CHAPITRE III
OCCUPATION DU PLATEAU d'aVRON.
(29 novembre).
Pendant que la deuxième armée s'apprêtait à franchir °"?roûie? ^^ la Marne , le contre-amiral Saisset avait pris ses dispo-
aux ordres
du contre-amiral sitious pour s'cmparcr du plateau d'Avron (1).
Les troupes placées sous ses ordres se composaient :
1° De la division d'Hugues, réunie à Montreuil et aux environs, comprenant :
3 bataillons des mobiles de la Seine ; 1 bataillon des mobiles d'Ille-et-Vilaine ;
1 bataillon des mobiles de la Vendée ; 21" bataillon de chasseurs à pied ; 137** régiment de marche ;
7* bataillon de guerre de la garde nationale ; 3 batteries divisionnaires ;
â'» De 3,000 marins.
3** D'un certain nombre de batteries aux ordres du colonel Stoffel :
8 pièces de 24 court de siège ;
2 pièces de 16 centimètres de marine ;
Une batterie de 12 de campagne, de la division de
Bellemare ; 18 pièces de 12 de siège; Une batterie de 7 (canons de 12 transformés) ; Une batterie de canons à balles, de gros calibre.
(1) Ce chapitre est lire en grande partie de l'ouvrage la Marine au Su'fje de Paris, par le vive-amiral de La Roncière le Noury.
Positions' Jrxmçaises eu Allemandes le^ eS* A^oo^fi^T^ey iSro.
Le génie qui devait accompagner les colonnes était sous le commandement du lieutenant-colonel Devèze. Ces troupes, rompant dans la soirée du 28 novembre, , ordre
'^ *^ de combat.
seraient appuyées dés le 29, au point du jour, par la division de Bellemare, qui, avec son artillerie divisionnaire, avait Tordre d'occuper, dans la nuit du 28 au 29 novembre, les positions entre Rosny et la redoute do Fontenay ; 3,000 gardes nationaux mobilisés, sous les ordres du général d'Hugues, formeraient troisième ligne.
Pendant la nuit, le contre-amiral Saisset devait se mettre en marche avec ses 3,000 marins, munis d'outils pour débroussailler le plateau et y ouvrir des voies. Appuyé par le 137' de ligne, il pousserait jusqu'à l'extrémité de l'éperon Est.
Cependant, deux bataillons de mobiles prendraient position aux château et parc d'Avron.
Dix compagnies de travailleurs, porteurs de gabions, de fascines , et suivies de voitures d'outils , élèveraient rapidement des travaux défensifs du côté du Raincy et de Gagny; en même temps, elles prépareraient la construction de cinq batteries sur les emplacements suivants :
La 1", à l'est des carrières, tirant sur Ville-Évrard et Noisy-le-Grand , tout en se défilant le plus possible des feux du Raincy ;
La 2% à mi-distancc entre les carrières et l'extrémité du plateau ;
La 3' et la 4^ sur l'éperon même, pour battre les carrières de Chelles;
La 5*, au-dessus de Villomomble, battant Gagny.
Le colonel Stoffel avait ordre d'armer les épaulements , aussitôt que les travaux seraient suffisamment avancés.
La gauche de cette position étant sous le feu direct du Raincy , les pièces disponibles seraient placées près du parc d'Avron, de manière â battre avantageusement Tartillerie ennemie.
Le colonel Stoffel, d'accord avec le contre-amiral Saisset, devait également faire toute diligence pour que les batteries, principalement celles de 24 et de 12 de siège, fussent en position dès le point du jour du 29, et prêtes à appuyer Tarmée du général Ducrot.
Afin de ne pas être arrêtés par des obstacles imprévus, des reconnaissances préliminaires seraient exécutées sur toutes les voies qui conduisent au plateau ; pendant la marche, chaque convoi de pièces serait précédé d'un détachement destiné à frayer le chemin.
Défense expresse était faite d'allumer toute espèce de feu pendant la durée des deux premières nuits d'opération.
Les troupes Lo 28, dès 4 hourcs du soir, toutes les troupes du " ^ sLiss'et"*"^* contre-amiral Saisset se mettent en marche vers leurs
se inetlent en . , , , . „ ... -i,. «
marche Dositious do Tondez-vous : les marins tusihers et linfan-
vors leurs * ni.
positions terie de Romainville et de Noisy sur les glacis du fort
de rendez- vous. " ^
4h?uœslïsoTr.) de Rosuy ; les troupes du général d'Hugues en arrière
de ce fort.
Favorisés par une brume épaisse, le contre-amiral
Saisset, le lieutenant-colonel Devèze et le colonel Stoffel
peuvent se rendre une dernière fois sur le plateau et
régler l'emplacement de chacun.
Le cnntre-amirai L'amiral Saissot ayant acquis, pendant cette reconavaiice l'heure uaissauco, la certitudo que l'ennemi n'occupait pas le
de l'attaque. ^ r r
Prise dû" latea P^^^^^^ d'Avrou, modifie Ics instructions qu'il a reçues. d'Avron. ^u \[q^ ^q ^q mettre en marche le 29 au matin, il commence son mouvement dès la nuit close.
La position est enlevée sans coup férir, les pièces
sont rapidement amenées, et dès la pointe du jour une partie est déjà en batterie.
Cette prise anticipée eût été incontestablement un grand avantage si le passage de la Marne s'était effectué le 29... après le retard imposé parla crue de la rivière^ elle devint, au contraire, un inconvénient ; nos troupes, nos batteries établies sur le plateau appelèrent Tattention de l'ennemi. Mais il n'était plus possible de reculer, et l'installation se compléta pendant la journée du 29.
Six batteries s'établirent sur l'éperon sud-est du pla- on sinstoUe teau, battant la Marne, ainsi que les versants de Villiers, le piîteau, Noisy-le-Grand, le pont de Gournay, Chelles et Montfermeil :
1* Batterie Labarlhe, lieutenant de vaisseau, composée de 6 pièces de 12 de siège ;
2* Batterie Ardisson, lieutenant de vaisseau, composée de 4 pièces de 24 rayées de siège, et 2 pièces de 16 centimètres de marine ;
3° Batterie Marquis, lieutenant de vaisseau, composée de 4 pièces de 24 rayées de siège.
(Les deux batteries n' 2 et n* 3 sous la direction de M. Kiesel, lieutenant de vaisseau.)
4** Batterie Guibaud, lieutenant de vaisseau, 6 pièces de 12 de siège;
5** Batterie Orgillet, 6 canons de 7 se chargeant par la culasse;
6** Batterie Tannery, 6 mitrailleuses.
(Ces deux dernières batteries servies par les volontaires du corps-franc d'artillerie.)
Dans la matinée, une troisième batterie (6 pièces de 12 de siège), servie parle corps-franc (batterie n** 7), vint prendre position à gauche de la batterie de 7.
Sur l'éperon nord-est une autre batterie de marine
no DÉFENSE DE PARIS.
(n" 8) et deux batteries armées par l'artillerie de la garde nationale mobilisée devaient battre les abords de Livry, le Ghesnay, le Raincy, le dépotoir et le pont de la Poudrette.
En arrière, sur le plateau, se trouvaient deux [batteries attelées de réserve, sous les ordres du commandant David, la 3* et la 6" du 21\
Les épaulements des batteries 1, 2, 3, 4, 8 avaient été préparés par les marins, ceux des batteries 5, 6, 7, furent élevés par les artilleurs du corps-franc.
Les pièces de position avaient reçu un premier approvisionnement de cent coups par pièce.
L'amiral Saisset, informé au point du jour que Topération principale était remise au lendemain, prescrivit que tout le monde restât à son poste et attendit des ordres... vers midi, le général Trochu étant venu examiner la position, manifesta Tintention d'attaquer immédiatement les hauteurs du Raincy; il ordonna même de préparer des emplacements de batteries près de Beauséjour; mais ce projet fut bientôt abandonné, et la journée se passa à compléter les premiers travaux.