‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 4)Chapitre 2 sur 84 · POSITIONS DES TROUPES DU GENERAL DE BELLEMARE ', TRAVAUX EXÉCUTÉS · texte numérisé non relu

POSITIONS DES TROUPES DU GENERAL DE BELLEMARE ', TRAVAUX EXÉCUTÉS

Le commandement du général de Bellemare, s'étendant sur tout le front Nord de Paris, depuis Aubervilliers jusqu*à la Seine, constituait, avec les forts de Saint- Denis (1), de TEst, d' Aubervilliers, les batteries de Saint-Ouen, « le commandement supérieur de Smnt- Denis, > Les troupes, formées de plusieurs bataillons de garde mobile de Paris, d'un certain nombre de compagnies de dépôt de divers régiments (2), étaient divisées en trois brigades :

1" brigade (général Lavoignet) :

34* de marche ;

14% 15% 16% 17% 18* bataillons de mobiles de

la Seine ; Francs-tireurs de la Presse.

2* brigade (colonel Hanrîon) :

Un détachement des fusiliers marins ;

35* de marche ;

1*, 2% 10% 11' bataillons demobilesdelaSeine.

â* brigade (dite de réserve), colonel Pein : 28* de marche; 12* et 13' bataillons "de mobiles de la Seine.

Là, comme sur les autres portions du périmètre de

(1) Lft BHche, Double- Couronne.

^2) Ces compâgiliee serTireni à former lee 24", 85* et 28« de marche.

DEFENSE DE PARIS. il

Paris, nos soldats ne cessaient d'exécuter des travaux de terrassement.

Une série de tranchées et d'ouvrages passant par le Temps Perdu, le château de Villetaneuse, le moulin de Stains, le Dépotoir, formait une ceinture autour de Saiat*Denis, s'appuyant d'un coté à la Seine en face de Villeneuve, de l'autre à l'inondation du Rouillon et du Grould. Le village de la Courneuve, barricadé, crénelé, se reliait par des tranchées au canal de TOurcq.

RÉSUMÉ ^J RÉSULTAT DE TOUS NOS TRAVAUX t)Él?ENSÎFS.

Sur le front de notre immense ligne de défense, nous achevions donc de fortifier Paris : partout, à l'Ouest, au Levant, au Nord, au Midi^ nous le mettions en état de faire tète à l'ennemi*

Celui-ci, de son côté, ne cessait de rendre chaque jour ses positions plus redoutableSi plus inaccessibles... de telle sorte qu'assiégés et assiégeants étaient également invulnérables dans leurs camps... bientôt il devint aussi difScile aux Allemands d'entrer dans Paris^ qu'aux Français d'en sortir.

c En dépit du caractère d'exaltation qu'elle a sou- « vent présenté, dit le capitaine Gœtze, du génie prus- « sien, la Défense de Paris est extrêmement remar-

< quable par la puissance» par la multiplication des « moyens mis en œuvre et elle peut être mise en € parallèle avec les défenses les plus mémorables

< dont parle F histoire,' Paris ne pouvait être vaincu « que par la famine... i^

De l'aveu de nos ennemis, Paris, deux mois après

la déclaration de guerre, était devenu imprenable

N'était-ce pas quelque chose de l'avoir rendu tel, Qetait-ce pas un rôle digne de la Grande Ville de

dire à ces armées victorieuses qui avaient tout brisé devant elles depuis le Rhin jusqu'à la Seine: Vous vous arrêterez là!....

Non-seulement c'était un beau rôle, mais c'était, y compris la percée que nous projetions et qui rentrait dans le cadre de la Défense, le seul à jouer... car tout en donnant à la France le temps de se reconstituer, de refaire ses forces, de créer de nouvelles armées... nous permettions à l'Europe de se reconnaitre, de se retrou-ver. Voyant les progrés des armées allemandes arrêtés, peut-être les puissances finiraient-elles par s*émouvoir de cette lutte gigantesque et se sentir intéressées à prendre une action médiatrice.

A cette même époque, dans TEtat-major Allemand, où l'on avait cru avoir raison de Paris en un mois, tout au plus, ces idées diverses se faisaient jour, et l'on commençait à craindre de s'être engagé dans une grosse affaire dont on sortirait difficilement... M. de Bismark, par le Journal OfSciel de Berlin, cherchait à faire entendre raison à l'Allemagne, qui s'impatientait déjà des longueurs du siège.

« Sans doute, disait le Staatsanzeiger, on entrerait « prochainement à Paris... l'efficacité du mur d'enceinte « et des forts étant diminuée par l'absence de toute « armée de secours, mais il fallait se persuader que les « ressources de la grande ville n'étaient pas à mépriser, € que la tache des armées allemandes était une des plus « difficiles dont l'histoire militaire du monde gardât le « souvenir, que probablement on ne réussirait pas aussi « vite qu'on le désirerait (1). >

Dans ces derniers jours d'octobre eut lieu l'enlève-

(1) C'est à cette même époque que l'administration se décidait enfln à prendre une mesure trop longtemps attendue. Les régiments de marche

'ment du Bourget et sa reprise presque immédiate parFennemi. Ce fait, peu important en lui-môme, faillit avoir de graves conséquences sur l'ensemble de la défense...

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