ATTAQUE DES POSITIONS
A 2 heures 15 minutes, au signal convenu, l'artillerie ^d^tSe^' cesse son feu et nos tètes de colonnes s'élancent en avant. ^^ ^avam' ^°
(2 h. et quart)
Les francs-tireurs de la 2* division se précipitent sur le château de Buzenval ; les IVancs-lireurs du Mont- Valérien, les tirailleurs de la Seine et les éclaireurs du 28" mobiles s'avancent vers le ravin de Saint-Cucufa par le plateau, entre le mur de Buzenval et celui de la Molmaison; les troupes de la colonne Berthaut engagées dans Rueil marchent sur Bois-Préau, qui est occupé sans combat.
Le commandant Jacquot, avec ses quatre compagnies de zouaves, débouche de Rueil; devant lui, à. l'entrée de Bougival , la route est coupée par une solide barricade armée de canons et appuyée d'un côté, au mur du parc de la Malmaison , de l'autre à des constructions crénelées, à des tranchées couvertes par des abatis. Il est impossible d'attaquer de front cette position...
Attaque Le général Berthaut ordonne aux zouaves de la lour-
de la Maimaison 1 1 AI 1 • 1 , IT ' -
par la ner par le parc de la Malmaison ; la porte d entrée a
colonne Berthaut <. . . •
1 angle du mur, entoncee par les sapeurs du jcapilaine Ligneau, le commandant Jacquot traverse rapidement la roule sous le feu de la barricade et s'élance dans le parc cà la tête de la 6*= compagnie (capitaine Ducos). Devant cette attaque subite, le poste prussien de la Malmaison prend la fuite et s'embusque derrière les fourrés du fond du parc. Le commandant Jacquot , entraîné par ce premier succès, n'attend pas l'arrivée des autres compagnies de son bataillon et continue sa marche le long d'un grand mur qui borde la route , mais il se trouve arrêté par une mare et des abatis s'étendant sur une grande largeur.
Déjà le lieutenant Lantelme et quelques soldats sont blessés ; le commandant Jacquot n'a plus auprès tle lui qu'une soixantaine d'hommes avec le capitaine Ducos et le capitaine adjudant-major Colonna d'Islria.
Attacpe de la Malmaison (21 Octobre i()-o^
Positions ci 2^ ^^ de l'apr^s-inidU XXX\'lll
^0"ta-£<'.v afntiutfjiiie-r pi'iissi€'nite,v aotiieni genermleniefU "ioo honviiies,
tt'.t iiot ri'-'t^ seii li> me ni ''o oti 80.
Altaqne de la Jon chère ( 2L0etol)pe lU'^'o
Ii}siti<)iuy ('i .5^ 'if. de l (ipne.sniidi .
No"la^<?.y cfjJn/L>n^/n'<:f pi>ii.v.sù'mi&9 autiienl ^i^/iénalemeni 2oo fwniiuvs.
A ce moment débouchent dans le parc, par la grande grille et par des brèches que nos sapeurs viennent de pratiquer, les francs-tireurs du 36% les francs-tireurs de Paris et la télé de colonne du bataillon du 36^; les Prussiens, postés sur les pentes otidans les fourrés, les arrêtent par un feu roidant (1). Devant l'hésitation de ses jeunes troupes, le lieutenant-colonel Golonieu réclame le concours du commandant Jacquot (2), qui aussitôt envoie son adjudant-major hâter l'arrivée des -4® et 5^ compagnies de zouaves . . .
Le général Noël, voyant la colonne de droite sérieusement engagée, détache pour lui venir en aide les deux compagnies de francs-tireurs des 25® et 26* de ligne (capitaines Risbourg et Ghapuis), plus une compagnie des mobiles de la Loire-Inférieure.
Ces trois compagnies se précipitent par des brèches faites à la hâte dans la partie sud-est du parc, et pénètrent dans un bois très-fourré appelé garenne de la Malmaison (3) ; poursuivant leur marche, sur ce terrain accidenté, coupé de haies, de ravins, de fossés, elles arrivent sur le flanc des Allemands ; une fusillade vive, rapide, s'engage presque à bout portant (4). Attaqués de
(1) L'attaque avait eu lieu au moment même où se faisait le relèvement des postes ; nous avions donc affaire, dans le parc, à la compagnie de garde, ainsi qu'à une seconde compagnie qui venait la relever.
(2) Par l'intermédiaire du capitaine adjudant-major de Boysson.
(3) Ces brèches furent pratiquées par les sapeurs du capitaine Rolhmann.
(4) Le lieutenant de Luxer, de la compagnie du 26«, accompagné du. caporal Toullec et d'un autre homme de la compagnie, cherchait à reconnaître le terrain en avant. Tout d'un coup, il se voit cerné par un groupe de Prussiens et un sous-officier qui crie : a Bas les armes !» — « J'aimerais mieux cre.. . ! » répond le caporal Toullec. Il fait feu sur le sousofficier et tombe dans le las à coups de crosse. M. de Luxer et le soldat foncent également sur les Allemands ; ceux-ci, surpris, se jettent de côté, et les nôtres peuvent s'enfuir; mais à vingt-cinq pas, ils reçoivent une décharge qui lue le soldat et Liesse au bras gauche le caporal Toullec. Ce brave soldat fut décoré pour cet acte énergique.
tous les côtés, de face et sur leurs deux flancs, les tirailleurs ennemis reculent vers la partie ouest du parc. Pendant ce temps, le commandant Jacquot, contournant la grande mare, a rejoint le 3G". Toujours avec sa seule compagnie de zouaves , il se précipite vers une brèche A, faite par l'ennemi, au pied d'un mamelon couronné en ce moment de nombreux tirailleurs. Attaque Les zouavos, Icurs trois officiers en tète (commandant
de la Joiichuro ^
le commandant ^^cquot, Capitaines Ducos et Golonna d'Istria), s'élancent avec''ra'onîompie V^^ cotto brèche sous une pluie de balles ; ils gravissent
(se'^bauiUon). ^^ P^s do courso la pente couverte de vignes et s'arrêtent derrière un ressaut de terrain, à très-petite distance des tranchées prussiennes. Des deux côtés, les combattants tirent sur les tètes qui paraissent au-dessus du sol. Le commandant Jacquot, les capitaines Ducos et Golonna d'Istria maintiennent leurs soldats par leur énergique exemple; jetée, pour ainsi dire, au milieu des lignes ennemies, cette poignée d'hommes attend l'arrivée du 36'' et des autres compagnies de zouaves (4* et 5*).
Les instants s'écoulent..., le danger devient de plus en plus pressant. . . et rien n'apparaît à la brèche par où doivent déboucher les secours. Tout à coup, la sonnerie française de « cessez le feu » se fait entendre dans le parc de la Malmaison... Voici ce qui s'était passé de ce côté :
Retraite Le bataillon du 36* a d'abord suivi le commandant
du bat<"i du 3Ge
dans le parc JacQuot, s'élançaut cu avaut avec sa 6® compagnie ; mais
ddlaftlalmaison. i. ^ ■^ r o '
au milieu du parc, ce bataillon, accueilH par la fusillade du plateau de la Jonchère, s'arrête. De cette position de la Jonchère, qui domine entièrement la Malmaison , les balles passant par-dessus les murs arrivent en plein sur le bataillon du 36* qui, au lieu de franchir rapidement la zone dangereuse, reste massé, groupé sous cette mousqueterie d'un ennemi invisible. Surpris, les hommes
Ailaqiie de la Jonclièpe ( 21 Octobj'e 1070 )
Fos^itioTuy vers^ if.^ de l' après- midi .
]SoLa Z«v cani/jnt^nif'.f pna.v.vian iu\i notiipfif fj('nér>niejrvenl 200 JiOTTijjie-.?,
Ip-s n<t( l'fj.s' xt^ii le nif n( "^o uti lio.
tirent sans but, sans direction, un peu de tous les côtés, risquant de se massacrer les uns les autres et de tuer les zouaves du commandant Jacquot établis au delà sur les pentes. Les officiers , ne parvenant pas à arrêter cette fusillade, l'un d'eux a la malheureuse idée de faire sonner : « cessez le feu. »
A cette sonnerie, l'ennemi croit que nous nous retirons ; un peu ébranlé par la vigoureuse attaque du commandant Jacquot, il reprend confiance, et, poussant ses hurrahs, s'ébranle en avant, déborde les zouaves et cherche à les couper de la brèche A, leur unique point do retraite. De plus en plus serré par l'ennemi, le commandant Jacquot veut néanmoins conserver sa position ; il envoie son adjudant-major, M. Colonna d'Istria, demander du monde au général Berthaut,
Après avoir lancé les zouaves à l'attaque de la Mal- Dispositions
^ '■ prises
maison (1), le général Berthaut était revenu vers Bois- parie générai
^ '^' o Herthaut
Préau diriger sa colonne de gauche. ' ircommandant
Portant le bataillon du Morbihan en avant, il venait Jacquot. d'arriver à l'angle sud-est du parc, quand se présente à lui le capitaine Colonna d'Istria. A ce moment-là, le 36% continuant à reculer, était venu s'abriter derrière le mur d'enceinte du parc, lequel se trouvait ainsi presque entièrement évacué.
Apprenant la situation critique du commandant Jacquot, le général Berthaut envoie chercher immédiatement le 1" bataillon des mobiles de Seine-et-Marne, resté en réserve derrière la caserne de Rueil.
Ce bataillon , longeant extérieurement le mur du parc, doit marcher rapidement au secours des zouaves.
(t) Les compagnies de zouaves n'étaient pas entrées dans le parc simultanément; arrivées ù rextrémilé de Rueil, côté droit de la rue, elles avaient dû, pour donner moins de prise au feu de la barricade de Bougivûl, traverser la route par petits groupes. r ' .
Les fiancs-tireurs
du 3G<-' et la 5<^ comp'c
de zouaves
franchissent la
brèche A.
Descendant vers les brèches du mur Est, le général ordonne au lieutenant-colonel Golonieu de se reporter en avcint avec sou bataillon du 3G% renforcé des mobiles du Mf.-rbihan; et de sa personne il pénétre dans le parc, alinde diriger le mouvemeni.
Cependant, les francs -tireurs du 36* de ligne ne se sont pas retirés complètement; la plupart, abrités derrière des arbres, dans des plis de terrain, attendent... el dès que les A" et 5' compagnies de zouaves, venant en aide au commandant Jacquot , débouchent dans le parc, ils s'élancent en avant et courent au pas de course vers la brèche; à peine l'ont-ils franchie, que leur chef, le capitaine Couvés, tombe blessé... Le lieutenant Descliamps prend le commandement, enlève les hommes un moment ébranlés, et escalade les pentes delà Jonchère, où il est suivi par la 5* compagnie de zouaves du capitaine Collin.
Le commandant Jacquot se trouvait alors assez loin sur la gauche... longtemps ce brave officier s'était maintenu sur sa position ; longtemps il avait résisté sur place à tous les efforts d'un ennemi dix fois plus nombreux; mais pressé de toutes parts, se voyant sur le point d'être enveloppé, il s'était rabattu vers l'angle sud-ouest du ])arc, sans franchir cependant le ravin de Saint-Cucufa.
Dès qu'il aperçoit les tirailleurs du 30" en dehors du parc, il leur fait signe de venir à lui ; le lieutenant Deschamps se porte aussitôt de son côté avec un autre ofiicier, une vingtaine de francs-tireurs et de zouaves, les autres restent sur les pentes, en avant de la brèche, et font le coup de feu avec les nombreux tirailleurs prussiens postés à peu de distance.
Deuxième cfiort A l'arrivéo do co léger reufort, l'héroïque commandant
tenté Dur
le c(Mnm,indant Jacquot, mettant son képi au bout de son sabre, fait soncontre la jon nor la chargo , s'élance en avant... les trois ofliciers
Attaque de la Jonchère ( 21 Octobre 1870)
foxUion.-^' iwny If,'^ ^ de l apvès- midi .
Nola Z«s^ amiijnifnie.f ffi'u.vsict) n<\s- <u/(iieni gt^nénnleiitent 200 hommes,
U'.s II i'il i'<:\' ■•'■i^ii te nn' ni yu ou 3o.
(Ducos, Deschamps, N...), une soixanlaine d'hommes le suivent et gravissent les pentes de la Jonchère au pas de course.
Mais de la crête garnie d'une longue ligne de tirailleurs part une pluie de projectiles, nombre de nos soldats sont atteints. . . le commandant Jacquot, blessé à l'épaule, maintient sa petite troupe par son indomptable courage ; plusieurs hommes ayant commencé à plier, le capitaine Ducos les ramène en criant : « A moi les zouaves ! » et pendant quelque temps encore , nos soldats répondent énergiquement à la fusillade des Allemands, sans parvenir toutefois à prendre le dessus. -Voyant la moitié de son monde tué ou blessé, voyant que l'ennemi, soutenu par des renforts incessants, gagne par sa gauche, qu'il va être débordé, cerné., le commandant Jacquot ordonne la retraite vers l'angle sud du parc... Les zouaves descendent rapidement la côte de la Jonchère sous une grêle de balles... Le commandant Jacquot reçoit une seconde blessure et roule à terre... Le capitaine Ducos se précipite pour l'emporter, deux coups de feu le mettent hors de combat... Le sergent-major Petit de Grandville, se dévoue; il court à son commandant et le met sur ses épaules ; à peine a-t-il fait quelques pas , qu'il tombe frappé à son tour.
Sur la erauche, à quelques pas de l'endroit où combat- Lutte
° -^ ^ '^ a bout portant
talent si vaillamment les zouaves, des tirailleurs enne- dans le ravin
de Saint-Cucufa,
mis se glissant par un sentier qui descend jusqu'au ravin de Saint-Cucufa, près de l'angle du parc, menacent de nous tourner. Le lieutenant Deschamps se porte de ce côté avec un groupe de zouaves et de soldats du 36^
Le capitaine L'iopisqui, après une lutte énergique dans le ravin de Saint-Cucufa, s'est replié vers l'entrée du parc de la Malmaison, vient bientôt prêter main-forte au lieutenant Deschamps avec quelques-uns de ses soldats.
la Jonchère.
Une haie touffue et à liauleur d'homme courant le long du sentier sépare seule les combattants ; on se fusille cà hout portant... Soldais de la ligne, zouaves se battent en désespérés ; chacun fait des prodiges de valeur... Mais nos rangs s'éclaircissent, tués et blessés s'entassent sur ce terrain étroit, le brave lieutenant Deschamps tombe grièvement frappé... Le flot des Allemands ne cesse de grossir; il menace de nous envelopper... nous battons en retraite vers le fond du ravin, poursuivis de près par un ennemi furieux de cette résistance acharnée. Lutte Pendant les diverses péripéties de ce combat inéûral,
des zouaves ^ ^ o » ,
soida'sïu 3Ge soutenu si vaillamment par le commandant Jacquot les pemes de ^^^^ ^^^ ^^ ^^ ^^ Compagnies de zouaves et les francstireurs de la ligne du lieutenant Deschamps et du capitaine L'iopis, quelques hommes restés autour de la brèche A, avaient été rejoints par une partie de la 4® compagnie de zouaves et un certain nombre de soldats du 36*. Entraînés par de braves officiers, tous ces hommes s'étaient portés en avant au moment où le commandant Jacquot prononçait sa nouvelle attaque : nous avions gagné du terrain, mais notre avantage, nous l'avons vu, avait été de courte durée; et bientôt tout ce qui reste' des 6% 5% 4* compagnies de zouaves, des francs-tireurs de la ligne, accablé par une fusillade des plus vives, redescend vers le parc, autour de la brèche... nos morts, nos blessés jonchent le sol, le capitaine Collin, des zouaves (5* compagnie), est frappé mortellement; son sous-lieutenant, Grémaud, reçoit un coup de feu ; le capitaine adjudant-major de Boysson, du 36% est tué, les capitaines Lafforgue, Delapierregrosse, le sous-lieulenant Grass, du même régiment, sont mis hors de combat.
Cependant nous tenons encore, rendant fou pour feu... quand tout à coup paraissent des colonnes profondes
venant de la Jonchère et de Bougival (landwehr de la garde).
, Cette fois il n'y a plus de résistance possible ; tout ^ le monde se précipite à la brèche. . . serrés de près, acculés au mur du parc, n'ayant pour toute retraite qu'une ouverture de deux mètres de largeur battue par un feu roulant, nos hommes paraissent perdus ; quelques-uns essaient de franchir la brèche en courant, ils iombent morts ou blessés ; le sous-lieutenant Lefaivre, du 36% le seul officier resté debout, est atteint d'un coup de feu. Ces braves allaient être massacrés ou faits prisonniers lorsque, sur la gauche, un mouvement de retraite se produit chez les Allemands : c'est le 1" bataillon de mobiles de Seine-et-Marne qui entre en ligne, bien tardivement, hélas !
Ce bataillon, après avoir traversé Rueil, s'était dé- Le le^ bataillon plové sur le plateau face à la Jonchère ; soutenu en seine-et-Mame arrière par deux mitrailleuses du capitaine de Grand- nos uraiiieurs
^ '■ acculés
champ, il avait longtemps tiraillé contre le bois Déranger. <^ans l'augie du Le feu de notre artillerie ayant produit un certain de la Maimaison. mouvement de recul dans la ligne prussienne, le lieute- • nant-colonel Franceschetti et le commandant de Piolenc entraînent les mobiles qui, se précipitant dans le fond du ravin de Saint-Cucufa , remontent la pente opposée et abordent résolument les groupes ennemis ; surpris par cette brusque attaque, ils se retirent en désordre vers le plateau , et le petit nombre de nos soldats qui restent encore debout, en avant de la brèche A, peuvent rentrer dans le parc.
- Mais bientôt paraissent de nouvelles colonnes prussiennes : l'une longeant à droite le parc de la Malmaison, l'autre descendant vers le ravin. Pris entre deux feux, nos mobiles sont obligés de se retirer; soutenus par les troupes du général Noël, garnissant la berge orien-
yoo
Vains efforts
du général
licrihaul
l'diii- eiitraîner
ses troupes
luM's (lu parc do
la Mulinaison.
laie , ils regagnent le plateau du Longboyau, après avoir fait (les pertes sensibles.
l^endant que ces divers épisodes se passaient sur les ponles de la Jonchère, la majeure partie du bataillon du ;>G% le bataillon du Morbihan, les francs-tireurs de Paris, quelques zouaves et quelques mobiles de la Loire-Inférieure qui occupaieni le parc de la Malmaison n'avaient pu etrq portés en avant ; ce parc étant complètement dominé par le plateau de la Jonchère, les balles ennemies le sillonnaient de toutes paris ; nos jeunes soldats ne voyant pas d'où leur venaient ces projectiles, refusaient d'avancer; en vain le général Berthaut cherche à les entraîner. . . ils se pelotonnent, s'abritent derrière les taillis, les haies, un grand nombre se retirent en arrière dans les bâtiments du château. ..
L'offensive n'étant plus possible, le général Berthaut prépare les moyens d'assurer la retraite : il fait abattre un long pan de mur, vers la partie sud-est de la Malmaison, pour l'écoulement des troupes, puis il place, sur une terrasse voisine du château de Bois-Préau , deux mitrailleuses commandant les débouchés du parc. Kin et résume Lorsque uos demiors tirailleurs de la Jonchère eurent en avant de la franchi la brècho A , les Allemands les suivirent à
.Malmaison. i ,. -n i
petite distance; mais reçus par la lusiUade venant de tous les fourrés du parc et des fenêtres du château, ils se replièrent précipitamment derrière le mur jusqu'au moment où la Malmaison lut évacuée par nos troupes. Ce fut le dernier épisode de ce rude combat de la Jonchère, où nos soldats, au nombre de deux à trois cents, avaient vaillamment résisté, depuis 3 heures jusqu'à 5 heures, à des forces bien supérieures : devant eux se trouvaient plus de la moitié du régiment n" 40 (10" division), une partie d'un régiment de landwehr de la garde, venu de Saint-Germain, sur leur gauche, cinq
compagnies du régiment n" 6 (10" division) et trois compagnies du régiment n° 50 (faisant partie de la réserve principale de la 10* division) (1).
La 6*" compagnie du S" bataillon de zouaves, celle qui marcha la première avec le commandant Jacquot, perdit ses deux officiers (Ducos, capitaine, et Lantelme, lieutenant) et 38 hommes sur 70 combattants. L'une des compagnies du 36" (4") eut également ses deux officiers blessés (Delapierregrosse, capitaine, Lefaivre, sous-lieutenant) et 45 hommes hors de combat sur 70. La compagnie des francs-tireurs de la ligne du Mont-Valérien (capitaine L'iopis) qui, après avoir énergiquement lutté dans le ravin de Saint-Cucufa, était venue porter secours au commandant Jacquot, avait perdu deux officiers sur trois (Tournadeet Pardes, sous-lieutenants) et 52 hommes sur 100.
Le commandant Jacquot, qui s'était conduit en véritable héros, succomba à ses blessures; sa mort fut un deuil général pour l'armée.
Avant de revenir à la colonne de gauche et du centre, opérations
T - •, 1 ' ,• 11 1 dans la plaine,
nous terminerons le récit des opérations de la colonne emreiarouie
do Cherbourg et Berthaut. la Selae.
La 3" compagnie du 3" bataillon de zouaves, établie dans la villa Dollinger, tenait en respect le poste prussien de la barricade de Bougival.
Le S'" bataillon de Seine-et-Marne était en réserve près de Bois-Préau.
Le 2" bataillon de zouaves, continuant à servir de soutien à l'arlillerie de l'extrême droite, s'était rapproché de Bougival, à mesure que l'artillerie s'avançait par échelons dans la plaine.
(1) Voir Opijrations, du Ù^ corp.i j/ruasicn, par Slicler von Heydekampf, pages 220-222.
gya DEFENSE DE PARIS.
Les éclaireurs des zouaves et les deux compagnies du capitaine Revin {V et 2" du o* bataillon) se tenaient à quelque distance du pont de Ghalou pour observer ce débouché et couvrir les derrières et le flanc droit de nos batteries.
Ainsi que nous l'avons dit, au signal d'attaque, toutes nos pièces avaient cessé le feu, sauf les deux batteries établies à l'extrême droite, en avant de la gare de Rueil... placées sur le flanc de nos colonnes , elles pouvaient, sans crainte de les atteindre, continuer à tirer sur Bougival et les positions voisines.
L'artillerie sous le Mont-Valérien allongeant son tir, rouvrit bientôt son feu sur les hauteurs de la Jonchère et de la Gelle-Saint-Cloud ; ses projectiles, passant par-dessus les bois , allaient fouiller en arrière toute la vallée de Bougival, où l'ennemi semblait avoir réuni la majeure partie de ses réserves.
Lntte Tout d'abord, les deux pièces de la barricade de Bou-
gival furent seules à répondre ; puis une batterie prussienne, établie sur le coteau de la Jonchère, entra en action; placée sur le versant ouest au-dessus de Bougival, elle était parfaitement délUée, surtout des coups de face; c'est en vain que les batteries de 112 établies sur le plateau des Gibets cherchent à faire cesser son feu ; nos deux batteries de la gare de Rueil, qui la voyaient d'écharpe , parviennent seules à l'inquiéter ; encore n'est-ce qu'au bout d'une heure de lutte très -vivo que cette batterie ennemie se retire par les hauteurs; tout en retraitant, elle s'arrête de temps à autre pour chercher à prendre position, mais nos batteries de droite ne la perdent pas de vue, et la poursuivent à outrance ; bientôt entin elle disparaît complètement du champ de bataille.
Suivant les instructions qu'il avait reçues du général
:)l)re lojo)
orés -midi .
XLll,
Comhnl (lo la Malmaisoniji Orl(>bro il^^yo»
Ensemble des positions vers ô.' nu monienl de l'ovdi'ede TeLraile.
Berthaut, le commandant Warnesson porte son artillerie en avant; la batterie de 4 du capitaine Bajau se joint aux batteries de 12 Déthorey et de Chalain, et ces trois batteries, s'avançant par échelons, arrivent jusqu'à moins d'un kilomètre de Bougival; divisées par sections, elles couvrent toute la plaine entre la Seine et la route de Cherbourg, la gauche de la batterie Bajau appuyée aux maisons les plus avancées du village de Bueil. Leurs projectiles tombant sur Bougival et fouillant les bois en arrière de la Jonchère, viennent en aide aux troupes engagées sur ce dernier point.
Au centre et à gauche sur le plateau entre Buzenval opérations
des
et la Malmaison, la lutte avait été également très-chaude, colonne? Noëi et
^ ChoUelou.
La batterie de 4 du capitaine Nismes établie en avant du parc de Bichelieu, sur une terrasse de jardin d'où l'on découvre à la fois tout le parc de la Malmaison et le plateau dominant, entame l'action en ouvrant son feu sur la Malmaison et la Jonchère.
Cette batterie est protégée par deux compagnies de francs-tireurs des 23^ et 24^ de ligne, sous les ordres du commandant Conti, par les francs-tireurs duMont-Valérien (capitaine L'iopis), les tirailleurs de la Seine (capitaine Dumas) et les éclaireurs du 28' mobiles (lieutenant de Montaigu). A leur gauche les francs-tireurs de la ligne de la 2* division (capitaine Faure-Biguet) sont défdés dans les fossés de la route de Saint-Cloud, attendant le moment de se jeter sur Buzenval.
Toutes les autres troupes des colonnes Noél et Cholleton sont massées dans les ravins voisins de la maison Crochard et sur le versant de la Maison-Brûlée.
Les quatre mitrailleuses du capitaine de Grandchamp sont installées à l'abri, dans le parc de Richelieu, avec de faciles issues devant et derrière.
Au signal de l'attaque, les francs-tireurs de la ligne ^'^^je'^'ja''^^
colonne NoCl
se portent en avant, vers
le ravin de Saint-Cucufa.
Les
francs-tireurs
do la
ge division
s'empaient du
château de Buzenval.
rositions vers 3 heures.
du Mont-Valérien, les tirailleurs de la Seine et les éclaireurs du 28* mobiles se portent rapidement sur le plateau et se déploient en tirailleurs sur la berge orientale du ravin de Saint-Cucufa, la droite appuyée au mur du parc de la Malmaison, la gauche dans la direction de la porte du Longboyau ; le feu s'engage immédiatement avec les tirailleurs ennemis postés de l'autre côté du ravin.
Les francs-tireurs de la ligne (2* division) se précipitent au pas de course vers le château de Buzenval (1); devant cet élan énergique l'ennemi abandonne la position, le capitaine Faure-Biguet pousse avec ses hommes jusqu'au mur qui sépare le parc de Buzenval de celui du Longboyau ; une brèche prussienne lui livre passage, il gagne la porte du Longboyau et poursuit jusqu'au bord du ravin... L'ennemi à cent mètres à peine, garnit la berge opposée et commence aussitôt la fusillade sur les nôtres qui répondent vigoureusement.
A 3 heures environ nos tirailleurs forment ainsi une ligne continue s' étendant de l'intérieur du parc de Buzenval à l'angle sud du parc de la Malmaison, ligne composée des francs-tireurs de la 2* division, des éclaireurs du 28" mobiles, des tirailleurs de la Seine et des francs-tireurs du Mont-Valérien.
Leurs réserves sont échelonnées en arrière.
Le feu des batteries du plateau des Gibets n'étant pas, vu la distance, assez efficace contre les positions de la Jonchère, le commandant de Miribel porte son artillerie à hauteur des premières réserves. Il établit ses quatre mitrailleuses (capitaine de Grandchamp) à la jonction de la route de Saint-Cloud avec celle du Longboyau, et sur leur droite trois pièces de 4 de la batterie
(1) Un commencement d'incendie, allumé par nos obus, s'était déclaré dans le château de Buzenval.
Nismes ; les trois autres prennent position non loin du parc de la Malmaison.
Cette batterie mixte couvre bientôt de projectiles les abords de la Jonchère, et malgré plusieurs tentatives, l'artillerie prussienne, écrasée par notre tir à balles, ne parvient pas à y prendre position.
La colonne Noël, au lieu de se rabattre sur laMalmni- u cionneN.ë.
attique
son, appuie trop à gauche : cherchant A gagner du ter- i^s pemos dp la
rainpar le sud de Saint-Cucufa, ses tirailleurs garnissent p**"" '° ^'"'■
tout le bord oriental du ravin •; mais arrêtées par un feu
des plus violents venant des bois de la Bergerie et Bé-
renger, ces têtes de colonne ne peuvent franchir la gorge
et donner la main au commandant Jacquot qui, entraîné
par un premier succès, s'est jelé vers la Jonchère.
Si nous ne pouvons avancer, pendant quelque temps du moins, nous parvenons à contenir l'ennemi ; mais bientôt lui arrivent de nombreux renforts. . . tout le versant occidental de Saint-Cucufa se garnit de nouveaux groupes... Des haies, des taillis, des fourrés, part une grêle de balles... soldats de la ligne, tirailleurs de la Seine, mobiles, tous font les plus énergiques efforts pour résister à ce feu intense. . . Malheureusement nos munitions s'épuisent, le nombre de nos tués, de nos blessés augmente. . . les hommes plierlt. . . notre centre est menacé. . . la chaîne de nos tirailleurs va être rompue, quand accourent les chasseurs à pied de la division et deux compagnies de la Loire-Inférieure ; grâce à ce renfort, la ligne se reforme, le capitaine Faure-Biguct fait rentrer tons ses francs- tireurs dans le parc de I^ongboyau, et nous tenons ferme avec les chasseurs à pied, les mobiles de la Loire-Inférieure, sur tout l'espaco compris entre la porte de Longboyau et le parc de la Malmaison.
Qucl([ues inslants encore le capitaine Faure-Biguet fait
tête aux tirailleurs ennemis postes clans le chalet situé de l'autre côté de l'étang de Saint-Gucufa et dans les fourrés avoisinants ; mais n'ayant plus de munitions, il est remplacé par deux compagnies de chasseurs à pied de la 2" division, et se retire avec ses francs-tireurs vers le château de Buzenval.
i/aiiiucnc Pour mioux appuyer nos troupes, le commandant de
^" (U-'mÏi iiK-i''"' Wiribcl porte hardiment son artillerie en avant ; une
se [luile à hau- . , , i •, • tvt- • • x i
i"'i'' demi-batterie de 4 du capitaine Nismes se jetant dans
''•''•'/-•^ la mêlée, s'étabht en pleine ligne de tirailleurs, près de la porte de Longboyau , d'où elle prend d'écharpe les colonnes ennemies sur le plateau de la Jonchère (1). Le capitaine de Grandchamp , laissant deux mitrailleuses en réserve, s'avance avec les deux autres pour coopérer à l'action de la batterie Nismes... il s'établit- d'abord près de la Malmaison ; mais gêné par nos tirailleurs, par un mouvement de terrain , il se rapproche de la porte de i^ongboyau et se poste sur le prolongement de la batterie Nismes.
De cette position avancée, notre artillerie écrase toutes les colonnes prussiennes à mesure qu'elles arrivent sur le plateau de la Jonchère . — Les pièces de 4 tirent sur les troupes qui viennent de Bougival, les mitrailleuses sur celles qui tentent de sortir du bois Bérenger.
La vue de l'artillerie a ranimé nos hommes : tous se reportent en avant ; bientôt le ravin est de nouveau garni d'une ligne épaisse de tirailleurs ; c'est alors que le bataillon de Seine-et-Marne se précipite vers la droite et dégage les débris de la petite colonne du commandant Jacquot, en avant de la brèche A^ Position vers A gauchc, nous occupons le parc de Longboyau avec les chasseurs de la 2* division. — Deux compagnies de
(1) Lob trois aulrcy pièces rcblciil eu avant de lu roulo de Saint-Clûud.
DEFEiNSE DE PARIS. 40^
francs-tireurs des 23' et 24' de ligne servent de soutien à la batterie de Nismes.
Les chasseurs des 12% 14% 3' et 4' bataillons (environ 300 hommes), déployés en tirailleurs, tiennent toute la berge du ravin... Les tirailleurs de la Seine, les éclaireurs du 28% établis sur la pente , derrière les arbres, les haies, les broussailles, les fossés, les coupures, forment seconde ligne. — A l'extrême droite, deux compagnies de francs-tireurs de la 3' division (25' et 26' de ligne) sont établies prés du mur de la Malmaison ; déployées en tirailleurs dans les vignes, elles luttent avec énergie contre les Prussiens , postés à 7 ou 800 mètres sur la pente opposée.
L'ennemi, un moment ébranlé par notre retour offensif, ne tarde pas à montrer des forces nouvelles; la chaîne de ses tirailleurs s'épaissit déplus en plus... tout le versant occidental du ravin fourmille de groupes, d'essaims se rapprochant d'instant en instant.
Le signal d'alarme donné jusqu'à Versailles a fait arriver les réserves. . . Parmi elles on distingue les casques de la garde : indice de la présence d'une nouvelle division.
Nos soldats continuent néanmoins à faire bonne contenance ; de part et d'autre la fusillade est des plus vives, quand tout à coup la sonnerie : « Cessez le feu ! » se fait entendre de notre côté(l). Un moment d'hésitation
se produit parmi nous les uns cessent de tirer, les
autres reculent. . . Aussitôt l'ennemi franchit le ravin de Sainl-Gucufa, et s'élance en face l'intervalle qui sépare
(1) Coinme à la droilc, cette sonnerie partait de notre seconde ligne; nos jeunes soldats avaient ouvert la fusillade sous le coup d'une émotion assez naturelle chez des hommes qui voyaient le feu pour la première fois. Quelques .officiers avaient eu la fâcheuse idée d'employer le clairon afin de faire cesser ce feu plus dangereux pour nos troupes de première ligne que pour l'ennemi.
de l'artillerie.
/iO\ DÉFENSE UE PAUIS.
les deux parcs de la Malmaison et de Longboyau. . . Le capitaine Nismos, impassible devant ces masses d'assaillants , leur envoie des décharges à mitraille. . . le capitaine de Grandchamp les prend en flanc avec ses mitrailleuses. — Décimés, les Allemands s'arrèlent. . . Mais lout à coup, sur notre gauche, un immense hurrah retentit : c'est le 50% 3* Basse-Silésie, qui, parti du chalet de Saint-Gucuia , se précipite dans le parc de Longboyau.
En un instant, les chasseurs à pied des 6* et 9° bataillons (150 hommes) sont bousculés, les francs-tireurs du 23° de marche sont refoulés hors du parc, et tous les murs avoisinant la porte de Longboyau se couronnent de Prussiens. Fusillée à bout portant, notre artillerie est obliuée de battre en retraite.
Retraite La pièco n° 5 de la batterie Nismes(l), la plus rappro-
chée du parc , est emmenée en longeant la muraille ; mais les deux pièces n°' 4 et 6, n'ayant plus ni servants ni chevaux, sont abandonnées.
Les deux mitrailleuses, bien qu'établies à peu de distance du mur (une centaine de mètres environ), avaient peu souffert , les chevaux et le matériel de la batterie de 4 ayant fait rempart. L'une d'elles, cependant, faillit
(1) La demi-baUcric de gauche amenée par le capitaine Nismes était établie un peu en avant de la porte du Longboyau , la pière de gauche (n" 5) à 20 mètres environ de la muraille. Cette dernière pièce seule put cire emmenée, ses chevaux et servants ayant été préservés par le rentrant de la muraille; ils se trouvaient, en efl'et, à l'abri des coups de la colonne qui longeait le mur A, et ils étaient assez rapprochés du niiir B pour que les projectiles venant de ce point leur passassent par-dessus la tête. Voir croquis n° -'il.
La pièce n° 5 se retira en longeant la muraille C, protégée par coltc muraille même.
Les deux pièces de 4 n"* 4 et 0, on butte aux feux, croisés venant I ' A et de B, furent criblées et durent être abandonnées.
Les deux mitrailleuses reçurent des coups de face, mais elles furent protégées des coups de revers par les attelages des pièces do 4.
rester sur le terrain. Comme l'on cherchait à la remettre sur l'avant-train, le lieutenant Darolles est atteint d'une halle à la poitrine; un des deux sous-officiers, frappé mortellement, tombe sous les roues de la voiture, son cheval se jette sur l'attelage ; un autre cheval touché se dérobe ; les autres, effrayés, se traversent, l'avant-train tourne. . . les servants, fort impressionnés, commencent à se décourager. . . Il faut toute l'énergie du capitaine de Grandchamp pour faire ramener l'avant-train et enlever lapièce. Poursuivis par la fusillade, nos artilleurs se replient au galop.
Près de la brèche, en avant du Longboyau, tiennent encore : francs-tireurs de la ligne, chasseurs et mobiles. Ces braves tentent un instant d'empêcher l'ennemi de faire irruption par cette ouverture ; mais criblés par la fusillade, ils sont obligés de céder... longeant le pied de la muraille pour se défder des coups qui partent du sommet, ils arrivent à la porte' à claire-voie de Longboyau que soutenaient de leurs épaules quelques francstireurs du 24^ de ligne, pendant que l'ennemi, poussant de l'autre côté, cherchait à la défoncer à coups de crosse... A travers les grilles, les créneaux. Français et Allemands se tuent à bout portant ; le capitaine Gluck (du 24^) est blessé ; assaillis de toutes parts, écrasés par le nombre, nos hommes se replient au pas de course, s'abritant dans les vignes et les plis de terrain.
Sur le plateau également, la retraite est à peu près Défense hérov.iue
• 1 • 1 1 1 > autour des
générale; cependant, un certani nombre de chasseurs a deux pièces dei. pied, de francs-tireurs delà ligne et quelques artilleurs tiennent autour de nos deux pièces de 4.
Maintenus par d'énergiques officiers, ces braves gens, au milieu des arbres , des haies , des vignes . . . , se réunissent par petits groupes et luttent avec le dernier icharncment.. , déjà ils ont permis au capitaine de
Grandchamp do se replier avec ses pièces ; ils veulent sauver encore les deux canons qu'on a été obligé de laisser sur le lorrain. . . Sans se préoccuper de la grèlo de balles qui vient de toutes parts, ils rendent feu pour feu, et leur tir, bien dirigé, arrête les efforts opiniâtres ; de l'ennemi. . . Tout à coup, une compagnie prussienne ' débouche de la porte de Longboyau, à trente pas à peine et court sur eux... Les capitaines Nismes et Lalier (1), suivis de quelques hommes, se jettent en avant de nos pièces, . . font une décharge et foncent à la baïonnette. Le lieutenant prussien (2) est tué, plusieurs de ses soldats tombent morts ou blessés, le reste de la compagnie s'arrête, et nos pièces sont encore sauvées. . .
Mais de nouveaux groupes ennemis accourent, le feu recommence plus violent que jamais. . . le sol est balayé par les projectiles; les balles, ricochant sur les canons, frappent de tous côtés... cependant nos hommes tiennent encore; morts et vivants forment un dernier rempart autour de nos pièces... les sous-lieutenants Goudmant (3) et Schmit (4) tombent grièvement blessés... chasseurs, soldats de la ligne, canonniers, jonchent le sol de leurs cadavres... écrasés par le nombre, épuisés, anéantis, ces braves se replient... le capitaine Nismes, le capitaine Lalier, avec huit hommes (5) restent encore, et font feu
(1) M. Lalier était copitaine au 12^ bataillon de chasseurs.
(2) Le 1"'^ lieutenant Michler, du régiment d'infanterie n" 50.
(3) M. Goudmant, du 21^ de marche, blessé d'une balle à la cuisse gauche, fut sauvé grâce à l'énergie du caporal Otto, des francs-tireurs du 23" de ligne, qui l'emporta sur ses épaules.
[\) M. Schmit, sous-lieutenant au 12'^ bataillon do chasseurs, avait reçu, presque à bout portant, vuie balle qui, lui traversant la ligure, avait brisé les mâchoires et coupé une partie de la langue; il fut également sau\ é par un do ses hommes, le chasseur Ilalltermeyer, qui l'emporta sur ses épaules au milieu des balles. (5) Ces huit hommes sont :
Richard Thiébaud, sergent au 12e baUvillou do chasseurs; Théodore Dolattre, d" d»
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