‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 4)Chapitre 41 sur 84 · ATTAQUE DES HAUTEURS DE CŒUILLY · texte numérisé non relu

ATTAQUE DES HAUTEURS DE CŒUILLY

Immédiatement après la prise de Champigny par la ta hri^d* division Faron, on s'était mis à fortifier la tète du ^ ^i^avS"**^ Village et a démolir les barricades de la grande rue ponr ^« nœiiiiïy. livrer passage à nos colonnes, dont l'attaque est préparée par les batteries de position, couvrant d'obus Villiers, CœuiUy et la route de Chennevières.

Aussitôt les voies dégagées, la brigade de la Mariouse qui a pour objectif les hauteurs de Gœuilly et de Chennevières se met en marche : le 35* de ligne tient la tête, derrière le régiment de la Vendée , suivi par le 42" de ligne.

La brigade Comte reste chargée de la défense de

Réserve da 2« corps d'armée : lientenant-colonel ItlNOT.

Commandant Déthorey.

i7« du !2» (12), capitaine Bulos.

15« du 10<' (là), capitaine Flye-Sainte-Marie.

Commandant Warnesson.

8« du S« (12), capitaine Moriau.

5* du 21* (12), capitaine de Ghalain.

16« du 14* (12), capitaine Seller.

Réserve générale : lieutenant-colonel Lacet.

Commandant Lbfébure. • 3« du 14« (8), capitaine Gros.

4« du i¥ (8), capitaine Walherbe.

6« du ^« (8), capitaine Bajau.

7« du 22« (8), capitaine Froment.

L'artillerie du 2« corps d'armée était commandée par le général Buisi- ^nnct, qui avait pour chef d'état-major le lieutenant-colonel Viguier.

Le général Frébaolt, commandant l'artillerie de la 2® armée, se tinL spécialement sur cette partie du champ de bataille avec son chef d'étalmajor, le colonel Villiers.

Champigny et de la plaine entre ce village et la Marne.

Suivant les prescriptions du général de la Marieuse, les deux premiers bataillons du 35' doivent marcher, le 1* par la nouvelle route de Ghenneviéres, le 2* par l'ancienne, pendant que le 3* bataillon, prenant la route du Four-à-Chaux, abordera les hauteurs par la gauche de Champigny.

Le régiment de la Vendée s arrêtera à la tète du village, le 42* plus en arriére encore ; le plateau ne devait être abordé ainsi que successivement et par très-peu de monde.

Le mouvement s'effectue tout d'abord suivant les instructions données : le lieutenant-colonel Lourde-Laplace, commandant le 35*, dirige le 2* bataillon par la vieille route, le 1* par la nouvelle... les deux compagnies de droite de ce dernier bataillon envoyées dans la plaine vers la Marne, refoulent les tirailleurs ennemis et s'emparent des premières tranchées (1).

Pendant ce temps, les quatre autres compagnies du 1" bataillon tournant à gauche, au delà du petit bois, gravissent les pentes entre les deux routes; en avant, marche la 3* compagnie déployée en tirailleurs, qui rejoint près de la crête les deux premières compagnies du l*"" bataillon du 113* détachées en pointe dès la prise du village. . . et tous ensemble escaladant la hauteur, occupent un petit ouvrage promptement abandonné par l'ennemi. Le plateau entre les deux routes se trouve couronné parle 1*' bataillon du 35*, avec les deux compagnies du 113*.

Le 2* bataillon venu par Tancienne route, a pris à gauche le chemin creux de Gœuilly ; puis, appuyant à droite pour se relier au 1", il s'établit entre Bel -Air et le chemin de Gœuilly. Le 3* bataillon, formant réserve, se

(1) Voir croquis n* 17.

place en colonne par peloton, à gauche de ce chemin.

Dans cette position, le 35* de ligne devait, avant de pousser plus loin, attendre l'arrivée de TartiUerie, chargée de briser les formidables obstacles du parc de Cœuilly.

Entouré de longs murs et précédé d'un large fossé naturel formé par le ravin de Cœuilly, ce vaste enclos offrait, à 1,800 mètres environ de la crête, une ligne de défense extrêmement solide ; appuyé sur son front par des batteries fixes, soutenu en arrière par de grands bois, il avait comme réduit le château de Cœuilly placé sur une position dominante.

, Vers notre droite, l'auberge de Mon Idée (1) entourée de murs crénelés flanquait le vallon de Cœuilly et prenait de front et d'écharpe tout le plateau.

Plus loin, le village de Chennevières dominant directement la vallée de la Marne se trouvait dans une excellente position défensive; l'ennemi n'avait rien négligé pour le rendre plus redoutable encore.

Toute cette ligne, Cœuilly, Mon. Idée, Chennevières, était donc inabordable sans le secours de l'artillerie.... aussi avait -il été décidé que deux batteries de réserve prenant position sur la hauteur devaient préparer l'attaque.

Malheureusement le village de Champigny étant encombré par nos colonnes, ces deux batteries ne parvenaient pas à s'ouvrir un passage....

Le général Faron, après les avoir vainement atten- De nouvelles

, forces

dues, espère suppléer à l'artillerie en brusquant le mou- (vendée et nie)

*^ * * ^ sont envoyées

vement et en jetant sur le plateau de nombreuses ^'"^ cœJÎSy®*'* masses d'infanterie. Il fait marcher deux bataillons du 114* de ligne, lieutenant-colonel Boulanger, et deux

(1) Située à l'embranchement des deux routes de ChenneTières.

m DEFENSE DE PARIS.

bataillons du régiment de garde mobile de la Vendée, colonel Âubry ; ces derniers s*âvançant par la nouvelle route de Chennevières, garderont les pentes vers la Marne, pendant que le 114* ira prendre position derrière le 35' de ligne.

Le â* bataillon de la Vendée, le 1^ bataillon du 114* éL le 42'' de ligne sont envoyés au delà des fours à chaux afin de couvrir la gauche de Champigny.

Le colonel Aubry s'élance en avant ; après quelques coups de feu échangés à hauteur de la Maison Blanche, avec des tirailleurs ennemis qui ne tardent pas à s'enfuir, nos mobiles du 1"* bataillon couronnent la crête et se relient à gauche au 35* de ligne.

A droite, le â* batailbn s'échelonne sur les pentes jusqu'à la Marne, ayant en réserve, au milieu des vignes, ses 5* et 6* compagnies.

Pendant ce temps, les 3^ et 3* bataillons du 114*, montant par la vieille route, se massent en arriére de la crête, le 2* à gauche du chemin creux de Cœuilly, le â* à droite ; ils forment réserve à la place du 3* bataillon du 35*, qui va prendre position aux abords du Bel-Air.

Vers 11 heures, le plateau de Cœuilly se trouve ainsi

couronné, à droite par les mobiles de la Vendée et deux

compagnies du 113*, au centre par le 35*, à gauche

par le 114* de ligne.

Premier Los tiraillours ennemis postés a faible distance, con-

en avant tiuuent à faire le coup de feu... ils semblent céder le

sur le platean de . i x

c«uiiiy. terram des (jue les nôtres font quelques pas en avant.

Nos soldats se laissent entraîner... ils courent sur les Allemands qui plient rapidement... tout à coup nous nous trouvons devant une tranchéQ d'où jaillit une grêle de balles, une batterie démasquée derrière la grille* du parc de Cœuilly tire à mitraille, du mur crénelé part une fusillade des plus vives.... Criblé de tous

côlés, le So' tient ferme, le i^' bataillon entre les deux routes de Chennevières, face à Mon Idée, le 2* â sa gauche, bordant le chemin de Chennevières à Bry ; le 3* plus eu arrière, à hauteur de Bel-Air. Ce brava régiment, en saillant sur le plateau, se trouve flanqué à droite par les mobiles de la Vendée, a gauche par le 114% soutenu en arrière par le 42*. C'est dans cet ordre que sous attendons Tarrivéc de Tartillerie ; elle paratt enfin

Les deux batteries dé réserve, 4* du 6% capitaine Salle, Dmx batteries et 16* du 8*, capitaine Jacob, passant a gauche de Cham- da i^^ corps pigny, grimppnt avec beaucoup de peine les pentes dé- ^[^^1^ ^uîear trempées et couvertes de vignes. La première arrivée ^^ i^œuuiy. sur le plateau prend immédiatement position à gauche du chemin de Cœuilly, mais c'est à peine si elle peut tirer quelques coups... nos artilleurs, exposés au feu de mousqueterie et de mitraille venant à la fois de ViUiers, de Cœuilly, hésitent, se troublent; quelquesuns lâchent pied... et la batterie redescend sur la pente avant que l'autre n'ait pu entrer en ligne .

L'artillerie ennemie concentre alors son feu sur nqs tirailleurs et nos réserves : une pluie d'obus tombe au milieu des colonnes... les morts, les blessés s'entassent, le désordre, la confusion sont au comble... la situation devient intenable ; il faut à tout prix arrêter cette caaonnade meurtrière . . .

Le eénéral de la Marieuse prescrit aux deux batteries L'aniiierie entre

^ '^ en ligne

de réserve de remonter sur le plateau, et de s'y établir ^^^cœurn**" coûte que coûte.

Sur la gauche^ les deux batteries de 12, postées entre les deux fours à chaux, font tous leurs efforts pour combattre l'artillerie de ViUiers et de la Pointe-de-Cœuilly, mais celle-ci couverte par des épaulements et ayant un commandement considérable, se trouve hors d'atteinte,

son feu, loin de se ralentir, redouble d'instant en instant.

Le général commandant le 1^ corps fait avancer la 2* batterie de marine, capitaine Bernard, qui prenant position sur la pente du ravin de la Lande, à 200 mètres au delà du grand four à chaux, unit son feu aux deux batteries de 12.

En même temps, les deux batteries Jacob et Salle, gravissant de nouveau les pentes, reprennent les premières positions à gauche du chemin de Cœuilly... là, elles ont à lutter à découvert, non-seulement contre les batteries de Villiers, de la Pointe-de-Gœuilly, du parc de Cœuilly, mais encore contre une nouvelle batterie, qui, se démasquant à l'angle du Boiser Abbé, les prend d'écharpe.... Les différents points du plateau étant repérés, le tir de Tennemi, d'une remarquable précision, nous fait le plus grand mal : En quelques minutes, la batterie Jacob a un officier tué (Benech, sous-lieutenant), 20 hommes et 22 chevaux hors de combat ; la batterie Salle, un ofQcier blessé (Jacquemart, sous-heutenant), une quinzaine d'hommes et autant de chevaux tués ou blessés, une pièce démontée...

Malgré tout leur dévouement, ces batteries ne peuvent continuer une lutte aussi inégale; force leur est de se replier une seconde fois.

À ce moment, une autre batterie de la réserve du 1" corps, la 3* du 6% capitaine Paret, entre en ligne près de la maison de Bel-Air. Bien que fortement éprouvée elle parvient à combattre quelque temps, et oblige même à la retraite deux pièces ennemies, postées à l'angle sud-ouest du parc de Cœuilly ; mais écrasée à son tour, elle est contrainte de quitter le terrain. L'ennemi Voyant uotro artillerie se retirer successivement, l'en-

prendi'offensiTe ^emi, appuyé par le feu de toutes ses pièces, prononce

ut unis sur if plateau de CœitiUi/ après le prenuor mouvement en avant .

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