‹ La défense de Paris (1870-1871) (volume 4)Chapitre 6 sur 84 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

.ARRIVÉE DE M. TmERS A PARIS.

M. Thiers arrive Le 30 octobro M. Thiers était rentré dans Paris ; son (30 octobre), arrivée coïncidait avec le bruit de la capitulation de Metz, dont la première nouvelle avait paru dans le journal Le Combat du 27 octobre, avant qu'aucun avis ne fût parvenu au Gouvernement (1). Tout au contraire les dernières dépêches faisaient penser que la résist^nc^ durerait plus longtemps.

Aussi Tautorité n'h^ita pas à faire démentir l'article du journal radical (2).

(1) Voici l'article du Combat, journal de Félix Pyat :

« Le plan de Bazaine.

« Fait vrai, sûr et certain, que le Gouvernement de la Défense nalio- « nale retient par devers lui comme un secret d'État, et que nous « dénonçons à l'indignation de la France comme un crime do haute « trahison :

a Le maréchal Bazaine a envoyé un colonel au camp du roi de Prusse « pour traiter de la reddition de Metz et de la paix, au nom de S. M. « l'empereur Napoléon IIL »

(2) Voir aux pièces justificatives, n» IV, le procès-verbal des séances du Gouvernement de la Défense nationale.

Maisle fait n'était que trop vrai, et M. Thiers le confurmait officiellement en arrivant à Paris.

Dans ses entretiens avec les membres du Gouvernement de la Défense nationale, M. Thiers fit connaître le résultat négatif de ses visites aux cours et chancelleries étrangères.

Il laissa entrevoir avec beaucoup de ménagements que la forme républicaine était peu sympathique aux monarchies de l'Europe et qu'il n'y avait à compter sur aucune intervention directe.

Cependant il exprima l'espérance que M. de Bismark ferait certaines concessions qui rendraient peut-être possible un armistice, et permettrait la formation d'une Assemblée nationale chargée de traiter définitivement de la paix.

Le Gouvernement déclarait ne pouvoir négocier qu'aux deux conditions suivantes :

1* Armistice, pendant lequel toute facilité de communication serait laissée avec l'extérieur;

2" Ravitaillement proportionné à la durée de l'armistice, c'est-à-dire que si cet armistice durait quinze jours, on laisserait entrer dans la place pour quinze jours de vivres. ^

D'un autre côté, M. Thiers faisait connaître que M. de Bismark, sans vouloir s'engager d'une manière catégorique , avait donné à entendre que le minimum d'exigences de la Prusse serait :

La cession de l'Alsace et une indemnité de 2 milliards.

Dans toutes ses entrevues officielles avec les membres du Gouvernement ou particulières avec le général Trochu, M.Jules Favre et d'autres personnes considérables, M. Thiers insistait beaucoup pour qu'on acceptât ces conditions, affirmant que tout ce qu'il avait vu de

Torganisation des armées de province élait de nature à ne laisser aucun doute sur le résultat final de la lutte, que si on s'obstinait à la continuer, Tennemi allait envahir nos riches provinces du Nord et de TOuest, s'emparer de tout notre matériel naval, et, qu'en définitive, après ces pertes immenses qui nous coûteraient encore des flots de sang, nous en serions réduits à abandonner l'Alsace, la Lorraine et à payer une indemnité de 5 milliards.

M. Thiers soutenait son opinion avec beaucoup de vivacité, au grand déplaisir du général Trochu et de la plupart des membres du Gouvernement de la Défense qui ne partageaient pas sa manière de voir, et se faisaient, sans doute, beaucoup d'illusions encore; ils redoutaient surtout l'effet produit sur une population en délire, au moment où on lui ferait entrevoir la triste réalité. propoRiiions Cependant on avait fini par se mettre à peu près d'accord le matin du 31 octobre, et il était convenu que M. Thiers repartirait dans l'après-midi, porteur des propositions suivantes :

« Armistice de quinze jours avec ravitaillement;

« Faculté laissée au Gouvernement de la Défense nationale de communique^ avec l'extérieur pour préparer la formalion d'une Assemblée nationale, chargée de négocier la paix et dans laquelle T Alsace et la Lorraine seraient représentées. »

A midi, le général Ducrot fut prévenu que M. Thiers arriverait vers 3 heures, à la Porte-Maillot; de là, il devait être conduit au pont de Sèvres, où l'ennemi faliciterait son passage pendant une suspension d'armes consentie à cet effet.

il'annii^lice.

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