VA"^ -V
A partir de ce momeat , la situation devint très^ifficile. Sept ou huit fois, on nous avait couchés en joue ; un coup de fusil avait été tiré, et d'un moment à Fautre la fusillade pouvait commencer. Or, la fusillade, dans la situation où nous nous trouvions, ne pouvait produire rien de hon. Le général Trochu était en liberté depuis plus de trois heures ; pendant ce temps nous avions tenu le Gouvernement bloqué ; et les bataillons de Tordre, ainsi que les troupes, avaient eu le temps de se réunir aide cerner THôtel-de- Ville; nous ne pouvions plus rien faire d'utile, et le mieux était de nous en aller avec nos prisonniers. M. Charles Ferry paHagea cette opinion et se chargea avec mon adjudant-major d'emqiener Blanqui et Tibaldi. Je devais opérer ma retraite après avoir assuré leur départ.
Dès que les prisonniers furent descendus, je me mis, en effet, à rallier mes hommes disséminés en partie au milieu des insurgés. Toute ma crainte était d'en laisser derrière moi. Les tirailleurs de Flourens nous étaient si peu hostiles qu'ils transmettaient mes appels et criaient à tue-tète : a Les carabiniers du 17« 1 Votre commandant vous appelle t » Après avoir fait une dernière ronde dans le petit salon, déjà rempli de volontaires, je descendais l'escalier, lorsque je vis revenir M. Charles Ferry et mon adjudant-major, sur lequel on venait de tirer un coup de revolver, au moment où il voulait sortir.
J^avais cru la porte gardée par le l^' bataillon qui était entré à mon insu dans l'Hôtel de Ville. Mais son commandant , M. de Marcillac, était venu me rejoindre pour m'aider au besoin dans le petit salon; pendant ce temps, son bataillon, peu nombreux, avait dû se concentrer pour ne pas être coupé, et les Tibaldiens s'étaient emparés de la porte.
Ces Tibaldiens étaient beaucoup plus mauvais que les volontaires de Flourens. Ayant reconnu Blanqui au passage, ils avaient attaqué M. Charles Ferry et mon adjudant-magor', qui se présentaient sans défiance, croyant avoir affaire à des amis, et dans la bagarre les prisonniers s'étaient esquivés. Il n'y avait pas à songer a les reprendre ; je no savais même pas ce qu'ils étaient devenus. Mon bataillon rassemblé dans la cour, je voulus sortir par la porte donnant sur la place Lobau, mais les mêmes Tibaldiens qui avaient délivré Blanqui, refusèrent d'ouvrir sans un ordre du citoyen Ranvier. La porte était très-massive, fermée à clef, et la clef n'était pas là ; il devenait donc inutile d'engager la lutte.
Nous étions là dans la cour, complètement dominés par les galeries qui nous entouraient, et, conséquemment , dans une trèsmauvaise situation. Je ne voulais pas y rester. Je me disposai
donc à remonter dans les appartements et à faire occuper, coule f{ue coûte; les galeries d'où l'on pouvait nous atteindre. Je m'aperçus cependant , à force de chercher une issue , que la porte donnant sur la grande place de THôtel-de-Ville n*était pas fermée ù clef; je fis jouer Tespagnolette , tout en parlementant avec les Tibaldiens qui interceptaient le passage et refusaient de nous laisser sortir. Sûr que la route était libre de ce côté, je fis masser ma 6* compagnie, déterminé à enlever la porte. L'opération ne présentait pas de difficulté , mais je n'étais pas sans inquiétude pour les derniers qui sortiraient.
M. DuRFORT DE GivRAC. — Qucllo heuro était-il ?
M. DE Crisenoy. — Onze heures et demie de soir; nous étions là depuis sept heures.
Sur ces entrefaites, un officier de la garde nationale, un lieutenant du 185% je crois, se présenta à moi en me disant: « Commandant, vous demandez la permission de sortir ? — Oui ! — U voilà !» Et il me présenta un billet sur lequel je lus : c Ordre de laisser passer le ld5« bataillon. Signé : Ranvier. » Je montrai cet ordre aux Tibaldiens qui ne regardèrent que la signature et ouvrirent la porte à deux battants. Je sortis tranquillement avec le n« et le 15* qui avaient partagé notre sort, et M. Charles Ferry.
Les bataillons de la garde nationale arrivaient de tous côtés; la rue de Rivoli en était remplie. Mes hommes n'avaient pas mangé depuis le matin et étaient épuisés de fatigue. Je passai chez le général Trochu, qui m'autorisa à ramener le bataillon dans son quartier.
Ce qui m'a le plus frappé pendant cette soirée, c'e^t que parmi les troupes , au nombre de â ou 3,000 hommes , qui occupaient rHôtel-de-Ville, il n'y avait de véritables émeutiers, ayant conscience de ce qu'ils faisaient, que 150 ou 200 Tibaldiens.
Le lendemain du 31 octobre , et surtout après le plébiscite , on peut dire que toute la garde nationale était ralliée au Gouveruement de la Défense nationale qui, j'en ai la conviction, était complètement maître de la situation. J'ai vu des chefs de bataillon des quartiers les plus mauvais qui n'avaient pris aucune part à ce mouvement.
Extrait de la déposition du commandaiit de Legge, dans l'enquête parlementaire sur les actes du Gouyemement de la Défense nationale.
Parmi les insurgés qui sont sortis avec les membres du
Gouvernement, il y avait Blanqui et Flourens.
Je remontai dans les appartements vers 3 heures et demie; nous fîmes des perquisitions , et nous trouvâmes beaucoup d'in • surgés dans les chambres; vers 4 heures moins un quart, je me rendis dans la salle du Trône, où je trouvai MM. Ferry et Etienne Arago. Je demandai ce que je devais faire de mes prisonniers; M, Ferry me dit ; « Il faut les relâcher. — Mais, répondis-je, je les ai pris les armes à la main, et leurs fusils étaient chargés; s'ils n*en ont pas fait usage, c'est qu'ils n'en ont pas eu le temps. » M. Ferry me dit que puisqu'on avait laissé partir les autres, il n'y avait pas de motif pour garder ceux-là.
Cependant, je les gardai; vers 4 heures et demie, il descendit lui-même dans la cour, et me demanda si les prisonniers étaient relâchés. Je répondis qu'ils étaient toujours là ; il se rendit luimême dans la cave, et il me dit, lorsqu'il fut remonté : a Je viens de donner ordre de les relâcher ; vous allez les laisser partir par la porte Lobau. »
Extrait de la déposition de H. Dauvergne, commandant le l'" bataillon de rindre , devant la commission d'enquête , sur les actes du Gouvernement de la Défense nationale.
Au moment où nous allions nous mettre à table, une personne , revêtue d'un costume de garde national et porteur d'un billet du général Schmitz, demandant des ordres au général Troehu, vint me prier de la faire entrer à l'Hôtel-de- Ville pour tâcher d'approcher du général.
Je la fis accompagner par M. le lieutenant Desjeux. Je lui dis qu'il n'avait qu'à nous ramener le général Troehu , et que nous saurions le défendre.
Un certain nombre d'officiers furent envoyés dans le caveau
am DÉFBN8B DB PAflfB.
pour le recevoir à la grille et Tiatroduire dans la caserne. L'émissaire en question qai ne revint pas par le souterrain, mais bien par Textérieur de THôtel-de- Ville, dit au commandant de Legge que le général était prisonnier, que les insurgés savaient où était la pofudfitt^, èri qwe, W 6ri teMalt flë Jè déli^rè^, on la férraH sdàtef . .
Nous nous mettions en devoir, le commandant de Legge él in6i, de faire irruption dans THôtel-de-Ville par le souterrain, quand nous arriva un capitaine d'infanterie de ligne, porteur d'un ordre du général Schmitz , ordonnant aux deux bataillons de reprendre les armes pour appuyer un mouvement offensif de la garde nationale contre THôtel-de-Ville.
Nous lui ftmes part de notre projet de dé/ivrer le général et tous \eé meinbrès du Gouvernement provisoire restés aux mains des insurgés. Puis, presque au même instant, on nous apporta la nouvelle que le général était délivré.
Le capitaine de Mauduit était revenu du ministère sans avoir rencontré personne. Le commandant de Legge et lui prirent une voiture et retournèrent au ministère. Le colonel Chevriaux, de son côté, fut retrouver le Gouverneur.
Moi, je restai à la caserne, pour parer aux événements qui pourraient se produire.
De tous oSftéâ oh eotendarit batttrè le iâttbour ; dM eris aÉDon- Qtfienft l'arrivée de bataillons.
Après titie attester (ftti nous parttl ii^ès-Fongne , et pettdad laquelle je fus plusieurs foib au télégraphe pour avoir une tépcfhsfè à ma dépêche , pendant laquelle aussi revint M. Damault , vers 11 heures et demie ou minuit moins un quart, nous arriva Tordre d'appuyer le mouvement offensif de la garde nationale sur THÔtel-de-Ville.
Le commandant de Legge et le colonel Chevriaux étalent rentrés. A minuit juste y nous sortions de la caserne. Mon bataillon alla prendre son emplacement derrière les gardes nationaux du quai, tandis qpie le Finistère allait s'établir du côté de la rue de Rivoli. Pendant cette formation, plusieurs décharges partirent des fenêtres de l'Hôtel-de- Ville.
Le commandant de Legge et moi étions convenus que deux compagnies du Finistère entreraient dans le caveau pour aller attaquer les insurgés dans le miUeu de l'Hôtel-de- Ville. M. le lieutenant Desjeux était chargé de les introduire.
Mon bataillon établty je revenais & sa droite, quand le commandant de Legge me dit : < Mes compagnies engagées sont eompro- < mises : il faut les soutenir ou les dégager. » J'ordonnai ài" svite à la 1'* campagnie, commandée par le capitaine Lejeane» et
DÉFENSE DE PARIS. 3â»
à là i^, cdihiflttHdée pat le capilaifle liefévriep/ de Mtë pat le fldnc droit ôt det tflë suivre.
Ne saohslnt positivement pas de qai se |)àsèait dans l'Hôtel-de- Ville, crai^ant.(tue les cojnjl>agiiies de battissent en retraite^ et ne voulant pas engager un plus ^and nombre d'hommes danë le couloir âoiiterrain, je me disposais à y entrer séûl, quand lé éapîtaine de Maudnit vint me faire part de )a véritable situation de sa compagnie.
Le capitaine de Mauduit et le capitaine de Livaudais, cdndUits par iè commandant de Legge, étaient entrés dans le souterrain. Le capitaine de Mauduit, qui était à la tèie, dvnit continué h marcher en avants et avait pénétré dans THôtel-de- Ville tfvec 30 hommes. Lé restant de sa compagnie était demeuré dans le souterrain avec la compagnie Livaudais, le commandant de Legge s'occupant h faire ferrher diverses issues et à faire quelques prisonniers.
M. de Mauduit pénétra par la porte vis-à-vis celle des cuisines, s*engagea à gauche dans le couloir qui longe la salle Sâint-Jean, monta Tescalier qui conduit à la salle des fêtes, et là seulement, lorsqu'il voulut former ses hommes en bataille, il reconnut qu'il n'était |)as suivi de toute sa compagnie. Il envoya immédiatement le sergent Gigohx pour les chercher ; mais celni-ci, en y allant, fut saisi, désarmé, et conduit an nouveau Gouvernement.
Après en avoir îtnposé cfuelquès instants par son attitude énergique, et avoir échangé quelques pourparlers avec un dommaiïdani de la garde nationale, voyant que son sèrgeixt ne revenait pas, le capitaine d^ Mauduit prit le parti de redesceiidre à l'eri^ trée du souterrain qu'il trouva barricadée à son retour. Grâce à ses efforts, auxquels se joignirent, de l'a'utre côté, le commaltf-^ dant de Legge et le resté des deux eonipaghies , la porte avdit cédé, et les Bretons étaient entrés dans la cour sud-ouest, où ils s'étaient établis immédiatement.
Aussitôt je me fis suivre de mes deux ooinpagnies, et j'arrivai à la porte du souterrain qui est devant les cuisines; — les hommes du Finistère faisaient face auxdites cuisines.
Ua officier, dont je ne puis dire le grade, s'écria parmi les insurgés : « Commandant, venez parler à notre commandant 1 » Mais je n'avais pas encore bougé, que le capitaine Lejeuue^ me mettant énergiquement la main sur 1 e]!»avfie , me dit : « Commandant, < nous ne souffrirons pas que vous alliez plus loin ! » Au même instant, j'ordonnai aux Bretons de croiser la bafïonnette et de faire un mouvement de conversion à droite. La conr fut délvloquée ; la cour sud-ouest vidée, et les insurgés se massèrent sous la voûte opposée.
J'allais entrer dans les cuisines pour reconnattre ce qu'elles renfermaient, ne voulant pas laisser sur mes derrières un nid d'insurgés, quand j'appris que le général Le Flô venait de se présenter aux Bretons, qui venaient de charger. Je fus à lui, et je lui dis : « Monsieur le Ministre, ordonnez, et cela va être bien > vite chambardé. • Il me répondit : v Commandant, les membres c du Gouvernement sont menacés de mort ; vous pouvez, si vous « poussez plus loin, les faire assassiner. Je vous permets seulec ment de déblayer les portes donnant sur la place Lobau. »
Pendant que, sur Tordre du ministre de la guerre, on enlevait les barricades que formaient les voitures renvei'sées, nous faisions sortir les insurgés qui se trouvaient dans les cuisines ; on les faisait passer entre nous, et on les conduisait dans le souterrain.
Dans le courant de cette opération, j'avais vu courir de^s hommes armés qui s'étaient c'achés derrière des colonnes , puis réfugiés dans le petit poste de la salle Saint-Jean. Le commandant de Legge et moi y entrâmes, suivis d'un certain nombre d'hommes qui avaient la baïonnette croisée. Us rendirent immédiatement les armes en nous disant qu'ils étaient des employés de l'octroi. Nous leur fîmes observer qu'au lieu de se cacher, ils auraient dû se joindre à nous, et que, ce faisant, ils n'auraient pas couru le danger qui venait de les menacer.
Ceci fait, je me portai à l'entrée de la salle Saint- Jean, du côté du grand escalier.
Nous cassâmes les carreaux à coups do baïonnettes, et nous vîmes la salle pleine d'insurgés.
Nous ouvrîmes la porte, nous avançâmes quelques pas; ils reculèrent vers le fond de la salle. Je leur criai : «r Bas les armes ou vous êtes mcHs! » Tous rendirent les armes, un à un, passèrent au milieu de nous, et, sur Tordre que je leur en donnai, mirent le képi à la main. Pendant ce temps-là, le commandant de Legge, avec cinq hommes seulement, désarmait une cinquantaine d'insurgés massés dans le fond des cuisines (du côté du jardin de M. Haussmann).
Ce désarmement opéré, ayant à mes côtés Tadjudant Baudoin et le sergent-major Cathelineau, nous entrâmes dans la cour des Gendarmes, dite cour du Nord. Elle était pleine d'insurgés armés. Nous les chargeâmes encore. Je leur tins le même langage qu'à ceux de la salle Saint-Jean. Nous les acculâmes sous la voûte où s'était passée la scène de la journée. Un certain nombre ouvrit la petite porte et prit la fuite ; d'autres remontèrent par l'escalier où j'étais resté si longtemps en présence de la foule envahissante* La plupart jetaient leurs armes. C'est là que je trouvai devan
DEFENSE DE PARIS. a41
moi M. Arago et (Vautres membres du Gouvernement que je ne connaissais pas ; M. Adam, le préfet de police, était avec eux. Je leur dis : « Messieurs, maintenant il n'y a plus de danger pour « votre vie : laissez-moi faire. »
Ces messieurs paraissaient fort inquiets; ils me dirent que j'allais compromettre la situation , et empêcher l'exécution d*une transaction qui venait de se faire ; et non-seulement ils m'empêchèrent de continuer le désarmement, mais encore ils m'ordon- ■ nèrent de laisser reprendre les armes aux insurgés.
Je revins alors à la porte de la cour sud-ouest qui donne sur la place Lobau.
Le colonel Ghevriaux, sur l'ordre du général Le Flô, fit ouvrir la porte et sortir les voitures. Je fis entrer, sur son ordre , une ou deux compagnies du 106«, et je les conduisis jusqu'au vestibule de la porte opposée. Je les fis immédiatement soutenir par les 3*, 4* et 5* compagnies de mon bataillon, qui allèrent se masser sous la voûte et dans la cour.
Je retournai dans la cour du Nord, j'y retrouvai M. Arago ; et, pendant que je causais avec lui, le colonel Ghevriaux me dit de prendre un détachement et de monter par l'escalier des bureaux.
M. Ghevriaux, moi, le lieutenant Ravisy et l'adjudant Baudoin, nous prîmes la tête du détachement. Nous arrivâmes au second, en face d'une galerie. Nous eûmes beaucoup de peine a ouvrir un des battants d'une grande porte vitrée.
Arrivés dans la galerie, nous aperçûmes des hommes couchés sur la banquette , faisant semblant de dormir; nous les désarmâmes.
Là, nous rencontrâmes M. Hetzel ; je le priai, lui qui connaissait les lieux , de vouloir bien nous conduire ; il nous répondit qu'il ne devait pas quitter son poste.
Arrivés au bout de la galerie, nous nous arrêtâmes un instant pour nous reconnaître. M. Ghevriaux nous ayant quittés momentanément, nous hésitions à entrer par une espèce de porte en tapisserie ou à suivre un couloir.
Enfin, nous prîmes le couloir; nous arrivâmes sur le palier qu se trouve devant la porte nord de la salle du Trône. Les insurgés qui la remplissaient défilèrent devant nous et le colonel qui nous avait rejoints. Sur notre injonction, ils mettaient la crosse en l'air et descendaient l'escalier qui conduit au poste central ; de là, sans doute, ils gagnaient la porte de l'Hôtel- de-Ville.
Nous avons continué à parcourir les diverses salles de l'Hôtelde- Ville et à faire des prisonniers, que nous envoyions rejoindre ceux déjà arrêtés, et qui se trouvaient en assez grand nombre dans les caveaux (â50 à 300).
842 BPFENSÇ DE PAK}S.
Quand tout cela fut (ini, noqs (ipprimes qoa lesdils prisonniers ftvaient été mia eu lii^erié, 4'après l'ordrq donné par M. J. Ferry ;^a ^msMnA^ni de I^egge.
Le 1^ novembre, vers 6 heures du matin, r^udau( Baudoin ay^nt été s^ass^rer (]e Theure à rUpr)oge, s'aperçu( qu'on avait remplacé le drapeau tricolore par un drapeai^ rouge surmonté d'un bopnet phrygien. A.ccpmpagné 4u sous-lïputenant Perroy et di^ phef de9 cuisines, il mpota mv le |pit. {^, \\ P^ap^rç^f que rétoffe tricolore avait été dét^phée de la hijimpe et If^i^^ée ^\lv le toit. On avait attaché à 1^ h^pupe le 4rapeau rouge, qu^ e^t encore en sa possession.
M. Perroy a gprdé (e hojf^e\ plîrygWft-
Qes messieurs, en desceQ4^nt» firent iipmédiateiQeBf prévenir le tapissier de THôtel-de- Ville de rétablir le drapeau tricolore.
Vers 9 heures ou 9 heures pt demie» un individu, ignorant s^ns dpuie les deraier^ événeo^e^ts de la nu|t, se pfésepta à la porte des bureaux, gardée par la 6* compaga|p, porteur d'un laisserpesser signé Blaoqui. — A la vue de oette; sigi^atiK^ , Lç capitaine ipliertieir s'asppra ai^ssitôt 4^ s^ perspi^ne, me Vamenii, çt nous le con4Misime8 eas^fnblQ cl^ez le cplonpl Chey^iau^.
Les gar4es piql>iles pt Ips garçoi^fi 4P tf^^Pf^ G^^^^P^t^ reconnurept ce personnage compie ét^pt ce|ui q^ ^\^ii tiré pl^sieui-s coups ^e revolver si^: moi et tsur le capitaiup Lpjeuoe, et qui, de plus, avait arboré le drapeau rouge dai^s la nuit.
li^terfogé et fouillé, çp^ indivi4vi déclara se gommer pelahaye, employé aus: ponts pt chaussées, demeurant, ^, rue de 1*. amandier. Il avoua hautement avoir arboré le drapeau roqgp. On le tfouva nanti d'jin revolver ^ si^ cpups chargé, d'uf^p cavtouchièi-e poç|Jpnpnt viugl-cinq partouches , f J de papiçr^ compron^ettants que j'ai déjà mentionnés.
Sur Tordre 4u colonel Chqyriaijx, pelabayp f^t i^flaédiatement CQp4uif à 1^ Préfecture de PpUqe, et déposé k la Peripanence, en pompagnie d'un pommé Treillard, cga|enipï^t arrêté ^^ momenl où il exhibait, à la même porte, un laieser-pai^ser signé pi^pqai. Le capitaine 4^ la 6* compagnie, qui av^it copdH^^ ^^^ ^eux prisonniers à la Préfecture , monts[ chez le seci^éf a^F^ fféi^pral , e( lui exposa les circonstances qui levaient motiv^ c^§ dp^^ {arrestations.
Tels son^ les faits qui sp ^Qn\ pas^ps, k Q^a copn^esance, pen* dant Témeq^ du 31 octobre.
P^i§, le 11 novembre 1810.
Le Commandant du f«' bataillon de ïlndn, Siginà : OiPYERQNic.
DÉFBNSP DE PARIS. 348
La if' uovemt)r9> yeirç 2 h#^r^9 d9 r»p^midi, te» Q|fi««rs du b^tampQ du Fiffi§tÀ£^ if^^ay^t fait dirQ q^'i\ »e fifUait pM compter ^ur ^p b^^ftiUoQ dp g^r<to n{|Upn^4 que )-qi^ ftyftit f^U vnnir pour protéger i'Hô^l-<)|i-ViUe et qi^o )*<>» f^vftit ét»))Ii plaa« Lofaau> je lis préy^nif I^* Pi^<^n^ Af^go, qui ^nypya Ifî capitaine Ghei:tier pqrter up p)i à \^ Pféfeoti|re de ppUop.
Ver^ 4 hpur^fii, M. phei^i^i: rAvint, j)t ^a'aoAQUW qu« noa pri- ^onnier^ du fp^tin ayaienf ^(é rp)^ç)^A«-
^'apppis en fp0(p^ (QRP^ S^f» )p b%ta|llQii du Fipi»tèr« fiï calui du Mpfbib^n ^ywï>t f^pu Tardr» dff PfuliPt
Je montai alors, avec le lieutenant Desjeux, diUlS le cubioat de ai. Aragp, qù je i^ tfo^v^, îiin§i (|ue M. pjoqurt, Adjoint à la mairie, pt je ii)p p)f4g|^js de p^ ^*pn i|v^t r^Upbâ tes pcisonniei:^ que j'avai^ pnvoypa )p ipatin ^ Ig fféfpptpre de poUoe ( de rieolefppn^ d^n^ lequel op allait no^9 Uie^qr aprèe tee événements do ift Wît pr®<î«dpptp, et dp fiW 4® «onPewpp que Tq» devait avoir 4^n9 la garde i^ationate-
M. A^'ego n^>yi|nt réppndu dB formuler ma plainte par écrit, M. le lieutenant Desjeux prit jplace au bureau de M. le Maire de Paris, ^( je Ini dictai te. lettre suivante :
« Monsieur le Maire,
« J^apprends à l'instant que le bataillon du Finistère , caserne « à la caserne Napoléon , et que celui du Morbihan , caserne « à THôtel-Dieu, ont reçu i'ejdr^ de partir; et que le bataillon
< de l'Indre , après les événements de la nuit dernière , va res-
< J'apprends, en outre, q\i(^ teS prisonniers envoyés ce matin « à la Préfecture de police, dont un, — un nommé Delahaye, — a f ft^ r^ppnni; pour ^voi^ (ire tnoiç cqpps de revolver sur moi, f pnt étp m^ eft libertéf
a En présence de tout ceci, j^ yoin? déQjprp qu'pfflpierSi PQUSc officipr^ f\ 9Qldat^ du bataillqn de l'Indrf), qe v^||)^{ft p^e jouer « leur vie pour pn çouvern^ipept giii ne.^ajt pa^ 9U ^^ v^qt p^s
< se défendre. »
Pandant que je dictais cette tettre, M. A^rAgo sa puornenait de long en terge ditn» «94 cabinet. M* Floiiuet, appuyé prQ^ de la fenêtre, nettoyait ses ongtes, baissait les yeux d'un air assez inaus9ede» et rego^rdeit è droite et 4 gauche au-dessaus do son fainoclft.
A peine cette lettre étaît-eUe écrite, que l'adjudant Baudoin, du )»eteilla9t yint me demender de te pert de M. J. Ferry.
M- Axego PdP pri% de porter moi-imâme na lettp^ au membre
du Gouvernement. — Chemin faisant, nous rencontrâmes le capiaine Ghertier qui était de service; je le priai de nous suivre. AiTivé dans le cabinet de M. J. Ferry, je lui donnai ma lettre. Il eu parut très-étonné, très-tourmenté, et me dit : « Oh ! comman- « dant, ce n'est pas vous, un ancien militaire, qui pous abandon* « nerez comme cela?» — < Non, lui répondis-je; mais puisque < vous êtes membre du Gouvernement, ordonnez aux deux ba- ^ c taillons dont il est question do rester. » — Effectivement, il se mit à son bureau, donna par écrit Tordre au bataillon du Finistère de rester à la caserne Napoléon , et à celui du Morbihan de venir s'y installer.
MM. Ghertier et Desjeux, pour qu'il n'y eût pas de temps perdu, portèrent immédiatement ces ordres ; et le soir, à 8 heures, ces deux bataillons étaient placés par moi sur deux lignes pour défendre les abords de l'Hôtel -de-Ville du côté de la place Iiobau. Un peu plus tard, des brigades de gardes mobiles et de troupes de ligne vinrent prendre position sur la place de THôtel-de- Ville, dans l'avenue Victoria, dans la rue de Rivoli et sur le quai.
Signé : Dauvergnb.
VIII bis.
Déposition de M. le colonel Vabre derant la Gonuninion d'enquête.
M. le comte Daru, président. — La Commission désire que vous lui racontiez les faits qui se sont passés pendant votre commandement à l'Hôtel-de-Ville.
M. le colonel Vabre. — Je ne suis entré à l'Hôtel-de- Ville, comme commandant militaire, que le 5 novembre.
M. le Président. — Jusque-là vous n'avez rien à nous dire ?
M. le colonel Vabre. — Le hasard, auparavant, m'avait mis en rapport avec les membres du Gouvernement de la Défense, notamment dans la journée du 31 octobre.
J'habitais la banlieue, et je commandais un bataillon qui avait obtenu de ne pas rentrer dans Paris. J'avais les rives de la Seine à garder et j'avais été attaché à l'armée active, sous les ordres du général Ducrot. J'avais eu à lutter avec les membres de la municipalité nommée dans le village de Glichy-la-Garenne ;
j'avais dû en faire désarmer quelques-uns et menacer de faire arrêter ceux chez lesquels je trouvais une opposition nuisible à mon commandement et aux intérêts de la défense.
Le 31 octobre, je vins à Paris, vers 6 heures du soir, ne sachant pas ce qui s'était passé dans la journée ; ce n'est que vers 7 heures que j'appris qu'il y avait un changement de Gouvernement.
Je revenais des avant-postes, et j'avais dû faire baisser les poni-levis pour rentrer dans Paris; j'avais une autorisation écrite pour les faire baisser à toute heure de jour et de nuit, parce que mon bataillon était le seul qui fût alors aux avantpostes. J'étais en tenue militaire ; je me rendis à l'Hôtel-^e- Ville.
La foule était énorme, et il n'était pas très-facile d'approcher ; néanmoins, les coudes aidant, j'arrivai jusqu'à la grille. Ne pouvant pénétrer par la porte, j'escaladai la grille, et j'entrai dans l'Hôtel-de-Ville par une fenêtre. Je fus arrêté et conduit à Delescluze ; il pouvait être 8 heures et demie. Delescluze me demanda d'où je venais ; jtttais plein de boue, j'avais mon revolver au poing et mon sabre au côté. — < Je viens des avant-postes, lui ai-je répondu. On prétend qu'il y a un nouveau Gouvernement, je tiens à le connaître. — Oui, me dit-il ; vous savez ce qui s'est passé à Metz ?» Je le savais aussi bien que lui, mais je répondis : — c , Je n'en sais rien, » et le laissai parler ; il termina en me conseillant d'aller chercher mon bataillon et de faire cause commune avec eux.
Il était seul, à ce moment, entouré de gens armés à figures sinistres. Ranvier, Mottu, Flourens, Blanqui, n'étaient pas là. Je lui dis : — « Vous n'êtes pas seul à former le Gouvernement? )> Il me dit : — « Non ; Flourens et Blanqui en font partie. — Où sont-ils? — > Blanqui n'est pas là ; Flourens est à côté. »
A ce moment, mon bataillon était le seul qui ne fût pas rentré dans Paris ; j'avais organisé des travaux de défense très-importants sur les bords de la Seine et dans la presqu'île de Gennevilliers; je faisais des reconnaissances journalières vers les lignes ennemies, et cela m'avait valu deux ordres du jour à l'armée. C'était assez pour que tous les journaux s'occupassent du 34* bataillon et de son commandant. Apprenant qui j'étais, les hommes armés entourant Delescluze, s'écrient :— « Il faut faire comme le 34' bataillon, il faut sortir; la levée en masse! » Je leur dis : — € C'est inutile ; exécutez les lois récemment décrétées ; que les hommes de 20 à 35 ans s'en aillent aux avant-postes ; que ceux de 35 à 45 ans fassent le service des forts, et les vieillards derrière les remparts ; de cette manière, les troupes régulières et les marins pourront se porter en avant ; c'est une armée de
346 PPFENSÇ DW P4Pja.
7O,QP0 l^offimes imni^é^ittiemeol disponible. 9 ^ 4'^^f^^ à p<|ise ^il c^la, quft j'^^^^i^ firop^pf^^ gPR^faJ §» ckaf. J§ me r^lqurmi, <?t je vois le général T«roi*îoPi H ét«lal>»Wu; » aAM 4(î lui éteil w a^de 4e cawp; Rui^, JttN Fuftq» 4«iTièrfi un ridew bwpsé, Jwles Simon, I9 générai }^ flft et Cacoi^P-Pagés. Ce« n^e^sieur^ étai^nl gardés par J^s tirailleur» d© Plourens, qu\ fppmaiaat uc cercle autour d'eux. Flourens, assis, ne disait rien. Pour protfsster QQntra lepr* aiHïlamatipi^s, je lepdi» Ifl maio au gwîéiîal Tamisier, qui m« vpfusa U siQAPe, craigna|i( 4p se faire échapper, PH f}e me fairp écUarpay moi-môme.
Je franchis le Gerc)^ 4^» tiraillQur», pt jn 4i9 à Flooff^na 5 — % J'ai à vous parler- » Il me regarda 4*w wil hébété, a^ua wp répondre. Pour )a secpnde fpû^, ja lui ^^ - — « Jfl youa prie de vouloir bien m*a4tei|dr<^ quelques minutaa. « Il »© bougaa p^^ encorp. Alors, comme ja sjjia aaaey violaiU, je Y»is à luii ja lui meta la mai» aur Tépaula, at ja lui 4ia : — « Vpilà la tPQïaiàmp foip qua ja vous deman4a 4a m'qntepdre. — Que voule«-ypua« |oe dit-il? —Je désira pauser av«c ypua. r: Jfl ua puis, eu po mamept, sortir; att^ada^i glanqui, QupUaa aan( kpp prétaatiaa^? Veuillez laa formuler par éprit. — li faut flpir aattp aittt^iPU» lui ai'je dit, jp ma charge 4*au réféRer à Juie$ ?avra* a FlQMf»A« mf répond :
— c Passer 4aa8 la 9aUp h aAté, là vaua formulai^ vos prétentions. » De sorte que moi, qui étais venu par la fauétra, ja anis pris par eux pour un des leurs, et chargé de rédigaE lea pvéteation§ delà Commune* I^ea heures ça paasaiaot. Jp dis à Flpurens : — - a Vous np voulez rien formuler? Mpttez an libarlé alors les membres de la Défense nationale. — Voa, non, cépondit-ii, on ne sait pas ce qui peut arriver, je les garde comme otagaa ^
Au bout de quelques instanla, un tumulte aaaez grand aut lieu. C'était Blanqui qui pvait été fait prisounier et qui avait été relâché ou qui s'était évadé. Delescluae quitta alors la salle où étaient les membres du Gouvernement de la Défense et se rendit dans le salon jaune, à côté. Immédiatement, vint s'asseoir à cefte table. Minière; il se mit an face de Blanqui, Flourena se mit à drqite de Blanqui, Ranvier, au tiaut de la table, à gauche, et Delasoluie resta debout. On fit une ovation à Blanqui ; il portait uua grande houppelande asses détéiûorée et nu képi' de aommaudunt de Ih garde nationale.
Blanqui dit alors : — « Personne ne sortira d'ici sans un ordre écrit de ma main ; gairdes, donnea cet ordre, et que les portes soient fermées. » Millièra prit la parole et dit : — c La première chose que nous ayons 4 hûra, c'est de panac^r à notre sûreté persanaella. — J'y peaaa, » répoadit Flourena, ^ il aa mit à
DEypijîSÇ DR P.4RI§. 847
m^^' f^^^^ dçb9uf e^irq }u^ ^^ pi^nquj ; j^ mg fi^neliAi ppur rpÇJFflSr P^ g*?'il éçrlvf^U; Je \^^ ? f Or4pe ««x bQ()iilJpQ9 dp Be|- |^Kfl)p d^ ^çsfi?ndr^ ^ rHftfel-deWfllp, » ^e qa^ jjf^ : » G>§^ Iq rop- PfÇfff de §'eij ^Uer, • j'ptai^ ^^fpîJaff>f|]p^U |-^i^§pjgfl^. Je djs à ^l^pqui : — « Jq yaiç ^ ippR gqgfp. — Q^i ê)^^T>rQtfp, wp dit-il? » Flouren^ Iftj 4if : — « C'pçt \p cofftflfiaftdant fju â4«. Il dplQaii4p uu lfii8§^r-pa^§er. »
Il prit un papier ff épfivi| :
« Laissez circij|lçr 1^ ^(9PP Vi^bre, coin)n{^i)d^Dt 4h 3f* ]9&- « t^llQn*
ic £,e^ m embues du Gouvernement,
« Bi^NUpi. f
Ptti&».il y apposa le cachet de i*Hôte1-de-Ville. Je dis à Flquv^ji? dç cogner pp IpijspQf- passer ; \\ flf^e répandit ; - « Plfinqv|i ^ sipnéi celJ^ ^uffif. » f a^o|*^i : — r « J^^ lais/ser-p^s^pr pq^-te ; i) Le» « pfembres ^\^ QQpvçrppïflQpt ; f çetjç fopnulp iflipljqpe ^^ flf^pifts deux signatures. » Et i) ^ift^^,
^^ vai^ d^ 9)4|tQ placq Ypndôme faiç^ qQu^altr^ CQ qij^e je s^yais ^} de là je m$> repdp i^usçitô^ fjjj 4^ ^pfiffiwr, f^Hprqs c^e j^ipir^l Cosnier, gf je ]u\ f^çonf^ ce (j^| sç pppsait : — « You^ ^\fi?, j^i di^-je, (|e§ hommes qùrs ^ yotfe dispq^jjjQi} j Jes miens sept ||u <}ei^ des fortifica^of^js, \\ ^e^çtit (rpp lo^^g (^e Iq^ alle^p chercher : Il y ^ ipO pvi ^qO Tibaldipps dang l'^ô^f Irftp- Ville ; )\ y ^ l^^^upqpp dp ^d^ufis, ]f{ pl^qe esli pj^jpia de fflRpde, 9>§t vrai, mais avec 200 ou 300 hommes décidés, on peut ren^per 0 Iç^ jetqf p^)* 1^ fçnôtre. Celft ^^\ (J'f^utant plus f^cilp,^ (jpq j'ai j^n lai^^er-passer ^ignq Blapqnj ej f loi^f.ens.. »
jj^amiral ipq dit : — »/ Jq yçiis f§i^•fi b^ftrÇ ie HPP^^ ?t fàchqr de yp\>S dpnner g^e^u^3 hgm^pq; \pp, pç fqrie^ paç wql dq yoir le général Trochu ; allez vite le trouver. »
Je montai §ur mon cbeyal, qui était déjà à (^erpi rpvir^u, et 4'arriv^i chez le général fpqchu. ^q i>q Ip comi^içsai^ p§^ \ il était qeuld^n^ qqp Cftbi;iet, ^^vqp le général pupfot pj, me re coni^ais^^^^l, jif\f\ tçq^it |a pa^in et n>q deqiapd^ cq que jq venais f^ire. Je )if i racontai Iqs faits et lu| piontr^i moq laisser-passer. .-:- « 4yec Pfjlq? Ifli 4is-j«! fti quelqpeç hommes qpergiques, nous pouvqi^lg Jeq cprner, qpt^er rf^»P |'H.O,Jpl-dq- Ville et teripiner cqfte situation. » 1} m^ rqpondi^ : — ^ p'j^^t çq qi^e nqqg allqm^ f^irq, » i« S9WIV *9 «^,9Brft^ Tf9J5)jft r jpd\(^tiflp ^eg lieux, qt j» }u| fx-
3i8 DÉFENSE DE PARIS.
posai im)ii plan ; le général Duorot partagea mon avis. Les ordres sont donnés, on demande des artilleurs et des pétards et nous montons à cheval. Nous avions obtenu du général Trpchu l'autorisation de faire sauter les portes si besoin était, et de nous emparer des membres du nouveau Gouvernement. Nous allions partir, lorsqu'un membre du Gouvernement de la Défense, M. Picard, nous pria de retourner dans le cabinet du général Trochu, craignant que l'attaque que nous allions faire ne coûtât la vie à ses collègues prisonniers ; il obtint un sursis.
M. le comte de Resséouier. — Quelle heure était-il?
M. le colonel Vabre. — Onze heures du soir.
Nous retournons dans le cabinet du général Trochu ; nous étions quatre : M. Picard, le général Trochu, le général Ducrot, et moi. J'insistai pour le départ immédiat, en disant : « Si vous les laissez gagner du temps, les cinq bataillons de Belleville vont arriver, et nous aurons à faire à 4 ou 5,000 hommes, qui se défendront sérieusement; il faudra longtemps avant de s'en rendre maître. »
Nous obtenons, pour la seconde fois, l'autorisation du général Trochu de monter à cheval et de faire sauter les portes ; pour la seconde fois, au moment où nous sortions, on nous fait descendre. M. Picard l'avait encore emporté.
Nous retournons chez le général Trochu. Je lui dis : « Vous avez des troupes à la caserne Napoléon? » Il me répond : « J'ai des mobiles bretons. — Alors, faites-les entrer par les souterrains. — Quels souterrains? — Les souterrains qui font communiquer la caserne Napoléon et la caserne Lobau avec l'Hôtel-de- Ville. » Immédiatement un aide de camp, M. Thory, je crois, porta l'ordre aux mobiles bretons d'entrer dans l'Hôtel-de-Ville par les souterrains.
Vers minuit un quart, les mobiles purent entrer par les sou^ terrains que j'avais indiqués ; c*est ce qui a dégagé le général Le Flô, qui arriva chez le général Trochu vers une heure ou une heure et demie, nous racontant ce qui s'était passé, et comment il avait pu s'échapper.
Pendant ce temps-là, la générale avait été battue partout, les bataillons se réunissaient sur la place Vendôme et le long de la rue de Rivoli. Je conseillai au général Trochu de monter à cheval et de passer une revue de tous ces gardes nationaux; je lui dis : « Il doit y avoir quelques mauvais éléments, mais je suis persuadé que le bon l'emporte. » Le général Trochu ne paraissait pas convaincu, mais le général Ducrot lui dit : « Je connais le commandant, son idée est bonne, je réponds de lui. i»
Le général Trochu demanda au général Ducrot de l'accompa-
gner. En même temps, il me donna l'ordre de monter à oheval et de me tenir à sa droite.
La revue se termina vers cinq heures du matin. C'est à ce moment que M. Jules Favre est arrivé à l'hôtel du Gouverneur, annonçant qu'une transaction avait eu lieu et que tous les membres étaient libres. Je suis rentré chez moi, et depuis ce jour je ne sais pas ce qui s'est passé; j'allai de nouveau aux avantpostes, et quelques jours après, par décret du 5 novembre, je fus appelé au commandement militaire de l'Hôtel-de-Ville et fait colonel de la garde nationale.
En désignant les souterrains, j'ai la certitude d'avoir sauvé la situation. — Plusieurs fois, les membres de la Défense nationale avaient été couchés en joue. M. Simon avait été frappé , et à l'heure où les mobiles du Finistère et de l'Indre sont entrés, il était trop tard pour que les gardes nationaux , rassemblés sur la place de Grève, tentassent l'assaut de l'Hôtel-de- Ville ; — le premier coup de fusil tiré par eux pouvait être un arrêt de mort pour MM. Favre, Le Flô, Simon et Garnier-Pagès.
M. le PnésmENT. — Savez-vous quelque chose de la transaction ?
M. le colonel Vabre^ — Je ne sais rien personnellement, puisque je n'y étais pas.
Lorsque la transaction, rédigée par Flourens, fut présentée à Jules Favre, on l'avait d'abord, paraît-il, envoyée à Dorian, qui l'avait signée. Lorsque M. Ferry lui-môme est entré, après l'arrivée des mobiles bretons, et qu'il somma Flourens de se rendre, ce dernier lui aurait répondu : « Nons avons fait une transaction avec Dorian . » Cette transaction , on l'avait déjà annoncée, par la fenêtre , à la foule qui se trouvait sur la place ; et il est certain que, le lendemain, la Commune aurait été constituée, si les bataillons de l'ordre n'avaient fait cause commune avec le Gouvernement de la Défense nationale.
Le 5 novembre, je fus appelé au commandement de l'Hôtel-de- Ville. J'arrivais au milieu de gens que je ne connaissais pas, auxquels j'étais inconnu. 11 est certain qu'on a dû me regarder comme quelqu'un dont on devait se méfier, et, en effet, ce système de méfiance dura assez longtemps.
Les désaccords ont commencé le lendemain matin, enti*e M. Etienne Arago et moi. J'arrive, et je vois que l'Hôtel-de-Ville pouvait être envahi à toute heure du jour et de nuit. M. Et. Arago
960 DÈPtHSÈ DE PARIS.
donnait des [aissèr-|)asser , des' pcrftiis de Circulation a ioiil iè inonde, et cela, non-seulement sur papier libre, niais il avait fait Wire fles cartes jàufïôë, vldlôft{?6, ^od^ès et blanches, qui permettérient d'entrer par telle où telle porté.
Je dis : d Je suis commanJaht de place ici, ëi sur ihoi sèiil repose todte la heâpon^â'bitité; porsonne que moi ne ^oit avoir le droit de donhe^ xtn perrHîs d'enfrêe. • Je idûné ce! drdre aiix factionnaires, et Je fàlâ ^nppfimer les cartes.
Grand êtiboi. M. Âragô dit i(u*îl ne supporterait jamaié que Télément militaire absorbât Télémeni civil; qu'il était maire de Paris, qu'if garderait lé dfoH à0 tîiitk entrée i jilitef-tle-Viîle qui i! voudr^H. ië rép^n^lâ 4 W. Et. Aràgd : « Je ne viens ici pour lutiet avec pèrsoritld, mais pour défencJrè' l'HôtcI-Jè-Ville contre toute îhsîlrrè(?tloA( ; je ^v^AidHi les ihé^îi^es que je croirai convenables, et je sufs èèul Jti^ë H cet égard. >» CfAiis là joufiièc, et é\ir f îriter^ôtitiôn du ^ôriérAl t^ôèïiù et de 6îéhifeîit thomas, la cho^è fut arrangée H no(^e ^a'tiëfdclîo'n réciproque, non pas que tout ait marché pour lé ^leu^ ël cdfhdië je Tauràis désiré, rfiàis pâf dès èoùceâàidns féèip^dqde^. tjë Service cîvit né. pas éii à souffrir à l'Hôtel-de-Ville de l'occupation militaire.
J'a^aîâ àtihiié, Mfo'rièietir lé* Président, de Vôds (t\H q\i*ën ihe confiant ce poste M. le général Trochu m'avà'ît rfît : c ie vous donne le poste le plus important de Paris; nous dépendons de vous à l'avenir. Si vous laissez jamais prendre l'Hôtel-de-Ville par l'émeute, nous sommes perdus, entièrement perdus. » Après nous être entendus sur mes droits, qui devaient être illimités, et Sur rties deVo/f^, je répondis au gêheral : c Vous pouvez rompfor sur rixoi ; je ^âUrài allier ik plus gfande fermeté à la plus grande douceuï*, èl je voils promets de to'ut supporte^, môme riûsuifê, si mdh pays doit etL retirer un avantage quelconque. »
DÉFBNSB DB PARIS. 3bi
Viti
ter.
Raoni ftigaùli , cominissaifé de police , attaciié an cabinet dn préiéi, it. Adam, coînmè chef de là police publique, prend pari à linsuri^eetfbn da it octolkre et n'est pas arrêté.
(Extrait de la déposition de M. Cresson, préfet dé polico.)
Le chef du personnel, en ihe faisant connaître la situation générale, en me montrant les personnes qui m'entooraient ^ me racontait le rôle de Raoul Rigault. Il me fit connaître que Raoul Higault était devenu commissaire ayant Tfige légal, il n*avait pas vingt-cinq ans tfecomplis ; puis, un fait étrange, Raoïll Rigatllt s'était montré atec nn batdillon an 31 octobre. Il avait occupé la cour de la Préfecture. Il avait dans sa poche un ordre signé Blanqui, et Tordre, me disdit-On, on Tavait vu ; M. Âdatn Tavait eu entre les mains. J'eus avec M. Adam une conversation à ce sujet ; it avait Tordre signé Blanqui et il me le remit. Le 31 octobre Raoul Rigault l'avait apporté et avait essayé de s'empàror de la Préfecture de f^olice avec un bataillon de la gardé nsttionale. 11 n'avait pas été destitué pour ce fait par le préfet de police, M. Adam, mon prédéceèsenr. Je ne sais pas ce qdi 8*est passé alorsi mais Tordre de s'emparer de la Préfecture de police, signé Blanqui, était entre les maiiis de M. Adam. Je cfrois,* d'aillenrs, me rappeler que , quand je suis entré à la Préfeèture de police , M. Adam me dit qu'il avait quelques pièces importantes sur le 31 octobre et qu'il les tenait à ma disposition.
Quoi qu'il en soit^ on me remit Tordre Blanqui. Le Gouvernement de la Défense nationale avait fait lui-même la tiète des accusés du 81 octobre. On me Tavait donnée ; elle* avait été prép'arée par mon prédécesseur et elle contenait trente noms. Ces noms furent réduits à vingt-quatre et définitivement niainteÂus à re chiffre. Cette liste avait été assez longuement discutée; c'est pourquoi elle ne comprenait pas un plus grand nombre de noms. Il y avait beaucoup de gens qui étaient coupables de l'insurrection du 31 octobre^ mais il aurait fallu faire un trop g^and nombre cl'arrestations. On eût été embarrassé de trouiver des prisons. Parmi ces noms ne figurait pas celui de Raoul RigàuH. De plus, le père de Raoul Rigault venait d'éti^e nommé conseiller de préfecture de la Seine.
Je As demander le dossier de cet individu, et ce dossier portait que c'était nn étudiant du quartier latin, ayant les phis mauvaises habitudes. Sans attacher d'importance politique au rôle qu'il cher-
chait à se donner, je décidai son expulsion. Je me bornai à la destitution d'abord. Le ministre de l'intérieur par intérim, M.Jules Favre , éprouva une certaine hésitation ; il avait été l'objet d'attaques très-violentes dans les clubs de la part de Raoul Rigault, et il lui était pénible de signer sa destitution. Je la fis signer par le général Trochu ; puis M. Favre se décida égalcinent à la signer.
C'est dans ces circonstances que je me trouvai en face de Raoul Rigault, que j'avais fait rechercher. C'était implicitement convenu qu'on ne mettrait pas le nom de ce jeune homme sur la liste des gens à arrêter , mais j'avais décidé néanmoins qu'il serait arrêté, lui et Dacosta, au premier mot de résistance. Quand il entra dans mon cabinet, je lui dis qu'il avait manqué à tous ses devoirs, qu'il avait pris part au 31 octobre. . . Il nia le fait. — Je tirai de mon carton Tordre signé Blanqui. — Il me paraissait croire que l'ordre avait été supprimé. Son attitude fut tellement misérable, il avait tellement l'aspect d'un enfant, que me rappelant ce qui s'était passé à propos de la signature de sa destitution, je lui dis : « Mettez- vous à cette place et signez votre démission ! » Il écrivit sa démission sous ma dictée, la signa et me la remit en tremblant. Je lui dis qu'il avait emporté de la Préfecture un certain nombre de dossiers ; qu'il fallait me les remettre , qu'on allait le suivre pour les rapporter. J'avais fait, dans la nuit, verrouiller immédiatement son cabinet pour qu'il n'y rentrftt personne. Il remit exactement les dossiers dans la journée au chef du cabinet dans l'état où ils étaient, paraît-il; quelques jours après, il venait réclamer deux ou trois jours d'appointementls pour le mois de novembre.
Voici, à son propos, une circonstance assez singulière qui me revient à l'esprit dans ce moment et que je vous signale ; elle montre l'état général des esprits à cette heure.
La sœur de Blanqui mourut ; un convoi civil fut organisé par la famille. Je le fis suivre par un agent de la police secrète , chargé de rendre^compte de tout ce qui se serait dit et passé. Cette surveillance était nécessaire à un autre titre . Je cherchais Blanqui et je l'ai cherché vainement pendant trois mois et dix jours; je l'avais cherché môme chez un commissaire de police , où je fis faire des perquisitions. A ce convoi mon agent fut arrêté par Raoul Rigault, Dacosta et six gardes nationaux, puis conduit chez un commissaire de police, qu'on ne trouva point, puis cheï le maire, M. Mottu. On vint me raconter ces faits. J'ordonnai une poursuite contre Raoul Rigault; je fis transmettre le procèsverbal au procureur de la République, qui me répondit le lendemain une lettre que j'avais fait mettre aux Archives, aujourd'hui
Sbti
anéanties. Ce magistrat me disait que le fait était essentiellement regrettable, mais qu*il ne eonsUtaait pas de délits parce que l'ari-estation n'avait pas été suivie de séquestration.
VIII quaier.
Extrait du rapport de M. Chaper siir les délibérations du Gou- ▼emement de la Défense nationale.