OPÉRATIONS DU 2*" CORPS SUR LE PLATEAU DE VILLIERS
Attaque de Tilliers.
Parvenus d'un premier élan, pour ainsi dire, sur la ligne de crête de Villiers et de Cœuilly, nous allions nous heurter sut* les plateaux à des obstacles formidables. Français et Allemands vont se disputer pied à pied un terrain où tout se prête à la défensive : les accidents du sol, les murs, les habitations, les parcs, vont devenir le théâtre de rudes et sanglants combats ; sur la gauche, l'effort principal de la journée se concentrera devant Villiers ; cette position ayant joué le plus grand rôle, nous allons en donner quelques délails.
Batailles de|
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Echelle
la Marne
A quelques centaines de mètres de la crête au des- dQg'^''^^|fjP^g^s°^^^ sus de Bry se développe le parc de Villiers, dont le vuuers. mur ouest, long de 400 mètres, court parallèlement à la ligne de faîte (1). Garni de créneaux, ce mur, haut de 2 mètres , s'étend entre la route n^ 45 et le chemin de Bry à Villiers ; interrompu dans une certaine partie, vers ce dernier chemin, il est remplacé par un saut-deloup précédé d'une haie; derrière ce fossé, pouvant contenir de nombreux tirailleurs, l'ennemi avait établi un retranchement pour l'infanterie, de manière à avoir deux étages de feux. Un ouvrage construit vers le milieu, sorte de tambour, flanquait toute cette longue face, qui, placée en contre-bas du renflement du plateau, ne pouvait être vue par l'artillerie qu'à faible distance.
(1) Défenses de Villiers, voir croquis u" 12 :
ac db. Murs crénelés de 2 mètres do hauteur.
''. Petite tourelle donnant un flanquement à droite el à gaucho,
Manquement augmenté par le petit ouvragd /*, pouvant contetenir une quiuzaine d'hommes.
'•«i. Fossé maçonné de 1 mètre de profondeur; le bord extérieur est couronné d'une haie très-épaisse, formant obstacle sérieux. Use porte pratiquée dans la tourelle fait communiquer le parc avec le fossé et l'ouvrage /.
/. Retranchement avec banquette pour l'infanterie, donnant un se-
cond étage de feux.
au. Retranchements formant une seconde ligne de défense, et pouvant contenir chacun 50 hommes.
P* Appui pour une pièce.
?• Epaulement gabionné pour une pièce sur pivot.
(*• Epaulement pour 2 pièces séparées par une traverse.
«û. Mup crénelé de ^«"[JO.
bi. Fossé maçonné plein d'eau.
/*• Batterie dirigée sur le four à chaux et les pontes de Cœuilly.
A' Batterie.
s. Vieux cimetière disposé pour tirer par-dessus les murs.
ï- Cimetière neuf, pouvant contenir 300 hommes.
«• Tranchée prolongeant la dùfcu>-o ouest du cimclicre.
^' l^ropriété isolée, crénelée.
^'- Murs crénelés.
A Tangle sud, un pan coupé, organisé pour deux pièces, enfilait la route n' 45 et le chemin de fer; au milieu du parc, s'élevait une plate-forme, destinée à recevoir une pièce blindée , dont le champ de tir circulaire permettait de battre le plateau. Plusieurs appuis avaient été également préparés pour recevoir des pièces de campagne, ayant des vues sur tout le terrain environnant. Des tranchées, construites à quelque distance en arrière de la face ouest, formaient encore une deuxième ligne de défense ; enfin, sur une petite éminence, s'élevait le château. . . crénelé, barricadé, ce grand bâtiment donnait un réduit redoutable.
Véritable bastion en avant du village, le parc était flanqué, au sud, par des murs et des tranchées couronnant un mamelon, dont les pentes se prolongent jusqu'au chemin de fer ; sur ce même mamelon, une batterie enfilait tout l'intervalle entre la voie et la route de Villiers: De longs murs, suivant le chemin de Noisy-le- Grand, flanquaient la face Nord, et croisaient leurs feux avec les deux cimetières, de telle façon que tout le terrain entre ViUiers et le chemin des Amates était complètement inabordable ; derrière cette première et puissante ligne, le village, barricadé, fortifié, offrait aussi un obstacle des plus sérieux.
Le général en chef, considérant le parc de ViUiers comme la véritable clef du champ de bataille (1), et sachant qu'il aurait à vaincre les plus grandes difficultés, avait prescrit à l'aile gauche de se porter rapidement
(1) Extrait do Tordre de mouvement :
...» n est entendu que si une division, par suite d'une résistance « trop vive, ne pouvait atteindre son objectif, les divisions latérales, « qui auraient été plus heureuses, devraient tourner leurs efforts sur « ledit objectif, particulièrement leur artillerie, si toutefois cet objectif « a une importance capitale, comme le village de Villicrs, par exemple. »
Défenses du Parc de Villiers
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DÉFENSÏ: DE PARIS.
sur le village de Noisy-le-Grand , d'où Ton pouvait prendre à revers toutes les défenses du plateau.
Attaquée de front par la division de Maussion, tournée au sud par la brigade de Miribel, au nord par le général d'Exea, il y avait lieu de croire que cette position, bien que formidable, pourrait céder devant de si grands efforts.
Vers les 10 heures, quand les tirailleurs de la division de Maussion^ maîtres du versant de Villiers^ cherchent à dépasser la crête, ils sont accueillis par une telle fusillade, que toute tentative d'attaque avec l'infanterie seule est immédiatement reconnue impossible. Le général en chef lance sur le plateau les trois batteries divisionnaires du commandant de Grandchamp; cette artillerie, après avoir fait brèche dans le parc, doit soutenir l'attaque, en arrêtant les colonnes ennemies qui tenteraient de déboucher du village.
La lO* batterie du 21*, capitaine Nismes, prend position sur le bord du plateau , à droite de la route de Villiers, la batterie de mitrailleuses, 3* du 21% capitaine iRahieu, à la même hauteur, avec 3 pièces à gauche de la route, la 4* du 22*, capitaine Courtois, sur le même prolongement, plus à gauche encore.
A peine en batterie, nos canonniers sont en butte à un feu rapide de mousqueterie et d'artillerie, venant à la fois de Villiers et de Gœuilly ; la batterie Gourtois , prise d'enfilade, à très-courte distance, par les tirailleurs qui couronnent le mamelon de Villiers, est obligée d'abandonner le terrain sans avoir pu prendre position. Une seule section parvient à ouvrir le feu, mais en quelques minutes, chevaux, servants sont renversés... Il faut toute l'intrépidité du capitaine Gourtois et du lieutenant Pelletier pour empêcher ces deux pièces de tomber au pouvoir de l'ennemi.
L'artillerie prend position