos dispositions seront prises de façon que l'attaque « commence vers 1 heure. Le signal sera donné par « trois coups de canon du bastion sud du Mont-Va- « lérien, à 30 secondes d'intervalle.
« Dès midi, une grande flamme rouge et blanche sera a arborée sur les deux terrasses des casernes du Mont- « Valérien. Les commandants des colonnes les feront « bien observer. A midi 45, ces pavillons seront descen- « dus ; à 1 heure, lorsque le général Berthaut aura pris « toutes ses dispositions, il fera tirer deux coups de ca- « non à la station de Rueil; immédiatement après, le « Mont-Valérien tirera les trois coups de canon indi- « quant le moment de la canonnade générale.
« Après trois quarts d'heure environ, le général en « chef fera lever trois fois, près de la Maison-Brûlée, un « grand drapeau tricolore.
« Immédiatement le Mont-Valérien hissera les llam- « mes aux points primitifs.
'<■ Toutes les pièces alors devront cesser de tirer sur « la Malmaison, qui sera envahie par les troupes du gé- « néral Berthaut et du général Noél.
« Toute l'artillerie reportera son tir en avant, vers le « pont de Bougival et les hauteurs de la Joncîièro et de « Buzenval. »
Résumé général. Gommo on le voit dans cet ordre Irès-détaillé, la Mal-
maison, attaquée au nord par le général Berthaut (3,400 hommes et 20 bouches à feu), au sud par le général Noël (1,340 hommes et 10 bouches à feu), était, avec la Jonchère, l'objectif principal. Le colonel Cholleton, attaquant Buzenval avec 1,600 hommes, appuyait notre gauche. A notre extrême gauche, le général Martenot, avec 2,000 hommes, empêchait toute tentative de l'ennemi par Montretout ; à notre droite, le général Paturel, sur le plateau des Gibets, observait la presqu'île de Houilles et soutenait directement les colonnes Berthaut et Noél .
C'était environ une dizaine de mille hommes que le général Ducrot engageait. Il n'avait donc pas l'intention de livrer une grande bataille ; il n'était même pas décidé à pousser à fond les faibles forces dont il disposait. « Sous aucun prétexte, disait-il dans son ordre, « les troupes ne dépasseront le pont de Bougival. » Il voulait simplement, ainsi que nous l'avons dit, relever le moral et exciter l'ardeur de ses jeunes soldats, refouler les avant-postes ennemis dans la direction de l'ouest , afin de les empêcher de prendre certaines positions autour de Rueil, qui lui étaient indispensables pour l'exécution de ses projets ultérieurs.
Les troupes du 14* corps allaient avoir devant elles positions ennece massif boisé qui, appuyé aux deux rives de la Seine, par Bougival et Saint-Gloud, forme une épaisse muraille entre Paris et Versailles. Le 5* corps prussien (von Kirchbach), avec les 9^ et 10* divisions, tenait toute cette ligne de hauteurs et de vallées dont les villages, les parcs, les taillis, les villas étaient devenus autant de postes fortifiés, autant de positions formidables.